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Humour/Détente
aristee :  Paternité
 Publié le 24/07/07  -  2 commentaires  -  49953 caractères  -  15 lectures    Autres textes du même auteur

Vous vivez tranquillement avec votre femme et votre fille, et puis, un beau jour, un jeune garçon vient vous dire qu'il est votre fils... et qu'il a un frère jumeau. Cela déstabilise, non ?


Paternité


Le rideau se lève. Salle de séjour confortable.


Un divan, 3 fauteuils, table basse couverte de magazines. Fauteuils disposés n’importe comment. Impression de désordre. Chemise traîne sur un fauteuil. Porte à gauche qui va vers une chambre. Porte au fond à gauche qui mène au bureau, porte au fond à droite, qui mène au couloir d’entrée.

En scène, un homme d’environ 45 ans. En maillot de corps. Il marche tout en se rasant avec un rasoir à pile, et il chantonne.


Après quelques secondes retentit la sonnette d’entrée.


L’homme semble surpris. Il regarde sa montre, puis enfile sa chemise, tout en gardant son rasoir à la main. Il sort par la porte du fond.


On entend parfaitement 2 voix off


L’HOMME : Que désirez-vous ?


LE VISITEUR : Vous êtes Pierre Chambon ?


L’HOMME : Oui. De quoi s’agit-il ?


LE VISITEUR : Enfin !!!!!! Il y a longtemps que je te cherche !


À ce moment, un jeune garçon entre, dans la salle de séjour. Il est très « moderne », chemise bariolée, cheveux longs avec catogan, grande assurance. Pierre le suit, toujours son rasoir à la main, un peu dépassé


PIERRE : Mais enfin, qu’est-ce que cela signifie ? Qui êtes-vous ? Qui vous a permis cette intrusion chez moi ? C’est inadmissible


LE VISITEUR : Oh !!! Doucement, doucement… D’abord tu peux me tutoyer, c’est normal. Bon. Tu veux que je me présente ? Alors allons-y : BONJOUR PAPA !!


PIERRE : Mais, Mais… quelle est cette plaisanterie ? Sortez d’ici immédiatement !!


LE VISITEUR qui s’assied dans un fauteuil : Tu es bien nerveux papa À ton age tu devrais faire attention. Et puis, moi, je tiens à toi puisque je t’ai enfin trouvé !


PIERRE qui fait des efforts pour se calmer : Dites-moi, jeune homme, vous sortez d’un asile psychiatrique sans doute. Mais je ne vous veux pas de mal. Calmez-vous !


LE VISITEUR : Mais c’est à toi de te calmer Papa. Moi je suis très calme, et très heureux de t’avoir retrouvé.


PIERRE : Et si vous tentiez, calmement d’expliquer votre irruption chez moi ?


LE VISITEUR : Chez toi, chez toi… c’est aussi un peu chez moi, non ? Tu es mon père. Tu ne me crois pas ? Bon. Je vais te rafraîchir la mémoire. Te souviens-tu de Madeleine Taillat ? Mais si voyons, un été, à Biarritz…


PIERRE tout d’abord fait non de la tête, puis, on sent que des souvenirs remontent à la surface. Il est de plus en plus gêné, mais essaye de faire front : Je ne comprends rien à ce que vous racontez.


LE VISITEUR : Allons, allons…Tu n’es jamais allé en vacances à Biarritz ?


PIERRE : Si, mais…


LE VISITEUR : Tu ne te souviens pas avoir rencontré Mademoiselle Madeleine Taillat ?


PIERRE : Mais… je ne sais pas… enfin peut-être. ; mais quelle importance ?


LE VISITEUR : Oh, mais c’est que c’est très important, tu permets !!!! Si tu n’avais pas été à Biarritz et si tu n’avais pas été l’amant de Madeleine Taillat, je n’existerais pas !


PIERRE : Mais enfin, c’est ridicule. Ça n’a duré que 15 jours, et après je n’ai pas eu de nouvelles. Si Madeleine avait été enceinte de moi, elle m’aurait écrit ! Ou c’est une erreur, ou c’est une tentative d’entourloupette !


LE VISITEUR : Bon. Tu te souviens de Biarritz et d’avoir été l’amant de Madeleine Taillat. C’est un point très important. J’ai enregistré notre conversation sur cassette, et si c’est nécessaire, je ferai une recherche en paternité. Avec les moyens modernes, tu seras bien obligé de l’admettre : tu es mon père.


PIERRE : Mais enfin c’est fou, ça ! Tu débarques après 19 ou 20 ans…


LE VISITEUR : J’ai 19 ans, mon prénom est Alain, et cela se passait donc, avec Maman, il y a 20 ans.


PIERRE : Mais en admettant, je dis bien en admettant que ce soit vrai, pourquoi ne m’aurait-elle pas averti de ce qui lui arrivait ?


LE VISITEUR, rectifiant : de ce qu’il VOUS arrivait. Mais figure-toi qu’elle l’a fait maintes fois. Toutes ses lettres revenaient avec la mention « n’habite plus à l’adresse indiquée » Souviens-toi Papa…


PIERRE faisant visiblement un effort de mémoire : Voyons… après mes vacances à Biarritz… ha oui, j’ai dû partir en catastrophe pour Avignon, pour remplacer un collègue qui venait de se tuer au cours d’un accident de la route… Oui…Peut-être n’ai-je pas fait suivre mon courrier… Après un instant de silence… Ainsi, tu serais le fils de Madeleine ?


ALAIN : Le fils de Madeleine, c’était sûr depuis ma naissance. Ton fils aussi, c’est maintenant certain.


PIERRE : Certain… certain… c’est vite dit. Moi, je ne l’ai connue que très peu, ta mère. Je peux même dire que je ne la connais pas du tout. Elle a sans doute connu d’autres hommes à cette époque-là !


ALAIN : N’insulte pas Maman. Elle est certaine qu’un seul peut être mon père, et c’est toi !


PIERRE : Elle est certaine…mais moi, je n’en sais rien. (il se monte peu à peu) Mais c’est vrai ça ! Tu arrives chez moi, tu me tutoies, tu entres sans y être invité, tu m’appelles Papa, tu ressors des histoires vieilles de près de 20 ans, tu veux me faire endosser une paternité sans aucune preuve…


ALAIN : Tu fais une erreur, mon petit papa !


PIERRE : Quelle erreur ?


ALAIN : Tu dis que je veux te faire endosser une paternité ?

PIERRE : Ah, bon. Ce n’est pas ça ? Ouf !! Je suis soulagé !


ALAIN : Non. Ce n’est pas une paternité. C’est 2 paternités. Nous sommes deux jumeaux. Mais tu as de la chance, tu as deux fils très dissemblables. Mon frère Denis est du genre BCBG, très timide. Mais je suis certain que tu t’entendras très bien avec lui aussi


PIERRE : Mais qu’est-ce qui me tombe sur la tête ? Ce n’est pas possible, je rêve… Je vais me réveiller. Pince-moi (il tend son bras, Alain le pince)


PIERRE : Aïe ! Mais alors c’est vrai tout ça ? Je vais devenir fou ! Moi ? Père ? et de deux jumeaux pour compléter le tableau… C’est pas possible !! Non, Non !!!!


ALAIN : Hé si ! C’est vrai ! Ta famille s’agrandit. Mais, dis, au fait, ta famille c’était quoi jusqu’à maintenant ?


PIERRE : Je suis marié, ma femme est chez sa mère depuis 10 jours, et j’ai une fille qui est avec elle.


ALAIN : Quel âge a-t-elle la sœurette ?


PIERRE : La sœurette ? Ha oui…. elle a 15 ans


ALAIN : Je suis content d’avoir une petite sœur. C’est chouette, elle doit avoir plein de copines.


PIERRE : Je préfère ne pas comprendre ce que tu sous-entends par là.


ALAIN : Oh, dis, c’est à peine si je trouve mon père, et il veut me faire la morale ?


PIERRE : Je ne te fais pas la morale. D’ailleurs je ne sais pas où j’en suis. Tu ne te rends pas compte ! Que vais-je dire à Caroline, ma femme ? Et à Brigitte ma fille ? « Ben voilà, dans une autre vie, j’ai eu 2 fils, j’espère que vous vous entendrez bien… » Non, ce n’est pas possible. Caroline est jalouse comme une tigresse, et Brigitte, en fille unique, n’admettra pas… de ne plus l’être. Mais bon sang !!! (après un moment de réflexion) Tu es certain, il n’y a aucun doute, toi et ton frère, vous êtes mes fils ?


ALAIN : Oh, c’est absolument certain. Maintenant, si tu veux faire un test ADN, je ne m’y opposerai pas. Je suis sûr de moi. (Un temps)


ALAIN : Elles rentrent quand ta femme et ta fille ?


PIERRE : Demain dans la matinée. Qu’allons-nous faire ?


ALAIN : Tu sais, je crois que lorsque l’on est embêté, la moins mauvaise solution est toujours de dire la vérité.


PIERRE : Oh mais dis donc, malgré tes apparences, tu es un sage. (un temps) Je n’avais pas envisagé cette solution… (un temps) d’ailleurs, elle est ridicule ta solution. Je ne peux pas leur dire la vérité sans faire basculer d’un seul coup toutes leurs valeurs… enfin tout ce que leur éducation leur a inculqué… Oui,… enfin, ce n’est pas possible…


ALAIN : Tu as tort. Alors que veux-tu inventer ? Pour l’instant les faits que tu viens d’apprendre se sont passés avant ton mariage et tu ne savais rien. Donc on ne peut te faire des griefs. En revanche, si tu tentes d’inventer je ne sais quelle histoire, fatalement la vérité se saura un jour, et là, oui, on pourra te donner tort d’avoir menti.


PIERRE : Tu raisonnes bien… Mais va parler raison à des femmes…


Pierre et Alain sont installés dans des fauteuils. Ils semblent réfléchir un long moment, puis


ALAIN : À quoi penses-tu papa ?


PIERRE : Hein ? Ah oui ! Je pensais… À tout ce que j’ai perdu comme allocations familiales pendant toutes ces années… Tu te rends compte, avec 3 enfants… Non. Je plaisante bien sûr… Tu sais Alain, je suis très heureux d’avoir un fils. Très heureux


ALAIN : Et pour le prix d’un, tu en as deux. Parce qu’il ne sera pas plus difficile de dire à ta femme que tu as deux jumeaux qu’un seul fils. Tu devrais te réjouir ! Quant aux allocations familiales, ne regrette rien : nous avons coûté beaucoup plus que ça à Maman.


PIERRE : Évidemment, je le sais bien... parle-moi de toi. Qu’as-tu fait jusqu'à ce jour.


ALAIN : Bon je vais commencer. Après tu me parleras de toi. Je suis l’aîné puisque je suis né le deuxième. Maman nous a élevés seule. Elle ne s’est jamais mariée. Nous habitions d’abord à Auch dans le Gers. Maintenant nous sommes à Montélimar. Maman est infirmière libérale. Nous avions 10 ans lorsqu’elle nous a parlé de toi. Où vous vous étiez connus, comment elle avait essayé de te contacter sans aucun succès. C’est mon frère Denis, fana d’informatique qui est arrivé à retrouver ta trace sur internet. Je crois que sur le plan étude, tu n’as pas à rougir de nous. Denis vient d’être admissible à Agro, quant à moi, je fais ma deuxième année de Droit… Voilà. Nos vies sont encore courtes, il n’y a pas grand-chose dedans. Maintenant parle-moi de toi.


PIERRE : Si ta maman t’a parlé de moi, elle a dû te dire que j’avais fait moi aussi des études de droit. Je suis entré dans une Compagnie d’assurances comme Inspecteur divisionnaire, puis Inspecteur Général. Je suis Contrôleur Général, pour tout de Sud est. Je me suis marié il y 17 ans avec Caroline, et nous avons une fille Brigitte, comme je te l’ai dit. Voilà les grandes lignes. Je voudrais que tu me parles de… ta Maman.


ALAIN : Nous habitons à Montélimar, comme je te l’ai déjà dit. Tu vois, nous ne sommes pas très loin. Nous sommes venus tous les trois en Avignon ce matin. Maman et Denis sont restés à l’hôtel, et c’est moi qui avais la mission de prendre contact avec toi. Maman, je te l’ai dit, est infirmière. Elle a créé un pool d’infirmières qu’elle dirige. Alors que décidons-nous ?


PIERRE, (après avoir réfléchi un moment et consulté, sa montre) : Écoute, il est 15 heures 30. Tu vas retourner à l’hôtel, moi, j’ai quelques courses à faire. Vous venez ici tous les trois à 18 heures. Nous prendrons l’apéritif ici, et discuterons un peu. Puis je vous emmènerai au restaurant. D’accord ?


ALAIN : O.K Papa ! Tu sais, ça me fait plaisir de pouvoir dire Papa. Pendant 5 ans, un Monsieur est venu vivre avec Maman. Il voulait que nous l’appelions Papa, mais Denis et moi n’avons jamais voulu. On l’appelait par son prénom, Roger. Il n’était pas méchant, mais nous le considérions comme un intrus. Maman et lui se sont séparés il y a 4 ans.

Bon. J’y vais. Alors à tout à l’heure, Papa !


PIERRE : À tout à l’heure… Mon fils !!


Alain sort et le rideau tombe.



***



Le rideau se lève sur le même décor. Mais il n’y a plus l’impression de fouillis du premier acte. Il n’y a plus de magazines sur la table basse, mais des bouteilles d’apéritif, des verres et des amuse-gueule. Les fauteuils sont symétriquement disposés.

Comme au premier acte, Pierre est seul en scène. Il est également en maillot de corps et se rase. Mais sa chemise est soigneusement posée sur le dossier d’une chaise. Il chantonne. Il regarde sa montre, et tout aussitôt, arrête son rasoir électrique qu’il va mettre dans le tiroir d’une commode. Il met sa chemise avec soin. Sort un peigne de sa poche, et va se coiffer devant une glace sur le mur de gauche.


Il vient sur l’avant-scène et parle au public :


PIERRE : J’ai le trac. Avouez que d’apprendre que l’on a deux fils de 18 ans, et qu’ils vont arriver, ça peut faire de l’effet, non ? En tout cas, à moi, oui !! Remarquez, ce qui me fiche le plus le trac, c’est encore Madeleine. Comment est-elle ? Et surtout, surtout, comment va réagir Caroline, demain ? Bon sang ! J’aimerais être plus vieux de 24 heures…


À ce moment-là, on sonne. Avant d’aller ouvrir, Pierre s’adresse encore au public


Merci gentil public de m’avoir tenu compagnie dans ces moments difficiles. Ne me quittez pas… j’y vais.


Pierre sort par la porte du fond pour aller ouvrir.

Pendant que la scène est vide, on entend que dans l’entrée des voix qui se croisent et l’on devine que des poignées de main doivent s’échanger. Quelques secondes après, entrent successivement, Madeleine Taillat, Alain, Denis, puis Pierre.

Madeleine est une femme agréable mince, vêtue d’un tailleur chic, vert clair. Les deux jumeaux sont assez différents, en particulier sur le plan vestimentaire. Alain, en décontracté, Denis très BCBG avec un complet et une cravate.


PIERRE : Asseyez-vous, asseyez-vous. (Les jumeaux se mettent sur le divan Madeleine et Pierre sur des fauteuils) Je ne vous cache pas ma profonde émotion de me trouver en présence de deux grands garçons qui semblent être mes fils, et de toi, Madeleine… qui entre parenthèses est encore plus charmante que dans mes souvenirs.


MADELEINE : Je t’en prie. Ne te crois pas obligé de me faire des compliments


PIERRE : Ce ne sont pas des compliments. Je pense réellement que tu es magnifique… De plus, mets-toi à ma place. Ce n’est pas facile de trouver quelque chose d’original à dire quand on se trouve dans une situation totalement inattendue. Toi Madeleine, tu connais l’existence de tes 2 enfants depuis leur naissance, et il y a sans doute quelques jours que vous avez retrouvé ma trace. Moi, tout à coup, je me trouve en présence d’une… amie que je n’avais pas vue depuis près de 20 ans, et de deux grands garçons qui seraient mes fils…


MADELEINE : Qui seraient ?... Tu n’en es pas encore certain. Pourtant, je puis t’en donner l’assurance. Tu es leur père, sans aucune contestation possible. Je crois qu’Alain te l’a dit. Quand j’ai su que j’étais enceinte, j’ai essayé de t’en avertir, mais toutes mes lettres me revenaient.


PIERRE : Alain a dû te le dire aussi. C’est un effroyable concours de circonstances. Dès mon retour de Biarritz, ma direction m’a demandé de me rendre immédiatement en Avignon, où l’un de mes collègues venait de décéder dans un accident de la route. J’ai omis de faire suivre mon courrier, qui d’ailleurs, en dehors de celui de ma Compagnie d’Assurances était presque inexistant. Quant à ces enfants, j’ai en effet tout lieu de croire qu’ils sont les miens. Intelligence, prestance, tact, et malgré toutes ces qualités ils ne semblent pas avoir la grosse tête. C’est tout moi, ça ! (il rit) Et puis Alain fait du droit… comme moi. Nous avons les mêmes gènes.


DENIS : Hé bien !! Si nous avons les mêmes gènes, ça ne nous promet pas beaucoup de plaisir…


PIERRE : Bien, Petit, bien. Tu as bien mérité un petit verre d’apéritif. Servez-vous les enfants. Et toi, Madeleine, que veux-tu ?


MADELEINE : Pour rester dans le classique, je te répondrais : « un doigt de porto »… Bon. Redevenons sérieux. Toi, tu aurais pu m’écrire…


PIERRE : C’est vrai. J’aurais pu t’écrire. Je ne l’ai pas fait. Je dois te l’avouer, 15 jours après mon arrivée en Avignon, j’ai fait la connaissance de Caroline, avec laquelle je me suis marié 2 ans plus tard. Toujours, un concours de circonstances qui nous était contraire.


MADELEINE : As-tu l’intention de dire à ta femme que tu as deux fils ?


PIERRE : Je pense que c’est inévitable, mais je ne te cache pas que ses réactions sont pour moi imprévisibles.


ALAIN : Tu sais papa, si tu veux que j’entre en contact avec elle pour le lui apprendre, je peux le faire. Pour te rendre service, je le ferais volontiers. Tu as vu ? Je me suis bien débrouillé pour venir me présenter à toi, hein ?


PIERRE : Tu es un chic garçon, Alain. Et tout plein de culot. Mais c’est à moi de parler à Caroline… puis à Brigitte


DENIS : Je dois dire que la pensée d’avoir une sœur m’est très agréable. Peux-tu nous faire voir des photos ?


PIERRE : Oui, bien sûr. (il se lève et va prendre un album photo dans le tiroir d’une commode, et le tend aux deux frères assis côte à côte sur le divan. Pendant qu’ils feuillettent l’album, Pierre va discuter avec Madeleine.


MADELEINE : Tu sais, Pierre ; je me rends parfaitement compte de la difficulté de ta situation. Mon intention n’est pas de te compliquer les choses. Denis a retrouvé ta trace. J’ai pensé qu’il était normal que tu connaisses l’existence de tes deux fils. Je sais qu’ils sont heureux d’avoir désormais un père, mais tu es libre d’agir comme tu l’entends.


PIERRE : Madeleine, tu es une femme formidable, et j’apprécie fortement ton attitude. Mais je ne te le cache pas, je suis très heureux d’avoir deux fils, et il n’est pas question que je les ignore, ni même que je ne les vois que dans la clandestinité. Ils sont mes fils, et ils le seront en plein jour. Bien entendu, cela va me poser de gros problèmes avec Caroline et même, dans un premier temps avec Brigitte, mais il n’est pas question que je me dérobe à mes devoirs de père. Par la force des choses, je n’ai pu les élever (ce que tu sembles avoir bien fait, entre parenthèses), mais j’entends bien rattraper le temps perdu.


MADELEINE : Je ne connais pas Caroline, et je n’ai pas de conseil à te donner. Mais si j’étais à sa place, je crois que j’aimerais être mise au courant très franchement, sans finesse ni précaution, par mon mari.


PIERRE : Je pense que c’est ce que je vais faire, dès demain matin.


À ce moment-là, Denis l’appelle :


DENIS : Papa ! Pierre est perdu dans ses pensées, et Denis répète Papa !


PIERRE : Oui ? Ha ! Excuse-moi. Je ne suis pas habitué à être appelé Papa par une voix masculine ! Que veux-tu ?


DENIS : Ta femme me semble très sympathique. As-tu l’intention de nous présenter à elle ?


PIERRE : Certainement. Mais il faut me laisser le temps de trouver une formule.


ALAIN : Moi je te propose d’attendre son anniversaire, et de lui dire : « Chérie, je voulais cette année te faire un cadeau vraiment exceptionnel. Un cadeau que personne d’autre que moi ne pourrait te faire. Qui sorte de l’ordinaire. Jusqu’à maintenant, tu as eu du 5 de chez Chanel, un carré Hermès , c’est d’un ringard !!! Même le string que t’a offert ta fille l’année dernière, c’est d’un commun !!! Non. Rien de tout cela ! Voilà. Je t’offre mes deux grands fils, et à partir de ce jour, tu seras leur belle mère adorée »


DENIS : Non Alain. Tu es trop brutal. C’est à une femme que Papa va s’adresser. Il faudrait présenter les choses autrement .D’une façon plus douce, en faisant jouer les sentiments. Par exemple : « Caroline, je sais que tu souffres de n’avoir qu’une fille unique. Ne dis pas le contraire. Je le sais. Tu en souffres. À nos âges c’est évident, il est difficile de remédier à cet état de fait. Mais je veux faire quelque chose de merveilleux pour toi. Bien sûr, nous pourrions adopter un garçon. Mais ce n’est pas l’idéal. On ne sait pas le plus souvent d’où ils sortent ces gosses. Non ce n’est pas la solution. Il faut trouver autre chose. J’ai une petite idée, j’espère qu’elle te plaira. Voilà. Il se trouve que je viens de retrouver 2 fils. Non, non, je t’assure, j’ignorais que je les avais. Alors je te propose de te les présenter, et tu seras la belle mère de deux magnifiques garçons de 18 ans. Heureuse ? »


PIERRE : Merci les enfants pour vos précieux conseils. J’apprécie votre humour. Mais soyons sérieux… Je vais sans doute adopter une attitude moins guillerette. Car, voyez-vous, je connais bien Caroline, et je sais que son amour propre va énormément souffrir. Je vous demande de prolonger votre séjour ici jusqu'à demain soir. Je m’engage à vous téléphoner à votre hôtel demain après-midi. Franchement, je ne sais pas comment je vais aborder le problème avec Caroline. Ce sera fonction de l’ambiance. Mais ce que je sais, c’est que dès son arrivée, je lui parlerai et que je vous tiendrai au courant. Un peu de patience, faites-moi confiance. Et en tout état de cause, maintenant que je sais votre existence, rien ne me séparera de vous.

Si vous le voulez bien, maintenant, je vous emmène au restaurant.


Ils se lèvent tous les trois, sortent de la pièce pendant que le rideau tombe



***



Le rideau se lève sur la même pièce. Seul changement, les apéritifs et les verres ont disparu, et au milieu de la table basse, un énorme bouquet de fleurs, de dimensions peut être un peu exagérées… Pierre est habillé « en ville », très élégant. Mais il est fébrile, redresse un cadre qui était parfaitement droit, déplace un peu le bouquet de fleurs, et penche la tête sur le côté pour mieux juger de l’effet. Enfin on le sent très nerveux. À plusieurs reprises, il regarde sa montre et vient sur l’avant-scène pour s’adresser au public.


PIERRE :J’ai un sacré trac. Caroline et Brigitte sont en automobile. Elles devraient déjà être là. Comme je voudrais être déjà à ce soir !!


On entend des bruits dans le couloir d’entrée et des voix


PIERRE : Aïe, aïe aïe, les voilà. Ne soyez pas vaches, gentils spectateurs ! Soutenez-moi !!!!! Si vous me voyez gêné, applaudissez bien fort pour me laisser le temps de réfléchir. D’accord ? Merci !


Caroline qui poursuit une conversation avec Brigitte entre dans la pièce, et ils s’embrassent tous les trois, avec les formules de retrouvailles habituelles.


BRIGITTE : Vous savez, je vous l’ai dit, c’est aujourd’hui l’anniversaire de ma copine Roxane. Elle m’a invitée pour le déjeuner, il est 11 heures, je peux y aller ?


PIERRE (que cela arrange) : Mais bien sûr, ma fille, vas, vas. As-tu prévu un cadeau pour Roxane ?


BRIGITTE : Bien sûr, Papa ! Je sais vivre ! Ne t’inquiète pas !


CAROLINE : Bon, vas-y. Mais surtout ne rentre pas trop tard


Brigitte sort.


CAROLINE s’adresse à Pierre : Je me demande si nous ne lui laissons pas trop de liberté. Il est difficile de trouver le juste milieu. Je te trouve un peu laxiste avec Brigitte.


PIERRE : Mais non, mais non. Il faut être de son temps


Caroline regarde longuement Pierre.


CAROLINE : Mais c’est bizarre, tu as quelque chose de changé. Tu n’es pas malade ?


PIERRE : Non, non, je me porte très bien. Mais j’ai quelques ennuis…


CAROLINE : Professionnels ?


PIERRE : Non. Pas professionnels. Ils nous concernent !


CAROLINE inquiète : Tu ne m’aimes plus ? Il y a une autre femme ?


PIERRE : Allons calme-toi. Il n’y a rien de dramatique. Écoute-moi calmement. Asseyons-nous (ce qu’ils font) Voilà. Il y a une vingtaine d’années, j’étais allé en vacances à Biarritz. J’ai rencontré une femme…


CAROLINE ( le coupant) : Et vous vous êtes revus et vous êtes retombés dans les bras l’un de l’autre…


PIERRE : Et si tu me laissais parler ? Et si tu m’écoutais calmement, sans m’interrompre ? Donc, pendant ces vacances à Biarritz, j’ai rencontré une jeune femme, et nous avons eu une aventure de vacances


CAROLINE : Et vous vous êtes revus. Ne me dis pas le contraire !


PIERRE : Ce que je te dis c’est que tu commences à m’énerver !!!! Écoute jusqu’au bout, après tu parleras ! Les vacances terminées, nous sommes repartis chacun de notre côté et nous n’avons plus eu de nouvelles l’un de l’autre


CAROLINE : Tu vois ? Je ne dis rien. Je t’écoute.


PIERRE : Oui. Hé bien continue, à m’écouter. Bon. L’autre jour, on sonne à la porte…


CAROLINE : C’était elle !!


PIERRE : Tu es pénible !!! Non, ce n’était pas elle. C’était un jeune garçon. Il ne voulait pas me dire qui il était, puis il a fini par m’appeler Papa


CAROLINE : QUOI ??


PIERRE : Oui. Il se trouve qu’après être retournée chez elle, les vacances terminées, Madeleine s’est rendue compte qu’elle était enceinte.


CAROLINE : Et c’est toi le Père ? Mais ça pourrait être n’importe qui !!


PIERRE : Oui, c’est moi le père. Elle a essayé de m’écrire, mais juste à ce moment-là, j’avais été nommé en catastrophe en Avignon, et je suis parti sans faire suivre mon courrier. Mes lettres revenaient chez Madeleine avec la mention « n’habite plus à l’adresse indiquée »


CAROLINE : Ainsi, tu as un fils ?


PIERRE : C'est-à-dire… que j’en ai deux. Ce sont des jumeaux


CAROLINE : Ah, non !!! Tu me dégoûtes !! Tu as pour dire « j’ai deux fils », un petit air suffisant du mâle fier de ses prouesses. Mais comment as-tu pu me faire ça ????


PIERRE : Mais te faire quoi ? Tout cela se passait avant que je te connaisse, et je n’ai appris l’existence de mes deux fils qu’hier. Je ne t’ai jamais rien caché


CAROLINE : Mais durant tout notre mariage, tu n’as pas cessé de penser à elle !


PIERRE : Mais c’est faux !! Elle m’était complètement sortie de l’esprit. D’ailleurs, je te l’ai dit, je ne lui ai jamais écrit. Et pourtant, moi j’avais son adresse !


CAROLINE : C’est dégoûtant ! (Elle réfléchit un long moment) Ainsi, tu crois avoir trois enfants ?


PIERRE : Je suis certain d’avoir trois enfants !


CAROLINE : Mon pauvre Pierre !!


PIERRE : Quoi, mon pauvre Pierre ?


CAROLINE : Tu crois avoir trois enfants, mais légalement, tu n’en as qu’un !


PIERRE : C’est vrai. Mais biologiquement j’en ai trois.


CAROLINE : Mon pauvre Pierre !! Tu crois avoir 3 enfants, mais légalement tu n’en as qu’un … et biologiquement tu n’en as que 2 !!


PIERRE : Quoi ???? Quelle bêtise as-tu inventée ? Que veux-tu dire ?


CAROLINE : Hé, non. Brigitte n’est pas de toi. Tu n’es pas le père de Brigitte ! Tu as bien compris ça ?


PIERRE : Mais enfin, qu’est-ce que c’est que cette histoire ?


CAROLINE : Oh ! Elle ressemble un peu à la tienne. À ton tour de m’écouter sans m’interrompre. Te souviens-tu lorsque ta compagnie d’assurances t’a demandé d’aller à Dakar pour faire l’intérim de l’Agent Général qui avait été rapatrié sanitaire ? Tu es parti trois mois. J’ai fait la connaissance d’un jeune homme très gentil. Nous avons eu « une aventure de vacances » nous aussi. Je me suis trouvée enceinte, et lorsque la petite est née, je t’ai dit qu’elle était prématurée de 7 mois et demi, et que nous l’avions fabriquée le jour de ton retour. C’était faux. Elle est née normalement à terme, et son père, ce n’est pas toi.


PIERRE : Mais c’est dégueulasse !!!!! Ça n’a rien à voir avec ma propre histoire. Quand j’ai connu Madeleine, je ne te connaissais pas. Quand tu m’as trompé, nous étions mariés. Je croyais te connaître depuis 17 ans, et en fait, je ne te connaissais pas du tout ! Et ce « jeune homme très gentil », je suppose que tu l’as revu ? Sait-il que Brigitte est sa fille ? Et comptes-tu mettre ta fille au courant de tes turpitudes, ou dois-je lui dire qu’elle n’est pas ma fille ?


CAROLINE : Ho là : ho là ! Et toi, vas-tu lui dire que tu as deux fils qu’elle ne connaît pas ? C’est trop facile de s’exonérer de ses propres fautes en parlant des petits accidents survenus aux autres !!


PIERRE : Je suis sidéré par l’ampleur de ta mauvaise foi !! Mon Dieu ! Comment ai-je pu vivre avec un être pareil !! S’il n’y avait pas Brigitte qui n’est peut-être pas ma fille, mais que j’aime comme si elle l’était, je te quitterais sur le champ ! Mais je ne veux pas laisser cette gamine entre les mains d’une… d’une irresponsable, et le terme est gentil.


CAROLINE (pleurant) : Oh Pierre ! Est-ce vrai que tu as deux fils ?


PIERRE : Oui, C’est vrai. Je ne le savais pas jusqu'à hier, je le jure. Mais il n’y a aucun doute.


CAROLINE : Mais comment peux-tu dire qu’il n’y a aucun doute ?


PIERRE : Parce que tout concorde et Madeleine est formelle. Il n’y a que moi qui puisse être leur père.


CAROLINE : C’est ça !! Tu prétends ne pas avoir revu Madeleine depuis près de 20 ans, mais tout ce qu’elle dit est parole d’évangile. C’est une femme merveilleuse, moralement irréprochable, et pourtant, elle a couché avec toi… Alors que moi, que tu connais depuis 18 ans, tu me traites de tous les noms…


PIERRE : Mais bon sang ! Madeleine et moi étions libres, alors que toi tu étais mariée lorsque tu as fait un enfant avec un autre.


CAROLINE : Je trouve que tu as accepté bien rapidement de ne pas être le père de Brigitte. Il est vrai que ça t’arrange pour aller vivre avec « l’autre » en ne te sentant responsable de rien.


PIERRE : Mais enfin, je ne te comprends pas. Brigitte est elle, ma fille ? Oui ou non ?


CAROLINE : Tu me traites plus bas que terre. Il n’y a aucune raison pour que tu me croies. Que je dise une chose ou son contraire ! Alors, à quoi bon ?


PIERRE : Je suis certain d’une chose : c’est que tu veux te venger. Maintenant, m’as-tu dit la vérité ou non ?… Je l’ignore… J’ai besoin de savoir.


CAROLINE : Tu as besoin, tu as besoin… Moi aussi j’ai besoin de savoir ce qu’il y a entre cette femme et toi !


PIERRE : Moi, je t’ai dit la vérité, rien que la vérité, toute la vérité. Maintenant, je sais que les menteurs ne peuvent admettre que d’autres disent la vérité, et c’est pourquoi tu ne me crois pas.


CAROLINE : Moi aussi je t’ai dit la Vérité !


PIERRE : Quand ? Quand durant 15 ans, tu m’as laissé penser que Brigitte était ma fille ou quand tout à l’heure, tu m’as dit qu’elle ne l’était pas ?


CAROLINE : Ne perds pas de vue, que c’est toi qui as commencé à me flanquer une pépée et tes deux fils dans les jambes.


PIERRE : Je constate qu’il n’est pas possible d’avoir une discussion sérieuse avec toi ! Je sors !


CAROLINE : Tu vas les retrouver ?


PIERRE : Je ferai comme toi. Je ne répondrai pas.


Pierre sort. Caroline s’écroule sur un fauteuil en pleurant. Le rideau tombe.



***



Lorsque le rideau se lève, de décor est le même. Brigitte est seule en scène. Les jambes passées au-dessus de l’accoudoir d’un fauteuil, elle bouquine, mais manifestement, elle n’est pas à sa lecture. De temps en temps, elle quitte des yeux son livre, lève la tête et semble réfléchir profondément.

On entend quelqu’un qui ouvre la porte d’entrée. Quelques secondes plus tard, son père rentre. Il a l’air soucieux.


Brigitte se lève, pose son livre et vient dans les bras de son père


BRIGITTE : Papa, dis-moi ce qui se passe. Je sens bien qu’il y a quelque chose entre maman et toi, mais on ne me dit rien. Je t’en supplie mon petit papa, parle-moi…


PIERRE : Tu sais ma chérie, ce n’est pas facile. Il s’est en effet passé des choses… préoccupantes ces jours-ci. Mais je ne sais pas tout. Je vais te dire ce dont je suis sûr. Tu y as droit. Voilà. Avant que je connaisse ta Maman, j’étais allé en vacances à Biarritz. Là, j’ai connu une jeune fille, et… nous avons eu une courte aventure. Les vacances terminées, chacun est rentré chez soi. En ce qui me concerne, en arrivant chez moi, j’ai trouvé une lettre de ma Société qui me demandait de partir immédiatement en Avignon. Je suis parti en catastrophe, sans demander à faire suivre mon courrier. Or la jeune fille s’est retrouvée enceinte. Elle a essayé de m’écrire, mais ses lettres lui revenaient. Elle a mis au monde 2 garçons qui ont aujourd’hui 19 ans. L’un d’eux par Internet a retrouvé ma trace, et c’est ainsi que j’ai appris ma paternité. Je l’ai dit à ta mère, qui m’en veut énormément.


BRIGITTE : Alors, ça !!! Mais elle est très drôle ton histoire ! Puisque tu ne connaissais pas Maman, elle a tort d’être jalouse (un temps) Alors, si je comprends bien, j’ai 2 frères… enfin des demi-frères. J’aimerais bien les connaître. Où sont-ils ?


PIERRE : Ils habitent à Montélimar, mais ils sont encore là aujourd’hui. Je les ai vus hier.


BRIGITTE : Comment sont-ils ?


PIERRE : Rassure-toi. Tes deux demi-frères sont très bien sur tous les plans. Ils sont très en avance dans leurs études et très sympathiques.


BRIGITTE : Puisqu’ils sont ici, nous pourrions les voir !


PIERRE : Tu sais, les choses ne sont pas si simples. Ta mère n’est pas ici ?


BRIGITTE : Non. Elle sera là à 11 heures (Brigitte regarde sa montre) il est 11 heures 10, elle ne va pas tarder. Un moment de silence, puis Brigitte reprend Bien sûr, cela va présenter des problèmes. J’ai dit tout à l’heure que c’était drôle, mais, c’est vrai que pour Maman, ça ne l’est pas. Et la… dame, tu l’as vue aussi ?


PIERRE : Évidemment. Elle était avec ses deux fils.


BRIGITTE : Et comment est-elle, Elle ?


PIERRE : Oh, écoute, là n’est pas le problème. Le problème c’est avant tout ta mère. Je ne veux pas qu’elle soit malheureuse, mais d’un autre côté, maintenant que je sais que j’ai deux fils, je tiens absolument à tenir auprès d’eux le rôle de père.


BRIGITTE : Je te comprends Papa. Mais ce sera très dur pour Maman. Que vas-tu faire ?


PIERRE : Pour le moment, je te l’avoue, je n’en sais rien. Je vais essayer de raisonner ta mère, mais… tiens, j’entends la clé dans la porte. Elle arrive.


En effet Caroline, entre. Elle est pâle et nerveuse.


BRIGITTE : Maman, Papa m’a tout dit. Il me semble que tout cela n’est pas très grave. Mais je vais vous laisser. Je vais dans ma chambre.


Elle sort


CAROLINE : Tu lui as tout dit. Mais quoi, exactement ?


PIERRE : Je lui ai dit ce dont je suis sûr. Je ne lui ai pas parlé de l’éventuelle remise en cause de ma paternité en ce qui la concerne.


CAROLINE : Ah, bon !! Mais elle a dit que tout cela ne lui semblait pas très grave. Je me demande bien comment tu lui as présenté les choses…


PIERRE : Je lui ai exposé les faits, tels qu’ils se sont déroulés. C’est tout. J’avoue avoir été un peu surpris par sa réaction. Elle est heureuse d’apprendre qu’elle a deux frères. Maintenant, j’aimerais que tu me répondes franchement. Brigitte est-elle ma fille oui ou non ?


CAROLINE : Tu as fait des études de droit. Tu sais que le père est réputé être le mari de la mère.


PIERRE : Arrête de te ficher de moi. Réponds !!


CAROLINE : Mais dis donc ! Tu ne t’es pas fiché de moi, avec ta pépée ! Tu es un merveilleux géniteur ! 2 d’un coup ! Chapeau. Songe que Brigitte, elle, est fille unique, tu as peut-être là un petit indice…


PIERRE : Tu as un esprit fou ! Mais si tu ne veux pas me répondre, je dis à Brigitte que je ne suis pas son père, et que lorsque mon travail m’a appelé en Avignon, sa mère en a profité pour se vautrer dans un lit avec un autre.


CAROLINE : À elle, je dirai le contraire, et tu n’as aucune preuve.


PIERRE : Et si tu me disais ce que tu veux exactement ? Tu veux que nous nous séparions ? C’est ça que tu veux ?


CAROLINE : Ça t’arrangerait bien, hein ? Hé bien non. Je ne te ferai pas ce plaisir ! Tu resteras avec moi, et…avec ton doute.


Un moment de silence


PIERRE : Bien. D'une part, je vais dire à Brigitte le doute dans lequel tu veux me laisser, et d’autre part, comme elle a manifesté le désir de connaître mes deux fils, je vais leur demander de venir.


CAROLINE : Ici ?


PIERRE : Oui. Bien sûr ici.


CAROLINE : Ah, non !!! Ça je ne l’admets pas !! Que tu fasses venir ces… gens-là, chez moi, il n’en est pas question !!


PIERRE : Chez toi ? Mais dis donc, je suis aussi, chez moi !! Je peux recevoir qui je veux. Maintenant, si tu préfères t’absenter pendant que je présenterai Brigitte à mes fils, tu pourras aller faire des courses…


CAROLINE : Alors tu voudrais me flanquer à la porte de chez moi ? Il n’en est pas question. Bon !! Fais-les venir ! D’ailleurs je voudrais bien savoir quelle tête elle a, cette… aventurière…


PIERRE : Comme tu voudras. Je vais leur téléphoner.


Pierre sort de la pièce pour aller téléphoner dans son bureau. Furieuse, Caroline trépigne de rage, puis se met à pleurer, pendant que le rideau tombe.



***



Le rideau se lève. Nous sommes toujours dans la même pièce. Pierre et Brigitte discutent, assis dans des fauteuils. Caroline entre. Elle a fait de gros efforts de toilette. Trop même. Elle a trop de bijoux et sa robe trop bariolée de couleurs criardes.


CAROLINE : Il est 15 heures. L’exactitude n’est pas le fort de tes… invités.


PIERRE : Il n’est pas encore 15 heures.


Quelques secondes après, la sonnette retentit. Pierre regarde sa montre, et dit en regardant Caroline


PIERRE : 15 heures juste. Il faudra que tu trouves autre chose !


Il va ouvrir. Madeleine entre, puis Alain, Denis et Pierre


PIERRE fait les présentations. Les 2 garçons et Brigitte sont assez à l’aise. Les adultes sont beaucoup plus gênés. Il est certain que cette réunion sort un peu de l’ordinaire…


DENIS : Et puisque tu es… l’ordonnateur de l’extraordinaire, nous t’écoutons.


ALAIN : Oui. Nous écoutons l’ordonnateur… religieusement


PIERRE : À la bonne heure. Même à des moments délicats vous ne manquez pas d’esprit. Même si vos astuces sont un peu… funèbres. Bon. Au fond, les choses sont simples. Jeune homme célibataire j’ai rencontré Madeleine. Après notre séparation, et à mon insu, elle a eu deux enfants de moi. Je viens seulement de l’apprendre. Par la suite je me suis marié avec Caroline et nous avons eu une fille Brigitte. Je pense que ces évènements ne devraient rien bouleverser dans nos vies respectives. Je voudrais seulement pouvoir entretenir des relations suivies avec Alain et Denis, mes enfants.


CAROLINE : Et moi ?


PIERRE : Quoi, toi ?


CAROLINE : Il faudra que je reçoive tes enfants naturels ? Et leur mère, aussi par-dessus le marché ?


MADELEINE : Je suis prête également à recevoir Brigitte, la sœur de mes fils.


CAROLINE : Qu’en savez-vous, si Brigitte est la sœur de vos fils ?


MADELEINE : Mais enfin… Brigitte est bien la fille de Pierre ?


CAROLINE : Je répète : Qu’en savez-vous ?


BRIGITTE : Mais Maman, qu’est-ce que tu racontes ?


CAROLINE : Toi, ne te mêle pas de ça !!


BRIGITTE : Quoi ? Tu laisses entendre que Papa… n’est pas mon Papa, et tu penses que cela ne me regarde pas.


DENIS : Je crois Madeleine, qu’il faudrait arrêter les frais !!!!!


PIERRE : Tu appelles ta mère par son prénom ? Et qu’est-ce que ça veut dire : « Il faudrait arrêter les frais » ?


ALAIN : Je crois que Denis a raison. Arrêtons, Maman ! Ça va trop loin !


PIERRE : Ça veut dire quoi tous ces mystères ?


MADELEINE : Bon, d’accord les petits. On s’arrête de jouer. C’est vrai que j’ai rencontré Pierre il y a une vingtaine d’années lors de vacances à Biarritz. C’est vrai que nous avons eu une aventure. Un an plus tard, Alain naissait. Bien sûr, Pierre n’en est pas le père. Je vivais avec son père 10 mois avant sa naissance. Trois ans plus tard, le père d’Alain et moi, nous nous sommes séparés. J’ai élevé mon fils seule. Denis est un de ses copains. J’avais parlé à Alain, il y a quelques mois de l’aventure que j’avais eue avec Pierre. Ils se sont amusés à le retrouver sur Internet. Puis, ils ont eu l’idée de monter un petit scénario, pour rire un peu. Ils m’en ont parlé. À l’idée de revoir Pierre, et par curiosité, j’ai accepté de rentrer dans le jeu. Je reconnais que ce n’est pas de bon goût, et lorsque je vois le mal que nous avons fait à Caroline, j’ai honte d’avoir participé à cette farce. Je suis désolée.


CAROLINE : De très mauvais goût, en effet cette farce. Que trois personnes se soient mises d’accord pour la jouer me stupéfie. C’est lamentable.


BRIGITTE : En tout cas, je suis un peu triste de n’avoir pas de frère… Mais j’aimerais quand même bien les revoir tous les deux…


PIERRE : Une seconde. Si j’ai bien compris, tu es la mère d’Alain ?


MADELEINE : C’est exact.


PIERRE : Puis-je avoir sa date de naissance exacte ?


MADELEINE : Quelle bizarre curiosité ! Pourquoi cette question ? Je te dis que ce n’est pas ton fils. C’est tout !


PIERRE : Alain donne-moi ta date de naissance !


MADELEINE (qui intervient vivement) : Écoutez, j’ai avoué que j’ai eu tort de suivre les enfants quand ils ont voulu mettre sur pieds cette petite comédie. Je vous renouvelle mes excuses, et j’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur. Surtout, je voudrais que notre bêtise n’entraîne pas de conséquences fâcheuses pour votre couple. Maintenant, nous allons prendre congé (elle se lève) Allons les enfants, partons, et excusez-vous à votre tour


PIERRE : Nous n’en sommes plus à quelques minutes près. Madeleine, rassieds-toi. Alain, réponds à ma question : Quelle est ta date de naissance ?


CAROLINE : Je constate, Pierre que tu fais tous les efforts possibles pour démontrer que tu as un ou des enfants naturels. Ça me dégoûte. Je préfère m’en aller (Elle sort)


MADELEINE : Je suis désolée, Pierre. Tu vois, il est préférable que nous partions rapidement (elle se relève)


PIERRE : Rassieds-toi Madeleine. Il y a quelque chose qui me chiffonne. Alain, réponds à ma question. Quelle est ta date de naissance ?


ALAIN : Hé bien pour que cela concorde, je me suis vieilli de 1 an. Je n’ai pas 19 je n’en ai que 18. Et cela prouve que vous n’êtes pas mon père. Je vous demande de nous pardonner. Nous ne pensions pas que cette petite plaisanterie pouvait entraîner des conséquences désagréables.


PIERRE : Tu as 18 ans ? Donne-moi ta date de naissance !


ALAIN : Je suis né le 15 Avril 1988. Et comme Maman et vous, vous vous étiez rencontrés durant l’été 86, vous n’êtes pas mon père. Ce que je regrette d’ailleurs


PIERRE (réfléchissant) : Attends, attends. L’été 86, c’est faux. C’est en Juillet 87 que je suis allé à Biarritz et que j’ai fait connaissance de ta mère. Juillet 86 - Avril 87 = 9 mois. Pourquoi as-tu menti Madeleine ?


MADELEINE : J’avais parlé de notre aventure à Alain, sans préciser de date. Quand Denis et Alain sont venus me parler de leur projet de venir te voir, j’ai d’abord refusé. Puis, je l’avoue, j’étais curieuse de savoir ce que tu étais devenu. Alors, pour qu’Alain n’en vienne pas à croire que tu pourrais être son père, je lui ai dit que nous nous étions connus durant l’été 86.C’est pour que tu crois à ta paternité qu’il s’est vieilli de 1 an.


PIERRE : Tu savais donc qu’Alain était mon fils ?


MADELEINE : Oui, bien sûr. Tu es son père. Mais, si je voulais satisfaire ma curiosité, je ne voulais pas t’apporter des ennuis. Voilà pourquoi j’ai menti.


ALAIN : Mais alors, vous… pardon, TU, es vraiment mon père ?


PIERRE : J’avais déjà un indice qui me permettait de le croire.


ALAIN : Ah oui ? Lequel ?


PIERRE : Approche-toi, viens ! (Alain s’approche de Pierre. Pierre regarde le cou d’Alain) Je ne me suis pas trompé. Il me semblait bien avoir vu que tu avais sur le cou, à droite, une tache de naissance. J’ai la même, au même endroit, tiens regarde ! (ce que fait Alain)


ALAIN : Oh oui !! C’est une certitude ! Tu es mon père. Quand je pense que je voulais seulement faire une farce, en sachant que tu n’étais pas mon père !! Et quand je t’ai vu, j’ai pensé que ce serait chouette d’avoir un père comme toi. Et maintenant, c’est vrai. C’est super !!


BRIGITTE : Je ne sais pas ce que vous pensez de tout ça, mais moi aussi je trouve que c’est super .J’ai un frère, d’une part, et d’autre part Denis n’est pas mon frère ! (Elle rougit en se rendant compte de ce que ce qu’elle vient de dire sous-entend) enfin, je voulais dire… qu’un frère, ça me suffit !


DENIS (souriant) : Tu n’aurais pas préféré que ce soit moi ton frère ?


BRIGITTE : Oh non alors !!! Zut et zut ! Tu me fais dire des bêtises. Je voulais dire que je t’aime bien, mais pas comme un frère…


PIERRE : C’est bien ce que je croyais avoir compris !!


À ce moment-là, Caroline entre dans la pièce. Elle est habillée pour sortir (manteau et sac à main)


CAROLINE : Avant de sortir, je voudrais savoir où vous en êtes. J’ai moi aussi des décisions à prendre.


PIERRE : Nous n’en avons pas terminé. Reviens dans une heure, et j’espère être en mesure de tout te dire.


CAROLINE : J’espère qu’à mon retour, « tout ce monde » sera parti


MADELEINE : Vous pouvez en être certaine. Nous ne resterons plus très longtemps.


Caroline sort.


PIERRE : Bien. Je préfère que Caroline ne soit pas là. Donc les faits sont désormais très clairs. Madeleine et moi nous nous sommes connus en Juillet 1987. Alain est né en Avril 88, il est mon fils. Quant à Denis, c’est un copain d’Alain (se tournant vers Brigitte en souriant) un simple copain Brigitte ! Du moins de ce côté les choses sont éclaircies. Comme j’ai eu l’occasion de le dire, je ne serai pas un père clandestin. J’espère Madeleine que nous pourrons être de simples amis et que Caroline l’acceptera, et peut-être mieux… puisse lier des liens d’amitié avec toi, mais ça…


MADELEINE : En fin de compte, notre plaisanterie de mauvais goût n’a pas que des aspects négatifs, puisque Alain a trouvé son père, et que son père ne semble pas malheureux de cette paternité… tardive. Je tiens à te rassurer Pierre : je ne troublerai ton ménage en aucune façon. Et maintenant, nous allons prendre nos bagages à l’hôtel et nous retournons à Montélimar. Je te laisse ma carte, Pierre, tu téléphones à Alain quand tu veux.


Madeleine, Denis et Alain se lèvent


BRIGITTE : Dis, Papa, je peux les accompagner jusqu’à l’hôtel puis jusqu’à la gare.


PIERRE : Mais bien sûr, va ! Fais mieux connaissance avec ton frère, et… avec celui qui ne l’est pas !


Tout le monde sort, et Pierre se retrouve seul.

Il vient d’allumer une cigarette lorsque Caroline entre. Elle n’a plus de manteau ni de sac


PIERRE : Tu rentres juste au moment où ils viennent de partir.


CAROLINE : Je le sais. Je ne suis pas sortie. J’attendais qu’ils s’en aillent et je viens d’entendre se refermer la porte d’entrée. Alors, où en êtes-vous ?


PIERRE : Les choses d’un côté sont extrêmement claires. Alain est mon fils. Denis un de ses copains (au goût de Brigitte d’ailleurs semble-t-il) Madeleine, s’est engagée à ne jamais troubler notre ménage. Il n’y a d’ailleurs plus aucune attirance de part et d’autre. Je verrai mon fils de temps en temps. Voilà. Tout est simple. Maintenant c’est avec toi qu’il faut éclaircir certaines choses. Deux choses pour être précis : tout d’abord, Brigitte est-elle ma fille, ou as-tu eu une aventure dont elle est née ? Ensuite, quelle attitude entends-tu avoir envers mon fils ? Voilà. Je t’écoute.


CAROLINE : Es-tu sûr de ne plus être attiré par Madeleine ?


PIERRE : Certain. Tu es ma femme. C’est toi que j’aime.


CAROLINE : J’ai vécu des années avec un poids sur la conscience. Je vais m’en décharger. Tous ces évènements finalement vont me le permettre. Tu es parti 3 mois en Afrique pour faire un remplacement d’Agent général. Trois semaines après ton départ, j’ai eu une aventure d’un soir avec un représentant de commerce. Ce fut sans lendemain. Brigitte est née plus de 10 mois après cette aventure. De plus, et tu le sais très bien, puisqu’elle ne faisait que 2 kilos 200, Brigitte est une prématurée. Il n’y a aucun doute. Tu es son père. J’ajoute qu’en dehors de ce seul faux pas, je ne t’ai jamais trompé. Si tu me pardonnes, j’aurai le cœur plus léger, et de mon côté, je crois que je pourrais voir ton fils, sans aucune réticence… au bout d’un certain temps.


PIERRE : Apprendre en quelques heures que l’on a un fils et que votre femme vous a trompé, cela fait beaucoup. Mais enfin, disons, que l’un annule l’autre. Repartons sur des bases nouvelles, et reformons des liens encore plus solides.


CAROLINE : Ouf ! J’ai l’impression de sortir d’un long tunnel. Je suis soulagée d’avoir pu te parler. Tiens ? J’entends la porte d’entrée. C’est Brigitte qui doit revenir.


En effet, Brigitte rentre, rayonnante


BRIGITTE : Oh, vous savez ce que m’a dit Denis ?


PIERRE : Non. Mais je suis sûr que c’est quelque chose de très intelligent. Viens ma fille.


Il prend sa fille dans ses bras et Caroline se joint aux embrassades, pendant que


Le RIDEAU TOMBE




 
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   pupuce   
24/7/2007
Merci pour ce bon morceau de boulevard. J'ai rajeuni de 30 ans, au temps des galas Karsenty. Je vois bien feu Michel Roux dans le rôle de Pierre et Yolande Folliot dans celui de Caroline.

   monlokiana   
15/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un délire! Le début est bien fait mais j'ai trouvé Pierre un peu naif. Il s'est très vite laissé convaincre. Pas une seule minute je n'ai pensé que Madeleine mentait. Disons que l'auteur a su la rendre très convaincante. Par contre, la petite comédie de "brigitte n'est pas ta fille" je l'ai vu venir. Pas du tout surpris que ses oit un mensonge parce que ça vient juste après la confidence de Pierre. ça tombe super vite et Caroline n'a pas hésité à dire cela, ce qui le rend faux.
Toutefois, j'ai bien aimé cette pièce. C'est un peu bavard parfois avec les répétitions de "Comment vais-je annoncer tout cela à Caroline" ou les "je suis foutu, elle va me tuer", ou encore les "ma fille va me détester"
C'est à croire que Pierre ne connait pas bien sa fille qui a compris la situation avec beaucoup de maturité. Ce qui fort exemplaire et qui sort d'une situation à laquelle on s'attendait genre "brigitte est en colère et s'enferme dans sa chambre en boudant son père. Chapeau donc à l'auteur de nous avoir épargner cet éventuel cliché.
Le moment préféré de la nouvelle: quand Pierre s'apprête à tout dire à sa femme et qu'elle n'arrête pas de l'interrompre. J'ai vraiment ri. Ce passage est réussi:

CAROLINE inquiète : Tu ne m’aimes plus ? Il y a une autre femme ?

PIERRE : Allons calme-toi. Il n’y a rien de dramatique. Écoute-moi calmement. Asseyons-nous (ce qu’ils font) Voilà. Il y a une vingtaine d’années, j’étais allé en vacances à Biarritz. J’ai rencontré une femme…

CAROLINE ( le coupant) : Et vous vous êtes revus et vous êtes retombés dans les bras l’un de l’autre…

PIERRE : Et si tu me laissais parler ? Et si tu m’écoutais calmement, sans m’interrompre ? Donc, pendant ces vacances à Biarritz, j’ai rencontré une jeune femme, et nous avons eu une aventure de vacances

CAROLINE : Et vous vous êtes revus. Ne me dis pas le contraire !

PIERRE : Ce que je te dis c’est que tu commences à m’énerver !!!! Écoute jusqu’au bout, après tu parleras ! Les vacances terminées, nous sommes repartis chacun de notre côté et nous n’avons plus eu de nouvelles l’un de l’autre

La fin...Pas grand chose à dire sur...
Merci pour cette lecture.
Monlo


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