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USS-AMÉRION II : Continuation
Sebastien : USS-AMÉRION II : Continuation  -  Premier saut
 Publié le 07/07/10  -  2 commentaires  -  7409 caractères  -  20 lectures    Autres publications du même auteur

La soirée crêpes connut un succès retentissant : on avait besoin de décompresser. Kroustibat remplaça avantageusement le sucre par un mélange gornichons-basilic-huile de friture, et le trio Bwa-Wou-Bss exécuta un canon magistral sur la très fameuse chanson des Toumis-Three Si tu sens rien, tu sers à rien. L’ambiance était à son comble lorsque Danet proposa de refaire des crêpes et sortit le batteur maudit. Moz eut le bon réflexe de donner un énorme coup de louche dedans afin de mettre un terme à l’histoire de ce batteur, et, bien que l’intendant n’ait pas très bien compris le pourquoi du comment, on en resta là.


Il faisait déjà jour lorsque Dugommier se rendit sur la passerelle de commandement de l’USS-Amérion. Enfin, jour dans le vaisseau, évidemment. Le capitaine Guignoletti se trouvait devant l’espace de la baie qui dévoilait l’immensité, et contemplait les étoiles d’un œil éteint.


- Ha, vous tombez bien, sous-lieutenant, fit Guignoletti sans se retourner. Nous sommes prêts à effectuer le premier saut, je crois.

- Bonjour, mon capitaine ! Tout à fait, il ne manque que le navigateur pour confirmer les coordonnées du saut, répondit Dugommier. Tenez, le voilà, justement.


Dans l’encadrement de la porte se tenait le navigateur Moz, boudiné dans une combinaison visiblement deux tailles trop petite.


- Sympa ta combarde, fit Kroustibat qui passait derrière lui, d’une cabine à l’autre.

- Mon capitaine, couina Moz sans s’offusquer de la taquinerie, j’ai une mauvaise nouvelle. L’Introducton est en rideau.

- Quoi ? s’étrangla Guignoletti.

- Non je déconne, mon capitaine. J’ai les coordonnées de saut sur mon Naillepad. Nous sommes en mesure de sauter dans l’espace, dans le temps, dans tout ce qu’on veut.

- Hrm bon. Bin prévenez l’équipage, nous allons effectuer le saut, et ensuite ça sera l’heure du café donc c’est parfait. Ah et, Dugommier, appelez-moi les mécaniciens, tiens.


Quelques instants plus tard, chacun était à son poste. Le trio de mécaniciens avait pris sa place devant le poste de contrôle des moteurs à flux tendu, nécessaires à tout mouvement dans l’infra-espace. Pour des raisons de commodité, ceux-ci avaient remplacé le siège ultramoderne du poste de contrôle par un gros banc en plastique. Cet astucieux changement avait l’avantage de leur permettre de s’asseoir à trois devant la console. Kroustibat, quant à lui, était parti rejoindre l’intendant dans sa cambuse, probablement dans un objectif gastronomique, et Dugommier déclara d’une voix sans équivoque :


- Parés à effectuer le saut, mon capitaine.

- Coordonnées consignées, compléta Moz, boudiné dans sa combarde et coincé dans son fauteuil. Variables déclarées, fonctions implémentées, convecteur temporel, euh… temporisé !

- Très bien, messieurs. 5 ! fit Guignoletti.

- 4 ! dit Dugommier.

- 3 ! poursuivit Plaureur.

- 2 ! firent en chœur les trois mécaniciens.


Guignoletti attendit que quelqu’un poursuive, mais rien. Il se tourna vers les trois mécaniciens.


- Combien êtes-vous, en tout, messieurs, commença-t-il en se contenant.

- Trois, notre capitaine, répondirent-ils.

- Bon, vous avez remarqué, aussi. Alors faites-moi le plaisir de pousser jusqu’à zéro, étant donné que, par une amusante coïncidence, nous sommes six et nous commençons le compte-à-rebours à… cinq et nous le finissons à zéro, ce qui fait six en tout.

- Ah bah non mon capitaine, coupa Plaureur, ça fait cin…


Un regard noir congela sur place l’anarithmétique navigateur.


- Compris, messieurs ?

- Oui oui, notre capitaine, répondirent d’une seule voix les mécaniciens.

- Donc, je disais, reprit Guignoletti en adressant un regard à décoller la tapisserie en direction de Plaureur. 5 !

- 4 !

- 3 !

- 0 !


Un silence de mort s’abattit, comme tout bon silence qui se respecte. Dugommier et Plaureur se regardèrent en se demandant l’un comme l’autre s’ils risquaient de ramasser des balles perdues. Guignoletti se massa les tempes.


- Bon. Je ne vais pas trop insister. À mon signal, nous effectuons le saut, compris tout le monde ?


Hochements de têtes. Dans le bon sens.


- Bien. On va y arriver. Et dans… 5, 4, 3, 2, 1, 0, saut !


Brouf. Enfin, d’un point de vue purement physique, les rares astéroïdes dans le voisinage immédiat de l’USS-Amérion n’auraient rien entendu s’ils avaient pu entendre quelque chose. Absence de brouf, donc, plutôt.


Du placard à marmites n’émergeait que le postérieur de l’intendant Vikeutor Danet, ce qui était bien suffisant. Kroustibat observait la manœuvre d’extraction tactique d’un autocuiseur avec intérêt, non sans grignoter un en-cas aux rognons de mouche des prairies. Danet se redressa, bredouille, et regarda par le hublot au-dessus de l’évier.


- Bin ?! Elle y était pas cette planète, là, y a deux minutes !

- Où ?

- Là, la grosse, là, bah y en a pas cinquante !

- Tiens, c’est vrai, admit l’armurier en descendant de la table sur laquelle il était assis. Curieux.


Le capitaine consulta les différents écrans de contrôle, enclencha un ou deux leviers, brassa un peu d’air, puis conclut :


- Bien, nous sommes arrivés. Vous confirmez, Plaureur ?

- Je confirme, mon capitaine, répondit celui-ci. Nous sommes à environ pas loin d’AW-471, connue localement sous le nom de Fafl. Je vous annonce, poursuivit-il en ouvrant les canaux de broadcast sur l’autoradio, que la température extérieure est de -268 °C à l’ombre, et le temps est à l’orage magnétique avec des vents solaires à 450 km/s (500 en rafales), ce qui est honnête.

- Bah merde ça fait quand même 1 620 000 km/h, s’étonna Guignoletti. Faudra prendre son Cahouet, hein.

- PNC aux portes, armement des groboggans, tout ça, termina le navigateur.


Plaureur coupa l’autoradio, enleva la façade et la rangea dans la boîte à gants.


- Bon, faut trouver une place, maintenant, soupira Guignoletti. Dugommier, allez me chercher Kroustibat. Il doit être à table, à l’heure qu’il est. Il est toujours à table, d’ailleurs.

- Aye aye, mon capitaine, répondit le coincé en tournant les talons de ses bottes cirées.

- Plaureur ? Préparez les coordonnées d’atterrissage, trouvez-moi un coin potable, nous risquons de rester un certain temps sur cette planète vierge et inexplorée. Il faudra sûrement établir un campement, trouver du bois pour le feu, chasser le bourtruff et le flonfidé, et...

- Euh mon capitaine ? demanda prudemment le navigateur.

- Quel est le problème ? soupira Guignoletti en se demandant ce que le navigateur avait bien pu inventer.

- Je capte une transmission. Je la redirige vers l’autoradio, conclut-il en ouvrant la boîte à gants.


Une voix nasillarde résonna dans l’USS-Amérion, ponctuée par des accords de musique d’ascenseur.


- Bonjour et bienvenue sur Fafl ! Fafl, ses commerçants chaleureux, ses prix défiant toute concurrence, ses parcs d’attractions ! Visitez Fafl la bienheureuse, et profitez de notre super occasion : pour tout achat d’un vribaphone, on vous offre un tapir ! Bonjour et bienvenue sur Fafl ! Fafl, ses commerçants cha...


Guignoletti coupa le son.


- Bon. Je crois qu’il va falloir faire attention, sur cette planète, admit le capitaine, perplexe comme David Douillet devant une Smart de location.

- Bin oui, firent les mécaniciens qui n’avaient pas perdu une miette du message commercial. Ces offres, c’est toujours à double tranchant, mais faut reconnaître, un tapir offert, c’est intéressant, quand même.


 
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   David   
15/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Sébastien,

"- Hrm bon. Bin prévenez l’équipage... "

Que d'audace dans les onomatopées ! :)

Je trouve et ça me l'a un peu fait précédemment que le format de ces chapitres n'est pas idéal, c'est du "comique d'accumulation" qui s'accumule trop peu, trop brièvement, mais j'aime bien le coup du comptage des trois gnomes.

   Anonyme   
21/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Où l'on apprend que l'USS-Amérion fait le grand saut, pour arriver près de la planète Fafl (AW-471).

Mis à part ça, de l'humour, mais pas grand-chose à se mettre sous la dent !

Des chapitres en dents de scie, mais toujours plaisants à lire.

Un peu court toutefois.


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