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L'histoire de Brigitte et celle de Jean-Luc
NICOLE : L'histoire de Brigitte et celle de Jean-Luc  -  L'histoire de Brigitte - Chapitre 9
 Publié le 04/10/09  -  6 commentaires  -  5562 caractères  -  87 lectures    Autres publications du même auteur

Depuis ce matin, un texto de Jean-Luc aiguise ma curiosité, il a écrit : « Ce soir en rentrant, vas voir dans le tiroir de ma table de chevet », et malgré mes suppliques, il n’a rien voulu me dire de plus.

Donc, dès mon retour, je fonce directement dans notre chambre et je le rappelle.


- Tu t’es enfin décidé à pousser la porte d’une pharmacie !

- Pas exactement, j’avais peur de tomber sur un visage connu, ou que la boutique soit pleine d’enfants et de mères de familles, alors je suis allé dans un sex shop.

- Tu ne trouves pas qu’ils sont d’un vert un peu pétant ? Je suis sûre qu’ils sont fluorescents dans le noir, et puis qu’est-ce que c’est cette odeur ?

- J’ai pris « parfum chewing-gum mentholé », je n’en ai pas vu qui ne soient pas parfumés.


Super, ça me fait penser aux malabars de mon enfance, on nage en plein érotisme. La prochaine fois que les enfants viennent, il faudra les cacher en hauteur ces préservatifs, sinon ils risquent d’essayer de les mâcher.


Ce soir-là, les essais de l’acquisition de Jean-Luc ont dû être différés, après que Gérôme soit rentré à la maison en annonçant avec emphase qu’il avait à nous parler.

Une inquiétude palpable s’est aussitôt répandue dans la pièce. Inquiétude qui s’est rapidement muée en angoisse, après qu’il ait avoué avoir beaucoup réfléchi ces derniers temps.


C’est donc, échoués sur le canapé, main dans la main que nous attendons le coup de grâce... qui ne tarde pas à arriver.


- Je viens d’avoir une longue conversation avec Sophie, elle me quitte parce qu’elle veut fonder une famille et qu’elle pense que je ne suis pas suffisamment mûr pour ça. Je vais donc lui prouver qu’elle se trompe. J’adore les enfants, et je suis prêt à en avoir. Je t’arrête tout de suite papa, tu vas me dire que ma situation professionnelle n’est pas encore totalement stabilisée, et tu auras raison.


Ça, c’est un euphémisme.


- J’y ai également réfléchi, et je suis arrivé à un constat pénible : je ne suis pas absolument certain de pouvoir percer dans le domaine de l’art.


Franchement, nous non plus.


- Alors j’ai décidé d’opter pour un métier très rémunérateur et qui ne nécessite aucune réelle formation.


Ça y est, maintenant il va mal tourner.


- Je vais vendre des espaces publicitaires pour le magazine informatique où travaille la copine de Marie. Il n’y a pas de fixe, mais on peut se faire un maximum en commissions.


Là, Sophie va être vraiment tranquillisée.


Gérôme attend manifestement une réaction de notre part. Il nous encourage en nous adressant des sourires épanouis. Moi je préfère laisser la parole à Jean-Luc, après tout c’est son fils.


- Tu commences quand ?


La question de Jean-Luc me prend à contre-pied, mais je me range rapidement à ses raisons.

Après tout, si c’est ça ou les bancs des beaux arts, quand on sait qu’il n’a de réelle prédisposition ni pour le dessin ni pour aucun autre art pictural, je suppose qu’il n’a pas grand-chose à perdre en essayant, c’est évident.


À la place de son père, je me serais lancée dans l’énoncé de la liste exhaustive de toutes les raisons objectives pour lesquelles ça avait à priori toutes les chances de ne pas marcher, et j’aurais eu tort, comme la suite devait le démontrer.


Sophie n’est pas revenue, mais il s’est tout de suite senti tout à fait à l’aise dans la vente, au point qu’on n’a plus jamais eu besoin de le secouer pour le tirer du lit le matin.

Comme c’était un bon vendeur, on lui a rapidement donné des responsabilités de formation et d’encadrement. Et cette expérience lui a permis de décrocher un poste de chef des ventes avec fixe et voiture de fonction dans une régie publicitaire.


En essayant de le protéger, je l’aurais peut-être fait passer à côté d’une vraie chance. Quelquefois, il vaut mieux laisser les gens qu’on aime prendre le risque de tomber, quitte à devoir ensuite les aider à se relever.

Jean-Luc s’est toujours comporté comme ça avec ses trois enfants. Ce que j’ai longtemps pris pour de l’indifférence s’est avéré à l’usage être l’expression d’une rare forme de respect. Si j’avais eu des enfants, j’aurais voulu être capable de les laisser pousser à leur guise, en les influençant le moins possible.


Pendant les jours qui ont suivi, Gérôme n’a plus parlé que de son nouveau boulot, et moi de mes vacances à Genève.

Pas exactement à Genève d’ailleurs, mais dans le canton de Gex, en France. Comme beaucoup de Français qui travaillent à Genève, Isa est frontalière, ce qui lui permet d’améliorer considérablement son pouvoir d’achat.


Elle loue une maison neuve depuis laquelle elle me dit avoir une vue imprenable sur la campagne environnante. Elle est intarissable sur son jardin et sur les fleurs qu’elle y fait pousser. Elle m’a tellement décrit les lieux par téléphone, que je suis presque sûre de les reconnaître en arrivant.

Isa se dit également impatiente de me faire visiter son agence et de me faire rencontrer ses nouveaux amis. Elle a sympathisé tout particulièrement avec sa banquière, une certaine Alice dont elle parle assez souvent, et qu’elle a prévu de me faire rencontrer.

Elle se montre plus discrète en ce qui concerne ses amours, ce qui n’est pas du tout dans ses habitudes. Ça m’intrigue sans m’inquiéter, manifestement elle est heureuse.

Jean-Luc a pu se libérer pour un grand week-end de quatre jours. Il doit me rejoindre vers la fin de mon séjour, et on repartira ensemble. Pour nous c’est un peu un pèlerinage, puisque notre première escapade en amoureux avait déjà pour cadre les bords du lac de Genève.


 
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   jaimme   
4/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
L'histoire continue à être intéressante. On passe de plus en plus au style journal intime, je trouve. Bien aimé les réflexions intérieures lors du "dialogue" avec le fils.
Ce découpage, un jour, sera interdit par l'Union Européenne, non? Ou par l'O.N.U. ou l'O.M.S. ou par la Ligue des droits de l'homme. (Ce n'est pas une critique!!!! Ce n'est même qu'une réflexion que j'ai écrite sous la contrainte physique!)

J'ai trouvé quelques lourdeurs de style dans certaines phrases.
On ne peut pas être au sommet de sa forme tous les jours quand même. Les plus grands athlètes, eux aussi...
"après que Gérôme soit rentré": je pense qu'il faut un indicatif, pas un subjonctif. Et aussi dans la phrase suivante.

   nico84   
10/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Beaucoup moins de réflexion, c'est dommage, tes pensées ponctuaient à merveille un texte plus complet.

Il se passe pas grand chose à part peut être un grand amour qui se profile pour son amie mais avec une femme.

Quand au pelerinage, je sens qu'il va se passer des choses, ça parait trop tranquille. Bonne continuation.

   Myriam   
4/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Les petits commentaires de Brigitte lors du discours du fils m'ont fait mourir de rire!!! C'est si réaliste!!!
Mention spéciale à celle-ci:
"Une inquiétude palpable s’est aussitôt répandue dans la pièce. Inquiétude qui s’est rapidement muée en angoisse, après qu’il ait avoué avoir beaucoup réfléchi ces derniers temps." lol!!

La projection dans l'avenir de Gérôme m'a un peu déroutée... mais la réflexion sur l'éducation qui en ressort est intéressante!

Un passage un peu en suspens, on attend Gex... et des nouvelles des capotes vert-fluo mentholées...??!!!

En fait, ce n'est pas évident de noter des petits morceaux de romans, comme ça. Parce que ce genre de moment est important dans la globalité d'un texte, même s'il ne se passe pas grand chose.

Bref, de toutes façons, j'aime toujours autant!

   Filipo   
2/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
On sent dans ce chapitre un nouvel aspect de Jean-Luc (plus humain), qui n'apparaissait pas autant, d'après ce que j'ai pu en lire, dans les chapitres précédents. Les anecdotes sont toujours savoureuses, la morale concernant le fils est intéressante (sur le fait de ne pas le décourager).
Je continue de lire ce roman avec autant de plaisir.

   Anonyme   
10/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Beaucoup moins convaincu! Gêrome est trop caricatural dans son rôle de fils spirituel de Tanguy.

Le monologue de brigitte est intérressant sur sa vision de la vie, mais je suis sceptique.

La fin est plus intérressante.

   carbona   
7/8/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Un style un peu plus formel dans ce chapitre, moins d'humour, moins de fantaisie, c'est assez factuel et, ma foi, nécessaire pour avancer.

J'aime moins : "Jean-Luc s’est toujours comporté comme ça avec ses trois enfants. Ce que j’ai longtemps pris pour de l’indifférence s’est avéré à l’usage être l’expression d’une rare forme de respect. Si j’avais eu des enfants, j’aurais voulu être capable de les laisser pousser à leur guise, en les influençant le moins possible." < un peu gros, légèrement pathétique

vas voir < va voir


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