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Science-fiction
Alec_Gurney : Nouvelle Vie
 Publié le 05/11/26  -  2 commentaires  -  20672 caractères  -  2 lectures    Autres textes du même auteur

En 2062, l’An 1 d’une nouvelle humanité, deux milliards d’êtres humains reconstruisent une civilisation.
Quatre-vingt-quatre ans plus tard, la Guide de Vie prononce le discours de son mandat, celui de sa vie. Elle célèbre cette réussite collective et défend un modèle de société qui paraît idéal.
Mais derrière cette harmonie, les libertés et les destins restent soumis à un ordre établi. Quel prix l’humanité a-t-elle réellement payé pour cette nouvelle vie ?


Nouvelle Vie


Discours de la Guide de Vie — Zouiä Haleb Tool


Cérémonie de l’An 84 de La Nouvelle Vie — 2145


Mesdames les membres du Conseil central,


Mesdames les représentantes de nos institutions,


Mesdames les scientifiques, les bâtisseuses, les créatrices, celles qui veillent sur le vivant,


Mesdames,


Chers Précieux,


Chers citoyens,


Et vous toutes et tous qui nous écoutez, ici ou chez vous

…

Quatre-vingt-quatre ans.


Quand on le dit comme ça, c’est presque abstrait, n’est-ce pas ? Quatre-vingt-quatre ans. Mais derrière ce chiffre, il y a des vies. Des peurs, des pertes, des décisions difficiles. Et puis, petit à petit, des mains qui se sont tendues, des gens qui ont recommencé à construire, alors même qu’ils ne savaient pas très bien de quoi demain serait fait.


Aujourd’hui, je voudrais qu’on prenne un instant pour regarder le chemin parcouru. Pas seulement avec fierté. Avec un peu de tendresse aussi, si vous me permettez le mot. Parce que ce que nous avons construit, ce n’est pas uniquement un système qui fonctionne. C’est un monde dans lequel des enfants peuvent grandir sans connaître les angoisses qui ont marqué les générations d’avant.

Regardez autour de vous. Cette lumière, ces jardins, ces arbres au milieu de nos bâtiments. Regardez les femmes qui travaillent dans nos laboratoires, nos centres de soins, nos institutions. Regardez les hommes qui entretiennent les réseaux, réparent les équipements, font circuler les marchandises et permettent à nos villes de vivre, tout simplement.

Et pensez aussi à toutes celles et ceux qui nous regardent depuis leur appartement, leur atelier, leur ferme verticale, leur salle de contrôle ou leur poste de maintenance. Vous n’êtes peut-être pas dans cette salle, mais vous êtes avec nous. Cette journée est aussi la vôtre.

Car La Nouvelle Vie ne se résume pas à ce bâtiment, à ce Conseil ou à celles qui prennent la parole. Elle existe dans les gestes de tous les jours. Dans un soin donné à temps. Dans une panne réparée avant qu’elle ne devienne un problème. Dans une récolte qui arrive au bon endroit. Dans une forêt qu’on choisit de laisser tranquille.

Et c’est pour cela que nous sommes réunis : pour nous souvenir de ce que nous avons traversé, pour mesurer ce que nous avons réussi, et pour nous demander, honnêtement, comment continuer à en être dignes.


Nous n’avons pas oublié d’où nous venons


Mon arrière-grand-mère a connu la Période grise. Elle a vécu les pandémies, les pénuries, les institutions qui vacillaient, les morts entassés et l’âcre odeur des crémations dans les rues. Elle a connu la violence de la survie.

Elle a connu ces jours où l’on ne savait pas si l’on pourrait nourrir les enfants, si les soins seraient disponibles, ni même si les choses tiendraient une semaine de plus.

Ma grand-mère a connu la Période blanche, puis les années rouges. Elle a participé à cette reconstruction lente, chaotique, qui a permis de remettre en place les soins, la production, les réseaux et les communautés. Tout n’a pas été simple. Tout n’a pas été juste. Et non, toutes les décisions de cette époque n’étaient pas parfaites.

Je ne vais pas vous raconter que nos fondatrices avaient réponse à tout. Elles ne l’avaient pas. Elles ont fait des choix dans l’urgence, avec les connaissances qu’elles avaient, avec les moyens qui leur restaient. Mais elles ont compris quelque chose d’essentiel : on ne pouvait pas sauver l’humanité en continuant comme avant.

Il fallait nourrir les vivants. Protéger les enfants. Soigner les malades. Restaurer les écosystèmes. Garantir l’eau, l’énergie, les transports. Et surtout, il fallait arrêter de croire que chacun pourrait s’en sortir tout seul.


Les Femmes ont pris leurs responsabilités. Elles ont organisé, négocié, soigné, construit, dirigé. Des hommes les ont suivies, parfois par conviction, parfois parce que les anciennes structures ne tenaient plus, parfois simplement parce qu’il fallait bien avancer. Des communautés entières ont participé. La Nouvelle Vie n’est pas sortie toute faite d’un grand plan : elle s’est construite pas à pas.

Nous leur devons beaucoup. Non pas de les placer sur un piédestal, comme si elles n’avaient jamais douté, mais de poursuivre ce qu’elles ont rendu possible : la liberté de vivre dans un monde qui dure.

Il y a des choses auxquelles on finit par ne plus faire attention. On ouvre un robinet, l’eau arrive. On allume une lumière, elle s’allume. Les aliments sont là, les transports fonctionnent, les soins sont accessibles, les communications nous relient. Nos villes sont propres, végétalisées, agréables à vivre. Pour nos enfants, tout cela peut sembler normal.

Mais ça ne tombe pas du ciel. Derrière chaque service, il y a du travail, des compétences, de la formation, des équipements, des personnes qui veillent et des systèmes qui doivent être entretenus. Et quand l’un de ces éléments manque, on se rend vite compte de tout ce qu’on tenait pour acquis.

Alors oui, notre Constitution du Vivant fixe des règles. Elle encadre nos choix, notre consommation, nos déplacements et l’organisation de la société. Je sais que le mot « règle » ne fait pas toujours plaisir. Mais quelle liberté nous resterait-il si nous passions nos journées à craindre de manquer d’eau, de nourriture ou d’énergie ? Quelle autonomie aurions-nous si nos décisions détruisaient les conditions mêmes de notre existence ?


Nous avons choisi de penser la liberté autrement. Non pas comme la possibilité de faire absolument tout ce qui nous passe par la tête, quoi qu’il en coûte aux autres, mais comme la possibilité de vivre, d’apprendre, de se soigner, d’aimer, de travailler, de créer et de préparer l’avenir sans craindre constamment que tout s’effondre.


Notre Constitution ne prétend pas effacer les personnalités, les désirs ou les différences. Elle affirme que nos choix doivent rester compatibles avec la continuité du monde qui nous fait vivre. C’est notre conviction : la responsabilité collective n’est pas l’ennemie de la liberté. Elle en est la condition.

Notre société s’organise autour de trois statuts : les Femmes, les Précieux et les Essentiels. Ce n’est pas un secret, et je ne vais pas faire semblant que chacun y exerce les mêmes responsabilités. Nous avons choisi une répartition des rôles, parce que nos fondatrices estimaient qu’elle permettrait d’assurer la stabilité de la société et la continuité des générations.


Les Femmes assument la direction politique, la recherche, la stratégie, l’économie et la préservation du vivant. Elles doivent penser à long terme, anticiper les risques et prendre des décisions qui dépassent leurs intérêts immédiats. À toutes les Femmes qui m’écoutent, je veux dire ceci : le pouvoir n’est pas un bijou qu’on porte. C’est une charge. Et parfois une charge lourde. Nous devons nous en montrer dignes, même quand les décisions sont difficiles, même quand elles sont impopulaires.

Les Précieux contribuent à la continuité génétique de la population. Leur fertilité est rare dans notre organisation démographique, et le Comité de Bienvenue s’appuie sur cette ressource pour préserver la diversité génétique et limiter les risques de consanguinité. Leur statut leur donne un environnement privilégié et des possibilités que la plupart des hommes n’ont pas.

Mais, chers Précieux, vous êtes davantage que vos données génétiques. Vous êtes des personnes, avec des goûts, des talents, des sentiments, des envies et parfois des doutes. Vous pouvez être des compagnons, des créateurs, des interlocuteurs. Votre contribution à l’avenir ne résume pas toute votre existence.


Et puis, il y a les Essentiels.


Je voudrais vraiment prendre le temps de vous parler, à vous qui travaillez dans les ateliers, qui entretenez les bâtiments, qui réparez les machines, qui maintenez les réseaux, qui organisez les transports et les flux de marchandises. À vous qui prenez votre poste quand la ville dort encore, et qui le quittez parfois quand les autres ont déjà fini leur journée.

Sans vous, beaucoup de choses s’arrêteraient. Pas dans une semaine, ni demain : tout de suite. Une conduite rompue, un réseau mal entretenu, une chaîne logistique bloquée… Il suffit de peu pour nous rappeler combien notre confort dépend de votre travail.

C’est pour cela que nous vous appelons les Essentiels. Votre contribution est indispensable. Notre société vous garantit un logement, des soins, une formation, une protection et la reconnaissance de votre rôle. Nous veillons à ce que personne ne soit abandonné, et nous devons continuer à améliorer les conditions de vie et de travail de chacune et chacun.


Bien sûr, nous n’avons pas tous les mêmes fonctions, les mêmes logements, les mêmes accès ni les mêmes responsabilités. Dans notre conception, la justice ne consiste pas à rendre toutes les vies identiques, mais à donner à chacun ce dont il a besoin et à respecter chaque rôle utile.

Ce principe doit vivre concrètement : des formations de qualité, des soins accessibles, des logements confortables, un travail reconnu et des services présents au bon moment. Ce sont ces choses-là qui comptent, au bout du compte, dans une vie.


Nous ne pouvons pas nous passer des Essentiels. Nous ne devons jamais l’oublier. Notre unité dépend de la contribution de chacune et chacun, mais aussi de la confiance que nous savons entretenir.

Pensons à celles et ceux qui viennent après nous.

Il y a un sujet dont nous parlons parfois avec des mots très techniques, alors qu’il touche à quelque chose d’intime : la naissance d’un enfant.


Un enfant, c’est une joie possible, une histoire qui commence, une personne qui aura besoin de soins, d’attention, d’alimentation, d’éducation et d’un monde où vivre. Une naissance engage donc plus que les adultes qui la désirent. Elle engage aussi la collectivité et les générations qui suivront.

C’est la raison pour laquelle le Comité de Bienvenue veille à la continuité démographique et génétique. Notre population est maintenue autour de deux milliards d’habitants. Nous ne cherchons pas à grandir sans fin ni à occuper toujours plus de territoire : nous voulons que chaque génération trouve sa place sans épuiser les ressources dont elle dépend.

Le Comité s’appuie sur des données génétiques, des outils scientifiques et des projections démographiques. Il coordonne les naissances, veille à la diversité des patrimoines transmis et cherche à prévenir les risques. Nous avons décidé de ne pas laisser une responsabilité aussi importante au hasard. C’est un choix collectif, inscrit dans notre Constitution, que nous jugeons indispensable à la continuité de notre civilisation.


Je sais que cela soulève des questions. C’est normal. La reproduction touche à l’intimité, au désir, à la famille, à l’idée même de liberté. Inutile de prétendre le contraire ou de faire comme si ces questions n’existaient pas.


Notre société a séparé la vie affective, la sexualité et la procréation. Nous estimons que cette organisation permet à chacun de vivre ses relations tout en garantissant la continuité démographique. Ce n’est pas une façon de dire que les sentiments ne comptent pas. Bien sûr qu’ils comptent. Nous savons ce que représentent l’attachement, la tendresse, le désir de protéger quelqu’un.

Mais nous considérons que ces sentiments doivent coexister avec une responsabilité plus large. Si nous voulons que La Nouvelle Vie existe encore dans quatre-vingt-quatre ans, nous devons assumer cette responsabilité avec sérieux, même lorsque le sujet est délicat.


Une civilisation qui protège le vivant


Regardez nos villes. La technologie est partout, mais elle n’a pas besoin de s’afficher à chaque coin de rue. Les vitres et les façades captent la lumière. La géothermie fournit une énergie stable ; les vents, les vagues et les marées complètent nos réseaux. Les intelligences artificielles anticipent les besoins, ajustent la production et limitent les pertes.

Nos fermes verticales produisent une part essentielle de notre alimentation et de nos matières premières. L’eau circule en circuit fermé, les nutriments sont récupérés et les cultures suivies en temps réel. Protéines végétales, champignons, algues et aliments issus de la fermentation nous permettent de nourrir une population immense tout en réduisant la pression sur les écosystèmes.

Ce n’est pas seulement une réussite technique. C’est une autre manière d’habiter la planète : produire mieux, réutiliser ce qui peut l’être, récupérer ce qui était perdu et limiter les dégâts de nos activités.

Nous avons aussi décidé de ne plus considérer les animaux comme de simples ressources alimentaires. La Constitution du Vivant interdit leur élevage et leur consommation. C’est un choix moral, écologique et politique. Il nous oblige à continuer la recherche, à améliorer nos procédés et à développer des alternatives fiables.


Une technologie avancée ne suffit pas à faire une civilisation sage. On peut construire des machines extraordinaires et prendre de très mauvaises décisions. La vraie question n’est pas seulement : « Est-ce qu’on peut le faire ? », mais aussi : « Est-ce qu’on doit le faire ? Et à quel prix ? »

Pour les deux années qui restent à mon mandat, je veux que nous gardions cette idée en tête : produire mieux, réduire les pertes, anticiper davantage et savoir renoncer à une possibilité technique lorsque son coût pour le vivant devient trop élevé.

Le progrès, ce n’est pas de tout faire. C’est de savoir ce qui mérite d’être fait.


Rendre de l’espace à la nature


Au-delà de nos centres de vie, de vastes territoires existent où l’humanité n’organise plus chaque détail. Les forêts s’étendent, les animaux circulent, les espèces évoluent. Des paysages autrefois transformés par nos ancêtres ont été rendus au vivant.

Arrêtons-nous un instant sur cette idée : nous avons accepté de laisser de la place. Pas une place que nous attendrions de reprendre, ni une réserve à ouvrir lorsque nos besoins augmenteraient. Une place réelle, où la nature peut suivre sa propre histoire.


Notre responsabilité est de protéger ces espaces, de restaurer les milieux fragilisés et de mieux comprendre les écosystèmes. La science peut nous aider à prévenir les menaces, mais elle ne doit pas devenir un prétexte pour tout contrôler. Il faut aussi savoir observer sans déranger, protéger sans posséder et reconnaître que certains endroits n’ont pas besoin de nous.

Nous continuerons à développer les corridors écologiques, à surveiller les milieux sensibles et à réduire l’empreinte de nos transports. Mais nous ne rendrons pas chaque territoire accessible à tout moment. La nature n’est pas un service supplémentaire : elle n’est pas là pour répondre à toutes nos envies.

Et c’est précisément parce que nous avons besoin d’elle que nous devons accepter de ne pas être partout.


Chaque jour, l’unité se construit


Je voudrais maintenant parler à toutes celles et tous ceux qui nous écoutent. À celles qui prennent les décisions. Aux Précieux. Aux Essentiels qui produisent, réparent, entretiennent et transportent. À celles et ceux qui soignent, enseignent, construisent, cherchent, nettoient, cultivent et veillent.

Une société ne peut pas durer si une partie de ses membres finit par penser qu’elle ne compte pas. On peut répéter des slogans, afficher de beaux symboles, organiser des cérémonies magnifiques : si les gens ne trouvent plus de sens à leur vie quotidienne, les mots ne suffisent plus.

Notre force vient de l’idée que chacun participe à quelque chose de plus grand que soi. Nous n’avons pas tous les mêmes tâches. Nous n’avons pas les mêmes responsabilités. Nous ne prenons pas tous les mêmes décisions. Mais nous partageons un avenir, et les différentes parties de notre société dépendent les unes des autres.


Rien ne fonctionne isolément. Et la confiance ne se décrète pas : elle se construit lorsque les institutions remplissent leur mission, que les compétences sont reconnues et que les services répondent présents. Elle grandit aussi lorsque nous acceptons de regarder les difficultés en face, au lieu de prétendre qu’elles n’existent pas.


Nous avons un cadre commun : la Constitution du Vivant. Nous avons des institutions chargées de le faire respecter. Mais ce sont nos actes, chaque jour, qui donnent un sens à tout cela.

Ce que nous devons transmettre aux générations suivantes, ce ne sont pas seulement des règles, des bâtiments ou des connaissances. C’est la conviction que notre avenir est lié, et qu’aucune société ne peut être solide si elle oublie celles et ceux qui la font vivre.


Trois priorités pour les années à venir


Il me reste deux années pour poursuivre la mission que vous m’avez confiée. Je veux les consacrer à trois priorités concrètes.


La première est la résilience technologique et énergétique. Nous renforcerons la complémentarité de nos sources d’énergie, améliorerons le stockage, perfectionnerons nos systèmes de production et continuerons à optimiser les réseaux grâce à l’intelligence artificielle. L’objectif est simple : des services plus fiables, moins de pertes et moins de ressources gaspillées.


La deuxième est la préservation du vivant. Nous continuerons à rendre de l’espace aux écosystèmes, à mieux connaître les espèces et à réduire l’empreinte de nos activités. Notre technologie doit soutenir la civilisation sans chercher à occuper chaque espace disponible.


La troisième est la qualité de vie. Je veux que les améliorations se voient dans les logements, les soins, les formations, les transports et les services quotidiens. Pas seulement dans les rapports : dans la vie réelle, dans le temps gagné, les difficultés évitées, la qualité d’un soin, le confort d’un logement et la possibilité de se projeter plus sereinement.

Le bonheur collectif ne peut pas être une jolie phrase prononcée une fois par an. Il doit se ressentir dans la sécurité, la santé, les relations, la possibilité de faire des projets et la confiance qu’on peut accorder à son environnement.

Nous avons encore du travail, évidemment. Une civilisation vivante n’est jamais terminée ni parfaite. Nous devons continuer à apprendre, à corriger ce qui peut l’être et à améliorer ce qui ne répond pas suffisamment aux besoins.

Mais nous avons un héritage, des connaissances et une volonté commune. Nous avons appris que la puissance humaine doit être organisée, et non laissée sans limites. À nous, maintenant, de faire vivre cette leçon.


Mesdames, chères amies, Messieurs,


Je pense aujourd’hui à mon arrière-grand-mère, à ma grand-mère et à toutes celles et ceux qui ont vécu les premières années de notre histoire. Ils n’ont pas connu nos villes, nos réseaux énergétiques, nos fermes verticales ou nos outils de communication. Ils ont connu l’incertitude, la peur de manquer. Ils ont dû recommencer alors qu’ils étaient épuisés, endeuillés, parfois tout simplement perdus.

Et pourtant, ils ont recommencé. Ensemble. Pas toujours d’accord, pas toujours sûrs d’avoir raison, mais avec cette idée qu’il fallait donner une chance à celles et ceux qui viendraient après eux.


Quatre-vingt-quatre ans après la Nouvelle Naissance, nous pouvons regarder le chemin parcouru avec fierté. Nous nourrissons deux milliards d’êtres humains sur un territoire organisé pour préserver de vastes espaces naturels. Nous développons des technologies avancées sans faire de l’épuisement des ressources le moteur de notre prospérité. Nous vivons dans des villes où la nature est présente, et nous protégeons des territoires où elle peut évoluer sans nous.

Nous avons fait de la préservation du vivant une responsabilité collective. De la continuité, une ambition politique. De l’équilibre, une manière de penser notre avenir.

Mais rien de tout cela n’est acquis pour toujours. Chaque génération doit renouveler son engagement. Chaque institution doit remplir sa mission. Et chaque personne doit pouvoir trouver une place et un sens à sa contribution.


Alors, aujourd’hui, je vous demande de regarder autour de vous. Regardez ce que nous avons construit. Regardez ce que nous avons préservé. Et regardez aussi ce qu’il nous reste à améliorer. La fierté n’empêche pas la lucidité. Au contraire : elle nous donne une raison de faire mieux.

Nous n’avons pas besoin d’être identiques pour avancer ensemble. Nous avons besoin de comprendre ce qui nous relie, de respecter la contribution de chacun et de prendre au sérieux notre responsabilité envers l’avenir.


Notre force est dans notre cohérence.

Notre avenir est dans notre responsabilité.

Et notre bonheur, si nous voulons qu’il dure, dépend de ce que nous choisissons de protéger.

Vive le vivant.

Vive La Nouvelle Vie.


 
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   Pattie   
15/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
J'ai trouvé la nouvelle société présentée intéressante, négative avec les limitations liées au sur-contrôle et positive dans le fait de rendre de l'espace à la nature. Mais je n'ai pas aimé le renversement : domination masculine versus domination féminine. C'est trop caricatural, trop réducteur : alors quoi ? C'est soit les uns, soit les unes ? Pas moyen d'envisager une voie différente où le genre ne serait pas une affaire ? Après, c'est peut-être le propos de l'auteur : montrer qu'ils (elles) ont cru tout changer, mais ont juste retourné quelques situations.
Et bon, c'est tout à fait personnel, mais je n'ai pas aimé, vraiment pas, le côté discours politique. Je suis en pré-overdose de discours, je les évite de mon mieux, et voilà qu'ils me traquent dans mes loisirs ! J'aurais vraiment préféré un texte qui me pilote à travers ce monde en utilisant une vraie histoire, avec des vrais personnages. Même si le choix de l'auteur est original et audacieux, je ne l'apprécie pas. Et ce choix oblige à adopter un style très neutre, très lisse. Pas de flamme, pas d'enthousiasme. Peut-être un léger malaise parce que les Essentiels ont beau avoir une majuscule, leur quotidien semble moins enviable que celui des non "Essentiels". Mais l'ironie n'est pas assez noire, la mauvaise foi pas assez grossière pour me plaire. Ce qui pourrait être de la finesse me paraît trop lisse, mais ce n'est peut-être que mon point de vue de lectrice qui n'aime pas les discours politiques.

   Cyrill   
31/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Un discours politique pure langue de bois. Il pourrait s’agir d’un pastiche, mais il me manque le point de vue critique de l’auteur, ou du moins un autre point de vue qui pourrait par exemple être porté par l’auditoire, ou par une formation d’opposition.
Les multiples redondances sont bien sûr inhérentes à ce genre de discours qui confine à la manipulation. Mais il n’empêche que quelques sarcasmes ou de simples traits d’ironie permettraient de mettre en exergue les formules creuses dont est chargé le texte, de souligner leur vanité.
La société vantée s’enferme dans la caricature, celle-ci laisse certes le texte ouvert à la réflexion, mais j'en aurais aimé une amorce de la part de l'auteur, j'aurais aimé avoir une idée de ce qui l'anime. Le sérieux tenu de bout en bout, sans regard plus complexe, m’a vite ennuyé.


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