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Sentimental/Romanesque
Absolue : La page blanche
 Publié le 15/09/07  -  13 commentaires  -  5234 caractères  -  46 lectures    Autres textes du même auteur

Maxime et Laura s'aiment d'un amour sans nuage jusqu'au jour où...


La page blanche


Depuis maintenant une heure qu'il l'observait, Maxime avait acquis une certitude : cette jeune femme, là-bas, au visage fin et aux gestes délicats portait un prénom aux douces sonorités.

Il n'avait pas dû réfléchir longtemps pour parvenir à cette conclusion, et même, il n'avait pas dû réfléchir du tout.

Inconsciemment, il avait associé un doux prénom à un doux visage, tout simplement parce que ça sonnait mieux ainsi.

Aussi, lorsqu'il s'approcha du banc où elle était assise, savait-il déjà qu'elle lèverait sur lui de grands yeux étonnés et avait-il deviné quel serait son parfum ?

- Comment vous appelez-vous ? lui demanda-t-il.

- Laura... Et vous ?


Bien entendu, elle avait prononcé ces mots dans un murmure et ils glissèrent sur Maxime comme de la soie.


C'est donc par cet après-midi printanier que les jeunes gens firent connaissance, sur un banc qui semblait n'attendre qu'eux. Ainsi, ils se découvrirent les mêmes centres d'intérêt et éprouvaient à peu de choses près les mêmes sentiments vis-à-vis des choses et du monde.


Au fil des jours, leurs liens devinrent plus étroits et de cette profonde entente naquit l'amour. L'image qu'ils se renvoyaient leur ressemblait et rien ne semblait pouvoir la ternir. En effet, Maxime avait été élevé dans le respect des traditions tout comme Laura, fille d'un riche propriétaire. Très jeune, elle avait appris à se conformer aux usages, à se plier aux exigences de son père en suivant le modèle qu'il lui enseignait.


Dans la scène de ta vie, tu dois toujours t'adapter au décor.


Combien de fois n'avait-elle pas entendu cette phrase !

À force de jouer ce rôle, elle avait fini par devenir ce que l'on attendait d'elle mais sa véritable nature sommeillait toujours en elle.


C'est à la mort d'un ami de son père, après trois ans d'une vie commune sans surprise, que celle-ci décida de se manifester quelques secondes.


Il faisait particulièrement beau ce jour-là et tous ces personnages drapés de noir et jouant la tristesse semblaient s'être trompés de décor. Laura se prit soudain à imaginer autour du cercueil des hommes et des femmes en maillots de bain plutôt que dans ces vêtements sombres qui attiraient la chaleur. Et au lieu de cette position inconfortable qu'est la station debout, plusieurs transats et parasols. Cette pensée lui parut tellement grotesque que la jeune femme ne put éviter l'inévitable. Un rire éclata, d'abord étouffé, puis clair et coupant, alors que le curé terminait son éloge funèbre. Des regards étonnés, puis scandalisés et franchement hostiles se braquèrent sur elle. Dans toutes les paires d'yeux, on pouvait lire la même question :


Comment avait-elle osé saboter la pièce de la douleur ?


Durant le trajet du retour, Maxime ne lui adressa pas un mot. Il était encore beaucoup trop choqué pour pouvoir parler.

Ce rire, il l'avait reçu comme un coup de poignard. Il l'entendait encore résonner, irréel. La bouche de Laura lui avait alors paru méprisante, méprisable. On ne riait jamais à un enterrement, c'était la règle. La transgresser équivalait à un crime.

Laura... Elle lui apparaissait à présent comme une étrangère.

Il avait cru la connaître. Dès leur première rencontre, il avait vu en elle comme dans un miroir, il avait pu deviner ses réactions, ses pensées, par un seul regard. Et voilà que le miroir lui envoyait une autre image, lui glissait des mains, se fissurait. Voilà que son reflet lui échappait.

Il la regarda et il lui sembla encore entendre ce rire déplacé, offusquant, alors qu'il aurait dû la voir pleurer.


- Je regrette, Maxime, dit-elle soudain lorsqu'ils revinrent à la maison. Pardonne-moi, on ne devrait pas creuser la terre un jour comme celui-là... La nuit et le soleil se ressemblent si peu...

- Ce n'est rien Laura.


Ils n'échangèrent plus d'autres paroles ce soir-là.


Pendant quelques temps encore, Maxime ne put s'empêcher de considérer la jeune femme avec une sorte de méfiance. Elle avait repris sa douceur habituelle mais il savait qu'une partie d'elle-même lui avait échappé. Une page blanche s'était glissée dans leur histoire. Après quelques mois, cependant, l'incident fut oublié et tout reprit son cours normal. La pièce pouvait recommencer. Ils vécurent ainsi durant cinq ans un bonheur presque trop parfait que rien ne semblait plus jamais pouvoir altérer. Sauf une chose...


Il faisait particulièrement beau ce jour-là et tous ces personnages drapés de noir et jouant la tristesse semblaient s'être trompés de décor. Maxime se prit soudain à imaginer autour du cercueil de Laura des hommes et des femmes en maillots de bain plutôt que dans ces vêtements sombres qui attiraient la chaleur. Et au lieu de cette position inconfortable qu'est la station debout, plusieurs transats et parasols. Cette pensée lui parut tellement grotesque que le jeune homme ne put éviter l'inévitable. Un rire éclata, d'abord étouffé, puis clair et coupant, alors que le curé terminait son éloge funèbre. Des regards étonnés, puis scandalisés et franchement hostiles se braquèrent sur lui. Dans toutes les paires d'yeux, on pouvait lire la même question :


Comment avait-il osé saboter la pièce de la douleur ?


Et la page blanche s'envola...




 
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   Iris   
15/9/2007
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Intéressant. toute la nouvelle est construite à partir de sa chute. On accroche difficilement, mais devant la rapidité du récit, ce n'est pas très grave. Cette nouvelle nous fait réfléchir, et j'aime cela. Elle est construite sur un thème tabou dans nos société : la mort, et la prend d'un bon côté, presque enfantin.

La rencontre est un peu rapide, un peu baclée, mais je pense que ce n'était pas cela le noyau du texte. Malheureusement, une nouvelle telle que celle ci pourrait choquer, car, comme vous l'écrivez : on ne "sabote pas la pièce de la douleur...".

J'aime les récits choquant. On dénonce, on choque, on écoeure même, mais au moins on se souvient de vous...

   Aliceane   
15/9/2007
 a aimé ce texte 
Un peu
Je n'ai pas accroché.
Je trouve la plupart des événements trop baclés. Je comprends que le final n'est pas explicite pour amener la surprise mais pour le reste : la rencontre notamment, c'est discutable.

   Bidis   
16/9/2007
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Pour le fond :
Je crois comprendre le propos : les maladresses dans nos comportements, lorsqu'ils sortent des règles établies, sont incomprises et peuvent heurter profondément les personnes qui nous aiment parce qu’elles y voient des signes de quelque chose de plus grave dont elles redoutent l’importance.
Jusqu’à ce qu’à leur tour, ces personnes font les mêmes maladresses…
L’idée est bonne mais le traitement est, à mon sens, peu clair.
Il y a, pour moi, disproportion entre la rencontre qui s'étale sur plusieurs paragraphes et la vie commune, l'incident, la mort d'un proche puis sa mort à elle, qui ne prennent chacun que peu de texte.
L'incident (le rire dans le cimetière) ne me paraît pas non plus quelque chose de susceptible, à soi seul, de provoquer un tel effet dévastateur. Il y a, au cours de l'existence, assez de comportements inadaptés (qui n'en a pas eus ?) pour ne pas choisir un exemple aussi... particulier. Et même quelque chose de plus grave, de plus porteur de conséquence, à soi seul ne détruit pas tout le travail que suppose une vie de couple.
Pour la forme :
-« Ainsi, ils se découvrirent les mêmes centres d'intérêt et éprouvaient… » : concordance des temps dans la même phrase (et éprouvèrent…)
-« C'est à la mort d'un ami de son père, après trois ans d'une vie commune sans surprise, que celle-ci décida de se manifester quelques secondes.» : celle-ci se réfère à « vraie nature » dans une phrase précédente mais grammaticalement, ce démonstratif se rapporte à la dernière chose dont on a parlé, soit la vie commune.

   Anonyme   
22/9/2007
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
A l'instar d'Aliceane, je n'ai pas accroché..

Tout me paraît confus, malgré deux lectures.
Je crois que ça vient du style qui mérite d'être allégé, rendu plus aérien, plus léger.
Ce n'est pas l'aspect lexical qui demeure simple à comprendre mais bien au niveau même de la construction que "le bas blesse.."

Enfin je pense qu'un re-travail pourrait donner de bons résultats car les idées bien qu'entremêlées sont intéressantes

   Anonyme   
10/10/2007
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Cette histoire est rondement menée. Trop vite à mon goût, comme si tu disais à ton lecteur"il faut que je termine cette histoire au plus vite"Dommage parceque cette histoire est pas mal

   clementine   
30/10/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Finalement on reste sur le cul et je pense que c'était le but recherché ( mais peut-être que j'interprète et que je me trompe).En tout cas personnellement j'ai apprécié que les choses soient menées en accéléré,c'est un peu comme un flash de vie.

   widjet   
24/2/2008
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Trop confus ou bancal (pour moi) tant dans sa narration (trop d'ellipses peut-être en si peu de lignes ?) que dans le message véhiculé...Je crains être passé au travers et j'en suis désolé car il y a bien un parfum de mystère mais celui-ci hélas trop opaque pour le lecteur que je suis. Peux tu nous en dire plus ?

Merci

Widjet

   minette   
4/3/2008
 a aimé ce texte 
Pas
dommage que cela se termine si rapidement cela aurait du être plus dans le détail de cette histoire d'amour naissante, travail un peu baclé vous ferez mieux la prochaine fois

   spock27   
25/10/2008
 a aimé ce texte 
Un peu
Je suis déjà plus perplexe par rapport à cette nouvelle; ton autre écrit me semblait plus abouti.

Ici, il y a de bonnes idées mais on passe d'une situation à l'autre de façon trop abrupte et parfois, le lecteur qui est en moi se dit "mais où veut-il/elle en venir", ce qui n'est jamais bon quand on lit une nouvelle, une histoire.

Il y a évidemment de bonnes choses dans ton histoire; le début est charmant mais pas mièvre, le changement de la personnalité de la jeune femme qui se dévoile lentement est bien amené, c'est donc bien au niveau des deux scènes primordiales "le rire au moment de l'enterrement" qui crée le couac, d'autant que la mort de la jeune fille est quasi imposé aux lecteur. Curieux !

alain°

   wenrolland   
8/12/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai beaucoup aimé! Un peu rapide comme final, le sujet aurait pu être déployé pour soutenir la profondeur des rôles d'ego limitant, en insérant quelques signes de fracturation du moule égotique chez l’un ou l’autre personnage.

Tu touches un de mes sujets préférés : Les rôles sociaux qui limitent le potentiel humain. Nous finissons presque tous par entrer en contrat avec les autres : Je vais faire semblant que tu est qui tu dis être si tu fais semblant que je suis qui je dis être. Aussitôt qu’une personne fait quelque chose qui brise le contrat, il y a fracture de la réalité.

   Anonyme   
23/12/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
J'ai ressenti un vrai cynisme à la lecture de ce récit, assez moyen quant à sa forme, mais le fond m'intéresse, même s'il m'a semblé inabouti. J'aurais quant à moi poussé la mesure jusqu'à faire tuer l'épouse imparfaite par son mari, afin qu'il perçoive l'horreur de son geste quand sa vision des maillots de bain lui aura fait comprendre qu'ils n'étaient pas différents l'un de l'autre finalement.
Un début de quelque chose qui reste encore à écrire pour moi donc.

   monlokiana   
8/8/2011
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Je reste indifférente à ce texte. Je finis de le lire et je me demande ce que l’autre a voulu dire.
C’est une histoire qui se lit facilement, fluide, courte et pas ennuyante.
Je n’ai pas aimé l’accélération des événements : le premier regard, la rencontre, l’amour naissant. J’aurai aimé que le texte soit rallongé et que les personnages soient plus appuyés. On sent un brin de bâclage et de facilité. La rencontre est trop banale. C’est bizarre. Un inconnu lui demande son nom et aussitôt elle le lui dit. Et tout de suite après, on apprend à se connaître. On dirait une rencontre sur un chat ou sur un site de rencontres. Et bien sur, on peut s’attendre à ce qu’il y ait une page blanche quand on s’est rencontré en quelques lignes.
Et cette histoire de rires à un enterrement, c’est vrai que c’est déplacé. Mais on ne sait rien sur Laura. Sur sa personnalité, sur son caractère, ses émotions. Donc, on se fiche un peu de ce qu’elle vient de faire, et on ne le comprend pas trop…
Bref, ce texte est banal et je n’ai pas aimé du tout.
Je rappelle que tout de même, l’écriture possède une aisance

   carbona   
7/9/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Ah voilà une fin qui rehausse l'ensemble.


Je pense que ce texte est trop court par rapport à l'étendue de ce qu'il veut raconter. Du coup les évènements et les sentiments sont tellement résumés qu'ils en deviennent superficiels et banals.



Votre écriture est tout à fait correcte, fluide, agréable à lire, aussi je verrais bien votre idée développée dans un récit beaucoup plus long.


A vous relire.


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