Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Fantastique/Merveilleux
Angieblue : La maison aux volets rouges
 Publié le 17/10/22  -  17 commentaires  -  15504 caractères  -  115 lectures    Autres textes du même auteur


La maison aux volets rouges


« Paix à son âme », la vieille Marie Le Braz venait de trépasser à l’âge de quatre-vingt-seize ans. Je n’utiliserais pas le mot « enfin » car jamais un tel souhait ne m’avait traversé l’esprit durant ces longues années d’attente. J’avais ressenti une tout autre impatience.


C’était il y a dix ans, elle avait surgi de nulle part, irréelle comme sortie tout droit d’un livre de contes de fées. Mon esprit s’était épris de son image comme l’eau d’une fontaine s’enivre d’un reflet. Un fil mystérieux nous reliait et je devais le suivre jusqu’à ce qu’en émerge la finalité. Mais pour passer de chrysalide à papillon, il fallait tout d’abord que je me fasse les griffes sur les rouages de la vie.

J’étais donc en vacances sur l’île de Bréhat, et en traversant un bois pour me rendre à la croix de Maudez, j’aperçus la maison aux volets rouges. La branche courbée d’un vieux chêne dessinait une sorte d’arche juste au-dessus de sa barrière. C’était une grande chaumière en pierres de granit avec un haut toit pentu en ardoise formant une avancée au-dessus de ses petites fenêtres carrées coiffées d’un demi-œil-de-bœuf. Le grenier avait été aménagé, et la façade arrière donnait sur la mer où se dressaient des rochers roses aux formes surréalistes.


Il me fallut plusieurs années pour obtenir une mutation professionnelle dans la région. À force d’acharnement, j’y arrivai et emménageai, cinq ans plus tard, dans un logement de fonction au-dessus de l’office du tourisme de Bréhat dont je devins la directrice. J’appris que la maison appartenait à une vieille fileuse de l’île, Marie Le Braz, qui n’avait plus de famille. Elle s’était associée à la tisserande Jeanne Coz, et toutes deux, arborant le costume traditionnel, vendaient le linge filé par l’une et tissé par l’autre sur les marchés de la côte et de l’île.

Comme elle n’avait aucun héritier, à son décès, sa propriété reviendrait à l’État. Je fis donc une demande auprès du service du domaine pour l’acquérir lorsqu’elle serait vacante. Un héritage familial me permettait de monter haut dans les enchères si le cas se présentait.

Je n’avais jamais touché mot de ce projet à Marie Le Braz, ressentant une certaine gêne à l’idée qu’elle pût penser que j’attendais impatiemment sa mort. J’avais même pris l’habitude de l’éviter craignant de croiser son regard et qu’elle ne devinât mes intentions. De plus, elle me faisait un peu peur, toujours vêtue de noir de la coiffe jusqu’au tablier. Certaines personnes un peu superstitieuses racontaient qu’elle pouvait jeter le mauvais œil.


Je n’assistai pas à ses funérailles et signai un mois plus tard le contrat de vente. Je m’installai assez rapidement dans sa maison. Du mobilier d’origine, je ne conservai qu’une grande armoire en chêne qui se trouvait dans sa chambre à coucher ainsi que son vieux rouet. Je souhaitais que la maison conservât un peu de son authenticité et de son âme d’antan.


Le premier soir, je caressai amoureusement les murs pour être bien certaine que je n’étais pas en train de rêver, et qu’à quarante ans, j’étais enfin devenue propriétaire d’une maison bretonne en bord de mer.

Dans la soirée, j’allai, au fond du jardin, m’asseoir sur un rocher de granit rose, un peu en contrebas, pour observer la mer impétueuse, inspirant profondément l’air frais du soir. Nous étions au mois de novembre. La vue était magnifique. J’apercevais, au loin, en haut d’une falaise se trouvant de l’autre côté de l’île, le phare du Paon dont l’œil flamboyant, tel celui d’un géant, balayait de ses rayons la mer qui se prosternait à ses pieds.


Quand je montai me coucher, il était environ vingt-trois heures. J’avais choisi une chambre à l’étage, côté mer. Celle qu’avait occupée l’ancienne propriétaire se trouvait au rez-de-chaussée. J’avais prévu d’y installer mon bureau et ma bibliothèque.

Après un brin de toilette, je me mis au lit et m’endormis assez rapidement. Mais, vers trois heures du matin, une sensation étrange me réveilla. Je me dressai sur mon séant et entendis, à travers le silence de la nuit, un bruit qui me fit penser à un roulement de vieille charrette. Le ronron était régulier et semblait provenir du salon. Malgré la peur que j’éprouvais, j’ouvris la lumière, me levai et saisis le chandelier se trouvant sur la commode en face du lit. Je sortis dans le corridor, descendis l’escalier grinçant, et fus saisie d’effroi. Dans le salon, entourée d’un faisceau de lumière violette, Marie Le Braz était assise à son rouet en train de filer. Je cherchai, à tâtons, l’interrupteur, mais lorsque j’allumai, la vieille femme avait disparu. Je crus, tout d’abord, à une hallucination, mais soudainement la porte d’entrée s’ouvrit laissant pénétrer un froid glacial. Et juste avant qu’elle ne se refermât, comme claquée par une force monstrueuse, je crus apercevoir une souris blanche se faufiler dehors. Je restai, un moment, interloquée, incapable de réfléchir ni de bouger. Je sentais juste mon cœur battre à l’intérieur de ma gorge. Quand je retrouvai quelques bribes d’esprits, je ne savais où fuir, l’extérieur ne m’inspirait pas plus confiance que l’intérieur de la maison. Je choisis donc machinalement de me réfugier à l’étage. Je remontai l’escalier à reculons, les jambes tremblantes et tenant toujours le chandelier. Arrivée à ma chambre, je m’enfermai à double tour. Je laissai la lumière allumée le reste de la nuit et attendis le lever du jour, recroquevillée dans mon lit, priant et serrant très fort mon chapelet.


Lorsque les premiers rayons de l’aube spectrale se faufilèrent sous le volet, je bondis de mon lit, enfilai des vêtements chauds, me passai juste un peu d’eau sur le visage, enfourchai mon vélo et me dirigeai à toute vitesse vers le bourg sans avoir de destination précise. Soudain, en route, je pensai à la vieille Jeanne Coz qui était la plus proche amie de Marie Le Braz. Elle l’avait veillée avec deux autres femmes du village la nuit de son décès. J’empruntai alors le sentier qui menait à la plage du Guerzido le long duquel se trouvait son logis.


Quand j’arrivai, cette dernière se préparait pour se rendre sur le marché de Plouézec, comme tous les samedis à cette période de l’année. Elle n’avait pas encore revêtu sa coiffe et je fus impressionnée par sa longue chevelure blanche qui lui tombait jusqu’à la taille. On voyait à ses traits fins et à ses grands yeux noirs, encore pourvus de longs cils, qu’elle avait dû être très belle dans sa jeunesse. Elle était veuve depuis vingt ans et n’avait jamais eu d’enfants. En plus d’être une des meilleures tisserandes de la région, elle était également renommée pour son talent en tant que conteuse de légendes. Elle en connaissait une bonne centaine.

Je me présentai à sa porte, blême et haletante, la suppliant de me recevoir et lui promettant de ne pas la retenir trop longtemps. J’étais encore sous le choc de la nuit que je venais de passer. Elle m’invita à la suivre dans sa cuisine, me fit asseoir sur un banc près de la vaste cheminée où flambait un grand feu et me prépara du café. Je lui racontai alors ce qui m’était arrivé. Elle ne me sembla pas surprise. Elle m’expliqua que d’après les légendes, l’âme des défunts pouvait s’échapper du corps sous la forme d’une souris blanche et qu’en novembre, le mois noir, les esprits revenaient, la nuit, dans leur ancienne maison. D’après elle, comme Marie Le Braz n’était pas enterrée depuis longtemps, son âme errait encore entre les deux mondes. Je ne devais pas m’inquiéter de sa présence, elle avait peut-être encore des affaires à régler parmi nous. La revenante repartirait comme elle était venue lorsque ses affaires seraient en ordre.

Je l’interrogeai également sur les rumeurs qui couraient au sujet de la vieille fileuse. Elle me confia que des personnes de la région venaient la consulter pour des conflits de voisinage. Elle connaissait certains secrets comme le rituel pour vouer quelqu’un à saint Yves-de-la Vérité, le juge des querelles. Entre les deux parties, celui qui n’était pas dans son bon droit mourait avant la fin de l’année. J’appris également qu’un été, sur le marché de Bréhat, elle avait fait crédit d’un drap et d’une nappe à un pêcheur de Paimpol qui voulait les offrir à sa femme pour leur anniversaire de mariage. Ce dernier avait promis de passer la régler la semaine suivante, mais ne s’était jamais présenté pour s’acquitter de sa dette. Quelques mois plus tard, son bateau fit naufrage et son corps ne fut jamais retrouvé. Cette disparition avait alimenté la rumeur locale, mais nul ne pouvait savoir si les deux évènements étaient réellement liés.


Je pris congé de Jeanne et retournai chez moi. Je passai le reste de la journée à défaire des cartons et à essayer de me convaincre que tout rentrerait bientôt dans l’ordre. Mais, quand arriva le soir, je fus saisie d’une profonde angoisse. La cohabitation avec une revenante ne me rassurait pas du tout, même si ses intentions à mon égard n’étaient pas malveillantes.

Exactement comme la veille, je sortis, en bas du jardin, regarder la mer. La nuit était glaçante. À travers la brume, on pouvait apercevoir une énorme pleine lune orange qui semblait surgir de l’obscurité comme une lanterne d’Halloween. En la regardant, j’avais l’impression de voir un visage difforme qui affichait un rictus sarcastique. Je ne m’attardai pas et rentrai me réchauffer auprès du grand feu de la cheminée. J’y ajoutai même quelques bûches dans une intention prévenante envers mon éventuelle visiteuse de la nuit. Je laissai aussi, sur la table de la salle à manger, quelques crêpes que j’avais faites plus tôt dans la soirée ainsi qu’une bouteille d’eau-de-vie. Après quoi, je montai me coucher. Je ne dormis pas tout de suite et lus un peu.


Une bonne heure plus tard, me souvenant que je n’avais pas fermé les rideaux, je me levai pour me rendre à la fenêtre. En regardant à l’extérieur, je fus troublée de me retrouver face à face avec l’énorme pleine lune orange. Elle me sembla incroyablement proche, et alors que je la contemplais, je vis s’expulser de son centre un corbeau qui fonça droit sur moi. Il s’arrêta à environ un mètre de la fenêtre et me fixa avec arrogance. Je peux vous jurer que son regard était celui d’un humain. Je tirai rapidement le rideau et m’assis sur le lit, bouleversée. À peine quelques secondes plus tard, j’entendis à nouveau l’infernal rouet filer le silence de la nuit. Je me demandai, pendant un instant, si je ne devais pas aller chercher le prêtre du bourg pour qu’il conjurât la revenante.

Mais non ! me dis-je, j’affronterais, moi-même, Marie Le Braz. Je devais savoir pourquoi elle me tourmentait ainsi. La colère que je ressentais me donna le courage de descendre au salon. Avant de l’interpeler, je me rappelai avoir lu quelque part qu’il ne fallait jamais vouvoyer un fantôme sous peine d’être perdu.


– Marie, pourquoi reviens-tu ici ? Que me veux-tu donc ?


À quoi elle répliqua :


– Malheureuse ! je ne t’ai pas invitée à entrer dans ma maison. Tu t’es introduite ici sans mon consentement.


Réalisant ma faute, je devins alors aussi pâle que mon interlocutrice. Je répondis d’une voix peu assurée :


– Marie, puisses-tu me pardonner ? Je ne t’ai jamais parlé de mes intentions car j’étais mal à l’aise de convoiter ta maison alors que tu étais encore vivante. Que puis-je faire pour m’amender ?

– Dans l’armoire en chêne qui se trouve dans ma chambre, il y a une vieille malle remplie d’étoupe de lin. Tu la fileras et me rapporteras ton ouvrage au cimetière, demain à minuit. Si tu ne viens pas à temps, ajouta-t-elle, la maison sera engloutie, et toi avec elle.


J’acceptai, sans discuter, et la revenante disparut. Je me rendis à l’armoire et y trouvai, en effet, un coffre rempli d’étoupe. J’avais appris les bases du filage lors d’un atelier organisé par l’Office de Tourisme. Je me mis donc immédiatement à la tâche. J’étais déterminée. Je filai rapidement et avec aisance, n’interrompant la cadence que pour changer de fuselée. C’était comme si mes gestes étaient guidés par une force surnaturelle et bienveillante. Je ne stoppai ma besogne qu’au petit matin pour me restaurer et faire un brin de toilette. Après ce court intermède, je repris et terminai vers vingt heures, satisfaite de voir sur la table du salon s’étaler dix écheveaux de fil d’un lin des plus fins.


Vers vingt-trois heures, un peu avant le rendez-vous sépulcral, j’allai faire un tour dans le jardin. Le ciel était électrique et des éclairs tombaient sur la mer qui s’illuminait d’une éclatante lumière violette. Il n’allait pas tarder à pleuvoir. J’avais rangé les dix écheveaux dans un sac à dos. Je l’enfilai, mis par-dessus un poncho pour le protéger de la pluie et partis à bicyclette en direction de l’église du bourg autour de laquelle était ramassé le cimetière. Je ne regrettai pas de m’être équipée d’une lampe de poche car le lieu n’était pas très éclairé. Je mis un certain temps à trouver la sépulture de Marie Le Braz. Elle faisait partie des plus vieilles tombes du cimetière et devait attendre sa propriétaire depuis des décennies vu l’état de délabrement de sa pierre tombale. Elle était surmontée d’une chapelle qui attira mon attention car y brûlait, posée sur un autel, une lampe éternelle ressemblant étrangement à une lanterne de phare.


Je venais de déposer mon offrande quand se mirent à retentir les douze coups de minuit. Alors surgit un essaim d’abeilles phosphorescentes qui s’emparèrent des extrémités des écheveaux. Elles les élevèrent dans les airs, les déroulèrent et se mirent à les croiser tout en exécutant une danse fantastique. Au bout de quelques minutes, elles avaient tissé sur la toile de la nuit un linceul lumineux qui se gonfla et s’envola, tel un gigantesque oiseau, dans le ciel où scintillaient désormais des étoiles bleues. Le ballet féérique terminé, une brume violette s’échappa de la sépulture et me susurra dans le creux de l’oreille : « Maintenant, ma maison est tienne ainsi que tous mes secrets. » Je reconnus la voix de Marie Le Braz, mais elle avait perdu le timbre de son vieil âge. Je n’eus pas le temps de réagir que la forme vaporeuse s’étendit alors en longueur pour n’être plus qu’une traînée luminescente qui s’élança vers les étoiles en traçant de grands cercles réguliers évoquant le mouvement d’un rouet.

Quelques secondes plus tard, le ciel redevint noir comme si une main invisible avait tiré le rideau sur les évènements magiques de la nuit, et le cimetière retrouva son visage lugubre. Seule la lampe éternelle continuait à briller d’une flamme teintée de mauve.


Les jambes flageolantes et le regard encore émerveillé, je récupérai mon vélo garé devant la porte de l’église et regagnai le sentier qui menait à la maison aux volets rouges. En roulant, je levais régulièrement les yeux vers le ciel en espérant encore y voir s’allumer la magie de la nuit.


Deux heures sonnaient dans le lointain quand je franchis la barrière rouge. Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point j’aurais aimé revoir Marie Le Braz assise à son rouet. J’avais tellement de questions à lui poser. Hélas ! la porte ne s’ouvrit que sur le vide et le silence de ma solitude. Mais, en m’approchant de la chaise où s’asseyait la vieille fileuse, j’y trouvai un livre portant l’inscription suivante : « Secrets et sortilèges de la mer ».

Je me mis à le feuilleter et compris enfin quelle était la finalité de ce fil mystérieux qui me reliait à la maison aux volets rouges et dont j’assurerais désormais, à mon tour, la continuité.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   socque   
24/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
À mon avis la dernière phrase est de trop, la conclusion qu'elle délivre déjà implicite de par la trajectoire d'ensemble du récit, notamment le lien infrangible entre la narratrice et la maison dont elle attend pendant des années la jouissance ; la dernière phrase du texte ne fait que confirmer inutilement ce lien sans, je crois, l'expliquer.

Sinon, ce que j'ai aimé dans cette histoire c'est d'une part que le surnaturel y apparaisse tout naturel, personne ne s'étonne vraiment qu'une fraîche enterrée revienne filer la nuit pour se distraire, d'autre part que cette hantise ne présente pas de caractère bénéfique ni maléfique : elle est, simplement, fait autant partie de l'ordre des choses que la succession des saisons.

L'écriture m'a paru un peu trop sage, dans la trajectoire du récit notamment qui va de A à Z sans omettre aucune des étapes. La partie d'exposition m'a semblé trop longue aussi, peut-être aurait-il été intéressant d'en répartir les informations au long de l'histoire grâce à des flash-backs. Mais j'ai bien aimé la grosse lune orange qui donne l'impression de cracher un corbeau, il y a là un moment d'envolée où l'histoire « décolle », pour moi, alors qu'en général elle reste plutôt terre-à-terre. Le tissage du fil de lin par les abeilles phosphorescentes m'a impressionnée aussi.

Une remarque sur ce fragment :
pour passer de chrysalide à papillon, il fallait tout d’abord que je me fasse les griffes sur les rouages de la vie
Le mélange des métaphores m'a semblé maladroit, une chrysalide avec des griffes il faut m'expliquer.

   Anonyme   
27/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Voilà bien une intrigante nouvelle qui nous parle d’une vieille fileuse bretonne dont la narratrice veut acquérir la maison. Ce qui m’étonne une seconde, c’est que cette dernière souhaite conserver l’authenticité de cette demeure mais n’en garde qu’une armoire et un rouet. Peu importe, l’auteur-e nous emmène ensuite dans une atmosphère un peu fantastique avec l’ombre de l’Ankou et le spectre de la défunte qui file au rouet. Bien. Nous prenons pied dans les vieilles légendes celtiques avec un soupçon de sorcellerie. C’est dommage de parler d’Halloween alors qu’il aurait fallu évoquer Samhain, mais bon c’est la dictature mercantile qui le veut. Les dentistes seront heureux ensuite. Dialogue avec la revenante qui fait du chantage. Notre belle au boit dormant telles les moires se met à filer. Le dénouement nous laisse sur une fin ouverte avec cette mystérieuse filiation qui lit la défunte et la nouvelle propriétaire de la maison aux volets rouges. Une écriture féminine à n’en pas douter ou je veux bien être pendue sous un chêne breton.

J’aurais pu dire un tas de trucs sur le style parfois commun, ou les ressorts dramatiques qui manquent d’appui par moments, mais je ne le ferai pas car quand un-e auteur-e me donne envie de lire son histoire jusqu’à la fin, pour moi le pari est gagné.

Donc merci pour cette histoire fantastique gratuite et le travail sérieux fourni dessus.

Kenavo !

Anna des bruyères en EL

   Vilmon   
29/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Un récit très intéressant que j’ai trouvé original avec le filage et le rouet. De belles descriptions pour l’atmosphère et l’environnement du récit. Un peu trop d’expressions en métaphore en introduction, comme une surcharge bien qu’elles soient réussies. Le fil de l’histoire progresse bien, l’intrigue est suffisante pour maintenir l’intérêt du lecteur. Je trouve cependant un peu trop opposée la réaction du personnage entre ses deux rencontres avec la revenantes. À la première, elle en est si affectée qu’elle en perd ses moyen, alors qu’à la deuxième, elle l’affronte sans gêne, audacieuse. J’ai bien apprécié ma lecture.

   Donaldo75   
4/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La première fois que j'ai lu cette nouvelle, je me suis dit que c'était une bonne histoire fantastique, bien racontée. Il n'est nul besoin de se tordre les neurones en mille-vingt-quatre pour comprendre l'histoire, elle vient toute seule avec la narration qui amène le suspense par petites touches. Je dirais quand même que le début mériterait de mieux expliquer ou de plus développer ce qui a donné envie à la narratrice de s'attacher à cette maison aux volets rouges, au point de déménager. Je crois qu'en insistant sur ce point, il y avait de la matière pour rendre encore plus le fantastique prégnant en emmenant le lecteur sur cet amour, cette attirance inexplicable avant de rentrer dans l'inexpliqué. Pour ce qui est du reste, tout est bien raconté et le lecteur s'imprègne bien de l'ambiance locale, que ce soit celle des légendes bretonnes ou telles qu'il les imagine, des personnages et de leur vécu sans pour autant dévoiler d'un coup l'élément fantastique ou ses composantes.

   Cyrill   
17/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Angieblue,
Ça commence très bien, déjà, par une description soignée, précise de cette maison aux volets rouges. Un détail, je pensais qu’une chaumière se distinguait par un toit de chaume, mais passons. Cette maison, donc, et sa propriétaire un peu inquiétante, du fait même que la narratrice attend sans l’attendre ou sans se l’avouer l’évènement qui la rendra propriétaire à son tour, c’est à dire la mort de l’autre. Car je ne crois pas une seconde à ce qu’elle dit au début, du fait même qu’elle le formule : « jamais un tel souhait ne m’avait traversé l’esprit ». De quoi, donc, rendre superstitieux les plus cartésiens d’entre nous. Enfin moi, à sa place, rien que pour ça j’aurais flippé.
Bref elle multiplie les attitudes discourtoises, en évitant la dame, en n’assistant pas à ses funérailles, en se débarrassant de la plus grande partie du mobilier… de quoi, pour la bretonne, en prendre ombrage, ou alors de quoi faire un bon délire parano côté narratrice.
Vous vous attachez, à raison je trouve et avec brio, à décrire les évènements à l’origine de la frayeur de la narratrice lors de sa première nuit, et je crois que j’aurais été d’avantage convaincu encore si vous aviez consacré quelques lignes ( une ligne au moins ) à la souris, en la décrivant de telle sorte qu’elle évoque la vieille fileuse, puisque de toute évidence il s’agit de son âme. Mais ce n’est pas moi l’auteur, hein. Un petit détail à la fin de ce paragraphe : je ne sais pas comment on fait pour choisir machinalement. Quand c’est machinal, on ne choisit pas, me semble-t-il.
Vous avez l’air d’en connaître un rayon sur les fantômes, les revenants, et les légendes. On sent l’inspiration dans l’ambiance que vous créez. J’ai bien aimé la façon dont vous vous resservez d’éléments déjà évoqués par ailleurs pour leur donner leur raison d’être, comme le rouet et la lune. Très belle image que ce ballet d’abeilles tisseuses, au passage.
C’est une lecture agréable, et je n’ai pas regretté que le voile ne soit pas tout à fait levé à la fin, car si la narratrice a compris la raison de ces évènements étranges, nous ne saurons rien de leur « finalité ».
Merci !

   wancyrs   
18/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Angieblue,

On est happé par la magie du récit et on retient son souffle pour chaque moment qui se déroule ; c'est captivant. Je ne me suis pas préoccupé à chercher les petites erreurs qu'il peut y avoir dans l'écriture, trop occupé par l'intrigue ; si tu avais fait un pari, il est réussi ! La fin est plutôt belle, et laisse planer le mystère : on est comme rassasié mais encore sur sa faim...

Merci pour le partage !

Wan

   plumette   
18/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Angieblue

j'ai beaucoup apprécié cette nouvelle alors que je ne suis pas très friande de fantastique ou surnaturel étant bien trop rivée au réel !
l'histoire démarre tout doux, et tu arrives à nous attacher à cette maison aux volets rouges.
Et puis, l'étrangeté arrive avec la présente de cette revenante , mais la forme du récit laisse entendre qu'il n'y a rien de plus naturel, même si c'est effrayant.
j'ai apprécié l'utilisation des éléments ( la nuit, la pluie, la lune, les éclairs)
l'histoire ne dissipe pas totalement le mystère, elle se termine sur un magnifique tableau.

j'aurai bien vu l'histoire se terminer sur ces mots:
"En roulant, je levais régulièrement les yeux vers le ciel en espérant encore y voir s’allumer la magie de la nuit."

Merci le partage!

   Malitorne   
19/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Riche idée de faire se dérouler un conte fantastique sur l’île de Bréhat, c’est déjà un écrin merveilleux. Les descriptions sont justes et restituent bien l’ambiance enchanteresque de ce coin marin de Bretagne. J’aime beaucoup quand le fantastique s’inscrit dans le quotidien pour dériver lentement vers l’incompréhensible. Le problème, à mon avis, c’est qu’on ne décroche pas assez à cause d’une écriture linéaire, trop uniforme. Tout est bien sage et tranquille dans l’exposé des faits, il manque une cassure franche qui amènerait vers le surnaturel. Il ne faut pas hésiter à jouer avec les structures grammaticales, à amplifier les dialogues dans ces moments-là.
Une idée intéressante mais qui, du coup, ronronne un peu. Je l’ai lue sans jamais être vraiment saisi.

   JohanSchneider   
20/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai visité Bréhat au milieu des années 70. J'imagine que ça n'a pas beaucoup changé depuis : engins motorisés toujours prohibés (sauf les tracteurs) ?
Le mélange de superstition et de magie, très celte au fond, est très bien rendu.
Autre détail réaliste mais beaucoup moins magique : "Il me fallut plusieurs années pour obtenir une mutation professionnelle dans la région" Tu m'étonnes ! La Bretagne fait depuis des décennies partie du top 5 des régions les plus demandées.
Enfin j'ai savouré les deux phrases d'ouverture, surtout la seconde que j'ai trouvé Jésuite en diable, mais c'est sans doute moi qui ai l'esprit mal tourné...

   Andre48   
25/10/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Angieblue,
Cette histoire est très agréable à lire, qui ne rêverai pas d’une maison tout au bord de la mer et à deux pas de son lieu de travail.
Tout s’enchaîne un peu trop facilement, sans vagues.
Quelques expressions sont trop formelles ou classiques :
me dressai sur mon séant - Puisses-tu me pardonner – m’amender …
J(ai bien aimé lire se texte qui pourrait se terminer sans la phrase finale.

   papipoete   
25/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Angieblue
Ce n'est pas mon terrain de lecture favori que celui de la " nouvelle ", mais malgré les 15000 signes, suis entré dans cette aventure ; du début jusqu'à la fin, l'étonnement, puis l'angoisse montent crescendo, et l'on se demande de quelle façon la nouvelle occupante de la " maison aux volets rouges ", va être avalée par la morte devenue fantôme...
NB la description de l'endroit, près du phare " où la mer se prosternait à ses pieds " est fort bien mise en scène, on se dit déjà qu'il va se passer des choses...
Et quand démarre vraiment l'intrigue, avec ce fantôme qui revient " chez lui ", la locataire de la vieille Marie le Braz, n'en a pas fini de trembler... mais c'est sans compter sur son courage !
Elle affronte cet esprit, et accepte son défi de filer un ouvrage en étoupe de lin, et l'apporter au cimetière, sur la tombe de feue la vieille Le Braz.
Une aventure où le stress et la détermination de l'héroïne, nous tiennent en haleine jusqu'à l'image finale, quand l'essaim d'abeilles entraînant l'ouvrage tissé dans le ciel, jusqu'à devenir " de grands cercles évoquant la forme d'un rouet "
Je ne regrette pas de m'être penché sur ce texte, que 15000 signes de plus n'auraient en rien, rendu la lecture ennuyeuse.

   Angieblue   
25/10/2022

   senglar   
27/10/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour AngieBlue,


Je n'ai pas lu le forum pour ne pas voir mon opinion influencée ni dans un sens ni dans l'autre. J'irai le lire après. Mais pas tout de suite pour ne pas casser ce que je ressens après la lecture de la nouvelle, je veux faire durer un peu ce mélange d'émotion tempérée et de sentiments divers.


"La maison aux volets rouges"... Quel beau titre me suis-je dit en pensant par analogie à "Anne... la maison aux pignons verts" de la Canadienne Lucy Maud. J'aurais dû jeter un oeil sur la catégorie, ça n'est pas du tout la même histoire. Mais je n'ai aucunement été déçu car cette maison est quiète et le fantastique y est de bon aloi même si la peine envisagée pour l'intruse est épouvantable. Heureusement elle avait appris à tisser et la fable n'est pas horrifique mais tourne plutôt au conte de fées. Effectivement la Bretagne est un pays de légendes mais on a évité le terrible Ankou malgré des grincements nocturnes qui auraient pu être ceux d'un chariot (tombereau. sic).
L'écriture reste sereine, n'est pas échevelée, elle est très, très, très agréable (le texte se lit en grande partie avec l'oreille). On se sent chez soi, nous-aussi, dans cette maison pittoresque.

Le problème avec les récits fantastiques c'est qu'il est difficile de les solutionner rationnellement. Alors il faut jouer le jeu, l'auteure comme le lecteur. L'auteur (en général) serait bête de trouver et d'imposer une solution forcément bancale et le lecteur doit accepter que la solution ne soit pas raisonnable ou plutôt raisonnée. Dans un premier temps j'ai eu un petit mouvement de recul, je me suis dit : Ah non ! Pas de nouveau un récit irrationnel sans porte de sortie. Et puis mes préventions sont tombées, j'ai accepté ces apparitions nocturnes, j'ai accepté ce ballet des lucioles (moi c'est les lucioles que j'préfère. lol) et je suis sorti pleinement satisfait de cet entrechat en fin macabre soudainement féérique. J'aurais pu être mécontent, rester sur ma faim, ce ne fut pas le cas, comme je l'ai dit précédemment. Qu'est-ce alors qui a fait la différence ? Qu'est-ce qui a emporté mon adhésion ? Eh bien tout simplement le talent, le talent de l'auteure qui seul dans ce cas peut justifier la déraison.

Style et délicatesse mesurée.

J'en redemande :)))

   Anonyme   
27/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé votre histoire, étant né en Bretagne et assez friand des légendes celtiques, j'ai été conquis par l'atmosphère que vous avez réussit a donner a votre histoire et son côté surnaturel est vraimient bien rendu. Je suis un grand amateur d'heroic fantasy et je me dis que vous pourriez certainement en écrire.

   Blitz   
3/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Nouvelle bien sympathique mais il manque un petit quelque chose. L'apparition de l'essaim dans le cimetière mériterait un peu plus de suspens. Un peu comme dans les textes de Lovecraft qui décrivent bien l'horreur qui s'empare du narrateur avant de décrire ce qu'il voit...

   Tadiou   
13/12/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Récit à la douceur tendre, naïve et magique, que je lis à l'approche de Noël: l'ambiance est là !

L'environnement, la nature, avec la mer, le ciel, sont présents, fortement présents et participent activement à la constitution de l'ambiance.

J'aurais apprécié un fil (si je peux m'exprimer ainsi) conducteur et une intrigue plus surprenants, moins prosaïques.

En tout cas l'écriture fluide, avec des comparaisons bien venues, m'a emporté et tenu en haleine : "que va-t-il se passer?"

Petit moment agréable de poésie simple et délicate.

   Marite   
16/12/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le titre de cette nouvelle ayant attisé ma curiosité je ne regrette pas de m'y être arrêtée. Sans temps mort ni fioriture, le décor est si bien décrit qu'il est aisé de se le représenter et d'accompagner la narratrice de cet épisode un brin étrange. Présenté avec réalisme je crois que je m'en souviendrai au cas où je devrais faire face à ce genre de phénomène ... impossible pensez-vous ? Il est vrai que c'est du "fantastique et merveilleux" mais ... qui sait ce qui se passe de l'autre côté, celui d'où viennent les contes et légendes ?


Oniris Copyright © 2007-2023