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Humour/Détente
Alexan : Le coq
 Publié le 19/02/20  -  10 commentaires  -  27009 caractères  -  69 lectures    Autres textes du même auteur

Péripéties d’un expatrié en Chine.


Le coq


Vivre en Chine, cela peut rendre dingue.

Beaucoup d’occidentaux qui ont connu l’expérience vous le diront.

Cela dit, il y a quelque chose de stimulant, d’enivrant aussi, qui fait que l’on a tout de même envie d’y rester. Mais ce n’est pas sans compter sur les « mauvais jours » ; les BCD comme disent les expats anglophones (Bad China Day).

Je me rappelle ce jour où les choses ont pris pour moi un tournant majeur.

C’était un dimanche qui commençait bien mal. À défaut de faire une bonne grasse matinée, je me suis réveillé à 8 h à cause d’un torticolis qui m’obligeait à garder ma tête penchée sur le côté comme David Niven dans Le cerveau.

Je me suis pressé chez un masseur traditionnel chinois qu’un collègue m’avait conseillé en précisant : « Ses massages sont très efficaces, si tu supportes la douleur ! »

Je croyais la supporter, mais dès les premiers instants, j’eus un sincère doute ! À l’aide de mon mandarin basique je lui demandai combien de temps cela allait durer.


– One hour ! me répondit-il en anglais avec un accent du nord de la Chine fort prononcé.


Je me tordais de douleur et mordais l’oreiller pour ne pas hurler tout en priant que le massage devienne un peu moins éprouvant.

Deux petites Chinoises mignonnettes qui semblaient être les filles ou nièces du masseur arrivèrent et furent tout exaltées de voir un laowai (étranger) allongé sur la table des supplices. Elles s’assirent à ma hauteur, et me firent la conversation en anglais sans doute pour mettre en pratique les phrases apprises de l’école, sans pour autant sembler se rendre compte de mon état critique à deux doigts de l’évanouissement.


– What’s your name?

– Where are you from?

– How old are you?

– Why are you so hairy?


J’arrivais à peine à répondre, ne pouvant trouver au beau milieu de la souffrance la force de prononcer une phrase entière ; ce qui semblait les laisser perplexes.

Je n’osais pas leur dire de me foutre la paix, mais j’avoue que j’en rêvais. J’aurais bien voulu que cela vienne du masseur mais il demeurait tout hilare, diverti par cette charmante scène. Au bout d’un moment je décidai tout simplement de les ignorer. Cela ne changea rien. Les questions pleuvaient ! Et étant donné que ces petites friponnes devaient être à court de vocabulaire, elles me reposèrent les mêmes.


– What’s your name?

– Where are you from?

– How old are you?

– Why are you so hairy?


Le massage devenait de plus en plus insoutenable ; je suis prêt à parier que même un adepte du SM l’aurait trouvé trop intense à son goût. Mon bourreau travaillait à présent le bas de mon dos, et m’y rentrait quelque chose de pointu à l’extrême. En me retournant je constatai que c’était son coude. Son savoir-faire était certainement de qualité car à chaque fois qu’il l’enfonçait dans mes lombaires, je ressentais de nombreux points sensibles éparpillés sur mon corps sursauter comme des décharges électriques. Il savait assurément repérer les points vitaux, et les actionner !

Je levai la tête vers l’horloge : quinze minutes seulement que j’endurais ce massacre ! Je ne tiendrais jamais trois quarts d’heure de plus…

Autant arrêter tout de suite.

Il protesta :


– Mais j’ai à peine commencé ! C’est bien trop court pour que vous ressentiez le moindre bénéfice.

– Je sais mais j’en peux plus.

– C’est dommage. Allez ! insista-t-il, donnez-moi au moins une petite demi-heure et vous verrez que votre genou ira beaucoup mieux.

– Mon quoi ?

– Ce n’est pas au genou que vous avez mal ?

– C’est une blague ! Vous ne voyez pas que je penche la tête comme un imbécile ! Non ce n’est pas au genou que j’ai mal !


Heureusement, il me laissa partir sans que j’aie eu à payer. Je quittai cette chambre de torture avec le même torticolis qui m’y avait vu entrer, en plus d’une horrible sensation de crampe dans le haut des fesses. Au moins, je n’avais pas mal au genou.

Après avoir emprunté quelques ruelles zigzaguant dans la vieille ville, j’arrivais enfin à semer les deux petites polissonnes du tortionnaire qui m’avaient poursuivi en essayant de m’arracher des réponses à leurs récurrentes questions en anglais.

En traversant le boulevard pour aller me chercher un café consolateur, je me fis agresser par une série de coups de klaxon qui me rendirent sourd du côté gauche pendant toute la première partie de la matinée. Puis arrivé au Starbucks, on me servit un café glacé au lieu d’un café chaud, on actionna la clim au-dessus de moi avant que je n’aie crié « j’aime la chaleur ! », et à la table d’à côté, deux couples me balancèrent au moins sept ou huit « hello ! hello ! hello ! » en riant et se chuchotant des choses me concernant, avec le mot « laowai… laowai… » prononcé également au moins huit fois.

Pour retourner chez moi, je dus retraverser le boulevard, et un camion klaxonna pendant dix secondes pour m’amocher l’oreille droite. Mais heureusement, l’oreille gauche allait déjà un tout petit peu mieux.

J’avais un petit creux, je m’arrêtai donc acheter un baozi à une vendeuse de rue devant qui il y avait une queue de cinq personnes. On essaya de me doubler deux fois, mais j’avais appris à dire « fais la queue comme tout le monde ! » en chinois ; certaines phrases sont essentielles pour la survie en milieu hostile. La file d’attente s’écoulait rapidement, et à chaque personne, on entendait la vendeuse dire « yi kuai ! » (un yuan) ; mais quand mon tour arriva, elle vit ma face de laowai, et prononça avec malice « liang kuai ! » (deux yuans)…


– Si tu veux m’arnaquer fais-le au moins avec finesse ! lui balançai-je. Non mais tu crois que j’ai pas vu tous les autres payer un yuan ! Pourquoi moi je paierais deux ?


Je réalisai seulement que c’était en français que je venais de m’exprimer.

La vendeuse se marrait comme une cruche.

Le gars qui avait essayé de me doubler à deux reprises en profita pour retenter sa chance. Jamais deux sans trois ; cette fois c’était la bonne.


– Eh merde… garde ton baozi, bougonnai-je en partant les mains vides.


La meilleure chose que j’aurais pu faire après ces mésaventures eût été une longue sieste réparatrice. Malheureusement, les voisins du dessus faisaient un boucan digne d’un combat de mammouths.

Ah ! Nous y voici ! Les voisins. Ces foutus voisins du troisième étage. Deux appartements face à face. J’ignorais s’ils étaient juste des amis ou bien tous de la même famille, mais je savais que ces malotrus laissaient leurs portes ouvertes en permanence et s’interpellaient d’un logement à l’autre. Ils foutaient un tel boucan dans le couloir que cela raisonnait jusque dans mon lit. Et quand je pense que je ne vivais même pas sur le même palier… encore heureux ! Quoique, en dessous d’eux s’avérait également bien pénible. À toute heure de la nuit, je me faisais réveiller par leurs raffuts. On aurait dit un déménagement qui ne s’arrêtait jamais.

Une nuit, je décidai d’aller voir ce qui se tramait dans cette piaule. Quand j'arrivai, l’un des deux appartements était ouvert. J’en profitai pour jeter un coup d’œil à l’intérieur : ils étaient tant à vivre dans ce petit meublé, que le sol était rempli de matelas jetés à l’arrache sur lesquels dormaient des hommes, des femmes et des enfants. Le dernier arrivé (je l’avais aperçu de ma fenêtre garer son scooter en bas de l’immeuble) déplaçait des chaises et des tables dans un coin du salon en les faisant grincer sur le plancher. Puis il fouilla dans ce bric-à-brac comme une taupe qui creuse, et dégota un matelas qu’il lâcha par terre avant de s’y laisser tomber. Tout cela semblait tout de même avoir réveillé légèrement quelques-uns de ses colocataires, ce qui me rassura ! L’un d’eux m’aperçut. Il se leva et vint à la porte pour me la fermer au nez.

Le lendemain, le bruit dura jusqu’à deux heures trente du matin.

Et puis, une nuit sur trois, c’étaient des grosses engueulades qui explosaient largement après minuit.

Un soir, je pétai complètement un plomb. Cette fois, je montai les escaliers avec colère, et j’étais déterminé à me plaindre du bruit en cette heure indue.

Les deux portes étaient ouvertes, et les voisins s’interpellaient en criant. Un gosse jouait au ballon, et deux femmes d’âge mûr faisait de l’aérobic devant la télé dont le volume était sans doute à fond.

J’avais envie de gueuler, mais je décidai de garder mon calme, en m’exprimant avec politesse, et utilisant les mots simples que je connaissais en chinois :


– Excusez-moi, il est deux heures du matin. Je ne peux pas dormir, et je travaille demain.


Ils éclatèrent tous de rire.

J’entendis au moins cinq « hello » et trois « laowai ».

Je sentis le sang me bouillir tout le corps, et je hurlai soudainement d’horribles injures dans toutes les langues.

Ils se mirent tout simplement à m’ignorer.

Ce genre de scène se reproduisit plusieurs fois sur les deux derniers mois. À chaque fois, ils finissaient tous par faire comme si je n’étais pas là, tout en lâchant malgré tout quelques petits rires moqueurs. Et je redescendais chez moi dépité.

À cela, vint s’ajouter un jeune gars qui arrivait quasi tous les soirs au milieu de la nuit pour appeler une fille de l’immeuble qui descendait le rejoindre. Sauf quand elle ne se réveillait pas… ou bien tout simplement n’était-elle pas là… ? Toujours est-il que le crétin d’en dessous ne se lassait pas d’appeler sa dulcinée, même si après dix minutes elle n’avait toujours pas montré le bout de son nez.

Elle s’appelait Yué. Avec les tons mandarins cela donnait quelque chose comme ça :

« Yuuuééé ! » en descendant dans les graves sur le Yuuu et en remontant dans les aigus sur le ééé comme une question.

Quel son horrible !

La première fois, j’ai ouvert la fenêtre et lui ai demandé gentiment qu’il s’arrête. Il m’a ignoré. Alors j’ai gueulé comme un dément « silence ! » tout d’abord en chinois, puis pour me faire plaisir en français « tu vas fermer ta grosse gueule, connard ! »

Le gars m’a regardé quelques instants. Puis son regard s’est redirigé vers l’étage du dessus, il a prononcé sur le même ton :

« Yuuuééé ! »

Un soir je lui balançai carrément de l’eau. Il se la prit en pleine face. Impassible, il essuya tranquillement ses lunettes, et reprit son affreux mantra « Yuuuééé ! Yuuuééé ! Yuuuééé ! » la tronche et les vêtements trempés. Et au même moment, Yué sortit sur son balcon, et au lieu de descendre, elle resta là-haut et entama une discussion avec Romeo qui dura toute la nuit…

J’étais sur le point de perdre complètement la boule.

Il y avait un autre étranger qui vivait dans cet immeuble. Et d’ailleurs, son logement se situait au troisième, le même étage que les deux familles de fous. Je pensais souvent à lui et me demandais bien comment il pouvait survivre là-haut.

Cela devait être encore plus invivable que ce que j’avais à subir !

Il s’appelait Dennis, et était originaire des Pays-Bas. Il paraissait amical et placide.

Il fallait absolument que je lui parle…

Je profitais de la première occasion pour l’aborder : c’était devant l’entrée de notre immeuble alors qu’il venait juste de descendre l’escalier.

Le sujet des deux familles de fadas le fit tout de suite rire de bon cœur :


– Oui ! Je suis leur voisin direct ! dit-il.

– Ça doit être dingue…

– Carrément ! Ils sont complètement timbrés. J’ai l’impression d’être entouré d’une bande de pirates qui a fait escale.

– Comment tu fais pour supporter ça ?

– J’ai mes manières à moi, dit-il d’un ton étrange.


Pas sûr de piger, je répliquai :


– Moi j’ai tout d’abord essayé les boules Quies mais ça suffit pas. Du coup je leur crie dessus.

– Oui je l’ai noté, je t’ai entendu ! Mais il faut surtout pas faire ça.

– Ah… pourquoi donc ? Tu crois que je risque de m’attirer des ennuis ? Du genre… violent ?

– Oh non, ça je pense pas. C’est juste que tu te fais du mal mon pauvre. Tu dois être crevé, abattu, déprimé. Et pour autant, ça sert à rien.

– C’est vrai, avouai-je d’un air pitoyable. En plus je tenais vraiment à avoir de bons rapports avec mon voisinage, mais c’est tout le contraire qui se passe. Je me rends bien compte que tout le monde me déteste dans cet immeuble, et me regarde bizarrement, à la dérobée. Et pour autant, je continue à souffrir de leur manque de savoir-vivre.

– Oui c’est dommage. Alors que moi c’est tout le contraire : je m’en fiche complètement d’avoir de bons rapports avec mes voisins. Mais pour autant j’ai des rapports excellents.

– Ah oui ?


Justement, à ce moment-là, l’un des voisins dévalait les escaliers pour tomber pile sur nous. C’était celui qui m’avait fermé la porte au nez. Un homme corpulent d’une quarantaine d’années, avec une tête de truand. Il me lança un coup d’œil mesquin, et son regard tomba sur Dennis qui s’écria cordialement « Ni Hao ! »

À ma grande surprise le type parut terrorisé à la vue du Hollandais. Il s’éloigna en accélérant le pas, et se retourna deux fois comme s’il s’assurait qu’on ne le suivait pas !


– Excellent rapport ! me répéta Dennis avec une pointe de malice.


Je restai sans rien dire à le regarder, hagard.

Il prit le ton de la confidence :


– Je vais te dire.

– Dire… ? Dire quoi ?

– Mon secret.

– Ah ? Si ça peut m’aider, je veux bien savoir…


Il regarda autour de lui comme pour s’assurer que personne n’écoutait. Il respira profondément, et approcha sa bouche de mon oreille pour prononcer enfin :


– Je fais le coq.


Je restais à réfléchir quelques secondes sur cette révélation inattendue. À ce point de l’histoire, je commençais légèrement à douter de l’équilibre mental de mon interlocuteur… mais étant donné que je n’étais pas non plus sûr du mien, je restai pour en savoir davantage.


– Le… coq ?

– Oui. Ou bien la poule, des fois. Ça marche aussi.


Je le dévisageai de mes yeux écarquillés.


– Je suis sérieux, continua-t-il. Savoir faire le coq… ou la poule – tout dépend de l’humeur du moment – cela peut s’avérer un outil d’une force redoutable. C’est absolument magique ! Grâce à cela, tu peux te sortir de tout, vivre partout, rien ne t’atteindra. C’est d’une puissance inégalable. Tu peux toujours essayer le taï chi, ou le yoga… oui ça aidera peut-être, mais jamais autant que le coq. La drogue c’est pas mal non plus, mais c’est mauvais pour la santé et ça rend accro. Je ne dis pas qu’il n'y a aucun risque de dépendance dans la pratique du coq, mais au moins cela ne fait pas de mal au corps. Bon, au mental peut-être un peu si on en abuse, c’est d’ailleurs pour cela que je conseille de ne pas excéder une fois par jour. C’est déjà bien une fois par jour, quand on sait la joie et l’épanouissement que cela procure.

– Ça alors, tu m’intrigues avec ton coq… c’est quoi ce truc ? J’en ai jamais entendu parler.

– Normal, c’est tout nouveau. Et c’est moi qui l’ai inventé.

– Ah !

– Attends, regarde : je vais te montrer.


Il m’attira dans la cour de l’immeuble. À ce moment, la gardienne sortait de sa loge. Et là… Dennis fit le coq.

Cela ne dura que quelques secondes, mais assez pour que la gardienne lâche un cri de panique, et décampe tout affolée se planquer dans sa loge.


– La pauvre femme, s’excusa Dennis. Elle est plutôt gentille, je voulais pas lui faire de mal. C’était juste pour te montrer. Alors t’en penses quoi ?


Je ne savais absolument pas quoi penser de cette démence totale. Mais je savais une chose : je voulais essayer.


– Allons le faire sur les voisins du troisième ! m’exaltai-je.

– À une condition !

– Oui ?

– C’est toi qui fais la poule.

– Ah… mais ça implique que…

– Non non ! ça n’implique rien, t’inquiète. Tu fais la poule et je fais le coq mais c’est tout. Je veux dire… chacun de son côté… sans se toucher.

– Ah d’accord ! me voilà rassuré. Tiens, d’ailleurs j’ai une question : pourquoi avoir choisi d’imiter ces animaux en particulier ?

– Ben tiens ! s’esclaffa Dennis comme si je venais de demander une ânerie. Qu’est-ce que tu voudrais imiter à la place ? un lion ? un éléphant ? un loup ?... Non ! ce serait ridicule. Le dindon à la limite. Crois-moi, ça ne marche qu’avec la volaille. Non mais franchement, tu as déjà fait attention à la gueule et au regard d’une poule ou d’un coq ? C’est super flippant ! Tiens, imagine une poule géante !


Il m’avait convaincu. J’étais prêt. Et quelque chose en moi me suggérait que j’allais connaître un délice jamais éprouvé jusque-là, et que rien ne serait plus pareil après cette expérience.

Nous arrivâmes au troisième étage.


– Passons chez moi, proposa mon nouveau complice.


À peine entré dans son studio il se déshabilla.


– Merde Dennis ! On va pas le faire à poil quand même !

– Ah je t’ai pas dit ? C’est essentiel. Il n’y a que comme ça qu’on obtient un résultat.

– Mais dis-moi, je crois comprendre que tu leur as déjà fait le coq à plusieurs reprises, aux voisins dingos…

– Une bonne dizaine de fois.

– Et ils ont pas pris l’habitude ?

– Oh non ! On ne devient pas blasé du coq aussi facilement ! Tu as remarqué la gueule du mec en bas quand il m’a vu ?

– Oui… j’ai bien noté la terreur dans ses yeux.

– C’est ça.


Comme nous l’espérions, les deux portes étaient grandes ouvertes. Les allers-retours se succédaient. Ça passait d’un appartement à l’autre en courant comme de grands mômes, et surtout en se marrant comme des demeurés, et puis en pleurnichant, ou simplement en gueulant. Et puis ça transportait des meubles d’un côté, avant de changer d’avis et de les ramener de l’autre… et ça gueulait, ça gueulait… ça s’interpellait de la cuisine de la piaule de gauche aux chiottes de la piaule de droite ; les voix filaient dans tous les sens traversant le corridor comme des courants d’air tonitruants. S’ils avaient eu comme but de faire chier les autres habitants de l’immeuble, ils ne s’y seraient pas pris différemment. Et si cela avait été un concours, ils auraient sans conteste mérité un prix.

J’essayai de réunir toute la rancœur que j’avais en moi, toute la colère, la rage, de ces nuits sans sommeil, de ces humiliations, et de la concentrer dans une chose : le coq. Ou non… en l’occurrence, me concernant : la poule.

Je me remémorai donc les fois où ces rustres avaient accueilli mes doléances par des :

« Hahaha ! hihihi ! hohoho ! hello hello hello ! » avant d’aller appeler les autres membres de leur foutue famille en s'écriant « laowai laowai laowai » chérie viens voir dans le couloir il y a singe qui fait un numéro de cirque !

J’avais envie de les tuer.

Je fusionnai ma fureur donc, mais aussi le ras-le-bol, la fatigue nerveuse exaspérée qui s’était accumulée récemment, avec une dose quand même pas négligeable de folie, et tout cela me donna un coup de pouce considérable pour entrer dans mon personnage en plume. Et je dois l’avouer, quelque chose de magique se produisit : j’avais vraiment l’impression d’être devenu une poule ! Et cela faisait un bien énorme ! Quelle délivrance ! Quel soulagement ! Absolument toutes les énergies négatives, qui s’étaient emparées de moi ces derniers temps, semblaient s’évaporer en une fumée néfaste s’échappant de mon corps et de mon crâne. Cela ressemblait à de l’exorcisme. Et en sortant, ces démons intérieurs m’offraient le plaisir d’actionner une touche de mon être provoquant un orgasme frénétique.

J’aurais voulu que quelqu’un puisse filmer la scène. Il est dur de garder des souvenirs clairs et lucides de ce genre de moment de transe.

Nous étions, Dennis et moi, deux gigantesques oiseaux échappés d’une monstrueuse basse-cour.

Nous semions la terreur, et c’était le paroxysme de la jouissance, le summum de l’extase.

Dennis sautait et dansait avec les bras qui faisaient les ailes. Ses yeux étaient impressionnants. Un vrai regard d’aliéné. Et l’expression de son visage ! Ça alors ! Il ressemblait vraiment à un coq !

Soudainement, il se mit à exécuter la danse du charme, il fit une sorte de roucoulement, et soudain, contre toute attente, lâcha un énorme « cocorico » retentissant dans les couloirs des cinq étages de notre immeuble. Son visage se déformait, ses joues tremblaient, et ses yeux donnaient l’impression d’être en train de sortir de ses paupières.

Quant à moi, je n’avais certes pas autant d’expérience que mon comparse – je dirais même qu’il était mon maître et moi son disciple ; néanmoins, je pense pouvoir dire que ma prestation valait tout de même son pesant d’or.

Avec le regard furibond de la poule indignée, j’enchaînais les « cot cot cot couaaaat cot cot cooooaaat… » sur le même ton que l’autre connard appelait sa « Yuuuueee ».

Et c’était bon… c’était bon… si bon que lorsque Dennis me mit la main sur l’épaule pour m’annoncer que la séance était terminée, je l’ignorai tout d’abord, afin de pouvoir rester dans ce petit monde délicieux. Il faut dire que même si les voisins s’étaient tous barricadés dans le fond de leurs piaules, ils avaient laissé les deux portes ouvertes, comme si aucun d’entre eux n’avaient eu le courage de les fermer sur nous.


– C’était incroyable, m’extasiai-je une fois de retour dans l’appartement de Dennis.

– T’as vu cette trouille qu’ils ont eue ! Oh ! Quel merveilleux moment !

– Délectable ! J’ai l’impression que c’est la meilleure chose que j’ai faite de toute l’année. Mais dis-moi, ça marche du coup ? Je veux dire, ils vont faire moins de bruit après ça ?

– Aucunement ! Je ne crois pas qu’ils « sachent » faire moins de bruit. Mais au moins on s’est fait du bien ! Pas vrai ?


Oui, je me sentais entièrement libéré.


Le lendemain, j’avais prévu d’aller au consulat de France. Je voulais faire une demande de carte d’identité puisque j’avais perdu la mienne lors d’une soirée trop arrosée.

Il y avait une dizaine d’individus qui attendaient déjà, et bien que personne ne tentât de passer devant moi, l’attente allait durer bien plus longtemps que chez la vendeuse de baozi.

Heureusement, j’étais d’une excellente humeur, et le canapé était moelleux et confortable.

Au bout de presque trois quarts d’heure (dont deux dans lesquels l’accueil avait été déserté) je me présentai devant l’employé, un jeune homme pédant avec une horrible tête à claques. Il me signala qu’il n’était pas celui qui s’occupe des cartes d’identité, et que si je voulais rencontrer la personne en question, je devais prendre un rendez-vous.


– Très bien, dis-je. Est-ce qu’il y a de la place aujourd’hui ?

– Pas avant la semaine prochaine.

– Bon… vers quelle heure ?

– Monsieur, les rendez-vous ne se prennent qu’en ligne.

– Ah ! bon… eh ben heureusement que je me suis déplacé jusqu’ici.

– En fait, vous auriez pu le faire de chez vous.

– Oui, j’ai bien compris, je faisais de l’ironie.


Il semblait agacé.

Je retournai m’asseoir sur le douillet canapé, et sortis le smartphone de ma poche pour prendre un rendez-vous sur le site du consulat français.

Un quart d’heure plus tard, mon humeur était beaucoup moins bonne. J’avais pourtant trouvé plusieurs créneaux qui me convenaient sur leur calendrier, et malgré ce que m’avait assuré le gars de l’accueil, il y avait des disponibilités pour la même journée ; ce qui m’aurait évité un aller-retour inutile. Mais pour je ne sais quelle raison, on me répondait à chaque fois en lettres capitales : VOTRE DEMANDE EST REFUSÉE.

Et en-dessous, plus discrètement, on pouvait lire :

« Veuillez contacter un personnel qualifié. »


– Ça ne marche pas à tous les coups, me confirma l’agent d’accueil avec un sourire où se mêlaient le dédain ainsi qu’un brin de moquerie.

– Vous pouvez m’aider, s’il vous plaît, dis-je sur un ton où l’on devait certainement ressentir mon taux de patience dégringoler vers le négatif.


Et je lui montrai la phrase écrite :

« Veuillez contacter un personnel qualifié. »


– Je suis désolé monsieur, mais je ne m’occupe pas de ce genre de cas.

– En même temps ça ne me surprend pas étant donné qu’il y a marqué « qualifié », j’avais peu de chance de trouver ça derrière ce comptoir. Cela dit, vous pourriez peut-être m’appeler quelqu’un d’un peu plus… qualifié… ?


Il avait l’air vexé.


– Les rendez-vous se font sur le site Internet.

– Il marche pas votre site.

– Il faut avoir Firefox. Ou Chrome.

– J’ai Internet Explorer.

– Non. Il faut avoir Firefox. Ou Chrome.


Je sentais le sang me monter à la tête…


– D’un autre côté monsieur, reprit-il avec un horrible petit sourire en coin, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais il n’est pas obligatoire d’avoir une carte d’identité.

– Oui d’accord, mais ce n’est pas interdit que je sache ! Puis d’ailleurs qu’est-ce que vous en savez, vous qui ne vous occupez ni des rendez-vous ni des cartes d’identité !


Je venais d’exploser. Il n’y a rien de plus facile que de perdre sa bonne humeur.

En m’entendant hurler sans doute, un autre employé arriva. Celui-ci était plus âgé, et semblait également plus expérimenté.


– Monsieur, je vous demande de baisser d’un ton, s’il vous plaît.


Sa manière était ferme, mais avec déjà un peu plus de classe et de respect que le morveux de la réception, ce qui me fit me calmer légèrement. Néanmoins, je lui expliquai ce qui m’avait mis hors de moi, et il accepta courtoisement d’utiliser l’ordinateur interne pour me réserver un rendez-vous dans l’après-midi.

Puis il me mit sous le nez un affreux formulaire incompréhensible avec des questions dont j’étais soi-disant supposé connaître les réponses. Enfin, il m’indiqua les documents à fournir qui incluaient une preuve de mon retour en France.


– Pardon ? dis-je interloqué. Pourquoi devrais-je amener une telle preuve.

– Nous ne faisons de nouvelle carte d’identité que pour les citoyens qui souhaitent retourner en France définitivement.

– Mais… ça n’a aucun sens.


Il me regarda froidement.


– Dois-je comprendre que vous n’avez pas l’intention de retourner en France ?


Je dévisageai ce monsieur en costume, froid et supérieur, avec ses airs de bureaucrate important qui tient les clés de notre statut, notre citoyenneté, nationalité, identité… et derrière lui, le petit con de la réception avec son regard impertinent…

Alors, alors…

Je me mis à faire le coq.


La peur et la confusion s’installèrent subitement sur les visages des deux employés. La même expression que j’avais pu voir dans les regards des voisins chinois. C’était magnifique ! Ils étaient devenus tout blancs comme s’ils allaient avoir un malaise. Et je ne m’étais même pas encore déshabillé !

Quelle jouissance ! Cela me donnait une sensation perverse et addictive ! Je ne pouvais plus m’arrêter ! C’était comme d’être atteint du syndrome de Gilles de la Tourette !

J’avais l’impression d’être en train de trucider une poupée avec des aiguilles tout en chantant des incantations vaudoues.

Tout cela n’arrangerait certes pas mon problème de carte d’identité, (au contraire même peut-être) mais je m’en foutais complètement ! J’étais en pleine jubilation.


Et voilà donc où j’en suis aujourd’hui : joyeux, heureux, exalté, tout ça grâce au coq !

Et j’ai bien l’intention de l’utiliser à chaque fois que j’en aurai l’occasion !

Partout où j’irai, jamais je ne me séparerai du coq.

Grâce à cette pratique, je suis intouchable.


 
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   cherbiacuespe   
22/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Mais pourquoi donc cette répugnance envers le noble dindon? Une honte!

Voilà une histoire, sous forme de témoignage, de volaille qui m'a bien fait rire. Je vois d'ici le tableau. C'est très bien raconté, on s'y croirait, on peut sans effort imaginer depuis son fauteuil les scènes décrites. Quelques petites fautes mais rien d'extraordinaire. Et puis ce ton, utilisé de bout en bout, convient parfaitement.

Un bon moment de lecture, merci.

Cherbi Acuespé
En EL

   maria   
25/1/2020
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

Je suis très déçue. L'auteur(e) a annoncé une nouvelle portant sur un expatrié en Chine, hors ce qui lui arrive peut se produire n'importe où.
Notre BCD a affaire à un masseur incompétent, il est ensuite confronté à des conducteurs énervés, puis il fait la queue pour acheter un encas et on essaie de l'arnaquer puisqu'il est étranger. Il a des voisins bruyants et perd du temps dans les administrations...
Je n'ai pas trouvé ces scènes très drôles mais plutôt banales.

Vient l'imitation du coq qui "fait évaporer" toutes les "énergies négatives". "Cela ressemblait à de l'exorcisme" "provoquant un orgasme frénétique".
Évidemment c'est original ! Trop grotesque, selon moi, et je ne suis pas arrivée à visualiser, à ressentir les réactions de l'alentour.

Je suis profondément désolée, mais je ne suis pas rentrée dans cette histoire. Mais c'est un texte vivant, qui trouvera, je le souhaite, des lecteurs plus réceptifs que moi.
Pardon à l'auteur(e).

Merci du partage et à bientôt.
Maria en E.L.

   Corto   
27/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
On lit rarement une nouvelle avec une telle excellence dans l'humour. Et oui j'ai bien ri.

On constate que l'auteur a une vraie expérience de la vie en Chine lorsqu'il décrit les énormes différences de mode de vie, notamment en ce qui concerne le bruit. Ce qui nous apparaît sans gêne et insupportable est là-bas habituel.

De même dans la séquence où le narrateur fait la queue pour "acheter un baozi a une vendeuse de rue", on se rend compte très vite que dans un pays surpeuplé il ne faut pas espérer qu'on vous laisse gentiment patienter. Si on peut vous dépasser on le fera volontiers.

La séquence du consulat nous rapproche de notre vécu quotidien quel que soit le lieu où l'on vit.

Mais évidemment le point culminant est la séance, je dirais presque la science du "coq" et de la "poule". Là on rit franchement.

M'étant personnellement immergé en Chine dans les années 2000 et parlant couramment le "coq" et le '"poule", je me suis senti en osmose avec ce narrateur désopilant...

J'ai trouvé ici une remarquable séquence ethno-comportementaliste où la pétillance du style réjouit à chaque ligne.
Le coq et la poule seront honorés de savoir qu'ils deviennent outil de communication entre les peuples et pour les européens un moyen de se faire comprendre en pays asiatique !

Bravo à l'auteur.

   Alfin   
19/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Alexan et BRAVO,
J'ai beaucoup ris et le texte est très immersif, on ressent toute la rancoeur du narrateur et l'incompréhension qui découle dans un sens comme dans l'autre des différences de culture.

Je ne pense pas adopter la pratique du coq pour autant, je ne pense pas que cela me sortirait de situations compliquées positivement :-)

Il est vrai que l'on espère un peu plus de dépaysement au début du récit, n'hésitez pas à nous apporter des odeurs, des descriptions plus poussées. cela apporterait la touche d'exotisme bienvenue.

Merci pour cette lecture et au plaisir de vous relire pour d'autre texte

Alfin

   plumette   
19/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Alexan,

On ne vous avait pas vu ici depuis longtemps! Et voilà que vous nous revenez avec ce texte qui nous propose votre vision de la chine ( et de l'administration).
Je vous préfère dans le registre "sensible" mais je viens de passer un moment dépaysant, à la fois par ce regard du malheureux laowai et également grâce à cette méthode pour le moins étonnante de résoudre les problèmes de voisinage et d'exaspération.

C'est bien écrit, quelques longueurs et insistances cependant . Je trouve dommage que seuls les désagréments de cette vie en Chine soient relatées par le menu mais c'est nécessaire à votre trame narrative.

Je retiens la capacité incroyable de ces gens à l'indifférence et à la moquerie, cela ne les rend pas très sympathiques...

je me suis aussi demandé ce qui effrayait tant dans cette façon de "faire le coq" mais j'ai bien aimé le caractère jouissif pour le narrateur de l'exercice.

un texte qui change de ce qu'on a l'habitude de lire ici

   GillesP   
19/2/2020
 a aimé ce texte 
Pas
Cette nouvelle se lit facilement: on suit sans difficulté les pérégrinations du narrateur, qui manifestement ne supporte plus sa vie en Chine - du moins avant de faire le coq.

Cela dit, plusieurs choses m'ont gêné dans ce texte et m'ont empêché de sourire:
J'ai d'abord trouvé certaines phrases maladroites, par exemple celle-ci, dès le début: "mais ce n'est pas sans compter sur les mauvais jours". La double négation fait qu'on doit comprendre quelque chose comme "c'est en comptant sur les mauvais jours". Mais dans ce cas, cette phrase entre en contradiction avec la précédente, non? Rien de bien grave, je vous l'accorde, mais ce genre de détail a rompu la fluidité de ma lecture. Or, dans un texte qui se veut humoristique, si on commence à s'interroger sur ce genre de détail, on perd le rythme rapide censé provoquer le rire.

Mais ce n'est pas cela qui m'a le plus dérangé. Non, ce qui m'a heurté, c'est la vision de la Chine que vous proposez. Si je résume le contenu, cela donne cela: les Chinois sont impolis, irrespectueux, égoïstes, malhonnêtes, superstitieux (ils ont peur de quelqu'un qui fait le coq) et j'en passe. Leur façon de pratiquer la médecine relève de l'incompétence, la scène chez le masseur le prouve bien. Et ainsi de suite. Comprenez-moi bien, je ne vous accuse pas de quoi que ce soit. Je ne confonds pas non plus le narrateur avec l'auteur. Par ailleurs, je ne connais pas la Chine, je n'y suis jamais allé. Ce que vous décrivez peut tout à fait coller de près à la réalité. Il n'en reste pas moins que dans cette nouvelle, de nombreux clichés sur les Chinois sont accumulés. Evidemment, on peut me rétorquer que les clichés, s'ils deviennent tels, c'est qu'ils se fondent, au moins en partie, sur la réalité. Certes. D'autre part, je pense que l'auteur n'a eu aucune intention malveillante, évidemment. Loin de moi l'idée de lui faire un procès d'intention ou de proclamer que la littérature doit être ceci ou cela, qu'elle doit forcément prôner la tolérance de la diversité des cultures et des civilisations. Je pense que la littérature ne se situe pas sur le même plan que la morale, bien évidemment. Il n'empêche que tout cela m'a vraiment gêné et m'a empêché d'être sensible aux qualités de cette nouvelle et j'en suis désolé.

Au plaisir de vous relire, dans un autre registre.

GillesP

   Cat   
21/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est réjouissant, savoureux et enlevé. Voilà les impressions qui me viennent en lisant.

J'ai beaucoup aimé suivre les tribulations d'un expatrié en Chine.
D'autant qu'elles me rappellent d'autres aventures du même auteur, se déroulant déjà dans le même pays... La plume est toujours aussi alerte et bien inspirée.

Malgré tout l'agacement engendré par les BCD, on ressent pourtant l'attachement que porte l'expatrié à son pays d'adoption. Je ne sais mieux dire, mais ce ressenti est bien là, comme écrit en filigrane...

La scène hilarante chez le masseur traditionnel annonce le décalage de culture qui ne va cesser de poursuivre notre héros tout le long de ses péripéties. Il est objet de fascination autant que sujet à la gentille moquerie, et on sent bien que cela l'agace prodigieusement de ne pas arriver à se fondre dans le paysage.

Le vacarme de la cohabitation bruyante avec les voisins pousse ce décalage à son comble, et donne alors le prétexte au coq pour se manifester.

Tout sonne vrai, et donne envie d'y croire.

Seule la partie où le coq entre en lice est celle qui m'a un peu déçue.

Je m'attendais à une découverte époustouflante pour faire taire le chahut infernal de l'étage au-dessus, et j'avoue que la chute ne m'a pas fait décoller.

OK, j'ai bien compris qu'il faut apprendre à se défaire de son propre stress sous peine de vraiment péter les plombs, et tu me diras pourquoi pas en faisant la poule ou le coq ?... Mais je veux bien en apprendre davantage sur l'intention véritable de l'auteur.

A suivre, donc...

En attendant, merci Alexan pour le partage (et merci encore plus, car se sont mes lectures d'hier - dont ta nouvelle ''Le coq'' - qui ont redonné du sang à ma plume :))

Cat

   Donaldo75   
22/2/2020
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Alexan,

J’avais lu ton histoire en espace lecture mais n’avais pas eu le temps de laisser un commentaire ; ce n’est pas que je sois lent, précis, laborieux ou tatillon mais l’enthousiasme ne m’avait pas guidé au point de témoigner de mon impression de lecture. Depuis, cette nouvelle a été publiée et je t’en félicite.

Ecrire à la première personne est risqué mais probablement plus facile pour s’immerger dans l’histoire, même si – ce que j’ai compris de ton sujet sur le forum – celle-ci n’est pas forcément issue d’une expérience personnelle. J’ai également lu les commentaires, certains étant dithyrambiques. Je crois que la catégorie « Humour / Détente » est risquée également car l’humour dépend de beaucoup de paramètres propres au lecteur tels que son âge, sa culture, son expérience personnelle et sociale, ses opinions politiques. Je préfère prendre ces précautions rhétoriques car je ne voudrais pas te froisser.

Bref, ce n’est pas simple. Et je n’ai pas aimé cette nouvelle. Je n’ai pas ri, même pas esquissé un sourire, car c’est le genre d’humour que je trouve laborieux, autant dans la construction de l’effet supposé éclairer mes zygomatiques, détendre mes neurones, susciter mon hilarité, que dans le style propre sur lui mais pas délirant. En synthèse, je ne suis pas client de ce type d’humour et cette lecture ne m’a pas laissé un souvenir impérissable.

Une autre fois.

   Perle-Hingaud   
23/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Alexan,

Pour ma part, j'ai bien aimé cette nouvelle. Le bémol pour moi est le début, bavard, ce qui le rend poussif. Les descriptions sont à chaque fois un peu trop lourdes, c'est dommage, parce que par ailleurs les situations sont savoureuses. C'est compliqué de trouver un seul exemple, ce sont de petites choses à enlever, mais là, par exemple: " je suis prêt à parier que même un adepte du SM l’aurait trouvé trop intense à son goût. ": cette phrase est inutile. Ou, si vous vouliez absolument caser cette idée, une simple mention dans la phrase précédente suffisait.
Peut-être relire en enlevant ce qui fait double emploi pour être plus percutant ?
Sinon, j'aime beaucoup l'idée du coq. Là, c'est jubilatoire, de mon point de vue, ça rachète le début. La dernière scène et en particulier les 4 dernières phrases sont un grand moment.
Merci pour cette lecture réjouissante !

   Babefaon   
25/2/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
Hormis les qualités d'écriture indéniables de cette nouvelle et sa construction qui en rend sa lecture fluide et non moins agréable, je ne suis pas parvenu à rentrer totalement dans l'histoire ni à éprouver une quelconque empathie à l'égard du narrateur. Quelque chose m'a manqué dans cette description farfelue des événements qu'il traverse, et je peine à croire que la situation dépeinte puisse à ce point être représentative de la réalité. J'ai eu l'impression d'assister à un combat Orient vs Occident qui la part belle aux uns au détriment des autres. Peut-être aurait-il été justement plus intéressant de dépeindre les travers des uns et des autres pour en faire un face-à-face digne d'un film de Blake Edwards dans "La Panthère rose", lorsque Clouseau et Cato s'affrontent à armes égales dans l'absurdité de leur folie.


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