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1 Utilisateur(s) anonymes
Re : Remerciements pour « L'Espace » |
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Maître Onirien
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08/06/2013 21:10 Groupe :
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@ Tome, j'emploie le terme de poésie engagée dans le sens très large de poésie avec des engagements comme vous dites, et non pas strictement engagée comme pourrait l'être un tract versifié qui n'a de poésie que la forme. (Et il en existe probablement beaucoup de ce genre).
Le poème que je vous propose dessous est pour moi engagé dans une belle idée d'humanisme mais vous le connaissez certainement. On peut également penser à de nombreux poèmes de Jacques Prévert, à la poésie de Jean Richepin... L'affiche rouge, Louis Aragon. Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes Ni l'orgue ni la prière aux agonisants Onze ans déjà que cela passe vite onze ans Vous vous étiez servis simplement de vos armes La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants L'affiche qui semblait une tache de sang Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles Y cherchait un effet de peur sur les passants Nul ne semblait vous voir Français de préférence Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE Et les mornes matins en étaient différents Tout avait la couleur uniforme du givre À la fin février pour vos derniers moments Et c'est alors que l'un de vous dit calmement Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses Adieu la vie adieu la lumière et le vent Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses Quand tout sera fini plus tard en Erivan Un grand soleil d'hiver éclaire la colline Que la nature est belle et que le cœur me fend La justice viendra sur nos pas triomphants Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant. Pour une réponse plus complexe sur le sujet de l'engagement, je vous invite à vous adresser à des esprits plus éclairés, des crus d’exception et davantage que moi tournés vers la philo. Moi je suis resté très basique.
Contribution du : 15/07 13:50:38
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Maître et Talons |
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Re : Remerciements pour « L'Espace » |
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Maître Onirien
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09/07/2007 19:16 De par le fait
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Citation :
+1 sur toute la ligne ! Je dirais juste un mot concernant l'art engagé. Cette affirmation des partisans de l'art pour l'art m'a toujours fait sourire. Comme monsieur Jourdain, qui pratiquait la prose sans le savoir, ceux-ci pratiquent l'engagement sans s'en rendre compte. Dans l'absolu, le choix de traitement d'un thème est déjà de l'engagement, puisqu'il traduit toujours une approche dirigée, subjective, qu'elle soit volontaire ou non (apparemment) du sujet traité… L'art non engagé s'exprimerait par une absence totale de parti pris, même sous-jacent, ce qui serait une performance artistique en soi. Je serais curieux de lire un poème, de contempler une peinture qui n'exprime rien. Ça nous renvoie à la perception que l'on a, en fait, de notre perception de LA chose, de la réalité. Apparemment il y a encore des gens présomptueux qui pensent qu'ils décrivent juste LA réalité, la vérité neutre, alors qu'ils ne font que donner leur propre vision et perception d'un phénomène. Même la description d'une chaise, aussi basique que puisse être l'objet, n'est que le fruit de notre propre perception de l'objet, selon nos références culturelles et/ou personnelles. Ne pas réaliser qu'à partir du moment où on écrit un poème on délivre une opinion, à minima un sens personnel par le choix même des mots, des images, du propos développé et non des faits objectifs, sans "engagement", est assez surprenant.
Contribution du : 16/07 09:25:28
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... "En dehors du chien, le livre est le meilleur ami de l'homme. En dedans, il fait trop noir pour y lire" Groucho Marx. |
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Re : Remerciements pour « L'Espace » |
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Chevalier d'Oniris
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Inscrit:
26/12/2025 17:32 Groupe :
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Puisqu'on rit et qu'on cite Molière, je vais le citer aussi : « Lorsque le médecin fait rire la malade, c'est le meilleur signe du monde ! »
Citation :
Je suis d'accord et je ne vois pas qui vous combattez là, cher Lariviere. La poésie n'est pas dans les choses mais dans la manière d'agencer les mots. S'il n'en était pas ainsi, on ne les agencerait pas en vers, strophes, poèmes etc. Cette remarque m'emmène naturellement à répondre à Cyrill : Citation :
Quand des autorités telles que GiL et Cristale les relèvent, je ne me fais que le relais de leur jugement. Vous me ferez donc la grâce de ne pas m'accuser de me louer moi-même. On se rend véritablement compte à quel point on s'entend avec quelqu'un, lorsqu'on a précisément un désaccord avec cette personne. C'est ce dont je me convaincs, Cyrill, en discutant avec vous. Non, je n'ai pas besoin de « cocher la case » des conséquences de la conquête du Nouveau monde. C'est tellement bien connu qu'il faudrait être fou pour douter de ce que j'en pense.
Contribution du : 16/07 09:42:00
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