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Le silence des bigorneaux
leon : Le silence des bigorneaux  -  Chapitre 1
 Publié le 28/06/12  -  10 commentaires  -  9290 caractères  -  585 lectures    Autres publications du même auteur

Abigaël marchait tranquillement parmi les galets de cette plage où il avait joué si souvent étant enfant, remontant vers le nord, et le bout de la presqu'île de Mélile, où se dressait le phare de Pentecôte, désaffecté depuis près de vingt ans. C'était un coin de terre qui rappelait la Bretagne par la pluviosité de son climat et la violence de ses tempêtes, en plus venteux encore. Il y revenait chaque année porter un chrysanthème sur la tombe de ses parents, le jour de la Toussaint, qui tombait ce lendemain dimanche, cette fois-ci. Pour le moment, il s'amusait à slalomer entre les goémons et les varechs, pour « marcher à pied sec », comme un enfant l'aurait fait. Le suroît le poussait gentiment dans le dos, qui annonçait certainement le retour prochain de la pluie. Les ragots des gens du village, à son sujet, lui faisaient plutôt l'effet contraire, lui coupant les pattes et lui glaçant les os. Il n'avait jamais pu tout à fait s'y habituer…


Mélile, avec ses maisons basses, trapues, couvertes d'une lauze grossière, regroupées autour de sa petite église au porche de granit, c'était tout au plus une centaine d'habitants, et moins d'une dizaine de caboteurs à l'amarre dans le petit port. Pour la plupart chauvins, bourrus et soupçonneux, xénophobes, ils se flattaient sans complexe de vivre une tradition autarcique et figée, depuis moult générations. Le jour de la Saint-Guy, qui tombe le quinze juin, était ainsi l'occasion d'une drôle de fête, où les garçons offraient une branche de houx à la fille qui avait leur préférence, et qui ne se pratiquait nulle part ailleurs, à sa connaissance.


Ça lui avait valu d'être humilié pendant toutes ses années d'adolescence, jusqu'à ce qu'il quitte le village et son école, pour poursuivre ses études. Pour se moquer de ce prénom féminin que sa mère lui avait choisi, Abigaël, les garçons de son âge avaient en effet pris l'habitude de lui offrir du houx, à lui aussi, par dérision. Et parce qu'il n'était pas né et n'avait pas été baptisé au village, comme eux, ils l'avaient surnommé « Zarbigaël », quand lui, dans sa tête, les appelait les bigorneaux, en guise de représailles. Il se rappela le chagrin que ça avait pu lui causer, et, dans un accès d'amertume, il donna un coup de pied dans un galet gris, qui, après avoir suivi une jolie trajectoire parabolique, alla heurter un objet en verre, à quelques pas devant lui, qui tinta d'un son clair.


Il s'approcha. C'était une bouteille au verre épais et fumé, brune, visiblement ancienne, à moitié enterrée dans le sable, et dont la présence sur la plage l'intrigua, allez savoir pourquoi. Depuis combien de temps était-elle là ? Il s'en saisit, pour constater qu'elle était cachetée à la cire rouge, et semblait contenir quelque chose, un ou des papiers, selon toute apparence. Il ne put s'empêcher de sourire, cette fois ; une carte au trésor, ou une liasse de bons du même trésor ? Il glissa la bouteille dans le sac à dos qui ne le quittait jamais, bien décidé à examiner son contenu de retour à la maison, ce soir-là. C'est à ce moment précis qu'il entendit les cris perçants de deux enfants, qui se rapprochaient de lui, lancés dans une folle course-poursuite.


Celui qui fuyait l'autre vint tourner autour d'Abigaël, pour échapper à celui-là, tout en hurlant de sa voix pointue :


– Le homard m'a tué ! Le homard m'a tué !


Et ils disparurent aussi vite qu'ils étaient apparus, en direction du village, tandis que le bonhomme les observait, perplexe. Les enfants ont parfois de ces jeux ! Le soir tombait déjà, et le froid avec lui, et Abigaël changea ses plans. Il n'irait pas jusqu'à la pointe de Mélile, comme il l'avait initialement projeté, mais plutôt boire un grog chez la Glaude, au café du village, pour se réchauffer, en espérant secrètement ne pas rencontrer certains bigorneaux de sa connaissance, qu'il haïssait. Il est des blessures qui ne se referment jamais, des inimitiés que rien ne peut faire cesser, des rancœurs que rien ne vient adoucir…


Il quitta la plage, pour gagner la lande qui entourait Mélile, qu'il rejoignit par la rue du Bout du monde. Ce faisant, il longea le potager du vieux Longrain, qui fermait justement ses volets, et ne le salua pas. Cent mètres plus loin, en face de l'église, il franchit la porte basse de la Glaude en voûtant légèrement le dos, comme il l'avait toujours fait, par peur de se cogner le haut du crâne. Le carillon chinois, incongru, tinta de tous ses tubes d'aluminium, annonçant son entrée d'une manière mélodieuse à la tôlière, et aux trois clients qui traînaient encore chez elle, passablement imbibés et moroses. Méritaient-ils vraiment une telle musique ? Le machin portait un idéogramme qu'il avait maintes fois rêvé de décrypter ; bienvenue, peut-être ?! Il aurait aimé en être sûr. Allez savoir si l'ouvrière qui l'avait dessiné de quelques coups de pinceaux élégants n'avait pas écrit là quelque grossièreté, par pure malice, ou à la suite d'un différend avec le contremaître ? Dans son ancien métier de flic, il en avait tellement vu et tellement entendu qu'il était devenu sceptique quant à la bienveillance de ses semblables.


L'intérieur du café était chichement éclairé par deux néons poussiéreux et couverts de chiures de mouches, qui grésillaient imperceptiblement dans le silence. La Glaude le reconnut et répondit à son salut par un « bonsoir inspecteur », avec un vague sourire. Les trois autres, appuyés au zinc, levèrent à peine le nez de leur verre, se contentant d'émettre le même borborygme informe en guise de salutation. Il y avait là Fernand et Luc, deux patrons pêcheurs, en bottes et ciré, et puis Jacques, qui travaillait pour ce dernier. Abigaël s'approcha, pour prendre un bout de comptoir, et les autres se poussèrent de mauvaise grâce. Il commanda son grog.


Les deux patrons étaient dans ses âges, et faisaient justement partie de ces bigorneaux qui lui avaient joué tant de mauvais tours dans son enfance, quand l'autre était de la génération suivante. Ça ne l'empêchait pas pour autant de considérer lui aussi ce « Zarbigaël » comme l'étranger qu'il avait toujours été ; un ancien flic, un fouineur, qui plus est !


Il souffla sur le contenu de son bol, brun et délicieusement parfumé ; la vieille, qui connaissait ses habitudes, y avait ajouté un peu de cannelle, comme il aimait. Avec un brin de nostalgie, il pensa à Natacha, à qui il se promettait de rendre visite le lendemain. Elle avait racheté le phare de Pentecôte, au pied duquel elle logeait dorénavant, ce qui lui permettait de garder une certaine distance avec les habitants du village. N'aurait-il pas mieux fait de choisir comme elle la voie de l'enseignement, qui le tentait bien dans son jeune temps, plutôt que d'entrer dans cette école de police ?! Il y avait passé trois ans, à seule fin de soulager ses parents du poids financier de ses études, au cours desquels il ne s'était guère fait d'amis, lui qui n'était pas très liant. Il pensa encore à ses quarante années de service, passées à élucider, ou à ne pas élucider, d'ailleurs, quelques centaines de crimes crapuleux, et autant de crimes passionnels.


Taciturne, aimant le travail de terrain en solitaire, plus que le cirage de pompes, il n'avait jamais été bien noté, au point de n'être jamais passé inspecteur principal, malgré le sérieux et la probité dont il avait toujours fait preuve dans ses enquêtes. Il soupira profondément, et commanda un autre grog. Les autres, devinant qu'il risquait de s'attarder, réglèrent leur consommation et s'en furent en maugréant. Il soupira de nouveau, mais de soulagement, cette fois. La vieille, qui aimait bien Abigaël, se planta devant lui, un demi à la main, celui qu'elle s'offrait toujours en fin de journée, afin de l'encourager à parler.


Il commença donc par lui donner de ses nouvelles, et de ce qui se passait, là-bas, chez ceux que les Mélilois avaient coutume d'appeler « les terreux », parce qu'ils ne vivaient pas exactement en bord de mer. Il habitait en effet la préfecture du département, à l'intérieur des terres, à cinquante kilomètres de là, qui portait le joli nom de Fleury. Il y logeait dans un petit appartement, dans une HLM. Il n'avait pas grand-chose à raconter à la vieille, qui le savait fort bien. Elle attendait simplement poliment son tour, pour lui raconter tous les potins de Mélile, et tous les faits divers qui avaient marqué l'année écoulée, depuis son dernier passage chez elle. Il l'écouta donc, sans s'ennuyer le moins du monde, en prenant encore deux autres grogs. Il aimait bien la grand-mère, qui le connaissait depuis qu'il était marmot, et qui le lui rendait bien. Combien de fois n'avait-elle pas pris sa défense, gourmandant les gamins qui cherchaient à lui faire du mal ?! Tout comme lui, apparemment, elle ne supportait pas l'injustice, ni la violence.


Évidemment, sur les coups de onze heures, quand tout fut dit, il n'était pas question pour lui de reprendre la route en voiture jusqu'à Fleury ; simple question d'alcoolémie. Il salua la Glaude, et comme il le faisait chaque Toussaint, dirigea ses pas jusqu'à la maison de son enfance, à cent mètres de là, dont il avait hérité de ses parents, voilà quelques années. Dans la rue, il croisa un chat noir, qui s'enfuit en miaulant d'un air outré, comme le pire des bigorneaux…


 
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   Marite   
30/6/2012
Je n'avais pas remarqué que la publication de ce roman avait commencé. En lisant le début de ce premier chapitre, ma foi, j'ai très envie de poursuivre et vais copier ces trois premiers chapitres afin de les lire à tête reposée et sans risque de coupure intempestive de la connexion.
Déjà dans cette première approche je trouve que l'écriture est agréable et la présentation en paragraphe aère le récit et permet de faire des pauses. A bientôt donc pour d'autres commentaires j'espère ...

   Alexandre   
30/6/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Salut leon. Vivant moi-même au pays des bigorneaux, les vrais, je me devais de plonger dans ce roman onirien. Le décor est planté et ne serait-ce la lauze qu'on ne trouve pas par ici le reste tient la route... Je suis un peu inquiet par "Le homard m'a tué" qui me semble facile mais attendons la suite !

   Marite   
30/6/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Ce premier chapitre m’a intéressée. La description des personnages est bien rendue et beaucoup de détails permettent de visualiser les lieux et l’atmosphère. Cependant des lourdeurs dans certaines phrases sont vraiment gênantes. Elles gagneraient (les phrases) à être restructurées. L’usage des pronoms relatifs n’est pas très heureux dans bien des cas. J’en ai repris quelques-unes :

« Le suroît le poussait gentiment dans le dos, qui annonçait certainement le retour prochain de la pluie. » .
- Le suroît le poussait gentiment dans le dos ce qui annonçait certainement le retour prochain de la pluie. (Il suffit de rajouter « ce » devant « qui » pour que ce soit plus fluide )

« Le jour de la Saint-Guy, qui tombe le quinze juin, était ainsi l'occasion d' une drôle de fête, où les garçons offraient une branche de houx à la fille qui avait leur préférence, et qui ne se pratiquait nulle part ailleurs, à sa connaissance. »
- « Le quinze juin, jour de la Saint-Guy, était ainsi l'occasion d' une drôle de fête qui, à sa connaissance, ne se pratiquait nulle part ailleurs: les garçons offraient une branche de houx à la fille qui avait leur préférence. » (J’ai modifié la structure mais on doit pouvoir faire aussi autre chose.)

« Celui qui fuyait l'autre vint tourner autour d'Abigaël, pour échapper à celui-là, tout en hurlant de sa voix pointue : …»
- Celui qui fuyait , vint tourner autour d'Abigaël pour échapper à l’autre , tout en hurlant de sa voix pointue : … (idem que précédemment).

Ce sont juste trois exemples mais il me semble que ce texte devrait être retravaillé dans son ensemble au niveau du style, du moins pour ce premier chapitre.

Comme l’histoire de la bouteille m’intrigue je vais poursuivre la lecture des chapitres suivants.

   brabant   
30/6/2012
Bonjour Léon,


Tout comme Marite je prends le train en retard, pourtant je savais qu'il y avait un train, me voilà donc décidé à vous accompagner pour ce voyage type policier Fleuve Noir (collection que j'ai adorée) que vous nous proposez.


Préambule concernant votre présentation :

Le sujet de ce roman qui fleure bon le terroir me fait penser aux livres de Pierre Magnan qui vient de décéder le 2 mai 2012 (deux mois avant Robert Sabatier ! Décidément deux Grands nous quittent à peu près en même temps et à peu près au même âge : 89 et 88 ans ; la littérature de qualité ça conserve !).

Je m'en vais donc aller voir si l'inspecteur Abigaël soutient la comparaison avec le commissaire Laviolette que j'ai suivi dans "Les courriers de la mort", de plus fabuleusement interprété par Victor Lanoux sur le petit écran.

Je souhaite qu' "Abigaël" qui signifie "Source de joie. Ma joie est en Dieu. Mon père se réjouit." ne déçoive pas mon attente.

Une première question cependant : "Abigaël" n'est-il pas un prénom féminin ?


Bon, demain je commence le chapitre I... Là, c'était la quatrième de couverture !

   brabant   
30/7/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Léon,


Que voilà un premier chapitre qui me plaît ! Il résout aussi sec le problème du prénom (à mon avis la quatrième de couverture est à revoir), reste à savoir si l'Eglise et l'Etat Civil l'auraient accepté pour un garçon. L'atmosphère est bien campée, les personnages déterminés pour ceux qui seront sympathiques, au moins deux éléments de mystère déjà lancés. Le travail de documentation, localisation est solide, sérieux. Tout cela me paraît d'emblée jubilatoire, je m'engonce donc dans l'histoire, rhum et cannelle !

Merci !

Seul point sur lequel j'ai dû revenir : le demi de la Glaude. Il est de ses habitudes mais pas nécessaire pour la décoincer face à Abigaël. C'est-à-dire qu'elle n'a pas besoin de ça pour parler ni pour faire parler.

   LeopoldPartisan   
12/7/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est une histoire de bisounours qui m'a amené à cette lecture et je dois reconnaitre n'être en rien déçu. Voilà un premier chapitre bien torché et surtout un personnage bien campé. Cela me fait vraiment pensé à un polar paru chez Rivage noir que j'ai lu cet hivers et dont l'un des protagoniste était un inspecteur retraité revenant souvent dans la maison de ses parents non pas en bretagne mais en normandie. Ambiance réussie.

   jpdominici   
25/9/2013
 a aimé ce texte 
Bien
La première impression est bonne. le style est souple et alerte, les mots et les expressions recherchés. De plus, ce que j'aime ce sont les images.On a vraiment l'impression d'y être.

   Lulu   
1/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je suis enchantée par la lecture de ce premier chapitre. J'ai vraiment hâte de lire la suite... Je note "très bien" pour cet excellent début.

   vb   
7/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Je dis bien aimer ce texte pour ne pas écrire que n'ai pas encore d'avis: j'attends la suite. J'ai cependant des commentaires de forme. Je suis d'avis qu'il est possible de réduire quelque peu la longueur du texte. Ce n'est peut-être pas nécessaire de le faire. L'auteur jugera.
Ma critique porte d'abord sur le premier paragraphe.
1) "étant enfant" peut être supprimé. D'habitude les adultes ne jouent pas de cette manière.
2) Il n'est pas clair que "remontant" se rapporte à la marche d'Abigael ou aux jeux auxquels il jouait enfant. L'ambiguité est levée si on scinde la phrase en deux: "Il remontait vers le nord".
3) Supprimer le "et" entre "nord" et "le bout" renforcerait la nostalgie que le texte semble vouloir inspirer.
4) On peut remplacer "C'était... Bretagne" par "Ce coin de terre rappelait la Bretagne". On éviterait alors un "être" de trop. Question: est-ce la Bretagne ou pas? Quelles autres régions entrent en question? La Terre de Feu, la Cornouaille, la Normandie? Pourquoi ne pas dire où l'histoire a lieu? "en plus venteux encore" n'est pas nécessaire. Qu'est-ce qui pourrait être plus venteux qu'une tempête?
5) "cette fois-ci" est une lapalissade: la Toussaint tombe chaque année un autre jour.
6) "certainement" et "prochain" peuvent être supprimés sans perte de sens. "qui annoncait... pluie" constitue une incise qui rend "l'effet contraire" de la phrase suivante peu clair. Supprimer cette incise rapprocherait "poussait gentiment" de "effet contraire" et clarifierait le sens.

§2
1) « moult » : D'après Dupré 1972 ,,Il est (...) parfaitement ridicule d'écrire, en « style troubadour » : le chevalier eut moultes aventures``. (Je suis d'accord et remplacerait volontiers moult par « de nombreuses »
2) « le quinze juin » peut être remplacé par « au printemps », « en juin », « mi-juin »
3) « d'une drôle de fête » peut être remplacé par « d'une fête » pour éviter le double « de »
4) « à sa connaissance » peut se placer entre « qui » et « ne »
5) Les paragraphes 3 et 4 peuvent être fusionnés.

§3
1) « jusqu'à ce qu'il quitte le village et son école, pour poursuivre ses études » interrompt le sujet et projette le lecteur hors de l'adolescence alors que la phrase suivante reprend le sujet.
2) « qu'il n'était pas né et n'avait pas été baptisé » : « qu'il n'était ni né et ni baptisé » est plus concis
3) J'aime bien la dernière phrase.

§4
1) « visiblement » est inutile
2) « allez savoir pourquoi » peut être supprimé. Il y a toujours une raison à tout. Soit on l'explique, soit on ne dit rien.
3) « Il s'en saisit, pour constater qu'elle était cachetée à la cire rouge, et semblait contenir quelque chose, un ou des papiers, selon toute apparence. » « pour » n'a pas ici le sens de « dans le but de » et peut être supprimé. On peut faire deux phrases : « Il s'en saisit : elle était cachetée... » avec un ou deux points. « semblait » et « selon toute apparence » sont une redite. «  selon toute apparence » peut être supprimé.
4) « Il ne put s'empêcher de sourire, cette fois » pourquoi pas remplacer par « Il sourit ». Je ne comprends pas « cette fois » : où était la première fois ?
5) « ou une liasse de bons du même trésor » : Je ne trouve cette remarque ni amusante ni pertinente. Le trésor de l'Ile au trésor n'a rien à voir avec le trésor de la Banque de France.
6) « le sac à dos qui ne le quittait jamais » peut être remplacé par « son sac ». Si le sac ne le quite jamais le lecteur s'en rendra compte plus tard par lui même.
7) « bien décidé à examiner son contenu de retour à la maison, ce soir-là ». Pourquoi « bien », pourquoi reporter l'examen à ce soir ? Ce n'est pas clair
8) « C'est à ce moment précis qu'il entendit les cris perçants de deux enfants, qui se rapprochaient de lui, lancés dans une folle course-poursuite. » plus court sans « c'est » : « Il entendit... » ou « Deux enfants poussèrent... ». « folle » n'est pas nécessaire. Cette phrase s'intégrerait mieux dans le paragraphe suivant.

§5
« pour échapper à celui-là » n'est pas nécessaire. On fuit pour échapper à l'autre. Le lecteur le sait.

§7
1) « Et ils disparurent aussi vite qu'ils étaient apparus, en direction du village, tandis que le bonhomme les observait, perplexe. » Si on veut rendre un effet de disparition rapide, il ne faut pas ajouter «  en direction du village, tandis que le bonhomme les observait, perplexe » qui ralentit l'action. Je trouve que le mot « bonhomme » ne va pas bien avec Abigael. Ce n'est pas un vieillard passif.
2) « déjà » n'est pas nécessaire. Il n'y a pas de raison pour laquelle Abigael ne voit pas le temps passer.
3) « de sa connaissance » est inutile. On ne peut pas haïr quelqu'un qu'on ne connaît pas.
4) Je trouve la phrase « Il est… adoucir… » assez lourde. On pourrait remplacer par « Il est des blessures qui ne se referment pas. »

§8
1) « Il quitta la plage, pour gagner la lande qui entourait Mélile, qu'il rejoignit par la rue du Bout du monde. » Ambiguïté : « qu' » se rapporte à « plage » ou à « Mélile ». On peut scinder la phrase : « Il quitta la plage, gagna la lande, rejoignit Mélile. » Le nom de la rue n'est pas nécessaire.
2) « Cent mètres » précision inutile.
3) « d'une manière mélodieuse » peut être supprimé.
4) « trois » n'est pas nécessaire. On le saura plus tard.
4) « passablement » se réfère à « imbibés » et pas à « moroses ». Pourquoi pas mettre « morose » entre « clients » et « qui ».
5) Je supprimerais la fin du paragraphe à partir de « Méritaient » L'excursion en Chine écarte le lecteur du propos principal et rompt l'ambiance bretonne et nostalgique. Évidemment il faut dire quel type de flic est Abigael mais pourquoi pas plus tard ?

§9
« imperceptiblement » Si c'est imperceptible on ne l'entend pas. Supprimer !

§10
1) « quand l'autre » Qui ? Plus clair serait « le troisième client »
2) « qu'il avait toujours été » peut être supprimé. Le lecteur a compris.

§11
1) « brun et » peut être supprimé.
2) « comme il aimait » peut être supprimé. Elle « connaît ses habitude ».
3) « passées à élucider, ou à ne pas élucider, d'ailleurs, » peut être remplacé par « passées à élucider ou pas »
4) « crapuleux, et autant de crimes passionnels. » n'est pas informatif

§12
« La vieille, qui aimait bien Abigaël, se planta devant lui, un demi à la main, celui qu'elle s'offrait toujours en fin de journée, afin de l'encourager à parler. » La phrase est ambiguë. «  afin de l'encourager à parler » se rapporte à « planta » et pas à « offrait »

§13
1) « en effet » peut être supprimé.
2) La phrase « Tout comme lui, apparemment, elle ne supportait pas l'injustice, ni la violence. » est un peu lourde. Je supprimerais « apparemment » qui est en contradiction avec les termes absolus « injustice » et « violence ».

§14
1) « Évidemment » ne prend son sens qu'à la fin de la phrase. « simple question d'alcoolémie » pourquoi ne pas dire « il a trop bu »
2) « onze heures ». J'avais oublié l'heure. Peut-être faut-il dire que c'est la nuit, qu'il fait noir.

   MissNeko   
6/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J au été intrigué par le titre ( j adore le mot bigorneau!!) et je ne suis pas déçue. Le début de votre roman me donne envie de continuer !


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