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USS-AMÉRION II : Continuation
Sebastien : USS-AMÉRION II : Continuation  -  Qui ?
 Publié le 05/07/10  -  3 commentaires  -  8622 caractères  -  43 lectures    Autres publications du même auteur

Le capitaine ferma la porte de sa cabine, puis se dirigea d’un pas décidé vers la passerelle. Il grimpa les escaliers qui conduisaient au poste de commandement et enclencha la procédure de parlage à tout le vaisseau. Une longue tige sortit inopinément du mur le plus proche, visiblement animée de la ferme intention d’aller se loger dans la narine du capitaine. Celui-ci l’esquiva d’un nuki-kote-uchi-men-no-koto-bulgulo-kingo magistral, puis s’approcha de l’extrémité de la tige.


- Ici votre capitaine, je rappelle à tous que dans dix minutes, la Cellule entrera en communication avec l’USS-Amérion pour une réunion...


Le capitaine farfouilla sur son bio-implant.


- … une réunion sur l’avancement de la mission. Enfin pour nous dire ce qu’on doit faire. Bref. Soyez tous sur la passerelle dans dix minutes.


Dix minutes plus tard, l’ensemble de l’équipage était rassemblé devant la baie d’observation qui faisait également office d’écran géant, très pratique pour les visioconférences et les matchs de rugueuby. De lourds rideaux rouges attachés de part et d’autre de la baie donnaient un petit côté Nautilus aux lieux. Un opérateur apparut à l’écran pour annoncer qu’un officier allait prendre incessamment sous peu le relais et que l’attente ne serait pas facturée. Comme pour confirmer ses propos, le visage de l’amiral Tipek chassa aussitôt celui de l’opérateur.


- Bonjour à tous, commença l’amical amiral. Faites-moi votre rapport de prise en main de l’appareil, je vous prie. Et présentez-vous, dans la foulée. Capitaine, vous terminerez par un compte-rendu de remise en état de l’USS-Amérion.

- Bien, mon amiral. Dugommier, commencez, ajouta-t-il en se tournant vers le sous-lieutenant. Ensuite, par grade décroissant.


Les participants échangèrent des regards qui en disaient long sur le peu qu’ils avaient à dire.


- Sous-lieutenant Isidore “Mateulab” Dugommier, chargé de communication à bord de l’USS-Amérion, au rapport, mon amiral.


Le jeune homme, d’allure résolument martiale, portait un uniforme bleu marine impeccablement repassé qui ne parvenait toutefois pas à dissimuler le manque d’expérience de son propriétaire. Épais comme un câble de frein à main, le sous-lieutenant portait les cheveux longs attachés en natte comme le préconisait le code militaire de la Cellule, mais au petit matin sa coupe de cheveux et son physique ingrat lui donnaient plutôt l’air d’un grand plumeau. Il incarnait à la perfection le bleu qui sait très bien à quoi va servir le cirage qu’on lui a demandé d’aller chercher.


- Les organes de communication du bâtiment sont en parfait état, et les mises à jour sont opérationnelles en conditions réelles d’utilisation, continua-t-il. Le nouveau protocole Uzinagaz a été mis en fonctionnement de routine ce matin, avec succès.


Le sous-lieutenant fit un pas en arrière, toujours contracté comme s’il s’apprêtait à recevoir une baffe, et se tourna vers son voisin qui fit un pas en avant d’un air beaucoup plus détendu. Celui-ci croqua une bouchée du klapoutz aux olives qu’il tenait dans la main, la mâchouilla tranquillement, déglutit dans un glomp sonore puis prit la parole.


- Sergent Rufus “Mimolette” Kroustibat, armurier à bord de l’USS-Amérion, au rapport, m’n’amiral. Le Sékobab envoie du lourd, mais je dois encore voir s’il avoine comme il faut en vrai. Sinon bin globalement y a pas trop à se plaindre, m’n’amiral. Tout marche bien. Les fusils, tout ça. Je crois que c’est tout, m’n’amiral.

- Vous avez installé un Sékobab sur l’Amérion, sergent ? Vous n’avez pas peur du recul ?

- Non non, m’n’amiral, il est monté sur un système d’aérocoussinets à variation pondérée barycentrique qui réagit à l’introduction des projectiles. Normalement. M’n’amiral.

- Vous m’en direz tant, conclut Tipek. Merci, sergent.


Kroustibat croqua à nouveau dans son klapoutz, mâchouilla, déglutit, jeta un regard autour de lui, s’aperçut que tout le monde attendait, et fit un pas en arrière. Son voisin prit le relais.


- Caporal Terneth “Moz” Plaureur, navigateur à bord de l’USS-Amérion, au rapport, mon amiral, couina ledit voisin.


Malgré son physique plutôt rondouillard, le caporal Plaureur possédait une voix oscillant entre l’animal qui s’est coincé la queue dans une porte et le grincement de la porte elle-même. Issu des forces spéciales du SALAAD, plusieurs fois décoré, notamment de la très prestigieuse médaille du Klébar, Plaureur s’était distingué lors de la très fameuse prise d’otage du Krabkib’Afouye. Malgré son timbre de voix, donc, le caporal savait s’imposer.


- … et donc à part le SDK du toolkit qui n’est pas correctement découplé du (frame retiré)work, l’implémentation des classes et du contrôleur bas-niveau du corps de l’Amérion répond aux stimulis, mon amiral. Et les librairies compilent correctement, alors bon.


Un silence glacé accueillit ces déclarations renversantes. Au bout de quelques secondes, le capitaine se tourna vers les trois petits humanoïdes, tassés dans un coin de la passerelle. À part leur taille et peut-être un teint plus mat que la moyenne, ils étaient en tous points similaires à un humain standard. Mais en édition de poche.


- Messieurs, dit Guignoletti, nous sommes tout ouïe.

- Premières classes Bwa, Wou et Bss, mécaniciens en chefs à bord de l’USS-Amérion, au rapport, notre amiral. L’introducton fonctionne à merveille, et...


Kroustibat se tourna vers Dugommier.


- Comment ils font ça ? chuchota-t-il.

- Comment ils font quoi ?

- Bin parler tous en même temps et dire la même chose, là.

- Ah. Euh... Bonne question. Je crois que c’est spécifique aux indigènes de la planète Brouh’aha, dans la constellation du Clafoutis aux Cerises. Je me renseignerai.


Le capitaine leur jeta un regard sévère.


- … s’est boîté car il ne sait pas encore très bien courir, terminèrent les mécaniciens. À terme, il pourrait constituer une bonne extension mobile pour le vaisseau. Nous avons fait un plan d’expérience, et il en ressort qu’il répond au nom de Goudd’Aug, ou quelque chose comme ça.

- Euh... bon, répondit l’amiral, qui ne savait visiblement pas trop comment interpréter ce rapport. Capitaine, c’est à vous, je crois ?

- Il reste l’intendant, mon amiral.

- Ah oui oui, pardon. Allez-y.


L’intendant s’avança d’un pas. Plus large que haut, celui-ci était issu de la lointaine planète Grouf, nommée ainsi en raison du bruit que font ses habitants lorsqu’ils s’assoient. Grouf. D’un naturel bougon, l’intendant n’en demeurait pas moins un excellent cuisinier, poste essentiel lors des missions de longue durée (on ne le répétera jamais assez).


- Vikeutor Danet, intendant à bord de l’USS-Amérion. Il n’y a plus de sucre.

- … oui, et ? s’impatienta l’amiral.

- Et rien, c’est tout. Mais c’est pénible. Surtout pour le caramel. Ah, et pour le café, aussi. Le café sans sucre, c’est pour les cuistres.


Bwa, Wou et Bss ne bronchaient pas, tandis que Kroustibat réprimait un sourire. Le capitaine jeta un regard gêné à l’assistance et prit une fois de plus l’initiative.


- Merci, Danet. Major Verdo Guignoletti, capitaine de l’USS-Amérion au rapport, mon amiral. Le décollage s’est déroulé sans problème, mon amiral, et nous serons en mesure de sauter dans l’espace-temps dans trois jours maximum, mon amiral. La remise en état du vaisseau est terminée, mon amiral, et nous sommes à 100 % opérationnels en théorie, mon amiral. Il n’y a plus que quelques tests de routine à effectuer. Mon amiral.

- Bien, bon, et bah c’est bien, déclara l’amiral Tipek. C’est très bien. Je vous souhaite donc bon courage, la Cellule compte sur vous !


L’écran géant redevint transparent, faisant place à l’immensité de l’espace, etc., etc. Un bref instant de flottement plus tard, Guignoletti interrogeait son sous-lieutenant tandis que les différents membres de l’équipage quittaient la passerelle, un peu perplexes.


- Ôtez-moi d’un doute, Dugommier. L’amiral Tipek devait bien nous dire en quoi consiste notre mission ?

- Oui, mon capitaine, répondit le sous-lieutenant, au garde-à-vous.

- Détendez-vous, respirez, là, Dugommier. Vous êtes tendu comme une crampe. Bien. Donc l’amiral ne l’a pas fait, si ?

- Non, mon capitaine. Enfin il ne nous a pas dit ce que nous sommes censés faire, si c’est de ça que vous parlez, mon capitaine. Mais je ne sais pas s’il s’est détendu, par contre, mon capitaine.

- Et... hésita Guignoletti en regardant le sous-lieutenant avec suspicion.

- Mon capitaine ?

- Non non, rien, laissez, Dugommier. Ah, si : prenez Kroustibat, et rangez-moi ce vaisseau. Vous ferez connaissance, comme ça. Commencez par le débarras.

- Bien, mon capitaine.


 
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   Perle-Hingaud   
5/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime toujours autant. Le style est résolument comique, les références aux séries télé, aux publicités et autres distraient agréablement du manque d'action. Il ne se passe pas grand chose, mais ce pas grand chose est une joie à lire. Belle galerie de portraits. Mais pourquoi Mimolette ?

   David   
14/7/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Sébastien,

Il me semble qu'il manque un gag :

"Soyez tous sur la passerelle dans dix minutes.

Dix minutes plus tard... "

Comment ça ? Ils sont ponctuels sur l'Amérion ! et tous en même temps !!!

Et celui-là, il est limite himalayen :

" Détendez-vous, respirez, là, Dugommier. Vous êtes tendu comme une crampe. Bien. Donc l’amiral ne l’a pas fait, si ?

- Non, mon capitaine. Enfin il ne nous a pas dit ce que nous sommes censés faire, si c’est de ça que vous parlez, mon capitaine. Mais je ne sais pas s’il s’est détendu, par contre, mon capitaine."

l'amiral n'a pas fait la crampe, c'est bien ça la seconde supposition de Dugommier ?

J'ai esquivé ces petis détails d'un "nuki-kote-uchi-men-no-koto-bulgulo-kingo" de niveau moyen+, je passe au suivant...

   Anonyme   
20/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ca se précise ; l'humour est toujours là, les termes techniques sont toujours les bienvenus mais... il ne se passe pas grand-chose finalement, ce qui est bien dommage.

Je pense qu'il n'était pas nécessaire de lister tous les personnages en leur faisant prendre tour à tour la parole ; deux ou trois maximum auraient suffis, car on frise l'énumération. Pourtant la situation est vivante, malgré quelques maladresses au niveau des dialogues, qui doivent respecter certaines règles typographiques...

Petit détail : pour avoir effectué mon service militaire, on ne dit pas "Mon Amiral", mais "Amiral". Je pinaille un peu, mais toujours dans l'optique de gagner en crédibilité.

Ce deuxième chapitre m'a quand même donné l'envie de poursuivre, c'est ce qui compte...


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