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1 Utilisateur(s) anonymes
Remerciements pour « L'Espace » |
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Chevalier d'Oniris
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26/12/2025 17:32 Groupe :
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Je me hâte de remercier le Comité éditorial d’Oniris pour la publication de mon poème « L’Espace ». Celui-ci n’a pas su séduire le public mais il l’a intéressé. Il faut donc que je m’interroge sur le décalage singulier entre l’appréciation des commentateurs (très négative) et leur nombre (5 en EL et 9 après publication à ce jour). Je fournis ci-dessous des hypothèses mais vous m’aiderez dans ma quête, j’espère.
D’abord, je pense que le poème a intéressé car il offre un mélange singulier de l’esprit des Grands explorateurs et de l’aventure de l’espace, dont nous sommes les contemporains (mais que nous ne connaissons pas tant que ça). Il me semble donc que je vous ai menés, chers lecteurs, dans des endroits que vous n’aviez pas forcément envie de visiter. Vous avez pourtant lu, vous n’avez pas abandonné au milieu de ces strophes interminables (trente-six vers ! mais c’est monstrueux, personne ne lit ça !). Ensuite, je crois que vous avez été un peu déstabilisés car, en tant qu’auteur, je n’ai pas cherché à condamner les conséquences des Grandes explorations. Apparemment pour bon nombre de commentateurs c’était une condicio sine qua non : si on parle de découvertes géographiques, il faut obligatoirement dire « la colonisation, ce n’est pas bien ». Après, il vous a déplu que je ne prononce pas un jugement de valeur sur l’exploration de l’espace. J’assume ces absences de jugement : mon texte ne s’intéresse qu’à l’émotion des explorateurs eux-mêmes, pas aux conséquences de leurs exploits. J’ai cherché à adopter le point de vue des marins, des astronautes, pas celui de leur commanditaire. Il me semble assez ridicule, donc, qu’on traite mon texte de passéiste, surtout quand on considère que les deux strophes initiales, qui parlent justement du passé, ont été largement aimées… Le dictionnaire dit : « Passéiste : tourné vers le passé ». Et mon poème accorde une place bien plus importante au futur… Dire « heureux les voyageurs des âges révolus » ne veut pas du tout dire « avant, c’est mieux ». Vous savez sans doute que les habitants des pays pauvres se sentent plus heureux que les habitants des pays riches ; pour autant, on ne dira pas que c’est mieux de vivre dans ces pays pauvres ; on ne dira pas non plus qu’il ne faut pas améliorer les conditions de vie là-bas, j’espère. Une autre caractéristiques du poème, qui a bien suscité de l’intérêt, c’est sa facture métrique et langagière. Certes, des maladresses d’expression ont été relevées (j’y reviendrai), mais globalement vous me reconnaissez un style abouti (9 appréciations « abouti » ou « très abouti » contre 4 appréciations « convenable » ou « perfectible »). C’est exactement l’inverse en ce qui concerne le ressenti personnel (9 appréciations « n’aime pas » ou « aime un peu » contre 4 appréciations « aime bien » ou « aime beaucoup »). D’ailleurs, certains parmi vous dites que ça ne me ressemble pas (et je cite Polza avec son « je me suis dit que ça ne vous ressemblait pas »). Je crois donc qu’après publication certains ont commenté parce que cela venait de moi. Je me permets d’en être un peu flatté ! Tant que je suis dans le relevé des faiblesses de mon texte, je m’arrête sur le vers « Plus nul Marco Polo, nul Magellan non plus » qui a été très largement critiqué pour des raisons diverses. Je retiens la remarque de Cyrill qui y voit un hululement. Certes, il a voulu faire apparaître cela comme un défaut, mais j’y trouve, moi, une expressivité qui attire bien l’attention. Le vers clé de tout le poème, « Il reste seul l’espace » a également subi beaucoup de critiques, parce que, disent certains, il reste beaucoup de choses à explorer sur Terre etc. Je ne suis pas du tout d’accord. Une descente dans la fosse des Mariannes a été effectuée dès 1960, on sait très bien qu’il n’y a que très peu de vie là-bas. Quant aux extra-terrestres : cela pourrait être amusant, mais autant parler de licornes aussi ? Certains m’ont reproché une absence d’émotion de la 3e à la 5e strophe où je m’évertue, justement, à montrer que l’exploration spatiale est pauvre en émotions : c’est beaucoup de temps passé dans l’attente de quelques moments clés où il faut effectuer des gestes cruciaux (je les ai décrits). Ces strophes-là sont froides à dessein et sans elles la dernière strophe n’aurait pas eu beaucoup de sens. Okay, certains trouvent cela long : ils n’ont qu’à ne pas lire jusqu’au bout. Pour créer mon effet final, j’avais besoin de cette longueur. Pour conclure cette partie généraliste de mes remerciements, je cite marcolev : « Mais la question que pose le texte : l'aventure réside-t-elle dans les lieux que l'on atteint, ou dans les êtres que l'on rencontre ? me semble des plus intéressantes. » On ne pouvait pas mieux le dire. Maintenant je vais dire quelques mots à chacun. Comme vos commentaires étaient assez longs (je vous remercie du temps que vous m’avez accordé !), je risque de ne pas répondre à toutes vos questions. Vous n’hésiterez pas à me faire remarquer les éventuels oublis. Cher GiL, vous avez exprimé de l' « admiration » pour ces sixains d'alexandrins dont le cinquième vers est un hexasyllabe. C'est super, sentez-vous libre à écrire quelques strophes de ce modèle ! Vous me demandez à condenser trois strophes en une : je ne peux pas vous rendre cette faveur, la partie ennuyeuse ne le serait plus. Vous évoquer un hiatus dans le vers « Va-t-on * entretenir... ». J'imagine que vous parler de l'endroit marqué d'un astérix : c'est un hiatus au sens phonétique mais pas dans el sens métrique. Merci beaucoup de m'avoir honoré d'un de vos commentaires, assez rares ! Passant75, je pense que vous ne lisez pas le forum, mais vous m'avez commenté longuement et je vous dois quelques mots. Vous avez aimé la forme, vous avez pensé à Du Bellay... Vous lisez dans le texte une nostalgie que je n'ai pas cherché à exprimer : je serai plus attentif la prochaine fois ! Merci donc de votre commentaire qui m'alerte sur la multiplicité des interprétations. BlaseSaintLuc, je vous remercie de votre commentaire très sympathique et amical, il m'a fait bien plaisir. Cher Cyrill, quand vous critiquez, rien ne vous fait peur : c'est « ronflant », « passéiste », « ça sent la poussière »... Je pense que vous avez été emporté par une émotion qui, comme vous le dites vous-même, « n’est pas le sujet ». Je suis content que mon poème vous ait donné lieu à exprimer votre indignation d'un tas de choses qu'il ne contient finalement pas. Une remarque par rapport à « poésie classique » : ce que j'écris sont des vers classiques, pas de la poésie classique. Certes, la catégorie sur Oniris est mal nommée, mais cela ne relève pas de mes compétences. L'idée que j'exprime dans mon poème est tout-à-fait contemporaine : marcolev l'a bien repéré et je l'ai cité plus haut. Merci de votre passage et des idées clairement développées ! framato, pourriez-vous m'expliquer ce que vous entendez par « arnaque intellectuelle » ? Du reste, j'ai trouvé votre commentaire très similaire à celui de Cyrill. Peut-être l'aviez-vous lu en EL ? Il me semble que les membres du CE peuvent faire cela même avant publication. Je vous remercie de votre passage : au plaisir de vous lire ! Provencao, merci à vous aussi de votre passage. Votre commentaire est très poétique et délicat, je vous en sais gré. rendu, vous avez trouvé l'hexasyllabe en 5e position « comme tombé de la lune ». Je vous remercie beaucoup de ce trait d'humour rafraîchissant ! Vous trouvez que cela rompt le rythme que Cyrill trouvait ronflant... personnellement, j'aime bien ronfler à bâtons rompus ! Vous avez relevé quelques figures de style et je vous en remercie également. Au plaisir d'échanger de nouveau avec vous, vous me plaisez bien. Boutet, je vous remercie. En tant que personne qui écrit presque exclusivement des vers classiques, vous avez bien apprécié les miens. Je ne suis pas l'inventeur de cette strophe. Je vous raconte comment j'y suis arrivé. J'ai commencé, comme souvent, par le commencement : les trois premiers alexandrins, rimés aab. A ce moment, j'avais deux options : des rimes plates ou des sixains. Je n'aime pas du tout les sixains d'alexandrins uniquement. Je me suis donc souvenu de ce vers de Thomas : « Le compas d'Uranie a mesuré l'espace ». Il ne m'en fallait pas plus : j'ai imité la strophe de son « Ode sur le Temps ». Je vous remercie beaucoup du temps et de la sympathie accordés, au plaisir de vous lire. Un autre commentaire très soigné, comme à votre habitude, AMitizix. Je vous remercie beaucoup. J'ai déjà fait un retour sur pas mal de points que vous soulevez. Vous avez beaucoup aimé la dernière strophe et j'expliquais qu'elle n'acquiert sa valeur que parce qu'elle est précédée des cinq autres strophes. Je suis content que vous ayez trouvé cette lecture agréable, malgré des défauts. Je tâcherai de mieux faire à l'avenir et j'espère avoir le plaisir d'échanger de nouveau avec vous. Pussicat, merci d'être revenue sur votre commentaire : cela montre bien que mon poème vous a interpellée, comme vous le demandiez sous un autre de mes textes. Au plaisir de vous lire dans vos quêtes langagières. Cher et infatigable Polza, puisse votre énergie ne jamais faiblir ! Merci pour toutes les pistes de lecture que vous m'avez proposées. Vous avez « beaucoup apprécié la forme, originale comme souvent chez vous… » -- il me fait plaisir de vous faire plaisir. Vous avez relevé des points de fond qui vous turlupinent. Un autre verbe aurait été bienvenu dans le vers « ils parlaient des dialectes » : pour ne rien vous cacher, initialement le vers était « Ils apprenaient des langues » mais je l'ai modifié pour les raisons que vous devinez, coquin que vous êtes ! Il faut savoir que j'ai beaucoup d'admiration pour tous ces moines qui ont appris des langues complètement différentes des langues européennes, qui ont rédigé des grammaires, des dictionnaires, qui ont traduit des textes... ils étaient animés d'un zèle magnifique ! Vous terminez votre commentaire très soigné par une référence au Petit prince et je trouve cela très mignon. Merci beaucoup ! Cristale, grande et vénérable Cristale que l'univers admire ! Votre commentaire regorge de gourmandises que je savoure sans modération. Je le relis pour éviter de faire le quatre heures et cela m'aide bien à perdre du poids, parfois même des strophes ! Que vous dire de plus sinon vous remercier du soin, du temps, des encouragements, des consolations que votre passage sous mon texte m'offre ! Je cite ici votre phrase de conclusion : « Entre hier et demain, le destin de l’humanité interroge, même en poésie. ». Au plaisir de vous lire. marcolev, votre commentaire, quoique bref, est d'une grande richesse car il formule en peu de mots l'idée essentielle du texte. Je l'ai reprise à la fin de la partie générale de mes remerciements. Je vous en sais bien gré. EtienneNorvins, vos commentaires sous mes textes sont rares mais précieux. Vous êtes un lecteur profond et votre analyse est excellente. Comme marcolev, vous avez cerné le coeur du texte : « l'aventure réside-t-elle dans les lieux que l'on atteint, ou dans les êtres que l'on rencontre ? » Je vous remercie de votre passage et vous dis à bientôt.
Contribution du : Aujourd'hui 18:07:21
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Re : Remerciements pour « L'Espace » |
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Apprenti Onirien
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18/06 17:08:47 Groupe :
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Bonjour LeChevalier
Et merci de votre retour sur l'espace. Je n'avais jamais lu cette forme de sizain avec un hexasyllabe placé comme il l'est et qui peut s'interpréter de 2 façons : soit gêner le rythme ou le rendre moins ronronnent. Par contre en écrivant que du classique il faut vous attendre à lire souvent " cette absence d'émotion " résonnant comme un leitmotiv, surtout par ceux qui sont incapables, justement de l'écrire le classique. Et qui vous donneront à chaque fois comme justificatifs de ne pas vouloir copier les anciens. Il est vrai que le contemporain possède beaucoup moins de contrainte. Mais je vous engage à continuer d'écrire comme vous le voulez malgré les récriminations que vous entendrez systématiquement comme des perroquets répétant toujours les mêmes choses. PS : j'ai commencé également dans cette voie mais je me demande finalement si ça en vaut bien la peine, se casser la tête avec toutes ces règles alors que d'autres catégories sont si simples et surtout aussi bien vues car le travail du classique n'étant connu que par quelques initiés, la plupart des commentateurs n'en voient pas le travail à accomplir. Bien à vous. rendu
Contribution du : Aujourd'hui 18:26:16
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Re : Remerciements pour « L'Espace » |
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Chevalier d'Oniris
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Inscrit:
27/09/2014 00:27 Groupe :
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2958
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Je vais tenter de ne pas faire le perroquette et m'arrêter sur la forme.
Je ne suis pas une adepte de la forme classique par humilité, comme avouée. Est-ce que l'écriture contemporaine "possède moins de contraintes" que celle des classiques ? il me semble le contraire parce que tout est à inventer : la langue bouge, mute, les règles changent, chaque année de nouveaux mots, verbes entrent dans les dictionnaires, le verlan s'invite aux tables des seigneurs de ce monde et viennent enrichir notre quotidien. Faut-il s'enfermer dans une forme classique ? Pour l'exercice je vous réponds : oui. Pour toucher au sublime, à la beauté ? Il faut du souffle ; n'est pas Hugo qui veut. Cela me rappelle un débat désuet sur les anciens et les modernes. Un texte qui transporte est un texte qui transporte. Mes limites sont la facilité de la poésie classique car tout a déjà été écrit. Un sonnet ? des rimes embrassées, plates, croisées ? alexandrins, octos, etc. Choisissez un chausson et entrez-y sans crainte. Votre texte m'a été étranger non sur la forme choisie mais parce que je le trouve mal construit. Je retiens : "Je crois donc qu’après publication certains ont commenté parce que cela venait de moi. Je me permets d’en être un peu flatté !" Ah, la flatterie tout de même quand elle vous tient.
Contribution du : Aujourd'hui 19:14:24
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