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Horreur/Épouvante
Aldaron : La malle sanglante
 Publié le 25/09/07  -  6 commentaires  -  7910 caractères  -  76 lectures    Autres textes du même auteur

À la suite d'un cauchemar troublant, Laure fait une découverte qui risque de changer sa vie.


La malle sanglante


Le Cauchemar


Laure se réveilla subitement. Elle avait encore en tête le rêve étrange qu’elle venait de faire. Elle se retrouvait en train d’errer dans sa propre maison. Elle explorait les pièces une à une. Quand elle pénétra dans le grand séjour, elle se regarda dans le miroir, son visage était plus vieux de quelques années. À la réflexion, ce n’était pas vraiment le sien. Étrangement, bien qu’inconnu, ce visage lui semblait familier. Bref, elle poursuivit sa visite. Les salles étaient meublées différemment mais tout était à son goût. Arrivée dans le couloir elle emprunta le grand escalier qui menait à l’étage. Sur le palier, l’atmosphère devenait pesante. Elle se risqua malgré tout à suivre le grand corridor. Les portes étaient toutes fermées, sauf une qui laissait passer un trait de lumière blafarde. Tremblante elle s’avança vers la chambre du fond. Au fur et à mesure qu’elle s’approchait de cette porte son cœur battait de plus en plus fort. Elle pouvait même sentir les pulsations de son sang au niveau de son cou. Elle s’arrêta devant la pièce et poussa la porte. Celle-ci grinça légèrement. La chambre semblait tout à fait normale. Elle regarda tout autour d’elle. Contrairement au reste de la maison, cette pièce était meublée exactement de la même manière que la réalité. Un détail, cependant, attira son attention, au plafond il y avait une petite trappe à laquelle pendait une cordelette. Laure l’empoigna et tira dessus. Un cliquetis se fit entendre et soudainement elle se retrouva comme par magie dans une sorte de grenier. Il était totalement vide, à l’exception d’une grande malle en osier. Aiguisé par la curiosité, Laure souleva le couvercle. La malle était remplie de sable. Elle y enfonça la main. Dans le fond, elle pouvait sentir une matière qui pouvait ressembler au tissu d’un vêtement. Elle se mit à enlever le sable. Puis soudain, elle dégagea le visage d’une femme. Elle cria quand elle reconnut que ce visage était le sien.


Le Grenier


Laure n’arrivait pas à oublier le cauchemar de la veille. Elle décida d’aller explorer la chambre du fond au premier. Une fois dans la pièce elle leva les yeux au plafond. Rien. Elle souriait tellement elle se sentait bête. Elle allait retourner au rez-de-chaussée, quand un nouveau détail lui revint en mémoire. Dans son rêve le plafond était tout simple, par contre celui-ci était orné d’une magnifique corniche en plâtre en périphérie. Elle prit la chaise de son bureau, monta dessus et avec le poing fermé elle frappa sur le plafond. Celui-ci sonnait creux. Elle courut jusqu’au garage et attrapa le plus gros marteau qu’elle possédait.


De nouveau dans la chambre, elle positionna la chaise à l’endroit où elle avait vu la trappe. Elle commença à taper. Le faux plafond en plaque de plâtre cédait facilement. Quelques minutes plus tard elle avait déjà fait une ouverture d’un mètre carré. Toujours rien. Elle se hissa sur la pointe des pieds. Elle pouvait maintenant voir au-dessus du faux plafond. Elle fit demi-tour sur elle-même, et faillit perdre l’équilibre quand elle aperçut la cordelette blanche.


Après avoir élargi l’ouverture et avoir dégagé l’accès à la trappe, elle tira, le cœur battant sur la petite corde. Un nuage de poussière accompagna l’ouverture. Elle toussa un peu et se frotta les yeux. Hébétée, elle resta immobile se demanda si elle devait monter là-haut. Finalement, la curiosité la poussa à vérifier.


Le grenier ressemblait en tous points à celui qu’elle avait vu en rêve. Heureusement, pas de malle. C’est soulagée qu’elle s’assit par terre pour se remettre de ses émotions. Elle se surprit à rire nerveusement. Pour se relever elle posa sa main sur le sol, sa gorge se noua. Sur sa paume elle sentait des petits grains de sable.


La Bibliothèque


Le grand bâtiment au 7, rue Émile Zola rassemblait les locaux de la bibliothèque municipale. À l’étage un petit homme grisonnant tenait l’accueil. Laure s’adressa à lui et lui demanda si les archives comportaient des exemplaires de vieux journaux. L’employé la conduisit dans une grande salle sombre, lui montra un tas prenant la poussière et referma la porte derrière lui. Laure contempla tous ces journaux et se dit que de retrouver l’information pourrait lui prendre des jours. Et puis, elle n’était pas sûre que la malle avait été découverte, elle avait peut-être disparu. Découragée, elle attrapa les journaux reliés correspondant à l’année de sa naissance. En parcourant les pages elle apprenait que Mitterrand était réélu premier secrétaire du PS, que les soldats américains quittaient le Vietnam ou alors que Pablo Picasso décéda cette année-là. Puis tout à coup elle s’arrêta sur une photo. Le visage d’une femme s’étalait en première page, et c’était le même que celui qu’elle avait vu dans le miroir. Un article accompagnait l’image


L’affaire de la malle sanglante


Nous apprenons aujourd’hui, la découverte du corps de Madame Frugère à l’intérieur de son domicile.


Madame Frugère, âgée de 57 ans, avait disparu depuis octobre dernier. Les recherches n’avaient à l’époque pas abouti et la police avait alors diffusé un avis de recherche.


C’est hier dans l’après-midi qu’un squatter se présenta au commissariat afin de faire part aux enquêteurs de sa macabre découverte. Les policiers constatèrent sur place que Madame Frugère avait été dissimulée dans son grenier dans une grande malle en osier remplie de sable.


L’examen du corps a montré que Madame Frugère avait succombé après avoir reçu 7 coups de couteau. Aucune trace suspecte n’a été retrouvée sur le cadavre ou sur les lieux.


Le mystère de la malle sanglante reste entier.


La dernière nuit


Cette nuit-là, Laure décida de relater son étrange expérience. Elle s’installa à son bureau et sortit un grand cahier à spirale. Elle mâchouilla l’extrémité de son stylo et commença à écrire. Quand soudain la main de Laure trembla, elle eut la sensation de ne plus se contrôler. La pointe de stylo semblait s’animer toute seule. D’une écriture maladroite, elle vit apparaître une phrase.


Bonjour, Laure…


Laure relut la phrase une nouvelle fois. Effrayée et démunie elle se demanda que faire. Le mieux était peut-être de lui répondre


Qui êtes-vous ?


Je pensais que tu aurais deviné. Je suis Christine Frugère…


Que me voulez-vous ? Que vous est-il arrivé ?


J’ai pris contact avec toi car j’ai besoin de toi pour me venger de mon assassin. Oui j’ai été assassinée en octobre 1972 par ma sœur. La maison nous appartenait à toutes les deux. Ma sœur préférant vivre en ville me laissa vivre ici. Puis un jour, un promoteur nous demanda de lui vendre la maison afin de pouvoir y installer un gîte de vacances. J’ai immédiatement refusé. Ma sœur par contre, attirée par l’argent, voulait vendre à tout prix. Un soir, alors que j’étais tranquillement installée devant la cheminée du salon en train de lire, j’ai entendu des coups à la porte. Je suis allée ouvrir et ma sœur était là. Elle était comme folle. Je la fis entrer et sitôt à l’intérieur elle se jeta sur moi. Je sentis le contact de la lame froide du couteau perforer ma peau. C’est une sensation très étrange et désagréable. Puis le noir. Une très longue période d’obscurité. Puis un jour, de nouveau la lumière, une lumière éclatante, éblouissante. Il y avait des gens autour de moi. Tous riaient, me touchaient et n’arrêtaient pas de m’appeler Laure... Oui, nous sommes la même personne. Tu es la fille de ce promoteur, c’est comme cela que j’ai pu récupérer la maison, et maintenant tu vas...


Le téléphone retentit. Elle décrocha.


- Allo ?

- Laure, salut c’est papa.

- Excusez-moi, monsieur, je pense que vous avez fait un faux numéro. Vous êtes ici chez Christine Frugère...

- Pardon Madame, bonne fin de soirée.

- Merci, au revoir Monsieur.


Elle raccrocha le combiné. Un étrange rictus se dessina sur ses lèvres.


 
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   Bidis   
25/9/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le titre est excellent, l’écriture fluide et agréable.
Toute petite chose :
-« de la même manière que la réalité » ; je crois qu’il manque un petit mot : « de la même manière que dans la réalité », manière et réalité ne se comparent pas directement

Le cauchemar est très prenant.
Mais quand elle démolit le plafond, le lecteur pragmatique se dit deux choses : ou bien c’est le rêve qui continue - ou bien c’est invraisemblable : on ne démolit pas sa maison parce qu’on a fait un rêve, refaire un faux plafond coûte une fortune
Cependant, les grains de sable dans la main font un excellent suspense
-« était le même que celui qu’elle avait vu dans le miroir »: ne serait-ce pas plus simple de dire « était le même que le mien » ou « et c’était mon propre visage » ?
La fin laisse perplexe : le promoteur n’y est pour rien, lui…

   fatou95   
26/9/2007
 a aimé ce texte 
Bien
L'histoire est plaisante et facile à lire. Cependant (c'est mon avis et ça n'engage que moi) je n'aime pas trop la fin. En fait, j'aime pas lorsque l'on raconte une histoire et que l'on dévoile tout à la fin; dans les dernières lignes. Je trouve cela dommage.
Sinon, l'histoire est interressante.

   Liry   
27/9/2007
J'ai beaucoup apprécié cette nouvelle et l'atmosphère inquiétante qui s'en dégage. L'écriture est fluide et agréable à lire. Les passages entre le rêve et la réalité et les différents lieux s'enchaînent bien.

J'ai passé un bon moment

   Lariviere   
27/9/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'adore tout ce qui touche de près ou de loin au rêve.
D'où ma présence sur Oniris...
Des que je vois dans un récit quelque chose ayant attrait à cette réalité cachée, je me précipite...
J'ai incroyablement bien fait.
Pour moi, "La malle sanglante" est une excellente nouvelle.
Menée avec une écriture fluide et un style qui entretient le suspens de façon habile.
Ama a ouvert il y a quelques jours un débat sur le forum concernant les critiques séparant le fond et la forme...
Ici par exemple, difficile de diviser les deux parties, le tout s'alimentant mutuellement parfaitement bien, ce qui me semble être la preuve d'un bon récit.
J'ai vraiment du mal à trouver une critique constructive capable de faire améliorer le texte ou l'écriture de l'auteur.
Bien sur, la perfection n'existe pas, mais ici je ne vois rien qui me gène : le rythme est bon, l'écriture plutôt bien maitrisée, peu (oupas) de maladresse concernant la syntaxe, l'histoire est captivante, l'exploitation du rêve est bien réalisée et les idées de relance de l'intrigue bien à propos et intérressante (pas de plafond simple mais un faux plafond, pas de coffre mais du sable, écriture automatique, etc...)...
Non, vraiment... Même le fait que je ne découvre pas beaucoup de densité descriptive dans la psychologie du personnage (moi qui en suis friand) ne me dérange pas. La nouvelle est courte et fantastique. Le mystère doit rester. Trop en dire déchirerait le voile. Il faut laisser le lecteur dans un état de semi-sommeil. C'est réussi.
Allez, seul petit point d'ombre dans mes louanges : peut être aurais je aimé découvrir un épilogue différent et moins banal...
L'idée de l'assassinat pour une histoire de promoteur me semble décevante. Mais cela n'enlève en rien a l'intéret de la nouvelle et la maitrise de la fin du récit.
En résumé, une nouvelle écrite avec habileté, qui m'a beaucoup plu à la lecture.
Merci.
Au plaisir de te lire à nouveau...

   guanaco   
4/10/2007
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Le début est haletant, prenant, accrocheur et bien construit mais en ce qui me concerne, je trouve que le final réduit tout au néant (je crois que j'exagère un peu là non? ;p) Sérieusement, la fin n'est pas assez travaillée. Je ne sais pas, trop banale, trop brutale, pas assez...je sais pas.
Je rajouterais que le texte contient quelques maladresses syntaxiques, des problèmes de style ou de vocabulaire inadéquat.
Cette nouvelle mériterait d'être davantage développée à mon sens.
Merci en tout cas et bravo pour le travail déjà fourni.

   gollum29   
17/10/2007
L'histoire en elle-même est interessante. Cependant, les répétitions sont irritantes et elles gênent la lecture. Il s'agit en particulier du rêve : elle fit ceci, elle fit celà, elle alla ici... Pensez à diversifier votre expression. Vous auriez pu mettre de temps en temps "la jeune femme" ou bien lui donner un surnom. Le problème, c'est que vous n'avez que deux façons de l'appeler : Laure et elle. Ce n'est pas assez ! Si vous n'avez pas d'idée sur comment la nommer, intercalez plus de description entre deux actions. Ce sont autant de stratagèmes pour éviter ces terribles répétitions qui pourrissent la vie de l'écrivain et du lecteur.


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