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Sentimental/Romanesque
alifanfaron : Réveil coupable
 Publié le 13/08/11  -  13 commentaires  -  13793 caractères  -  113 lectures    Autres textes du même auteur

L'angoisse d'un réveil coupable dans un lit qui n'est pas le sien, à côté d'une femme qui demande une tendresse que le narrateur ne peut pas donner.


Réveil coupable


Elle est déjà réveillée quand j’émerge. Allongée sur le flanc, la tête posée dans sa main à la manière des catins romaines, alanguies et lascives, elle me regarde en souriant. Ses doigts fins s’entortillent dans les poils de mon torse. Elle se penche sur moi et m’embrasse. L’espace d’un instant, les yeux mi-clos, je crois que c’est elle. Ses longs cheveux d’ébène, ses boucles parfaites. La manière qu’elle a de tendre le cou. Je lui souris et lui rends son baiser du bout des lèvres. Et puis je réalise. Ce ne sont ni ses lèvres, ni son odeur. Et quand j’ouvre finalement les yeux, il n’y a aucune boucle dans ses cheveux châtains, raides et emmêlés. Qui plus est, Emma ne m’a jamais regardé dormir. Jamais.


Fait chier.


Je me redresse d’un coup. La chambre se met à tourner, mon sourire s’efface. Je ferme les yeux pour ne pas vomir.


- Bonjour toi.


Le son de sa voix me fait l’effet d’un séisme. Une secousse ébranle mon corps tout entier et au moment où l’onde de choc parvient à mon cœur, je sens une vague de culpabilité m’assaillir avec la violence d’un tsunami. Sur l’instant, je voudrais mourir désintégré. Disparaître instantanément. Comme un méchant après un kaméaméa dans Dragon Ball Z, un dessin animé que regarde mon fils. L’implosion ultime. Être là, et l’instant d’après, n’être plus rien. Partir en ne laissant aucune trace. Un mouvement me sort de ma torpeur, et malgré la nausée, je parviens à déglutir un « Salut » guttural. J’ai la bouche pâteuse, une barre transversale dans la tête et un besoin d’eau urgent. Des litres d’eau, même, pour purifier mon corps. Mais plus encore, j’ai besoin de solitude. Je donnerais n’importe quoi pour ne pas être là, dans ce lit aux draps défaits, avec Véro, cette fille que je n’aime pas et qui me demande une tendresse que je ne peux lui offrir.


- Bien dormi ?

- Je crois. Mais j’ai une gueule de bois terrible.

- Avec ce que t’as bu hier, ça ne m’étonne pas ! me dit-elle en souriant.


Je n’ai aucune envie de parler. Je n’ai pas envie d’être là. Il faut que je parte.


Elle se penche sur moi pour m’embrasser à nouveau. Je fais un geste de recul.


- Pas de bisou ?

- Bof, pas là, non, dis-je en faisant la moue.

- Ah oui, j’avais oublié que tu n’es pas du matin… C’est pas grave, je vais te faire un bon café et ça ira mieux après.

- T’embête pas, va. J'vais pas rester.


Ma remarque l’arrête net dans son élan. Une jambe sur le lit, l’autre tendue en dehors, les deux bras en appui sur le matelas en position du sprinteur au départ d’une course, elle me regarde, hésitante.


- Quoi ? Tu vas quand même bien prendre le petit déj’ avec moi, non ?


Non. Ne me regarde pas avec ces yeux-là. S’il te plaît, pas maintenant, pas aujourd’hui. Je veux juste partir. Je veux juste être seul.


- Non. J’ai… j’ai des choses à faire.


Son visage se crispe, son sourcil se soulève, et d’un geste brusque, elle sort du lit. Ses seins rebondissent un instant. Je ne peux m’empêcher de les regarder.


- Des choses à faire ? Quel genre de choses ? Boire ? Fumer ? Écrire tes merdes ? C’est ça tes choses à faire ?


Le timbre de sa voix change. Ses mots, chargés de peine et de colère, sortent avec une rapidité déconcertante pour un réveil.


- Réponds-moi.


Pour te dire quoi ? Ce que tu ne veux pas entendre ?


- Tu vas encore passer ta journée à déprimer, à te morfondre pour ta femme ?

- Tais-toi, s’il te plaît.

- Mais elle ne t’aime plus. Passe à autre chose, putain ! Ça fait plus de six mois maintenant !

- Ta gueule !


Le ton de ma voix, hargneux et sec, me surprend. Il faut que je me calme. Il faut que je parte.


- Ne me parle pas comme ça !


Tu as raison. Je n’ai pas le droit de te parler comme ça. Mais ne m’y oblige pas.

Hé puis merde !


- Qu’est-ce que tu fais ?

- Je m’en vais.

- Non. Reste.


Elle se jette à genou en travers du lit, tend le bras pour me toucher mais se retient au dernier moment, de peur de me voir esquiver à nouveau. Elle cherche mon regard et le trouve. Je détourne la tête. C’est trop. Le ton suppliant de sa voix, la détresse au fond de ses yeux : ça devrait me toucher mais ça me répugne. Je ne peux pas le supporter. Non…


- Je ne peux pas.


J’enfile mon jean.


- Dis plutôt que tu ne veux pas !


Mon t-shirt.


- T’es un salaud.


À genoux sur le lit, elle pleure, puis s’effondre en sanglots. Recroquevillée de cette façon, la tête dans ses mains, toute sa colère semble avoir disparu, irrémédiablement remplacée par une tristesse infinie. Il m’apparaît soudain que mon départ n’est sans doute pas la seule cause de son chagrin. Derrière les larmes se joue une autre scène, un autre film, dont je ne suis qu’un personnage secondaire. Malgré tout, ses sanglots rappellent un reste de culpabilité chrétienne enfoui au fond de mes entrailles.


- Écoute Véro...

- Quoi ?


À la manière qu’elle a de me regarder comme le Messie ressuscité, je sens que je dois faire attention à ce que je vais dire.


- Je suis… désolé.

- Désolé ?


Hé merde…


- Tu es désolé ?


Mais je ne suis que Judas.


Sa voix devient une plainte. Je détourne la tête une nouvelle fois, je ne le supporte pas. Je n’aurais pas dû essayer de lui expliquer. Je ne suis bon à rien.


- Oui, je suis désolé.

- T’es désolé pour quoi ?

- Pour ça. Pour hier.

- T’es désolé pour hier ?

- Mais non mais… C’est pas ça, mais tu dois comprendre.

- Qu’est-ce que je dois comprendre ?


Je m’efforce de la regarder. Ses cheveux emmêlés, ses yeux bouffis et son nez rouge. L’imperfection de son bassin, la forme irrégulière de ses seins.


Tu dois comprendre que je ne t’aime pas. Que je ne t’aimerai jamais. Que tu ne m’inspires rien d’autre qu’une envie de baiser quand je suis ivre. Tu dois comprendre que quand le lendemain matin je te regarde, j’ai honte de moi. J’ai honte de moi car j’ai l’impression de la tromper. Tu dois comprendre enfin que c’est par pitié et par lâcheté que je te prends : par pitié car tu fais partie du bas du panier, comme moi, tu es une perdante, quand je te regarde, je me vois triste et misérable dans tes yeux ; par lâcheté car jamais je n’assumerai d’être avec toi devant d’autres personnes. Je suis lâche. C’est tout ce que tu dois comprendre.


- Rien.

- Si ! Dis-moi ! Tu me dois ça ! Tu me le dois.

- Mais bordel, c’est juste que... c’est juste que je pense à elle, là, maintenant. Donc je n’peux pas rester avec toi. Tu peux comprendre ça ? Hein ? J’ai l’impression de la tromper !

- De la tromper ?

- Oui.

- Mais elle t’a quitté !!! Elle t’a quitté putain ! Elle ne reviendra pas.


Elle ne peut pas comprendre. A-t-elle déjà seulement aimé comme je l’aime ? Cette frénésie que l’on ressent, cette folie, aussi effrayante que réconfortante ? Cette angoisse qui m’étreint quand je ne suis pas avec elle, l’a-t-elle seulement déjà éprouvée ?


- Écoute, je suis désolé. Je…

- Arrête de dire que tu es désolé.

- Je ne peux pas rester avec toi maintenant parce que je pense à elle. Un point c’est tout.

- Et hier soir, tu pensais à elle quand tu m’as baisée ?

- Laisse tomber.

- Non !!!

- M’emmerde pas, ok ?! Je ne t’ai rien demandé et je ne t’ai jamais rien promis non plus ! Et en ce moment, je ne suis pas bien. Alors ce matin, laisse-moi partir et me pose pas de questions.

- Ne pas te poser de questions ? Et toi, tu t’en poses parfois ? Tu t’es déjà demandé si j’allais bien ? Hier, quand t’es venu me trouver, que t’étais déjà bourré comme une panière à linge sale, tu t’es demandé si j’avais vraiment envie de t’voir ?

- Hier c’était hier. Et puis j’étais saoul.

- Ah, ça y est, on y vient !

- Écoute, ne me fais pas dire ce que je ne veux pas dire. Je fais des efforts pour l’oublier, je t’assure, mais il ne faut pas trop m’en demander le matin, et tu le sais.

- Hier c’était un effort ? C’est ça que t’es en train de me dire ? Que me baiser, c’était un effort pour l’oublier ?


Je ne peux plus supporter ses questions. On tourne en rond. Qu’on en finisse.


- Appelle ça comme tu veux.

- T’es un connard. T’es un vrai connard.

- Ouais, on me l'a déjà dit.

- DÉGAGE !!!

- Ouais. J’y vais.

- DÉGAAAAAAAAAAAAAAAGE !!!


En quelques enjambées, je suis devant la porte. Elle s’ouvre sans un bruit. Je la referme doucement, et immédiatement, je me sens mieux. Comme si le simple fait d’avoir quitté la maison me soulageait du poids de la culpabilité. Dehors, le ciel est gris et une pluie fine et froide enveloppe l’univers dans un silence salvateur. Une odeur de goudron mouillé emplit l’air. J’ignore pourquoi mais cette odeur me rassure. Sans doute est-ce parce que depuis mon réveil, c’est la première chose que je ne redoute pas. Cette odeur familière me replace dans le monde : là, maintenant, je sens le goudron mouillé parce qu’il pleut. Une cause, une conséquence. Le reste n’a aucune importance. En me concentrant sur cet effluve, je parviens presque à ignorer la tempête qui frappe les parois de mon crâne.


Je marche ainsi sur une bonne centaine de mètres avant de sortir machinalement mon paquet de cigarettes. Bien que je ne sois pas sûr d’en avoir envie, j’ouvre le paquet, prends une tige et tâte mes poches à la recherche de mon briquet. Dans la poche arrière-gauche de mon jean, je devine la forme d’un préservatif dans son emballage. Un frisson que je m’efforce de vite oublier me parcourt l’échine. Quand je trouve enfin mon briquet, je suis certain que le tabac va m’écœurer. Pourtant, je fais glisser mon pouce sur la roulette, regarde la flamme s’agiter dans le creux de ma main et tire sur la cigarette jusqu’à ce que le bout devienne incandescent. La première bouffée me donne immédiatement la nausée. Un violent spasme me secoue. Un éclaireur avant la cavalerie. Je lève les yeux en quête d’un coin tranquille où vomir mais n’en trouve pas. La rue résidentielle ne m’offre que son trottoir, vierge de voitures en cette heure matinale. Je fais quelques pas et me retrouve la tête au-dessus d’une petite haie de thuyas d’à peine un mètre de haut. Et là, je vomis. À grands flots. Sur la fin, je m’en mets même un peu sur le bout des pompes. Du beau travail.


Quand je me redresse, je me sens mieux. Un homme, la cinquantaine bien tassée, me toise de sa terrasse située à quelques mètres de moi. Apparemment, les thuyas sont les siens. Plus énervé qu’inquiet, il me demande :


- Ça va ?


Avant que je ne puisse lui répondre, je sens une deuxième remontée. Je me suis redressé trop vite. J’aimerais partir ailleurs mais je ne peux pas bouger : j’ai les jambes flageolantes. À peine ai-je le temps de me rebaisser que voilà la petite sœur qui arrive au grand galop.


- Non mais oh ! Vous n’pouvez pas aller faire ça ailleurs ?!

- Pas là, parviens-je à lui glisser avant une nouvelle éructation.

- Barrez-vous de chez moi !!!

- Peux pas bouger, j’vous dis. Pis le trottoir est à tout le monde.

- Ah dis donc, tu ne manques pas de culot, toi ! Attends, tu vas voir !


Quand je lève les yeux, je le vois qui entre dans sa baraque. J’en profite tant bien que mal pour mettre les voiles. C’est une dure journée qui commence. Une de plus.


Sur le chemin qui me ramène chez moi, je décide de m’arrêter dans un bar. La pluie tombe désormais à grands seaux et je tremble comme une feuille. Pendant que la patronne me prépare un café — je suis son seul client —, je file me débarbouiller aux toilettes. Dans le miroir, je toise mon visage, blanc comme un linge. Plus que la colère ou la culpabilité, c’est l’abattement qui me cueille cette fois-ci. En plus de cernes très marqués, j’ai la peau sèche, de l’eczéma sur les tempes et mes lèvres ressemblent à un chemin de terre en hiver : à la fois dur et parsemé de crevasses. J’ai l’impression qu’on m’a maquillé pour me vieillir d’une bonne dizaine d’années. Putain de vie de merde.


Fuyant mon reflet morne et inquiétant, je bois quelques gorgées d’eau et me savonne le visage. Mais l’eau ne passe pas. Je sens un nœud dans mon ventre. Prenant mon courage à deux mains, je décide de me faire vomir. J’ai la tête qui tourne encore un peu et je sais que ça peut me faire du bien. Je vérifie qu’il n’y a personne dans les toilettes et ouvre la première porte : la cuvette est pleine de traces marron. J’opte pour la seconde cabine, plus propre. Je souffle un grand coup et m’enfonce deux doigts au fond de la gorge. Après quelques hoquets, l’eau ressort, suivie de près par de la bile. Je fais un boucan de tous les diables. Ça me brûle la gorge mais quand je me redresse, je me sens mieux. Mon ventre émet un gargouillement sonore semblable aux rots retentissants que font les bébés après avoir mangé. Je souris pour la première fois de la matinée et tire la chasse quand quelqu’un entre :


- Qu’est-ce qui se passe ?


C’est une grosse voix.


- Rien.


Je sors de ma cabine. La patronne du bistrot se tient devant moi. Un beau morceau comme dirait mon père. Elle doit bien faire dans les quatre-vingts kilos pour autant de centimètres au-dessus de la taille.


- Ça va ?

- J’ai connu des jours meilleurs, parviens-je à articuler en m’essuyant la bouche d’un revers de manche.


Elle me regarde de haut en bas, reste bloquée sur les traces de vomi de mes chaussures et remonte finalement à hauteur d’yeux.


- C’est une cuite ?

- Ça m’en a tout l’air, lui réponds-je, en la jouant vieil habitué, pleinement conscient de passer pour un crâneur imbécile.

- Vous avez nettoyé la cuvette ?

- Ouais, c’est bon, dis-je en pensant à la première cabine, absolument dégueulasse.

-Très bien. Rincez-vous la bouche et suivez-moi. Votre café va refroidir.


Je me rince la bouche, jette un dernier coup d’œil à mon visage, lui fais une petite grimace complice et rejoins la patronne dans la salle.


 
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   socque   
25/7/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime bien. Je trouve que les sentiments du narrateur sonnent vrai, sont décrits sans apitoiement excessif sur soi ni complaisance. J'aime aussi cette fin en queue de poisson qui ne résout rien. On ne sait pas pourquoi la femme du gars l'a quitté, ce qu'il va faire ensuite, et ça me plaît.
L'écriture efficace mais plutôt blanche, sans guère de surprise, m'empêche de trouver le texte "Très bien".

   Pascal31   
25/7/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une tranche de vie assez bien décrite mais qui aurait mérité une relecture plus attentive pour gommer certaines erreurs, notamment cette perle qui m'a fait rire et m'a empêché d'entrer dans le récit : "Allongée sur le flan (...), elle me regarde en souriant".
Dommage que l'auteur ait préféré s'attarder sur les détails "techniques" de la cuite (les scènes de vomissement sont très réalistes !) plutôt que de se concentrer sur la psychologie de son personnage, survolée. En ce sens, j'ai préféré la première partie (la confrontation avec la fille qui sert "d'accessit") à la deuxième, lorsque le héros prend la tangente et que l'histoire se focalise uniquement sur ses ennuis gastriques.
J'aurais préféré également une fin un peu plus travaillée. En l'état, j'ai trouvé le texte tronqué, comme s'il manquait quelque chose...
En bref, une courte nouvelle prometteuse mais qui manque, à mon goût, de profondeur psychologique et d'une fin digne de ce nom. Dommage !

   monlokiana   
8/8/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Une belle aventure qui s’est laissé lire sans ennui grâce à la fluidité et la légèreté de la plume. J’ai bien aimé ces bouts de phrases écrits en italiques. J’ai aimé le dialogue du narrateur avec sa maitresse, même si j’ai trouvé que c’était du déjà vu banal, mais bien écrit.
Je n’ai pas aimé la suite du texte après la dispute houleuse d’une nuit de regrets. J’aurai aimé d’autres tournures que celui de l’homme qui vomit pour je-ne-sais-pas-pourquoi-ni-quoi. La suite du texte n’a rien à voir avec le titre, qui ne traitre qu’une partie du texte : le début au réveil matinal.
La fin est…désolante. Pour une histoire bien amené, romantique avec du suspens et tout, ça se termine en queue de poissons. C’est avec tristesse, désolation et déception que je lis la fin.
Une histoire bien mais très ambiguë…

   Anonyme   
13/8/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Très beau portrait, sans complaisance, d'un héros particulièrement antipathique. De ce côté là c'est parfaitement réussi.
Je me demande, au début, si c'est possible d'avoir la tête posée sur sa main et d'entortiller ses doigts dans les poils d'un torse mais, si on a deux mains, pourquoi pas ? Mais peut-être faudrait-il tourner la phrase autrement ?
La suite est sans surprise mais c'est aussi bien. De toute façon qu'ajouter à un tel désastre ?
La description de l'après-cuite est très bien écrite, on en a la nausée.
J'ai bien aimé. j'ai trouvé ce texte assez amusant finalement. Les "déboires" du héros m'ont fair rire.

   Anonyme   
15/8/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Que l'on soit homme ou femme, on a tous fréquenté des partenaires par défaut. Ton histoire retranscrit justement l'embarras qui nous habite dans ces moments là, quand il faut tricher avec les sentiments. Rien de bien glorieux.
J'aime cette façon de décrire avec lucidité et franchise ces rapports biaisés où finalement chacun se complait dans son égoïsme.

Il est dommage que le passage après la sortie de l'appartement soit beaucoup trop long et n'apporte pas grand chose de plus. On a l'impression que tu as eu du mal à conclure.

L'écriture, efficace et limpide, se parcourt aisément.

   Pat   
15/8/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai beaucoup aimé ce héros qui essaye de ne pas blesser son amante, mais ne parvient pas à l'éviter. Les deux langages de sourd sont bien rendus, notamment avec les pensées du narrateur qui donnent un décalage entre ce qu'il pense et ce qu'il dit. On voit bien que les points de vue divergent, mais ne peuvent se rejoindre. Le narrateur (qui m'est personnellement plutôt sympathique, même si je suis une femme) comprend bien ce qu'attend la fille, sait qu'il ne peut pas la satisfaire (c'est trop difficile par rapport à ses sentiments, émotions) et préfère passer par un salaud plutôt que de faire du mal. Disons plus précisément que c'est un moindre mal. Je trouve ce dialogue tout à fait réaliste. On dirait du vécu. De même que ce qui est décrit de cette relation (le besoin de boire pour coucher en tant que palliatif à une vie amoureuse sinistrée).
Par contre, la fin est complètement inutile pour moi. Je ne vois pas ce qu'apportent les errements nauséeux du héros. Le récit aurait pu se terminer par la libération ressentie quand il quitte l'appartement et se sent mieux.
La suite est bien décrite, néanmoins. On a envie de vomir...

L'écriture est agréable : efficace, dynamique sans négliger l'aspect émotionnel.

   GrainBlanc   
17/8/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Bonne retranscription des sentiments du personnage, assez sordide et presque impudique, pas facile à écrire je suppose. Les phrases en italique nous servent ses réactions aux diverses situations, efficace, on rentre bien dans son intériorité.

Quelques images que j’ai appréciées, même si elles gagneraient à être allégées :
« Derrière ses larmes se joue une autre scène, un autre film, dont je suis le personnage secondaire », on pourrait se passer de l’ajout d’ « un autre film »
« Mes lèvres ressemblent à un chemin de terre en hiver », l’image se suffit à elle-même, la précision « à la fois dur et parsemé de crevasse » apporte peu à mon avis.

L’insertion d’actions dans les dialoguent « J’enfile mon jean » puis plus loin « Mon t-shirt » fonctionnent bien, elles apportent du réalisme et du dynamisme à la scène.

Et pour l’image du « méchant après un kaméaméa dans dragon ball Z », même si ça rappelle quelques bons souvenirs ;-) , je trouve que ça dénote un peu.

Les petits détails de la fin sont assez cru, à ne pas lire après un bon gueuleton…

Bonne continuation,
Grainblanc

   alvinabec   
31/1/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Le texte se laisse boire, en amateur, d'un trait, debout.
Il n'est pas certain que les réflexions en italique soient un plus pour le lecteur, faites-lui confiance, ne lui mettez pas les sous-titres.
" Fait chier" n'est pas raccord à ce moment du récit.
" Elle s'ouvre sans un bruit. Je la referme doucement", si le narrateur a bougé, on ne le sait pas.
" Une cause...importance" les vers blancs ne donnent pas tjrs un effet.
" reflet morne et inquiétant" 2 adjectifs bien différents.
A vous lire...

   widjet   
11/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Si on passe outre le titre guère inspiré et la phrase d’introduction dispensable, cette tranche de vie se lit facilement et les dialogues brefs et secs fonctionnent assez bien.
Mais dès qu’il s’agit d’écrire des phrases plus longues ou de décrire une situation, ça se corse un peu.

« Allongée sur le flanc, la tête posée dans sa main à la manière des catins romaines…. ». Cette phrase est plutôt bizarre (quand on parle de flanc, je pense « animal » et je ne vois pas trop en quoi le positionnement des mains rappellent les putes romaines, mais bon…)

Le « fait chier » dénote et donne un caractère comique à ce type dont la désillusion de constater qu’il ne s’agit pas de celle qu’il pensait n’a rien de drôle (quand on voit notamment les conséquences « physiques » - un brin exagérés, je trouve mais bon - et « psychiques » qui en découlent dans les paragraphes suivants).

Idem avec le « À la manière qu’elle a de me regarder comme le Messie ressuscité » ne colle pas ou alors il aurait fallu que le personnage soit un vrai salaud, le véritable connard de base sans scrupule ce qui n’est pas le cas au vu de la façon dont l’auteur le dépeint.

Pareil pour « Dragon Ball Z » trop « comique » et qui en plus donne un côté « adolescent » au héros.

Je note aussi le « Une jambe sur le lit, l’autre tendue en dehors, les deux bras en appui sur le matelas en position du sprinteur au départ d’une course » qui donne de la légèreté à la scène (Et puis pour quelqu’un qui a une enclume collé dans le front et un mal de crâne carabiné, il est drôlement précis dans ses descriptions).

Même si je comprends que l’auteur ne souhaite pas donner un caractère trop austère au récit, je trouve ça pas très bien senti de sa part dans la construction de son personnage principal qui est le défaut majeur de ce texte pour moi.

J’ai souris sur le « Et là, je vomis. À grands flots » mais je ne pense que l’effet était volontaire.

Pas convaincu par les traits d’esprit du personnage, personnage encore une fois qui méritait d’être mieux qualifié car en définitive, il ne m’apparait ni sympathique ni antipathique, pas même volontairement ambigu. Sans grand intérêt au final.

Mais le texte est facile à lire et par moment (notamment l'échange verbal) réaliste.

Widjet

   brabant   
1/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir alifanfaron,

C'est bon ! Tout est dit sans emphase inutile. Le style est sobre contrairement au héros de votre récit. Les notations sont justes, ni trop, ni trop peu.

On peut penser que le héros n'est pas encore sorti de la phase de cristallisation.

Des seins au compas ? Bizarre ! Pourquoi pas à niveau ? (lol) Peut-être dans certains nus académiques... et encore ! Que l'antihéros de cette histoire avoue que cette symétrie serait bien monotone ! Et manquerait singulièrement de charme ! "L'ennui naquit un jour de ..." Qu'il aille se consoler en buvant La Fontaine !

On aimerait aussi en savoir plus : Qui est Emma ? Pourquoi l'a-t-elle quitté ? Erreur de casting ?

Le texte résonne comme une tranche de rupture ordinaire, très ordinaire. Et c'est cela à mon avis qui en fait la qualité.

Bravo

Mais on ne peut que conseiller au héros de ce récit de grandir. Bon sang ! Il y a urgence en la matière. Pour Véro, ma foi, elle n'a qu'à s'en prendre à elle-même. Elle a l'air d'affectionner les causes perdues.

Peut-être le style trébuche-t-il parfois dans le troisième tiers du récit ? Comme le héros !

   Anonyme   
3/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai trouvé le récit intéressant et même amusant par moment.
Lecture fluide et envie d'aller jusqu'au bout de l'histoire.

   Anonyme   
11/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour !

Un récit qui semble ne pas se terminer, être incomplet... et pourtant que de réalisme ! Ces caractéristiques particulières de la vie que tu as rendu... de manière volontaire ?

Le personnage est touchant, très vraisemblable, une belle réussite. Je déplore néanmoins le mélange de styles tout au long de ton texte. Pour employer un affreux anglicisme, je dirai que globalement, c'est "too much". Le comique est bien, mais Dragon Ball Z... peu crédible. Faire retomber sur le corps le psychisme des personnages c'est bien aussi, mais encore une fois, tu forces un peu trop les traits. Je pense qu'une marge de progression pour toi serait de jouer dans la subtilité ! Car les idées sont là, et le style est fluide globalement. Si on prend donc plaisir à lire, il y a quand même quelques détails à revoir à mon avis !
Mais honnêtement, je dirai bien joué pour ne pas nous lasser sur ce sujet pourtant déjà archi traité !

Sur ce, bonne soirée !


Caelan

   Anonyme   
19/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai beaucoup aimé la psychologie des personnages dans cette histoire d'adultère ordinaire. Les dialogues semblent si réels qu'on les entendrait presque.
Quelques passages et descriptions n'apportent rien au texte et la scène "gastrique" est un peu trop longue je trouve par rapport à l'échange entre les deux amants.
Quant à la fin, elle ne mène nulle part et c'est dommage.


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