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Discussion sur « Le Manul »
Apprenti Onirien
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26/12/2025 17:32
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Merci beaucoup à tous pour l'accueil que vous me réservez sur le site ! Vous avez été très généreux dans vos commentaires pour mon premier texte publié ici. Je suis heureux de trouver un espace où les personnes ne se contentent pas d'applaudissements mais disent en toute simplicité ce qu'elles n'ont pas aimé, ce qui leur paraît objectivement faible. Ainsi, grâce à vos commentaires sur un seul poème j'ai appris beaucoup. C'est ce regard extérieur qui est précieux et qui nous extrait de nos certitudes.

Certaines remarques reviennent dans plusieurs commentaires, ce qui confirme leur justesse.

Merci à Lebarde, Robot et Provencao pour leurs commentaires encourageants. Merci à tous ceux qui ont exprimé de l'appréciation pour les vers qui closent les deux parties du poème : j'essaie de soigner les fins.

Je ne m'étais pas rendu compte que cette manière de raconter peut ressembler à un reportage à la télé. Ce n'est pas le sommet de la poésie, mais la manière est cohérente.

Une critique, qui revient dans plusieurs commentaires, concerne la mise en page que certains voudraient voir plus aérée. Par principe, je ne divise les alexandrins à rimes plates qu'en fonction du sens. Je ne parlerais pas non plus de strophes ici. Je retiens l'observation très juste de papipoete qui trouve que le texte se décompose facilement en groupes de quatre vers. J'aurais dû pratiquer des enjambements, des coupures syntaxiques, pour que cela ne soit pas possible.

Merci aussi à Ornicar qui critique l'abondance d'adjectifs. Cela m'a été particulièrement utile. J'ai supprimé beaucoup d'adjectifs dans un projet sur lequel je travaille en ce moment et c'est mieux.

Merci à Boutet pour le rapprochement avec Leconte de Lisle, dont j'aime beaucoup les Poèmes barbares.

Je dois dire deux mots à propos de la rime rochers - jonchés que plusieurs parmi vous ont commentée. Merci surtout à Polza qui a analysé la situation parfaitement bien et qui m'a fourni des exemples de telles rimes chez des poètes tout à fait classiques du XIXe s., dont Victor Hugo, Théodore de Banville, Théophile Gautier etc. Richelet, dans son traité de 1751, condamne de telles rimes. Pour ma part, je ne me sens pas gêné de rimer à la manière du XIXe.

Il en est de même de la facture des alexandrins. Cristale trouve qu'elle sort de l'ordinaire. Moi, en tant que lecteur de Hugo, je trouve mes alexandrins timides. J'ai tenté un trimètre, Tout semble vivre, || tout vous guette || et tout ressent, j'ai été heureux que certaines l'aient goûté.

Merci aussi à Polza, Laurent-Paul, Ornicar qui ont repéré une tendance au pastiche, aux images convenues et faciles, qui sonnent comme des citations. C'est un défaut dont je suis conscient mais que j'ai énormément de mal à combattre. :(

Contribution du : 12/01 21:10:21
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Re : Discussion sur « Le Manul »
Maître Onirien
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Première publication auréolée de toutes ces plumes ; cela promet de quoi attendre fébrilement la prochaine ( pour Vous et les lecteurs ) je vous félicite !
Papipoète

Contribution du : 12/01 23:01:16
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Re : Discussion sur « Le Manul »
Expert Onirien
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Bonjour Le Chevalier

Les temps changent pour le reste et comme pour la rime, Baudelaire également dans je ne sais plus quel poème a fait rimer baisers avec un autre mot participe passé au pluriel.
De même que le et à ou et ou est devenu un hiatus alors qu'il était admis au temps de Du Bellay.
C'est l'évolution plus ou moins intelligente des règles de poésie classique.

Boutet

Contribution du : 13/01 09:16:10
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Re : Discussion sur « Le Manul »
Chevalier d'Oniris
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Merci pour les remerciements LeChevalier.

Oui, Hugo, notamment dans les Contemplations...

Les Contemplations (reproduction au trait de l’original de 1856 offert à Auguste Vacquerie) éditions DROZ 2011

Livre deuxième page 195.

Un soir que je regardais le ciel



Dans ce ciel vaste, ombre où vous vous plaisez,
Où vos regards démesurés vont lire,
Qu’apprendrez-vous qui vaille mon sourire ?
Qu’apprendras-tu qui vaille nos baisers ?
Oh ! de mon cœur, lève les chastes voiles.
Si tu savais comme il est plein d’étoiles

Contribution du : 13/01 11:13:08
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Re : Discussion sur « Le Manul »
Apprenti Onirien
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Deux autres commentaires se sont ajoutés sous « Le Manul ». Je voudrais donc remercier bodelere pour sa franchise quand il dit que le fond ne lui convient pas, mais qu'il apprécie la technique. Merci aussi à Kirax qui me fait beaucoup de compliments. Quant à la rime cou - , je reconnais sa faiblesse. J'avais cherché d'autres solutions mais elles me paraissaient encore moins satisfaisantes.

Pour poursuivre sur le thème des rimes, qui sont l'une des richesses de la versification française, voici une citation du Petit traité de poésie française de Théodore de Banville (première édition de 1870 mais édition la plus célèbre de 1885) :

Citation :
« Il ne faut nullement s’occuper des consonnes de la syllabe finale, qui, placées dans l’intérieur de cette syllabe, ne se prononcent pas. Peu importe qu’elles se trouvent dans l’une des rimes et qu’elles ne se trouvent pas dans l’autre ; ainsi on peut très-bien rimer longs et appelons, blonds et troublons, essaims et saints. »


On trouve beaucoup d'exemples de rimes en ers/és au XIXe s., mais aucun avant (il me semble). Banville me paraît avoir été le premier à se servir de telles rimes très abondamment, et ce dès Les Cariatides de 1842, comme dans cette pièce intitulée « Vénus couchée » :

Un ruisseau murmurant sur un lit de graviers,
Amoureux de Cypris, vient lui baiser les pieds.


D'autres poètes, dont Hugo comme l'indique Polza, se sont servis de telles rimes mais la fréquence augmente sensiblement après 1870. J'en conclus que Banville a « institutionnalisé » une pratique réelle et l'a ainsi amplifiée.

Contribution du : 13/01 21:10:59
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Re : Discussion sur « Le Manul »
Onirien Confirmé
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Je ne sais pas si c'est utile pour la discussion, mais dans Andromaque de Racine, en 1697, il y a des rimes sans se soucier du "t" muet final.

"Vous qui braviez pour moi tant de périls divers !

/J'étais aveugle alors, mes yeux se sont ouverts."

"Par quel charme, oubliant tant de tourments soufferts,

/Pouvez-vous consentir à rentrer dans ses fers ?"

Contribution du : 13/01 23:12:15
_________________
Mais oui, c’est adorable. On se devine à peine.
Vous voyez la noirceur d’un long manteau qui traîne,
J’aperçois la blancheur d’une robe d’été :
Moi je ne suis qu’une ombre, et vous qu’une clarté.
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Re : Discussion sur « Le Manul »
Chevalier d'Oniris
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08/04/2022 10:50
De Tannhäuser Gate
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Je ne pense pas que Sorgel remette en cause ce qui écrit de Banville. José-Maria de Heredia fait rimer crocs avec héros et Nicolas Boileau fait rimer exploits avec bois pour ne citer que ces deux exemples. Et puis il y a aussi les lettres équivalentes dont il faut tenir compte.

Le sujet concerne uniquement la terminaison avec la lettre r comme rocher/décoché ou rochers/décrochés. Si je trouve très dur de se retrouver en poésie contemporaine à cause d’un seul passage où un poème ne serait pas en totale harmonie avec le traité de Sorgel, je respecte ce choix du CE, même si je ne suis pas d’accord avec ce choix.

Tout comme j’ai beaucoup de mal avec certains passages du traité de Sorgel, notamment quand il dit, Boileau, Racine, Corneille… n’auraient pas dû !

À choisir une ou des références, entre tous ceux qu’il cite et lui-même, mon choix est fait sans aucune hésitation !

Contribution du : Hier 14:43:54
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