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Réalisme/Historique
Bidis : Dans le berceau de l’humanité [concours]
 Publié le 07/02/09  -  25 commentaires  -  5217 caractères  -  88 lectures    Autres textes du même auteur

Scène quotidienne de la vie en Éthiopie, de nos jours.


Dans le berceau de l’humanité [concours]


Ce texte est une participation au concours nº 8 : Les brèves d'eau (informations sur ce concours).



La femme et l’enfant marchent, l’une derrière l’autre, en silence.


La descente vers la rivière avait été rapide. Elles y ont rempli d’eau les jarres de terre cuite, l’onde était tellement fraîche qu’elle leur a brûlé les mains. Et à présent, il leur faut revenir, la lourde charge arrimée sur le dos. Le sentier est abrupt : elles grimpent lentement, veillant à ne pas trébucher sur les pierres qui s’éboulent sous leurs pieds nus. Ce serait un désastre de tomber et que se casse la jarre répandant l’eau vitale.


Aux crêtes déchiquetées qui cernent le hameau succèdent les à-pics et les gorges profondes. Mais la femme et la très jeune fille n’ont nul besoin de contempler le vertigineux paysage pour communier avec la terre aride, les profondeurs abyssales et les sommets qu’effleurent des traînées vaporeuses. Elles marchent avec peine, respirant en cadence pour conserver leur souffle, impatientes de voir se profiler la hutte au toit conique coiffé de chaume. Bien des tâches les attendent encore tout au long de la journée : le bois qu’il faut aller chercher loin là-haut, et les bouses de vache à façonner, qui, séchées, serviront de combustible car le feu est aussi un problème majeur comme est celui de l’eau. Puis, il faudra préparer le ragoût de lentilles et la galette d’orge pour l’homme épuisé par les travaux de la terre. Et faire quelque lessive, torréfier le café, rejoindre les enfants pour chasser avec eux, à coups de pierre, les oiseaux qui picorent la récolte dans les champs…


D’une des hauteurs voisines, parmi les bruyères bleues et les graminées sauvages, quelques singes poussent des cris d’alarme, apparaissant un instant pour disparaître ensuite prestement : le soleil fait flamboyer le pelage roux d’un loup d’Abyssinie qui gracieusement trottine. L’animal s’immobilise soudainement et, pointant son long museau blanc, hume l’air chaud. À son approche prédatrice, les damans deviennent fous, s’agitent et filent s’enfouir dans leurs terriers. Débusquer ces gros rats taupes n’est pas aisé. Il lui faut cependant, au canidé sauvage, ramener de la nourriture à sa famille ; sa race est en voie d’extinction, la chasse devient de plus en plus problématique. Car la famine décime la population des mulots des montagnes, la végétation manque et les bœufs commencent à monter de plus en plus haut pour brouter l’herbe qui se raréfie au fil des sécheresses. Et, dans le ciel bleu cristal, des rapaces tournoient, cherchant, eux aussi, quelque petit rongeur ou louveteau nouveau-né à happer au vol et emporter dans leurs serres vers d’inaccessibles nids.


La femme s’arrête quelques minutes, épuisée. Aura-t-elle toujours la force qui l’anime aujourd’hui ? À l’automne, sa fille, qui, grâce à Dieu, ne sera ni excisée ni mariée à douze ans comme elle le fut elle-même, devra chaque jour se rendre à l’école au village, à plus de deux heures de marche de l’habitat, et ne pourra donc plus l’aider dans les tâches domestiques. Il faudra bien alors faire deux, trois fois l’aller-retour à la rivière. Elle soupire et se remet en marche. Le vent fait onduler son long vêtement qui la protège des rayons du soleil. Aethiops, « face brûlée » comme Homère l’appelle dans l’Illiade : elle est Éthiopienne.


Tandis que les porteuses d’eau s’acheminent vers la maison, l’homme se repose un peu, la faucille à la main. Ébloui, il contemple la mouvante marée verte métallisée d’or des épis d’orge et rend grâce au Seigneur d’avoir eu la chance exceptionnelle d’apprendre à lire. Grâce aux livres, il sait pourquoi et comment creuser des sillons depuis la rivière, ruisselets qui amènent l’eau bienfaisante abreuver ses cultures, il a compris le merveilleux sens du mot « irrigation » et a su l’appliquer.


C’est grâce aux livres aussi qu’il a admis combien dur et injuste était le sort des femmes, grande leur souffrance et terrible l’angoisse des fillettes quand, lors des mariages forcés, elles frémissent dans leur coin tandis que les hommes mangent et rient, se réjouissent.


Son élan vers les cieux est de reconnaissance mais il est d’appel aussi à la clémence. La sécheresse de 2003 a frappé dix millions de ses frères et lui-même a eu tout juste assez de réserve de céréales pour nourrir sa famille. Il voudrait crier sa détresse à la face du monde, mais il baisse la tête et continue le mouvement mécanique de ses bras, reprenant le travail, et s’il tremble en dedans d’angoisse pour sa famille, pour cette terre qui souffre, pour cette vie terrible et dure qui est la sienne, s’il pleure son ignorance passée qui le rendit tellement vulnérable au climat et qui lui fit commettre de si terribles erreurs, il offre aux millions de regards qui bientôt – on le lui a promis – l’observeront, un sourire lumineux, un éclair dans les yeux et une prière dans le cœur.


« Voilà un bon sujet pour un texte sur l’eau », se dit Bidis en appuyant sur le bouton de mise en veille du téléviseur. « Mais d’abord, je vais me faire couler un bon bain, j’ai comme une petite déprime post hivernale… »


 
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   DaisyLewis   
7/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà un texte très difficile à commenter surtout que c’est ma première fois. Je me lance !
D’abord, l’écriture est belle, sensible et pudique. Je crois que certains adverbes dans les descriptions des animaux n’étaient pas utiles et le mot problématique m’a arrêtée un instant.
Ensuite, l’histoire est fluide et les descriptions sont magnifiques. J’ai suivi le parcours des deux femmes sans difficulté. En lisant « grâce à Dieu » je me suis demandé qui pensait cela : l’auteur ou le personnage. J’aurais aimé en savoir plus sur ce que cette femme ressent pour elle et sa fille, ses peurs et ses espoirs. Mais la contrainte du nombre de signes n’aide pas.
Par contre, je suis restée plus perplexe devant le personnage du mari. Je crois que c’est très occidental de penser qu’un homme peut complètement bouleverser son mode de penser traditionnel masculin en lisant des livres. Du coup, j’aurais aimé savoir où et comment il avait appris à lire. D’un côté, il comprend les femmes, mais de l’autre il ne met pas son savoir de l’irrigation pour créer une fontaine plus près de la maison. Ces mecs, tous les mêmes ! Je sais, j´exagère !
J’aime beaucoup ce genre de texte qui raconte dans une belle langue, la vie quotidienne des gens sans histoire et qui sait nous emmener ailleurs en nous offrant de belles images.
Merci
DL

   Anonyme   
7/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le superbe trait d'humour de la fin réveille le lecteur qui commençait à roupiller devant sa télé.
Ou comment faire d'un documentaire intéressant, certes, mais sans surprise, un sérieux candidat au podium.

   Menvussa   
7/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La descente vers la rivière avait été rapide. L'imparfait me gêne un peu.

Petit détail technique, l'homme semble avoir maîtrisé la technique de l'irrigation, sur ce qui semble être un haut plateau à en croire la description de gorges profondes où se déplacent les femmes pour aller chercher l'eau... comment fait-il ?

Texte bien écrit, agréable à lire mais plus que cela, riche d'un message émouvant.
La chute, petit clin d'œil à notre mode de vie dans lequel l'eau, s'il elle a une place prépondérante n'en est pas moins rabaissée à une simple commodité.

Ceci étant, gaspiller l'eau, ce n'estpas la laisser couler, c'est la polluer.

Et puis ton texte m'a donné l'occasion de découvrir le Loup d'Abyssinie.

http://www.dailymotion.com/video/x22pkk_le-loup-dabyssinie_animals

   Filipo   
7/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Le style est clair, fluide, les phrases sont bien construites, la lecture agréable, pour ce texte très travaillé et bien documenté. Le thème choisi l'est fort à propos, je trouve. J'apprécie aussi l'autodérision de l'auteure, sur sa chute...

   Flupke   
7/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Bidis,
J'ai beaucoup aimé ce texte qui me fait parfois penser à votre poème "les vaincues". Je retrouve des émotions que j'ai éprouvées en voyageant dans certains pays du tiers monde. Des femmes courbées avançant sous leur lourde charge végétale (probablement pour nourrir le bétail) et des femmes faisant la queue devant un point d'eau avec leurs récipients. Un spectacle qui aide à se rendre compte de l'importance de l'eau dans notre vie et qui nous aide à prendre conscience de notre chance et notre bonheur. En fait, n'est-on pas un tout petit plus heureux quand on est conscient de son bonheur ?
Un très bel hommage à toute ces femmes et à leur labeur quotidien. Bravo.
Amicalement, Flupke

   Anonyme   
7/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Sensible, bien écrit. J'aime aussi la pirouette finale.
Bon week-end.

   Malka   
7/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce texte est bien écrit et riche. Il nous fait voyager pour découvrir le témoignage d'une réalité, celui d'un quotidien difficile(bravo pour la recherche qui accompagne la nouvelle et pour l'appropriation réussie des informations). Le message est fort et fait relativiser sur les petits soucis du quotidien: l'intervention de l'auteur à la fin du texte ,qui ne manque pas d'humour, est très appropriée.

   jensairien   
7/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
je suis soufflé. j'aime bien ce genre de considérations sur le monde qui nous rappelle ce que nous sommes, ici, étouffant dans nos petits intérieurs. La fin donne évidemment tout son sel à l'histoire (qui est très bien racontée, avec beaucoup de sensibilité et de justesse me semble-t-il). Tu as fait vraiment très fort.
L'homme qui se tourne vers la caméra, la spectatrice qui somnole et le bain comme récompense pour la journée éprouvante d'une européenne que le thermomètre déprime.
Bravo!

   aldenor   
7/2/2009
Un beau texte auquel je trouve cependant qu’il manque une étincelle… qui arrive bien, avec l’irruption de l’auteur, mais trop tard a mon gout. En survenant plus tôt, cette présence aurait pu se mêler au texte, lui donnant une dimension supplémentaire.

   xuanvincent   
8/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai apprécié, comme dans les textes précédents, l'écriture de cette nouvelle (très bien écrite) ainsi que le souffle - presque épique - qui parcourt le récit.

Il m'a simplement semblé que le texte aurait pu gagner à se centrer sur le personnage central de la femme (un peu trop de sujets m'ont paru être abordés dans ce texte court).

Le thème de l'eau m'a paru bien traité.

L'irruption de l'auteur à la fin du récit m'a amusée mais elle m'a fait justement fait sortir de l'histoire. Sans doute aurais-je préféré que la nouvelle s'arrête avant ce clin d'oeil de l'auteur à ses lecteurs.

Merci à l'auteur pour ce beau texte !

   victhis0   
8/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Beau texte. On ne m'empêchera pas de penser qu'il y a un poil de colonialisme bien pensant (ah ces pauvres noirs à qui nous avons apporté la science, c'est quand même bien, non ?), même si je suis sûr que ça n'était pas l'intention de Bidis (juste une sale habitude occidentale de penser qu'on aide les peuples défavorisés, après les avoir pillés de leur culture, et de tout le reste).
Mais, ce commentaire un poil provocateur n'a rien à redire sur la forme, belle et précise.

   macalys   
8/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Une très belle écriture qui suscite de magnifiques images. Le texte est construit par "plans" : on voit les hommes, les animaux et les paysages comme s'ils étaient filmés. Cette structure de la nouvelle sert parfaitement la chute, humoristique, comme un petit clin d'oeil au lecteur par un auteur qui ne se prend pas au sérieux.

Mais justement parce que la nouvelle décrit un reportage, le regard est détaché, on ne s'identifie pas aux personnages et certains détails trop "pointus" viennent perturber la lecture : le loup d'Abyssinie, la référence à Homère, par exemple. Ce ne sont pas les mots des "héros" de la nouvelle, ils n'illustrent pas leurs pensées.

Et d'ailleurs, j'aurais préféré un regard plus personnel, plus interne sur la situation de ces personnes, qu'elles aient un nom, qu'elles ne soient pas juste l'incarnation de dix millions de [leurs] frères, quitte à faire un développement plus pointu à la fin du texte pour généraliser leur cas. Après tout, de nombreux reportages s'attachent aux pas d'une famille, décrivant leur quotidien, leurs petits malheurs personnels.

Donc une belle nouvelle mais trop détachée à mon goût.

   Nongag   
8/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Que dire de plus après les nombreux commentaires pertinents déjà émit par mes confrères onirisien. L'écriture est fort belle. La description est particulièrement riche de détails qui permettent de faire un portrait extrêmement précis.

Le point qui m'a agacé c'est qu'on a affaire ici à un "documentaire", une longue description sans aucune intrigue. La pirouette finale, bien que sympathique, n'améliore pas cet aspect du texte.

   Ephemere   
8/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour, trois choses ont gêné ma lecture, ces adverbes inutiles et innombrables, ces disgressions sur les animaux (ce sont les pensées de qui ? De Bidis, pas de cette femme). Je n'aime pas la fin, ces dix millions, c'est nous ? En quoi cela peut-il l'intéresser ?
Les descriptions sont agréables mais je ne vois pas un ensemble, ni une histoire... du bon coeur certe, de la part de l'auteure.
FMR

   marogne   
8/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un thème bien sympathique, la sécheresse, l'exploitation des femmes, la pollution de l'eau, mais traité de façon très détaché, trop? Je ne suis pas arrivé à m'attacher aux personnages, et même à l'histoire - les descriptions animales n'aident pas dans ce domaine et détournant l'attention, disgression qui n'apporte pas beaucoup au récit.

Quelques formules que j'ai trouvées un peu "poussées":
*la jarre répandant l’eau vitale.
*profondeurs abyssales (en ethiopie?)
*gracieusement trottine.
*marée verte métallisée d’or

   Anonyme   
9/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai beaucoup apprécié le style et certaines images. C'est un documentaire très fourni et bien étayé pour une démonstration sans faille.
Toutefois une restriction sur le mari Il a la chance d'avoir appris à lire... Qui et comment et pourquoi justement ca lui a ouvert les yeux sur le sort des femmes?
Un très beau moment de lecture merci

   dude   
9/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Quitte à lire un documentaire, autant que ce soit celui-ci... et ça change des gnous qui se font bouffer par les crocodiles. ;)
Le texte se lit facilement et on plonge au plus près de ces personnages. Le ton sonne juste et le style colle à l'ambiance. On se demande parfois où l'auteur veut en venir, mais ça reste plaisant. Une chute amusante qui ne gâche rien (mais qui n'apporte pas grand chose de plus).

   costic   
11/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai trouvé le texte intéressant, mais j'aurai bien aimé partager davantage les sensations des deux femmes, rester avec elles tout au long du chemin...

   melonels   
11/2/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Je n'aime pas les documentaire de ce style donc pas leur récit. Désolé le sujet ne m'a pas accroché. A part ça c'est une belle écriture, l'exercice n'était pas facile mais il a été bien relevé.

   David   
12/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Bidis,

Je ne sais pas si le récit est celui d'une lecture, d'un reportage, il a été reconstruit bien sûr mais c'est le passage en italique de la fin qui indique que "Bidis" n'est pas encore l'auteur de l'histoire, c'est un projet. Donc il manque un style reconnaissable, catalogable, comme journaliste, écrivain "untel", ethnologue ou autre... Mais j'ai bien aimé cette lecture à rebours qu'implique la toute fin, c'est juste des idées comme ça pour les suggestions.

   guanaco   
14/2/2009
Cette nouvelle me laisse un sentiment mitigé.

Un texte précis, visuel et les descriptions sont détaillées; un thème intéressant et polémique, c'est bien, il en faut de temps en temps pour réveiller nos consciences blasées occidentales; et enfin la chute qui nous permet une petite respiration mais aussi qui nous met une bonne claque dans la g****

Pourtant je n'ai pas réussi à me passionner pour ce texte et pour le destin de ces 2 éthiopiennes. Je ne sais pas, je trouve le texte trop formater, trop neutre (certes on nous dit qu'il s'agit d'un docu télé), j'aurais aimé une histoire plus individuelle ou alors un fait précis qui nous aurait mis en face de la réalité:l'absence de l'eau. Est-ce que ce texte manque d'action, tout simplement? Peut-être, je ne sais pas.
Merci pour cette nouvelle
Guanaco

   Ariumette   
22/2/2009
D'abord félicitation d'avoir relevé le défi de ce concours !
Mon avis : Un vrai effort d'écriture et la remarque acide au final qui me plaît beacoup. Mais quelques phrases, à la structure trop lourde, qui accrochent comme par exemple :"Ce serait un désastre de tomber et que se casse la jarre répandant l’eau vitale."

Pas de note cause concours

   liryc   
7/9/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quel plaisir de relire ce texte que je n'avais pas commenté lors de sa sortie. C'est poignant d'humanité, sans surcharge inutile et avec contruit avec beaucoup tact : un très beau travail dont la forme et le fond amènent à réfléchir, en plus. Bravo.
liryc.

   brabant   
19/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Bidis,


C'est très beau, super correct comme à l'habitude avec la pointe de dérision finale où vous vous mettez en scène pour relativiser nos petites misères à nous, symboliquement grands dévoreurs d'eau.

Si vous nous renvoyez à la grande misère de la sécheresse et de la désertification - ETHIOPIE - je crois que tout a en mémoire la grande famine de 1984-85 avec "SOS Ethiopie", "Do they know it's Christmas" et "We are the world", "Tam Tam pour l'Ethiopie" entre autres... Grand mouvement de solidarité mondiale, si donc vous nous remémorez tout cela, vous prenez soin d'étendre le problème à la nature entière, sa flore et sa faune en soulignant et sa rudesse et son extraordinaire beauté (ah ce loup d'Abyssinie !). Quant à 2003 (bien sûr c'était votre émission télé) le malheur de la sécheresse a succédé au malheur de la guerre. Curieusement ce berceau verdoyant de l'Humanité a aujourd'hui à voir avec la désertification et avec la mort.

Puisse ce texte, documentaire et fable philosophique, ne pas être la parabole du cercueil de l'Humanité !

   matcauth   
14/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,

j'ai bien aimé le texte et son écriture irréprochable.

Je crois que le problème tient à tout autre chose. Je pense que la vie que l'on mène nous amène à visualiser ce genre d'histoire (comme noté à la fin, d'ailleurs) mais pas à lire, comme cela se faisait autrefois (je n'étais pas né mais bon). Je pense aux reliures Spirou qu'il y a dans le grenier. Aujourd'hui, cela ne se fait plus. On regarde un reportage, et encore, ARTE n'a pas les audiences de la téléréalité, et on n'est pas prêt ou intéressé par la lecture d'un reportage. D'ailleurs, le mot reportage est assimilé au visuel.

Je crois donc que ce texte souffre du postulat de départ, à savoir que, quoi qu'on écrive, le lecteur sera intéressé, mais sans plus.

Et c'est malheureusement mon cas !

Merci quand même car, je l'ai déjà dit, c'est bien écrit.


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