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Rendez-vous à "La montagne froide"
Chevalier d'Oniris
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30/05/2012 23:28
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Pour ce poème, j’avais quelques craintes non pas sur ce que j’avais écrit mais sur son aptitude à être accepté sur le site. Mes remerciements donc vont aux premiers lecteurs, aux éditeurs et finalement à celles et ceux qui ont bien voulu accorder quelque attention à ce texte, en laissant ou non un commentaire. C’est ainsi qu’il peut commencer à vivre avant de s’enfoncer peu à peu dans l’oubli, à moins qu’il ait semé quelques graines.

Corto, merci d’avoir senti qu’on peut approcher l’infini par des questions, des questions d’un genre particulier, essentiellement celles qui s’adressent à des échelles de temps insoupçonnées. Les Pyrénées, par exemple, remontent pour certains massifs à 570 millions d’années et il fut un temps où elles étaient presque deux fois plus hautes. Depuis l’enfance et l’adolescence j’ai été au contact du démesuré en randonnant sur des voies tracées par d’autres et qui devenaient les miennes. En chinois un même pictogramme homme-montagne sert également à nommer l’immortalité, l’éternité…je l’ai appris plus tard, quel bonheur ! Expliquez encore, demandez-vous ? J’ai écrit une fiction qui met en scène une ville, Alexandrie en Egypte, où tout est organisé pour poser des questions sur tous les sujets (riche passé historique de controverses), les habitants sont épuisés par les réponses clivantes, trompeuses, déroutantes et ont donc décidé de cultiver l’art de la question. Ces dernières exercent une telle séduction qu’elles n’appellent pas de réponse, elles se suffisent à elles-mêmes. Voilà mon état d’esprit quand j’écris ce type de texte.

Gabrielle, merci d’avoir compris qu’il se dégage de la montagne des forces qui emportent tout sur leur passage. En tout cas c’est ce que je voulais rendre avec le cadencement des questions et une gradation vers une envie de se fondre dans cette énergie.

Eskisse, merci d’avoir remarqué qu’il y avait aussi de la douceur. C’était une difficulté de ne pas rester dans la monumentalité et la puissance des paysages. Cette apesanteur que vous avez ressentie et que je ressens au cours de longues randonnées n’est procurée que si l’on se départit ou se décharge de ses habitudes, zones de confort, craintes et peurs…Je souhaite à quiconque d’en faire l’expérience. Certains le font en pratiquant des exercices de méditation ou de yoga ou de règles de vie comme les taoïstes. J’en profite pour préciser que je ne suis pas taoïste mais j’y reviendrai.

Papipoete, j’ai beaucoup aimé votre façon d’aborder le commentaire auquel je rajouterai que, quand il avait le temps, entre deux séances de chasse et les contraintes domestiques, l’homme d’antan prenait un bâton brûlé, de la cendre et des pigments rocheux pour dessiner des animaux dans des cathédrales caverneuses naturelles. Merci d’avoir noté les vers en liberté car il faut beaucoup de temps pour traduire cet état d’esprit.

Pizzicato, j’ai effectivement choisi ce titre pour honorer Han Shan, titre qui est l’exacte traduction de son nom. Cet auteur qui écrivait des quatrains ou huitains, mode auquel François Cheng a rendu hommage récemment dans ses dernières publications sont une des traces que j’ai suivie. La structure des poèmes de Han Shan fait place à l’exposé d’une problématique suivie d’un envoi final où se déploient questionnements, propos humoristiques, désabusés, parfois cyniques.

Davide, oui il y a un ordre universel et il appartient à chacun, s’il le souhaite, d’y trouver sa place et d’en donner son impression. Merci d’avoir perçu celui que j’ai voulu offrir à la lecture. Comme vous le dites, entrer dans le mystère de la vie avec une très grande simplicité en somme. L’écriture se dépouille alors jusqu’à plus de limpidité, c’est en tout cas ce que j’essaye de faire dans ce type d’expérience.

Senglar, j’apprécie votre point de vue bouillonnant, pourrait-on dire, à l’ironie mordante, me semble-t-il. Je retiens votre interrogation initiale sur prose ou poésie, qui m'incite à changer des choses dans ma façon de travailler. Sachez que je ne suis pas taoïste mais que je m’intéresse aux poètes, dessinateurs, peintres et calligraphes de ce courant, que je suis de ceux qui ont suivi les poètes de la Beat Generation, notamment Allen Ginsberg qui a fait connaitre les œuvres de quelques « clochards célestes ». Ainsi distinguait-on les hommes aux cheveux ébouriffés, les taoïstes, des hommes au crâne rasé, lisse, les bouddhistes. Mon univers imaginaire de l’enfance et de l’adolescence a été bercé par les Chansons de Geste, Roland de Roncevaux et la brèche de Roland que j’ai franchie à plusieurs reprises pour accéder aux sommets du cirque de Gavarnie ; je ne crois pas pour autant que Roland a entrouvert la montagne d’un coup de Durandal, quand il était à l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne, un peu plus à l’ouest en réalité au Pays Basque…C’est aussi Gaston IV le Croisé vicomte de Béarn qui se serait opposé au massacre de la population de Jérusalem en 1099, Gaston Fébus (en réalité Phoebus dont la racine grecque signifie « le radieux », autre nom d’Apollon), vicomte de Béarn et conte de Foix et sa tentative de créer un royaume dans le sud-ouest de la France, au XIVème siècle, et d’autres plus connus… La période des troubadours. C’est aussi la mythologie grecque, les métamorphoses d’Ovide, et pourtant je ne crois pas que Zeus, transformé en aigle, ait pu enlever Ganymède. Paul Veyne a écrit un livre qui a pour titre « les grecs ont-ils cru à leurs mythes ?», bien évidement que non... Alors comment pouvez-vous m’attribuer des croyances qui ne sont pas les miennes ? Il y a simplement une approche du merveilleux, de l’étrange, du mystère, dans une écriture qui se veut aussi une expérience spirituelle. Ca y est le mot est laché, mais c’est bien de cela dont il s’agit. Plus tard j’ai découvert Montaigne dont le retrait du monde et les idées sont reliés à des courants de pensée dont on sait qu’ils ont des points communs avec des sagesses orientales. Aujourd’hui Marcel Conche, philosophe épicurien de 97 ans à Altillac en Corrèze, anciennement paysan, dont personne ne parle, d’autres ont les honneurs des médias, qui n’a pas voyagé à travers le monde, a rapproché Epicure de Lao-Tseu dont il a traduit le Tao Te King. Voilà quelques-unes de mes références. Certes vous n’aimez pas mon texte, mais à ce stade votre argumentation sur le rapprochement avec l’heroic fantasy, le merveilleux héroïque, ne m’a pas du tout convaincu. Mais je reste à votre écoute et ne demande qu’à vous lire.
Pour terminer une référence au poète Bernard Manciet, ayant écrit en occitan, et qui ne faisait qu’un avec sa lande, ses dunes et son océan. Il nous montre dans « l’eau mate » comment dans un temps dilaté de métamorphoses, son cœur de bête a failli s’arrêter net. Le fuyard finit alors par se fondre dans les éléments aquatiques, terriens et végétaux d’une lagune et y trouver une forme de paix. Son recueil de poèmes est toujours proche de moi, même en montagne.

Vincente, je partage avec vous ce goût pour l’univers poétique de François Cheng et quelques quatrains de « Enfin le royaume » m’ont guidé: « L’immense nuit du monde/semée de tant d’étoiles,/Prendrait-elle jamais sens/hors de notre regard ? » Je trouve cela à la fois très émouvant et d’une grande impertinence. A votre remarque sur les deux dernières strophes, je dirai qu’elles sont précédées de la quatrième dans laquelle s’opère le glissement, la fusion avec les éléments naturels (Voir plus haut la référence à Bernard Manciet), puis la fusion avec l’animalité,…et sa symbolique spirituelle (en s’inspirant des grottes peintes du sud).

Contribution du : 05/03 10:42:09
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Re : Rendez-vous à "La montagne froide"
Chevalier d'Oniris
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Merci StéphaNIe pour votre passage et votre référence à Jean M. Auel dont je n'ai lu aucun livre. Je vais m'empresser d'aller sur les traces d'Ayla.

Contribution du : 06/03 09:33:08
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Re : Rendez-vous à "La montagne froide"
Chevalier d'Oniris
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Merci Sourdes,

Je pense sincèrement que cela pourrait vous plaire en effet.

Ayla, cette femme qui vit dans une caverne, il y a des siècles et qui vit avec la NATURE, l' évolution de la femme et de l'homme, le langage, les plantes pour soigner, l'apprentissage du feu, du commerce...
Je regrette d'avoir revendu ces livres car à plusieurs reprises j'aurai eu envie de les relire. Après, il faut minimum chacun entre 700 et 1000 pages mais je les ai lu en moins de dix jours chacun. Je n'arrivai plus à les poser. Ce sont des romans mais suffisamment documentés et réalistes pour être très enrichissant. On y apprend beaucoup sur le Néandertal et le Sapiens, donc l'évolution humaine...

StéphaNIe

Contribution du : 06/03 21:36:25
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Re : Rendez-vous à "La montagne froide"
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De même que STEPHANIE90 j'ai lu la saga de J M Auel avec son héroïne Alya (achetée au GRAND LIVRE DU MOIS). Je confirme ; j'ai été passionné moi-aussi. Préhistoire romancée, préhistoire oblige. Un peu naïf à l'époque je suis tombé amoureux d'Ayla, l'héroïne de cette préhistoire aujourd'hui quelque peu datée - forcément - mais pas ridicule où le Magnon a commencé de niquer le Dertal (lol).

Et moi j'ai conservé les livres STEPHANIE90 :D

Contribution du : 07/03 18:48:41
_________________
"Je suis le Ténébreux,- le Veuf,- l'Inconsolé,/ Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :/ Ma seule Etoile est morte,- et mon luth constellé/ Porte le Soleil noir de la Mélancolie." "El Desdichado" G. de Nerval
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Re : Rendez-vous à "La montagne froide"
Chevalier d'Oniris
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Senglar : vous épicez l'histoire avec une telle finesse que vous allez faire fuir le lecteur ....
Bon, il est vrai que vous aurez en prime tous les détails croustillants afin de tenir le lecteur en alerte, en version néandertalienne !!!



L'homme est un loup pour l'homme, enfin surtout pour la femme...

Contribution du : 07/03 21:47:55
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Re : Rendez-vous à "La montagne froide"
Chevalier d'Oniris
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STEPHANIE90, j'ai résolument plongé dans "Le clan de l'ours des cavernes" jusqu'au moment où Ayla est condamnée par le clan et exécutée. mais quelque chose subsiste d'elle...le visible et l'invisible, la présence et l'absence...
SENGLAR, merci pour vos compléments au sujet de JM Auel. J'en profite pour préciser que vous faites fausse route quand en lisant "montjoie" vous pensez au cri de guerre. Il s'agit dans le poème d'un autre nom donné au cairn, petite tas de pierre artificiel surmonté parfois d'une croix en souvenir d'un événement plutôt tragique. Montjoie est plus doux et plus connoté que cairn, qui claque, mais que j'emploie couramment en montagne.

Contribution du : 08/03 09:05:16
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