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Cacophonies sur voyelles
Chevalier d'Oniris
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Quelques remarques sur les cacophonies concernant les voyelles. Lorsque je me suis réinscrit sur Oniris il y a quelques années, un des premiers messages qui me furent envoyés concernait les cacophonies dues aux voyelles (vocaliques), ma réponse brève avait déçu. j’y reviens donc à l’occasion de mes dernières réflexions sur le sujet.

Je vais me limiter aux cacophonies sur des voyelles différentes (hétérovocaliques) appartenant à des syllabes contigües (proximales) entre 2 mots consécutifs (sur la même interface lexicale) et plus précisément sans intercalation de consonne (directe) et sans arrêt temporel entre les 2 mots. Cela cumule pas mal de caractéristiques, mais vous allez voir, c'est simple. Exemple:

venu ainsi (hétérovocalique proximale directe u in)

Ce que je me propose, c’est de considérer les différents cas selon les voyelles (a, eu, o, i, in, an… ) et évaluer le degré de gêne occasionnée sur le plan de la congruence phonique. On va laisser de côté le cas particulier des diphtongues et du son ill (j en Sampa ou en API) que j’avais considéré depuis longtemps.

Avant de poursuivre, je fais appel à ce que vous en pensez déjà. Quels différents cas distingueriez-vous? Quels sont les cas qui vous semblent tolérables ou moins tolérables en prose littéraire ou en poésie? Le mieux me paraît de fournir des exemples commentés.

Contribution du : 02/12/2025 21:06
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Re : Cacophonies sur voyelles
Maître des vers sereins
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Bonjour ferrandeix,

Je trouve que parmi les cacophonies, telles que tu les décris, celles qui existent à l'intérieur d'un mot sont plus euphoniques que celles qui n'y existent pas :

Naif -> à y regarder de plus près
Réel -> Et elle pris ses jambes à son cou
Fiancés -> Ni entrée, ni sortie
Moise -> L'eau inonde le parquet
Muette -> Nu et culotté

Ce sont là des cas qui ne me choquent pas à l'oreille, par contre :

J'ai bu une limonade
Le vélo ouvrait la voie
Ce défi utile
Il cause comme s'il était né oint par un diable
Voilà, huitre, ton citron pressé.

Ce sont des cas que je trouve malheureux euphoniquement, et il me semble bien plus rares, donc la cacophonie au sens premier du terme serait presque l'exception à mon oreille, d'autant que des mots étrangers pourraient élargir la première liste, comme Nouakchott, capitale de la Mauritanie, par exemple.

L'existence du mot m'oblige à ne pas considérer la rencontre des mêmes voyelles comme un simple accident.

Contribution du : 03/12/2025 23:29
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Re : Cacophonies sur voyelles
Chevalier d'Oniris
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Ta réponse ne concerne pas le cas que je proposais, c’est-à-dire les rencontres à l’interface de 2 mots (inter-lexicales) et non pas à l’intérieur d’un mot (intra-lexicales). Pas grave, elle correspond néanmoins au titre général “cacophonies vocaliques” et elle est bienvenue. Je n’ai quasiment rien à ajouter, c’est exactement cela et les exemples sont tout à fait idoines. Le plus important est de comprendre que l’effet ressenti est une intégration du message auditif brut modifié par l’approche cognitive d’ordre lexical (la connaissance des mots). Biologiquement, cela concerne les aires péri-auditives qui réalisent une intégration du message auditif brut pour lui prêter un sens, ce qui modifie la perception. L’habitude de règles préétablies, possiblement gratuites (?), peut intervenir aussi lors que nous détectons une violation de la règle, ce qui vaudrait pour toute cacophonie vocalique, en considération des règles de la poésie classique qui les proscrit (pour la plupart). Le célèbre linguiste Grammont pense même que les cacophonies vocaliques, (sauf les homovocaliques) ne sont pas si graves et que leur proscription ne se justifie pas fondamentalement. À l’opposé, l’Académie, dans son ancienne version de la Grammaire (tombée en désuétude), les proscrivait même en prose courante. Il est difficile de trancher là-dessus. Je retiendrais simplement que les cacophonies vocaliques me paraissent mineures en comparaison des cacophonies consonantiques, lesquelles représentent réellement une difficulté élocutoire, encore faut-il préciser l’écosystème linguistique. Ce qui est vrai pour le français ne le sera pas obligatoirement pour la langue russe par exemple.

J’en viens au sujet que j’avais posé:

Considérons le cas des voyelles pures: i, a, o, u, ou, eu, é ouvertes ou fermées. Le contraste net de sonorité entre ces voyelles occasionnent des cacophonies relativement légères sans particularité spécifique pour les différentes rencontres, me semble-t-il:

ami oublié ; lu autrement ; bateau arraisonné ; été orageux...

L'accumulation à plus de 2 cacophonies de ce type semble peu augmenter l'effet négatif:

Il a été choisi ; il a été interdit

Par ailleurs, e et a de proclitique, occasionnent une élision

l'essai ; l'aventure

Le cas des voyelles nasales entre elles ou avec des voyelles pures et selon que la voyelle nasale se trouve en terminaison du premier mot ou en début du second mot apparaît plus délicat:

le son et la graine ; défilé antique
(cacophonie produisant un effet proche de 2 voyelles pures)

blé infertile ; ivraie endémique
(cacophonie plus gênante tirant vers l'homovocalisme)

Il semble que la position de la voyelle nasale en premier ou second terme de la cacophonie n’influe pas, mais ça reste à voir. L’effet dépend surtout de chaque type de voyelle. Je n’ai pas approfondi.

Les nasales entre elles produisent un effet négatif presqu'aussi important que les homovocalismes en raison de leur distinction sonore peu marquée:

le magicien enchanteur ; le vallon infesté

On notera cependant que certaines terminaisons sur la syllabe on ou an permettent souvent, mais pas toujours, une liaison en n, évitant ainsi la cacophonie, ce qui ne semble pas le cas de la nasale in, sauf si vous en trouvez. Il semble que cela concerne des certains monosyllabes.

mon épouse
(liaison en n possible)

tonton étonné
(liaison en n impossible)

il en usait
(liaison en an)

le plan avorté
(liaison en n impossible sur an)

Il est possible qu'au cours des siècles précédents, la voyelle finale de la nasale ait été plus ou moins prononcée (rappelant sa prononciation actuelle dans le midi de la France). Cette particularité permet une certaine possibilité de liaison atténuant certaines de ces cacophonies, ce qui expliquerait leur absence de proscription en poésie classique, cependant rien n'est moins certain.

Voilà. Vous pouvez sans doute approfondir et ajouter d’autres cas auxquels je n’ai pas pensé.

Contribution du : 05/12/2025 10:58
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Re : Cacophonies sur voyelles
Maître des vers sereins
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Citation :

ferrandeix a écrit :

On notera cependant que certaines terminaisons sur la syllabe on ou an permettent souvent, mais pas toujours, une liaison en n, évitant ainsi la cacophonie, ce qui ne semble pas le cas de la nasale in, sauf si vous en trouvez.


Comme on dit : "une fine équipe" j'entendrais bien : "un fin équipage" avec la liaison.

Je le trouve sur google dans un blog associatif :

"Mercredi 3 juillet 2019 à 10h, Meravenir embarquée un fin équipage, sous la coupe du capitaine Roland Mornet et notre biologiste Françoise Mornet pour nous faire découvrir cette zone appelée estran à la plage de la Paracou."

https://meravenir.org/a-la-decouverte-de-lestran-a-la-plage-de-la-paracou/

Il y a une autre trace plus complexe là :

Théâtre complet. Tome III - Variantes [de Timocrate]
Classiques Garnier
https://classiques-garnier.com › index.php › corneille-th...
1706 : un fin équipage ; éd. 1722 : un feint équipage (rétablissement de la leçon originale). b v. 1436, éd. 1692 : Non que lorsqu'un faux bruit. c v. 1475 ...

C'est juste le copier/coller de la recherche google, le lien est sous accès pour retrouver le texte.

En tout cas, il y aurait bien un usage masculin de "la fine équipe" mais pour une liaison en T pour "un fin-t'équipage" plutôt que "un fine équipage".

C'est comme avec le mot "quand", on entendra couramment "quand-t'il dit ceci ou cela". Un T imaginé viendra entraver la cacophonie.

Contribution du : 05/12/2025 22:25
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Un Fleuve
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Re : Cacophonies sur voyelles
Chevalier d'Oniris
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David a écrit:

Comme on dit : "une fine équipe" j'entendrais bien : "un fin équipage" avec la liaison.

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Bien joué. Heureusement que j'avais écrit "sauf si vous en trouvez"

Contribution du : 06/12/2025 12:09
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