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USS-AMÉRION II : Continuation
Sebastien : USS-AMÉRION II : Continuation  -  Encore
 Publié le 04/07/10  -  5 commentaires  -  6016 caractères  -  119 lectures    Autres publications du même auteur

Le capitaine baissa les yeux sur son antique montre à quartz. Incroyable qu’une telle vieillerie fonctionne encore, pensa-t-il une énième fois. L’USS-Amérion filait à Gruik-28 dans l’immensité de l’espace, soit vingt-huit fois la vitesse d’un gruik dans le vide. Bientôt, le vaisseau serait suffisamment éloigné de toute source de choupinos pour sauter dans l’espace et le temps sans danger. Il observa un instant les étoiles au travers de la grande baie de la passerelle.


Le choupino, première particule supersymétrique, fut découvert en 2038 lors d’une opération de maintenance du LBC (Large Branlonz Collider) situé dans le système des Oursons en guimauve, vers la constellation du Robinet Qui Fuit. Les scientifiques cherchaient encore des particules à très haut niveau d’énergie, or le choupino n’a ni masse, ni énergie. D’importantes quantités (enfin, si l’on peut parler de quantité sans masse ni énergie) de choupinos s’étaient donc accumulées au fil des collisions dans un des filtres à particules de l’échappement du LBC. La surprise fut de taille lorsque Bernard Piotr Vassili du Brancard de la Carriole (plus connu dans le service sous le sobriquet de Nanard), simple agent d’entretien, mit le pseudopode sur ce qui se révéla être un petit tas de choupinos. Bref.


Non loin de là, dans la cambuse, un poisson de terre issu de la ceinture d’astéroïdes du Gloubiboulga jeta un regard craintif vers la marmite d’eau frémissante. Un deuxième et dernier regard, plus haineux, fut adressé à l’intendant lorsque celui-ci prit le poisson de terre pour le balancer dans l’eau, ce qui constitua une grande première pour ledit poisson. Et une grande dernière, également.


Le néon du couloir d’accès à l’armurerie principale vacilla un instant, puis s’alluma franchement, avant de finalement s’éteindre dans un grésillement poussif. Un juron monta dans l’obscurité. Un autre grésillement, plus optimiste, s’ajouta au vrombissement sourd qui régnait dans ce secteur de l’USS-Amérion. Un projecteur perça l’obscurité, balaya confusément les parois humides du couloir, puis parut se fixer sur la porte de l’armurerie, quelques dizaines de mètres plus loin. Le bruit de lourdes bottes ferrées couvrit le grésillement désormais plus léger, et fut à son tour couvert par un deuxième juron. Le bruit de bottes, un peu las mais déterminé, atteignit la porte qui s’ouvrit dans un miaulement d’acier corrodé et se referma sur le faisceau lumineux. L’obscurité reprit ses droits dans le couloir désormais vide de grésillements, de bottes et de jurons.


Dans la salle des cartes, un schéma tridimensionnel de la galaxie apparut. Les différents systèmes solaires, colorés selon la couleur de leur étoile la plus lumineuse, valsaient lentement dans la petite pièce. Un léger tintement immédiatement suivi d’une pulsation lumineuse attira l’attention du navigateur sur un système en particulier. Un trait de lumière rouge, parti dudit système, traversa la narine droite du navigateur qui se tenait debout au milieu de la galaxie pour rejoindre un second système derrière lui, puis continua son chemin. L’homme fronça les sourcils et se retourna. Il griffonna quelque chose sur un écran souple, gomma, écrivit à nouveau puis glissa l’écran dans sa poche et sortit de la salle des cartes. La galaxie disparut. Enfin, pas réellement, juste dans la salle des cartes, principalement pour des raisons d’économie d’énergie.


Dans l’escalier 613b de l’USS-Amérion, un jeune sous-officier se prit les pieds dans une carcasse métallique en courant vers la salle de transmission. Il termina sa chute avec fracas dans une caisse pleine de clefs à molettes abandonnée au pied de l’escalier. Il est *vraiment* temps que l’on range ce vaisseau, gronda-t-il après s’être relevé et épousseté. Un rapide coup d’œil à l’épave responsable de sa chute ne lui apprit pas grand-chose : les lettres découpées dans une surépaisseur du carter principal de ce qui était apparemment un petit robot révélèrent toutefois le nom du coupable : Wall-ID. Étrange, songea le sous-officier en reprenant sa course.


Trois silhouettes d’environ soixante-dix centimètres de hauteur projetaient d’inquiétantes ombres sur le mur bâbord de l’atelier général à mesure que le poste de soudure à plasma crépitait. Plongée dans l’obscurité, la salle paraissait immense, et du plafond pendaient d’étranges machines et de sinueuses passerelles. Toutes trois masquées et équipées de gants en carbure de propane, les silhouettes étaient penchées sur un établi à leur hauteur. Sur cet établi, un squelette en ferraille, vraisemblablement quadrupède, dont l’expression paraissait hésiter entre l’écartèlement pur et simple et l’opération de chirurgie lourde, ce qui, dans certaines cultures, revient à peu près au même. La silhouette du milieu coupa finalement le poste de soudure, puis alluma la lumière en tapotant sur la surface tactile de son bio-implant. L’une des deux autres s’écarta de l’établi pour se diriger vers un levier presque plus grand qu’elle, et l’abaissa. La lumière faiblit brusquement tandis qu’un grondement descendait du plafond de l’atelier. Le squelette avachi sur l’établi fut parcouru d’éclairs bleutés et une odeur de grauzone satura l’atmosphère. Le calme revint peu après, en même temps que l’éclairage. Quelques étincelles crépitaient encore çà et là sur le squelette. Les trois silhouettes se rapprochèrent et enlevèrent leur masque. L’une d’entre elles approcha une main hésitante, puis gratta près d’une articulation le squelette immobile. Rien. Elle gratta encore. L’une des extrémités du squelette bougea faiblement, puis s’agita compulsivement au rythme du grattage, renversant par la même occasion une gamelle pleine de vis et d’écrous. La silhouette se tourna successivement vers ses deux comparses, puis partit d’un rire maléfique qui se répercuta un peu partout dans l’atelier. Les deux autres échangèrent un regard perplexe, et observèrent finalement le squelette métallique tenter vainement de se mettre debout sur l’établi.


 
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   David   
4/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

"Le capitaine... " et puis plus rien, enfin, pas de nom, d'ailleur, à part un mystérieux "petit robot" nommé "Wall-ID" et l'inventeur du "choupinos" nommé, euh... "Nanard", aucun personnage humain ne sera baptisé. Il y a "l'intendant", et puis un "jeune sous-officier", un "navigateur" (elle est où la fille ?!).

Il y a un autre mystérieux quatrième paragraphe dont le héros est un... néon ? À moins que ce soient les bottes ou les jurons...

Et puis viennent les "Trois silhouettes d’environ soixante-dix centimètres de hauteur" du dernier paragraphe, humanoïdes je dirais pour le "bio-implant" de l'un... des cyborgs ! Me parierai-je. Pour l'autre autre mystérieux quadrupède, dont l'érection éventuelle semble être le clou du chapitre, j'ai presque envie d'aller compulser les archives de la fameuses série éponyme de ce roman, car il y a bien un personnage de nommer, sans avoir à douter qu'il soit d'importance : L'USS-Amérion !

Encore !

   florilange   
4/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai adoré entrer dans ce récit complètement farfelu, avec son vocabulaire inventé et rigolo, son ton volontairement déjanté dans les passages techniques.
Ça se lit rudement bien et on attend la suite.
florilange

   Perle-Hingaud   
4/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ah, j’adore. Tout me plait dans cet épisode déjanté : l’action , l’humour, les références en clin d’œil et l’inventivité débridée.
J’aime :
-le gruik enfin reconnu comme unité de vitesse et les dangereux choupinos
-le pseudopode de Nanard
-le poisson de terre
-la disparition de la galaxie (dans la salle des cartes) pour raisons d’économie d’énergie,
-wall-id
-la description de la salle d’opération : extrêmement cinématographique.
Jubilatoire.

   placebo   
7/7/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
2038, ça me parait très tôt pour construire un bâtiment en dehors du système solaire. mais peut être qu'ils ne viennent pas de la Terre, faudrait que je lise le premier opus ?

pas trop aimé le passage sur l'armurerie : des répétitions (obscurité par exemple), un bruit las ?

''la galaxie disparut ...'' c'est possible d'être plus incisif dans la phrase suivante je pense.

un robot nommé wall-id... j'espère qu'il jouera un grand rôle celui-là, il y a des fans ^^

plus généralement, je voudrais parler un peu des descriptions. elles ne m'ont pas emballé, pour trois raisons je pense.
- des technologies assez nouvelles (normal en SF, encore que là il n'y en ait pas des tonnes, la montre à quartz nous est familière par exemple :) mais des noms nouveaux
- un humour qui me parait être une tentative honorable mais ne m'a pas fait trop rire et complexifie un peu le texte.
- des termes qui me semblent parfois imprécis ou inadéquats.

ex : ''l'expression paraissait hésiter entre l'écartèlement'' une expression ?
''puis gratta près d'une articulation le squelette immobile'' il n'y a pas de fautes, je relève juste ça parce que j'ai mis du temps à comprendre, peut être ne suis-je pas le seul, c'est tout

''une gamelle pleine de vis et d'ecrous'' hum un chien robot qui se nourrit de vis ? :)

le rythme de parution m'intéresse,
bonne continuation

placebo

   Anonyme   
20/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Wall-ID, ça me parle !

Dommage quand même en ce qui concerne les termes, comme "choupinos", "Oursons en guimauve", "Constellation du Robinet Qui Fuit", "Brancard de la Carriole", "Gloubiboulga", même si ces termes sont dictés par un choix humoristique qui détermine l'ambiance de ce premier chapitre, et, je présume, du roman tout entier.

En revanche, les termes "gruik", "LBC", "carter", "soudure à plasma", "gants en carbure de propane", "bio-implant", "grauzone", sans parler de "l'escalier 613-b" et de l' "USS-Amérion", sont les bienvenus et donnent de la crédibilité à ce roman de SF.

Lorqu'on écrit un roman, il faut prendre son temps et approfondir les situations. Par exemple, après la phrase suivante :

"Il observa un instant les étoiles au travers de la grande baie de la passerelle.",

il aurait fallut décrire précisément ce que le capitaine observe afin d'approfondir un peu, avant de passer au paragraphe suivant qui, du reste, nous parle de tout autre chose.

J'ai toutefois éprouvé un certain plaisir à lire ce chapitre - même s'il est un peu court - sans doute à cause du style narratif que je trouve personnellement assez bon, ce qui me pousse à poursuivre ma lecture sur les autres chapitres, lorsque j'en aurai le temps.

Merci pour cette belle évasion...


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