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Science-fiction
aristee : Napoléon est revenu (suite et fin)
 Publié le 26/06/07  -  3 commentaires  -  37633 caractères  -  30 lectures    Autres textes du même auteur

Je confirme que cette nouvelle a été écrite et terminée à l'automne 2005, (elle est d'ailleurs passée sur des forums) bien avant le début de la campagne présidentielle. Je suis moi-même surpris de la parenté entre les idées émises par " MON" Napoléon, et des idées débattues durant la campagne présidentielle.


Napoléon est revenu (suite et fin)


- Vous m’avez dit qu’un parti s’était constitué pour soutenir mon action. Je déteste le mot parti. Vous allez le débaptiser et l'appeler "Mouvement", Le Mouvement Bonapartiste Européen. Il est bien entendu que ce mouvement est créé en dehors de moi. Je n'ai dans ce mouvement, aucune fonction, même de président d'honneur. Officiellement, je ne le connais pas. C'est un Mouvement spontané. Vu ?

- Oui, Sire.

- Bien. Qui fait partie de ce mouvement ? Y a-t-il des personnalités importantes ? Des Parlementaires ?

- Sire, il y a essentiellement le peuple Corse. En ce qui concerne les Députés et Sénateurs, je me suis entretenu avec chacun d'eux.


En souriant, Siméoni ajouta :


- Il semble qu'ils aient calqué leur position sur la vôtre. Ils sont vos partisans, mais pour l'instant n'ont pas adhéré officiellement.

- Ils ont bien fait. Qu'ils restent en dehors du Mouvement pour l'instant. Mais conservez le contact avec eux. Je veux que dans un premier temps, vous me trouviez en Corse, quatre hommes spécialisés. Un spécialiste de la politique étrangère. Un spécialiste de la Politique française. Un spécialiste des problèmes économiques. Un spécialiste des problèmes financiers. Ensuite sur le Continent, vous me trouverez quatre hommes ayant les mêmes spécialités. Je veux qu'il n'y ait aucun contact entre les spécialistes Corses et ceux du Continent, c'est compris ?

- Oui Sire.

- Bon. Passons à l'intendance. Qui avez-vous chargé de la responsabilité de ma Maison ?

- C'est Sabattini, Sire.

- Dites-lui en partant, que je veux un bon cheval de selle.

- C'est fait Sire. Comme il n'y avait pas d'écurie, j'ai fait construire un box provisoire. Mais le cheval est là.


Pour la première fois, Napoléon marqua sa très profonde satisfaction.


- C'est bien Siméoni. C'est très bien.


Après le départ de Siméoni, Napoléon fit le tour de sa nouvelle demeure. Une douzaine de pièces dans le corps principal. À quelques dizaines de mètres, un autre bâtiment de huit pièces dans lequel était logé le personnel. Napoléon rencontra Sabattini qui donnait des instructions au jardinier. Napoléon lui demanda de seller son cheval immédiatement et remonta dans sa chambre, pour revêtir sa tenue classique. Désormais, il ne porterait plus que cette tenue qu'il trouvait plus pratique, mais surtout dans laquelle il se sentait plus à l'aise. Pendant une heure, il chevaucha dans sa propriété qui s'étendait sur une cinquantaine d'hectares. C'était bien exigu pour de longues chevauchées, mais permettait de prendre un peu d'exercice.


Pendant la semaine qui suivit, Napoléon passa son temps en lectures de livres et de la presse, à donner des ordres à Sabattini pour l'implantation de nouveaux arbres, et à chevaucher son cher Grognard, puisque c'est ainsi qu'il baptisa son cheval. La semaine écoulée, Siméoni téléphona pour dire à Napoléon qu'il avait sélectionné les quatre spécialistes Corses. Napoléon voulut les voir durant une journée chacun.


Le programme de ces journées de travail avec les spécialistes était immuable. Le spécialiste faisait en début de matinée un exposé général sur la situation actuelle, puis devait répondre d'une façon précise à 15 ou 20 questions de Napoléon, qui ne prenait aucune note. Après un repas très bref pris en commun, dans un silence presque total, Napoléon sautait sur Grognard et allait faire un temps de galop sur sa propriété.


À 14 heures, les deux hommes se retrouvaient dans le bureau de Napoléon qui posait toujours la même question :


- Que proposez-vous comme changements ?


Le spécialiste répondait, puis à son tour, Napoléon faisait quelques suggestions et demandait si ces idées étaient réalisables. Dans la négative, le Spécialiste devait en donner les raisons. Jamais Napoléon ne laissa voir si ces raisons avaient été jugées valables ou non.


Les quatre spécialistes défilèrent ainsi dans le bureau de Napoléon. Le jour suivant le départ du dernier spécialiste, Napoléon convoqua Siméoni.


- Siméoni, dans quatre mois auront lieu des élections municipales. Je veux faire un test ; où en est l'implantation de votre mouvement ?

- Sire, les choses vont tirer vite. Les Amicales de Corses sur toute la France forment des noyaux de fidèles. Nos points d'implantation sont donc très nombreux. Mais pour augmenter le nombre d'adhérents, il faudrait Sire que vous parliez.

- Non. Pas question pour l'instant. Je ne parlerai pas. Mais nous allons lancer quelques idées simples, et nous présenterons le maximum de candidats dans les communes. Je veux des listes homogènes, sous l'égide du mouvement avec le maximum de non corses. Aucun accord avec les partis. Aucun. Notre slogan sera d'ailleurs : NI DE GAUCHE, NI DE DROITE, NOUS SOMMES EN HAUT. C'est pompier. Mais pour l'instant nous sommes en Démocratie, et il faut user de ces ficelles. Les Municipalités n'ont aucun pouvoir sur les grandes orientations du pays, mais nous allons lancer, je vous le répète, quelques idées-force. Dans toutes les idées lancées ces dernières-nées, une seule est valable. Il faut en finir avec la Pensée Unique. Malheureusement, tous les tenants de cette thèse sont restés englués dans cette pensée unique. La France, comme bien d'autres pays, a crée tant de lois dans tous les domaines : la fiscalité, l'Économie les droits sociaux... Il y a tant d'organismes qui ont été créés pour appliquer tant bien que mal ces réglementations, que la France est ligotée, paralysée par toutes ces pesanteurs. Il va falloir codifier tout cela, comme je l'avais fait pour le Code Civil. Il va falloir simplifier au maximum, avec des idées claires. Notre but premier est la Grandeur de la France et le bonheur des Français. Un seul but, car les deux choses sont liées. Nous les étendrons ensuite à l'Europe. Lorsque nous serons au pouvoir, je ne veux plus de chômeurs inactifs. Tous ceux qui percevront une aide de l'État devront fournir un certain nombre d'heures de travail. Nous trouverons à les occuper à des tâches d'intérêt collectif. Nous créerons un statut du Travailleur Indépendant. Tous les Français savent faire quelque chose. Celui qui veut laver des voitures, faire des gâteaux pour les vendre au marché, remplacer des vitres, etc., doit pouvoir le faire, en toute légalité, sans tracasseries administratives. Je veux que dans toutes les Ambassades à l'étranger soit créé un véritable service commercial, très étoffé, chargé de représenter les produits de toutes nos entreprises, même les plus modestes. Je veux simplifier notre système administratif pléthorique. Plus d'élection cantonale et de conseil général, plus de départements. À la base, les communes (ou des groupes de communes lorsqu'elles seront trop petites) qui auront des pouvoirs renforcés. Puis la Région qui absorbera les tâches actuelles des départements. Enfin, le Pouvoir Central qui concentrera ses efforts sur les tâches régaliennes. Voilà quelques idées simples que nous ferons connaître à l'occasion des Municipales, pour tester notre audience. Pour l'instant, nous n'attaquerons pas la république et sa devise ridicule. Liberté et Égalité sont deux termes antinomiques. Naturellement, les hommes sont inégaux. L’Égalité ne peut se réaliser qu'en sacrifiant des Libertés. La Liberté laisse s'épanouir les inégalités. Siméoni, ne tenez pas compte de ces derrières observations... Je veux que vous me présentiez un dépliant du Mouvement qui reprendra les idées que je viens de développer (sauf les toutes dernières, je vous le répète). Des idées claires. Pas trop de détails. Ce prospectus sera signé de votre nom.... Alors, ne dites pas trop de bêtises...

- Sire, cela va bien sûr m'être demandé : dois je accepter de faire une conférence de Presse ?

- Surtout pas !!! Vous me soumettrez le prospectus, il sera largement distribué, c'est tout. Il faut garder une grande part de mystère. Les Français aiment ça.


Quelques jours plus tard, des millions de prospectus, à en-tête du Mouvement Bonapartiste Européen, et signés Siméoni, partaient dans toutes les antennes créées sur le territoire. Bien entendu, ce prospectus fit l'effet d'une bombe dans l'opinion publique et en particulier dans le microcosme politique.


Toute la gauche, et la plupart des centristes ameutèrent l'opinion contre le risque fasciste. L'extrême droite, très curieusement, estimait que cette ébauche de programme était parfaitement ringarde, et ne tenait pas compte du problème le plus important de l'époque moderne : l'immigration. Seule une partie du centre droit estimait que cette vision nouvelle pouvait être étudiée sans passion, et avec un esprit constructif.


Bien évidemment, les instituts de sondage se lancèrent sur ce problème brûlant, et l'on constata une fois de plus, l'énorme décalage qui existe entre le monde politique et l'opinion publique. En gros 1/5e des sondés pensaient que les idées développées par le mouvement étaient dangereuses; 1/5e pensaient que cette nouvelle voie pourrait être explorée, mais la majorité, 60% accueillait sans hostilité ni adhésion a priori ces idées nouvelles qui devaient être développées pour être jugées. Malgré le court délai dont disposaient les organisateurs du MBE, il y eut une liste de candidats dans toutes les communes de plus de 5.000 habitants. Il fut recommandé de ne pas prendre sur les listes des personnalités trop marquées politiquement. Il s'agissait donc d'hommes neufs avec les avantages et les inconvénients que cela comporte : candidats sans clientèle électorale, et sans expérience dans la gestion municipale. Le contenu municipal des programmes était pratiquement nul. Toute la propagande des partis classiques se faisait sur cette vacuité. Le MBE se trompait d'élection. Que feraient les Conseillers municipaux MBE si par malheur ils étaient élus ? De leur côté, les candidats du MBE avaient pour mission de développer le thème suivant : Les Pouvoirs municipaux s'exercent dans le cadre d’une politique générale. Les meilleurs administrateurs du monde ne feront rien de bon si le cadre de leur action est détestable. Il est donc primordial, le plus rapidement possible, de changer profondément l'organisation administrative de la France. Il fallait profiter de ces élections pour donner un signal fort.


Dès qu'il avait eu connaissance des sondages, Napoléon convoqua Siméoni :


- Siméoni, nous allons passer à une nouvelle phase. Vous allez me sélectionner une dizaine de personnes parmi lesquelles je vais choisir les quatre ou cinq qui vont constituer mon État-major. Vous allez me trouver des gens de caractère qui ont eu des responsabilités à haut niveau, mais qui ne sont pas des spécialistes. Je n'aime pas les spécialistes qui n'ont pas une vue générale, une hauteur nécessaire... Les spécialistes ont une vue partielle et partiale des choses. Là encore, je ne veux pas d'hommes trop marqués politiquement. En revanche, qu'ils soient de droite ou de gauche peu m'importe. Je recevrai individuellement ceux que vous aurez sélectionnés.


En fait 10 jours plus tard, Siméoni revenait avec une liste de 10 noms. Le 10e nom était celui d'une femme. Madame Solange Criel. Aussitot, Napoléon réagit :


- Qu'est ce que c'est que cette femme ? Vous l'avez sélectionnée pour qu'elle nous serve à boire ?

- Sire, vous m'avez demandé de sélectionner 10 personnes qui me semblaient les plus aptes à constituer votre État Major. Madame Criel en fait partie. Son mari avait une petite entreprise dans l'agroalimentaire. Il est mort, il y a 8 ans. Madame Criel a repris l'entreprise qui est aujourd'hui la première de France et la seconde en Europe. Sa valeur est reconnue de tous, puisqu'elle est présidente de son Syndicat...

- Siméoni, arrêtez votre plaidoirie, et... Dites-moi simplement que ce n'est pas une vraie femme… D'accord, envoyez-moi votre hermaphrodite.


Napoléon reçut successivement les 10 personnes de la liste. Il ne chercha pas à cacher que c'était un véritable examen. La plupart des questions de Napoléon étaient d'ordre général ou philosophique :


- Que pensez-vous de la Démocratie ? Du système électif ? Du rôle de l'État dans l'Économie ? De la Nature Humaine ? Des aspirations des hommes de notre temps ? Etc.


Puis soudain, d'un ton brusque, Napoléon déstabilisait le "candidat" par une remarque désagréable :


- Vous êtes laid. Cela vous a-t-il gêné dans votre carrière ? ou bien Vous ne dites que des bêtises. Pourquoi êtes-vous là ?


Au moment où il faisait ces remarques, le regard acéré de Napoléon devenait plus vif encore. Il examinait toutes les réactions du "sujet".


Quelquefois, en fin d'entretien, il disait :


- Vous vous êtes bien rendu compte que je voulais surtout vous connaître. Nous nous reverrons.


À d'autres il ne dit rien, et ils repartaient, persuadés que Napoléon était peut-être un Grand Homme, mais certainement l'être le plus désagréable, le plus impoli, le plus imbuvable du Monde.


Lorsque vint le tour de Solange Criel, elle pénétra dans le bureau de Napoléon. Ce dernier, appliquant la tactique de tous les petits chefaillons administratifs, continua à écrire, sans lever la tête. À tel point que Madame Criel finit par dire :


- Je suis là Sire.


Napoléon leva la tête et la regarda très longuement...


- Madame, vous êtes très belle. Asseyez-vous.


Manifestement surprise, elle s'installa cependant dans un fauteuil.


- Savez-vous Madame pourquoi vous êtes là ?

- Après votre première réflexion, j'ai quelques craintes... J'ai cru comprendre, d'après les propos de Monsieur Siméoni, que vous désiriez consulter quelques personnes.

- Ausculter serait le mot plus juste.


Sur le mode mi sérieux mi-plaisant, Madame Criel demanda :


- Sire, faut-il que je me déshabille ? Je vous préviens, ce n'est pas dans mes habitudes !

- Mais... je ne vous le demande pas... pour l'instant. Je veux constituer un cabinet de très proches collaborateurs. J'ai accepté de vous recevoir sur l'insistance de Siméoni... Mais je dois vous dire que je vois assez mal une tête politique posée sur un corps de femme.

- Sire, je n'ai rien demandé. Je ne demande rien. S'il est en mon pouvoir d'aider votre majesté à mieux appréhender les problèmes du moment, je le ferais volontiers, mais je n'ai pas l'intention de m'imposer.


Napoléon resta quelques instants silencieux.


- Siméoni m'a dit qu'après le décès de votre mari, vous avez pris en main une petite société et que vous l'avez considérablement augmentée. Vous êtes une technicienne de l'agroalimentaire ?

- Absolument pas. Je crois mener mon affaire avec bon sens et autorité. Pour les techniques professionnelles, le marketing, et les finances, j'ai des spécialistes...

- C’est bien. Voilà pourquoi vous avez réussi, Madame. Les collaborateurs que je recherche auront aussi des techniciens à leur disposition, mais leur bon sens, leur autorité, toutes leurs facultés, ils devront les exercer pour suivre le chemin que j'aurais tracé..

- Sire, vous n'en êtes pas à la phase du Pouvoir. Si je comprends bien, il s'agit d'établir le programme de votre parti.

- Vous comprenez très mal. Un programme, c'est une liste d'idées figées qui ne tiennent aucun compte des réalités fluctuantes. Un programme, c'est un frein à l'action. Ce sont des promesses qui restreignent l’exercice du pouvoir. Et puis mon action n'est pas soutenue par un parti, mais par un mouvement.

- Je vous demande pardon Sire, mais le terme de parti me semble le plus approprié ! Un mouvement, cela évoque un certain nombre d'idées, sans personnalisation. Dans votre cas, il s'agit du groupement de vos partisans, sans référence à des idées très précises (vous l'avez dit vous-même) quant à la personnalisation, elle est tellement évidente que votre nom figure dans l'intitulé du parti.

- Vous avez tort, Madame ! Vous êtes une intellectuelle. Ce qui n'a rien à voir avec l'intelligence. Ce qui est important dans le choix des mots c'est leur poids réel dans l'opinion. Dans le mot parti, il y a à la fois la notion de fraction (une partie) qui est le contraire de la Nation qui est un tout. Par ailleurs, parti évoque partisan, c'est-à-dire sectarisme et bêtise. Un parti donc, ne peut avoir vocation à diriger qu'en divisant. Ce n'est pas ma conception du Pouvoir.

- Sire, dit Madame Criel en se levant, il est bien évident que la cérébrale que je suis ne peut rien vous apporter.

- Asseyez-vous Madame et détrompez-vous. Il est très probable au contraire que vous pouvez m'apporter beaucoup... puisque vous m'avez déjà apporté. Je vous en prie, rasseyez-vous. Vous êtes la première personne qui ose me parler librement. C'est un lieu commun que de parler de la solitude du Pouvoir... Mais elle est réelle. Vous voyez, je me laisse un peu aller devant vous.

- Si je comprends bien Sire, vous me réservez le rôle du fou qui était auprès du roi ?

- Madame, Madame, laissez les comparaisons. J'ai besoin de vous. Est-ce suffisant pour que vous m'assuriez de votre concours ?

- Mon concours Sire vous serait peut être acquis si je savais en quoi il doit consister. Pourriez-vous être plus précis ?


Napoléon réfléchit un instant.


- Bon. Je vais descendre quelques instants de mon piédestal. Votre présence m'est très agréable. Parce que j'aime le Beau sans doute, mais il y a... Enfin votre présence m'est très agréable. Maintenant je remonte à ma place. Madame, j'ai besoin de vous, parce que le Pouvoir, pour réduire ses erreurs doit préalablement à son action soumettre ses idées à la critique. Madame, nous avons des structures mentales différentes. Cela peut me servir.

- Sire, vous êtes déconcertant. Je ne sais que vous dire. Il faudra que je réfléchisse.

- Vous l'avez dit vous-même : je ne suis pas encore au Pouvoir... Avez-vous la possibilité de rester ici encore 48 heures ?

- Mais Sire, je ne sais. Cela n'était pas prévu.

- Eh bien improvisez que diable !!! Savez-vous monter à cheval ?

- J'ai su, mais il y a bien longtemps que je n'ai pas fait d'équitation.

- Oh! Vous saurez toujours. Moi, après près de 200 ans, je n'avais rien oublié. Et j'ai dans mon écurie, une petite jument très douce. Vous n'aurez aucune difficulté.

- Mais sire, je n'ai pas de tenue d'équitation

- Vous ne montez pas en amazone ?

- Non, Sire. Cela ne se fait plus guère....

- Oui. J'ai encore beaucoup de choses à apprendre. En tout cas, donnez vos mensurations à Sabatini. Nous monterons demain. Voulez-vous que nous fassions quelques pas dans le parc ?

- Vous m'aviez demandé si je pouvais rester 48 heures... mais je constate que vous avez répondu vous-même à votre question. Pourrais-je à tout le moins passer quelques coups de fil pour prendre des dispositions ?

- Mais bien entendu. Vous n'êtes pas ma prisonnière, vous êtes entièrement libre...

-... de faire ce que vous voulez, Sire. Mais n'extrapolez pas. Vous pourriez avoir des désillusions.

- Je me suis toujours attaché à goûter le succès du moment. À tout à l'heure.

Madame Criel ne repartit que le surlendemain après-midi. Pendant ces 48 heures, elle fit avec Napoléon des promenades à cheval et ils eurent des conversations sur des sujets les plus divers


Bien entendu, les problèmes politiques tinrent une grande place. Comme Madame Criel s'étonnait de ce que dans l'ébauche de ses idées-forces, à aucun moment il n'a été fait allusion au problème de l'immigration et de la Nationalité, problèmes au centre de discussions en France), Napoléon répondit :


- Voyez-vous Madame, vous venez de toucher un problème primordial. Quelle est la mission de celui ou ceux qui sont chargés du destin d'un pays ? C'est d'établir une hiérarchie dans les problèmes qui se posent. Les problèmes que vous soulevez sont secondaires, et c'est à tort que les hommes politiques en font un problème central. J'ai lu qu'on m'avait prêté le mot suivant " laissez-les parler allemand, pourvu qu'ils se battent en Français". Je n'ai pas prononcé ce mot, mais j'aurais pu le faire. L'assimilation des races étranges, je l'ai réalisée, ou du moins, elle s'est tout naturellement réalisée dans mes armées. Ils se battaient pour leur propre gloire et pour leur Empereur. Ils avaient un métier qui ne leur laissait pas le temps de se perdre dans des réflexions fumeuses, et ils avaient un idéal qui créait un ciment entre eux. Lorsque l'on aura fait qu'il n'y ait plus d'oisifs, que les gens au chômage seront tous dans l'obligation de fournir une certaine somme de travail pour toucher leur indemnité, que l'on aura redonné l'Espoir à tous les Français, que tous pourront rêver à une vie meilleure parce que des décisions simples et efficaces auront été prises, alors le problème de l'immigration ne se posera plus. Ceux qui sont en France pour gagner de l'argent sans travailler, auront à faire le choix suivant : rester en France, travailler et par la force des choses, intégrer la communauté ou bien puisqu'ils n'auront rien pour vivre, s'en aller. Pour la même raison, il n'y aura plus de clandestins. Ceux qui escomptaient une régularisation pour ensuite toucher des allocations sans travailler en seront pour leurs frais, et ceux qui venaient pour travailler au noir également, car d'une part je lutterai sans merci contre les négriers, mais surtout, nous aurons toute la main d'oeuvre des chômeurs qui sera disponible et à la disposition d'entreprises actuellement marginales. Vous le voyez Madame, l'Immigration n'est pas un problème.


Madame Criel prenait un vif plaisir à l'écoute de ces longs monologues de Napoléon, qui passait aisément d'un sujet à l'autre (méthode des petits tiroirs dont il avait parlé lui-même). De son côté, il questionnait beaucoup Madame Criel sur sa vie actuelle, son passé, ses goûts. Elle en éprouvait une grande joie, une grande fierté. L'intérêt que lui manifestait Napoléon lui donna suffisamment d'assurance pour qu'à son tour elle ose poser des questions plus personnelles.


- Sire, je suis très impressionnée par la facilité avec laquelle vous vous adaptez à cette situation ahurissante, jamais vécu par aucun être humain : revenir sur terre près de 200 ans après l'avoir quittée. La faculté que vous avez de saisir tous les problèmes présents est extraordinaire. Mais elle n'est rien par rapport à cette acceptation de votre résurrection. N'êtes-vous pas étonné par ce qui vous arrive ?

- Madame, chaque seconde des milliers de personnes naissent à partir de la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule. Vous en étonnez-vous ? Moi je suis né à partir d'un cheveu. La différence n'est pas grande.

- Mais Sire, c'est très différent au contraire. En somme, vous êtes né adulte, vous avez un passé. Vous avez connu une époque, vous en connaissez une autre très différente.

- Je vous accorde que sur ce point, c'est exceptionnel, mais toujours l'exceptionnel a été mon lot.

- Sire, je comprendrais parfaitement que vous laissiez ma question sans réponse. Savez-vous exactement où vous allez ? Avez-vous des projets précis ?


Comme Napoléon resta un long moment silencieux, elle ajouta :


- Je vous demande pardon. Je n'aurais pas dû vous questionner. Il est normal que vous ne répondiez pas.

- Je réfléchissais. Je n'ai pas dit que je ne voulais pas vous répondre. D'ailleurs, je vais le faire. Tout d'abord, sur le plan politique, oui, je sais où je vais. La France a besoin d'un profond renouveau. La France est prise dans un réseau de lois, de règlements de groupes d'influence (syndicats, partis politiques groupements d'intérêts divers) et d'habitudes détestables. La République telle qu'elle est, est incapable de rompre toutes ces chaînes. Seul un Pouvoir fort y parviendra. Un pouvoir fort doit avoir la possibilité de travailler tranquillement. Ce qui ne serait pas le cas si ce Pouvoir était issu d'un coup d'État. Il faut donc qu'au départ, ce Pouvoir ait l'onction du peuple. Je connais bien les Français. Si je les fais rêver, si je leur propose un grand dessein, ils me suivront. Voilà pourquoi si le test des municipales est concluant, ce dont je ne doute pas, je gagnerai les prochaines législatives et un congrès réuni à Versailles rétablira l'Empire. Parallèlement je travaillerai avec les pays d'Europe, où à l'exception de l'Angleterre peut-être je me ferai également reconnaître. Voilà Madame, vous connaissez en gros mes projets politiques

- Mais Sire, les temps ont changé. Je doute qu'un régime dictatorial puisse se maintenir longtemps au pouvoir. Il est certain que la France a besoin d'un profond renouveau. Pourtant il y a des faits troublants. Tous les pouvoirs forts au XXe siècle et même au XIXe sont tous tombés rapidement. Votre neveu est tombé après Sedan. Guillaume en Allemagne après 14-18, Hitler en Allemagne en 1945. Mussolini en Italie après la guerre 39-45. Après Franco en Espagne, ce fut une monarchie démocratique. Au Portugal après Salazar, ce fut la République.

- Je vous ai dit que vous pouviez me servir : vous représentez la pensée actuelle. Mais votre raisonnement est manichéen. Il y a d'un coté les régimes dictatoriaux voués à l'échec, et d'un autre des démocraties qui durent. J'estime qu'entre les dictatures et les démocraties il y a place pour un régime qui réunira les qualités de l'un et l'autre système. Oui il y a une place pour un Pouvoir fort capable d'assurer la puissance de l'État et le bonheur de ses habitants.

- Sire, je ne vois pas très bien la différence qu'il y a entre un pouvoir dictatorial et un pouvoir fort.


Napoléon réfléchit quelques secondes.


- Pensez-vous qu'une personne qui a blessé volontairement une autre personne doit être jugée et condamnée ?

- Bien sûr que oui. Mais je ne vois pas bien...

- Dites-moi maintenant ce que fait quotidiennement un chirurgien.

- Il plante volontairement son couteau dans le ventre d'autres personnes.

- Hé bien, Solange, il y a autant de différence entre un régime dictatorial et celui que je veux instaurer qu'entre un malandrin qui poignarde quelqu'un pour le voler, et un chirurgien qui plante son scalpel dans le ventre d'un patient pour le sauver.

- Il vous reste à m'expliquer, Sire, comment un pouvoir fort peut respecter les libertés.

- Je vais vous révéler comment je conçois le Pouvoir fort pour la France. L'organisation comporte trois étages. Le Pouvoir Central a entre les mains la totalité des fonctions régaliennes. De plus, il impulse les politiques des autres domaines. Le pouvoir, c'est un homme seul. Il n'y a pas de chambre de députés sur le plan national. Par définition, les droits régaliens appartiennent à un seul. Le Pouvoir Central est représenté dans les régions par un gouverneur, dont la tâche est de faire respecter strictement les dispositions prises dans le domaine régalien. Voilà pour le Pouvoir fort. Maintenant il est certain, et cela je l’ai bien compris, que les gens ont besoin pour être heureux d'une part de se sentir libres, d'autre part de pouvoir espérer améliorer leur condition matérielle. Pour arriver à ce résultat, je ne vois que des avantages à ce que la démocratie s'exerce au niveau de la commune et de la Région. Des assemblées Régionales seront élues au suffrage universel.

- Sire, les Femmes auront-elles le droit de vote ?

- Si vous pensez que dans ce domaine vous allez pouvoir exercer une influence sur moi... Allons, allons, bien sûr : les femmes auront le droit de vote. Je veux une vraie décentralisation. C'est à dire, par exemple que la région dans le cadre des directives générales aura sa politique de l'enseignement, sa police, sa politique économique, son budget.

- Comment concevez-vous la fiscalité ?

- Solange, vous voulez me rendre humble. Vous voulez m'entendre dire : je ne sais pas. Les grandes lignes de mon projet sont là (il se frappe le front), mais songez que je n'ai que trois mois d'existence. Les détails viendront après.



***


Note de l’Auteur :


Arrivé à ce point de mon récit, je me dois de vous faire part des événements survenus ces jours derniers. Il y a une semaine environ, je recevais un coup de fil de mon ami Samuel Brun, Directeur du laboratoire de Clermont Ferrand. Il me demandait de suspendre mes communications sur Napoléon. Bien entendu, j'en demandais la raison, et voici ce qu'il m'expliqua : il venait lui même de recevoir un coup de téléphone de Solange Criel. Cette dernière, qui aime se promener sur Internet, était tombée par hasard sur mon récit et avait pris connaissance de mes révélations concernant Napoléon. Elle en avait parlé à l'Empereur qui était entré dans une colère noire et avait demandé de tout arrêter. Mon ami me demanda donc à tout le moins de suspendre pour l'instant dans l'attente d'autres précisions, mes communications.


Je n'en ai rien fait. Par la suite, j'ai su que Napoléon avait été frappé par l'exactitude de la relation de toutes ses conversations. Sabatini a fait des recherches dans toutes les pièces de la maison, et a découvert des micros astucieusement dissimulés partout. Qui avait posé ces micros ? Avant l'arrivée de Napoléon bien sûr. De mon côté, j'ai un aveu à faire. Pour écrire toute la première partie, je me suis basé sur les informations fournies par mon ami Samuel Brun. Puis, du jour où Napoléon est arrivé dans son domaine, et chaque jour, au courrier, je recevais une cassette sur laquelle étaient enregistrées les conversations que Napoléon avait avec ses divers visiteurs.


J'en fais le serment, j'ignore totalement qui me faisait parvenir ces cassettes. Elles étaient toutes postées de Paris, mais les bureaux de poste de départ étaient différents. C'est en partant de ces cassettes que je pouvais vous tenir au courant des faits et gestes de l'Empereur. Jusqu'à ce jour, je n'ai rien dit. Je vais maintenant expliquer pourquoi j'ai décidé de parler. Dans la matinée, j'ai reçu un coup de fil de Sabatini qui me disait que Napoléon me "convoquait" pour demain.


- Vous avez bien dit que Napoléon me convoque ?

- Oui, Aristée, c'est le terme qu'il a employé.

- Écoutez j'ai une profonde admiration et un grand respect pour l'Empereur, mais je n'admets pas qu'il me "convoque".

- Cela veut dire que vous ne viendrez pas ?

- Si. Je viendrai... Par curiosité. Mais je ne veux pas être "aux ordres" et je vais prouver que je ne le suis pas. Il m'avait demandé de me taire. Je vais parler.


Voilà pourquoi mes amis, je vous fais part de ce qui s'est passé.


Il est à peu près certain que nous sommes au début d'une affaire d'État. Je sais que l'Élysée a diligenté une enquête aux fins de savoir qui a posé des micros chez l'Empereur et quels sont les buts poursuivis. J'avoue que ce soir, mes sentiments sont mélangés. Je vais voir l'Empereur. Celui dont à 12 ans, je connaissais déjà toute la vie. J'ai d'ailleurs toujours un grand livre illustré qui pour les enfants retrace toute la vie de Napoléon. Je le connaissais par cœur. Sauf les dernières pages. Je ne sais pourquoi, mais, après la retraite de Russie, ce livre ne m'intéressait plus... Pour être juste, il y a tout de même vers la fin un passage que j'aimais bien. C'était le retour de l'île d'Elbe. Donc je suis heureux et fier de pouvoir rencontrer cet illustre personnage. Mais d'un autre côté, je me sens pris dans une affaire extrêmement embrouillée et qui va dépasser ma modeste personne. Au moment où j'écris ces quelques lignes, j'ignore totalement si j'aurais la possibilité de reprendre le récit que j'avais entamé. Je n'en suis plus maître, vous le comprendrez aisément.


Hier matin, je suis parti de l'aérodrome d'Agen par avion privé à destination du Var. Dès mon arrivée à l'entrée de la propriété de Napoléon, j'ai constaté avec surprise que la télévision était là... (D'ailleurs, j'ai pu discuter durant quelques minutes avec un ministre...) Sabatini vint me dire que l'Empereur m'attendait. Je ne saurais décrire les sentiments multiples qui m'agitaient. Se trouver face à face avec l'un des hommes les plus célèbres dans le monde entier depuis deux siècles, avouez, vous qui êtes de sang-froid, qu'il s'agit d'instants extraordinaires, et mon émotion était à son comble. Lorsque je fus introduit dans son bureau, Napoléon qui lisait un dossier, leva presque aussitôt la tête.


- C'est vous Aristée ?

- Oui Sire.

- Vous êtes journaliste ?

- Non Sire. Je ne suis pas journaliste.

- Alors, pourquoi ? Pourquoi ou pour qui avez-vous dévoilé les conversations que j'avais eues ici.

- Pourquoi ? J'avais commencé à retracer vos premiers jours après votre résurrection. J'ai eu la possibilité de continuer. Je l'ai fait. Pour qui ? Pour que l'opinion publique soit au courant de cet événement extraordinaire.


Napoléon se leva et vint vers moi. En effet, il n'était pas très grand, mais quel magnétisme dégageait cet homme, quelle pénétration dans son regard noir où je sentais la colère monter.


- Non, pour qui me prenez-vous ? Des micros ont été déposés dans mes appartements, comme par hasard toutes mes conversations ont été enregistrées et c'est vous qui avez eu connaissance de ces enregistrements. Pourquoi avez-vous fait installer ces micros ? Pourquoi avez-vous publié toutes mes conversations ? J'écoute !

- Sire, je vous en conjure, croyez-moi. J'avais commencé à décrire vos premiers jours grâce aux indications de mon ami Samuel Brun. Je pensais que mes informations cesseraient du jour où vous seriez installé dans votre propriété. Or à ma grande surprise, chaque jour par courrier, j'ai reçu des cassettes contenant vos conversations. Elles venaient toutes de Paris, mais de bureaux de poste différents. Je n'ai jamais reçu un mot, je n'ai jamais reçu la moindre indication sur l'expéditeur de ces cassettes. Bien entendu, j'ignore qui a fait installer des micros dans vos appartements.


Napoléon me regarda longuement, puis il me dit :


- Je vous crois.


Et il alla rejoindre son fauteuil derrière le bureau.


- Je vous crois, mais je ne comprends toujours pas pourquoi vous avez porté à la connaissance du public mes conversations... même privées.

- Sire, le public dont vous parlez n'était pas très étendu puisqu'il s'agissait d'un forum parmi des milliers. Par ailleurs, je dois le dire, j'ai la certitude que la totalité de mes lecteurs pense que ce je raconte est simplement issu de mon imagination. Personne ne croit à la réalité de "mes révélations". C'est un peu vexant pour moi, mais cela peut faciliter l'issue de ce que l'on pourra considérer que comme... une petite plaisanterie.

- Cette "petite plaisanterie"comme vous dites, est une affaire d'État. Sarkozy m'a téléphoné. Une enquête est diligentée par les services spéciaux, dont un délégué est ici et va vous recevoir. Allez voir Sabatini, allez!


Et Napoléon sans plus s'occuper de moi se replongea dans son dossier. Je sortis sans dire un mot, tant ma gorge était serrée. Sabatini qui sans doute me guettait, se précipita sur moi et me demanda de le suivre, ce que je fis, la tête vide, incapable de dire si j'avais vécu ou rêvé cette entrevue avec Napoléon.


Dans un petit bureau, un homme jeune, au visage ouvert et sympathique, m'attendait. Il était chargé de l'enquête sur la pose des micros. Il me demanda de lui raconter très exactement comment j'avais pu recueillir tous les renseignements qui formaient la matière de mes petits articles sur le forum. J'avais apporté les deux seuls papiers d'emballage des cassettes que j'avais conservés, et je les lui remis. C'est en vain que je lui ai demandé s'il avait un début de piste. Mais j'ai senti qu'il commençait à avoir une idée sur la question. En sortant de cette entrevue, Sabatini était encore là.


- L'empereur veut vous revoir.

- Ah ? À quel sujet ?

- Je l'ignore.


Je me suis une nouvelle fois trouvé devant Napoléon.


- Cet endroit où vous racontez vos histoires, un forum je crois, est lu par beaucoup de personnes ?

- Oui et non. Non si vous considérez chaque forum individuellement et oui, si vous considérez tous ceux qui vont sur des forums.

- Cela peut donc constituer une tribune intéressante, en multipliant les interventions sur plusieurs forums ?

- Certainement, mais...

- Vous êtes Aristée certainement l'une des personnes le plus au courant de mes projets. Développez-les sur vos forums.


J'étais à cent lieues de m'attendre à une telle demande.


- Non, Sire, cela m'est impossible.

- Ah ? Et pourquoi donc ?

- Parce que je ne peux défendre que des idées que je partage. Or je l'avoue, Sire, la conception du Pouvoir que vous développez n'est pas la mienne. Je suis Républicain.

- Républicain ? Ce n'est qu'un mot qui recouvre les combines et l'impuissance.

- Non Sire, ce n'est pas qu'un mot. C'est une façon de penser, et cette façon de penser est actuelle, elle s'impose donc.

- Donc vous refusez.

- Je le regrette sire, car j'ai pour vous...

- Ça va, ça va... Je n'ai rien à faire de votre admiration. Mais puisque vous ne voulez pas défendre mes idées, je vous demande à tout le moins de ne plus parler de moi.

- Sire, j'ai annoncé sur le forum notre rencontre. Je dois donc faire une dernière communication, après quoi, je n'écrirai plus à votre sujet.

- Allez !


J'ai regardé une dernière fois cet illustre personnage et je suis sorti. Je crois avoir fait un compte rendu fidèle de ma journée d'hier. Et maintenant je vais me taire. Puisque ma plume ne peut être libre, elle ne sera pas serve. Si je ne puis dire ce que je pense, je ne dirai en tout cas pas ce que je ne pense pas. Malgré mon profond respect pour l'Empereur, respect qui reste intact. Je sais que certains ne croient pas vraiment à la réalité des faits et paroles que j'ai rapportés. L'avenir me rendra justice.


F I N


Mais il y a une suite…


 
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   Cyberalx   
13/7/2008
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai lu la suite avec autant de plaisir que la première partie.
Merci beaucoup pour cet excellent moment de lecture.
Je n'ai trouvé qu'un passage pour ergoter, c'est lorsque Madame Criel parle avec Napoléon :

"Dites-moi maintenant ce que fait quotidiennement un chirurgien.

- Il plante volontairement son couteau dans le ventre d'autres personnes. "

Je ne pense pas que ce soit la réponse qui vienne spontanément à l'esprit d'une personne lorsqu'on lui pose cette question, mais j'ergote, bravo Aristée.

   nanardbe   
27/6/2007
bravo, j'ai vraiment adoré. j'ai trouvé Napo crédible et plausible.

L'histoire tiens vraiment la route!

bravo c'était super à lire

   Maëlle   
14/7/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je trouve la fin un peu faible, et Napoléon parfaitement Sarkoziste, ce qui n'est pas surpenant si on considére que Sarkozy est réguliérement comparé à Napoléon. Attention aux longues tirades: au delà de 15 lingnes, c'est trés difficilement lisible sur le web.


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