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Sentimental/Romanesque
Cassanda : Instants magiques...
 Publié le 06/11/07  -  6 commentaires  -  6550 caractères  -  31 lectures    Autres textes du même auteur

Deux regards qui se croisent, quelques moments magiques durant trop peu de jours.


Instants magiques...


Sous le soleil de plomb de ce mois de juin, les tables installées nous éblouissent… Les regards du petit groupe qui s’est formé quelques minutes plus tôt se croisent, interrogatifs, légèrement inquiets. Où va-t-on bien pouvoir s’asseoir ? Un bosquet d’arbres, une dizaine de mètres plus bas, semble pouvoir offrir un semblant de fraîcheur et la petite dizaine que nous sommes s’installe avec assiettes et verres sur les genoux pour déjeuner. « Pas très pratique ! », souligne l’un des participants, « on descend les tables ? ». Les hommes se lèvent d’un commun accord chercher tables, couverts, carafes d’eau et bouteilles de vin, avant de s’installer confortablement.


L’ambiance est détendue, plutôt bon enfant. Le repas se déroule entre discussions et rires. Le groupe apprend à se connaître, les discussions tournent autour des conférences et ateliers que chacun a pu voir plus tôt dans la matinée. Une avalanche de questions m’arrive soudain de l’inconnu en face de moi. Brun, les yeux bleus, impossible de lui donner un âge, son sourire met en confiance les personnes de son entourage tandis que ses yeux pétillants laissent deviner une personnalité joviale. Intriguée, je réponds cordialement à ses questions ; la discussion s’engage ; entre le dessert et le café, la glace est rompue. Nous convenons de nous revoir plus tard.


Ce n’est que le lendemain, entre présentations et cafés, que les deux yeux bleus refont leur apparition alors que les regards se cherchaient un peu dans la foule des silhouettes inconnues. C’est à cet instant, avec un sourire qui donne l’impression d’être unique, que tout a commencé. Deux papillons attirés par la lumière. Deux âmes qui se cherchent et savent intuitivement se trouver : juste se tourner pour voir l’autre et être rassuré par sa présence. Bien avant la parole, nos échanges se suffisent dans un regard, dans un sourire. Un clin d’œil dit le nécessaire, sans avoir besoin de plus. Le reste est allé crescendo. La journée se passe au gré des conférences et du jeu de cache-cache du soleil.


Le soir venu, une longue discussion s’engage autour d’un verre. Épancher sa curiosité, ressentir l’autre, et déjà ce sentiment diffus : maintenant que je t’ai trouvé, je n’ai pas envie de te perdre, je n’ai pas envie de m’éloigner de toi. Première soirée où l’on apprend l’autre, où l’on décode les non-dits, les peurs, les espoirs et les envies de chacun. Appréhender sa fragilité, sa sensibilité tout en restant dans les règles établies par chacun.


Lorsque nous nous retrouvons le matin, c’est toujours ce même sourire, ce même regard avant tout mot échangé. Celui qui dit bonjour, s’enquiert de l’autre et rassure : « je suis toujours là tu vois… ». Protecteur et tendre à la fois. Il n’est pas besoin de plus à ce moment. Nos présences se suffisent à elles-mêmes. Les âmes savent qu’elles sont proches et se rassurent mutuellement. Le temps si court et si lent continue sa marche inexorable vers la fin de la semaine.


Il ne reste plus qu’une soirée, demain tout sera terminé.


La crainte du départ accélère le besoin de l’autre. Les présences ne se suffisent plus, alors les corps se rapprochent, se frôlent, les regards se font plus fréquents et persistants, mais est-ce vraiment conscient ?


Dernière soirée, je te cherche du regard, tu n’es pas loin. Serein et rassurant. Toujours ces sourires si tendres et si forts. Tu es avec moi, à mes côtés. La complicité naissante de la veille a atteint sa maturité ce soir. Entre deux éclats de rire, est venu le temps des confidences : le désir et le respect de l’autre, la peur de se perdre, la conscience de n’avoir plus rien à craindre, la confiance entièrement donnée et tant d’autres sentiments qui se mêlent. Sur les heures qui passent, planera cette tristesse de savoir que demain, tu ne seras plus là. En musique de fond, le même refrain est entonné en duo : je n’ai pas envie de te perdre. Rester le plus longtemps possible, profiter de ces moments magiques où les regards se font plus insistants, les corps se touchent, les mains se cherchent. Assis l’un à côté de l’autre, une chaise nous faisant face pour poser nos pieds. Une photo immortalise le moment. Symbole du rapprochement de cette soirée et de la quiétude tant recherchée de deux êtres perdus.


Toujours ton sourire, cette fois un peu triste. Ton regard cherchant le mien. Une sorte de panique : « Et maintenant qu’est-ce qu’on fait ? ». D’autres que nous seraient certainement aller plus loin, se dirigeant vers leur hôtel pour assouvir les besoins de la nature humaine. Si l’idée nous frôle, elle ne semble pas la meilleure ce soir-là. Certainement trop triviale. Trop décalée par rapport à nos aspirations, à notre rencontre. Elle aurait brisé ce qui est en train de se dérouler malgré nous. Remise, qui sait, à un jour prochain. Et pourtant nos corps le désirent.


Tard dans la nuit, il est temps de se dire au revoir. La promesse de ne pas se perdre. Se séparer est un déchirement, te serrer dans mes bras puis partir, malgré l’envie de rester, malgré l’envie de continuer à parler. Nous aurions pu prolonger la nuit. Lorsque je suis partie, j’espérais que tu me rattraperais, sachant que tu le désirais autant que moi, car vois-tu, quand les âmes se rencontrent, ce que nous ne disons pas, elles se le confient.


Aujourd’hui est une journée triste. Les sacs sont faits et prêts à être mis dans la voiture. Le ciel semble le reflet de mon cœur : triste et pluvieux. Aujourd’hui, pas de sourire pour débuter la journée, un manque se crée. Je me remémore ces moments passés avec toi. Étrange sensation que procurent les souvenirs. Plus étrange est celle de vivre des moments qui n’ont pas de réalité : m’étant assoupie, j’ai cru sentir ta présence à mes côtés et l’échange d’un baiser. Comme un creux dans l’estomac, et tes lèvres sur les miennes. En me réveillant, je me suis rappelée que tu n’étais pas là. Sur le chemin du retour, les liens s’étiolent au fil des kilomètres. Se rapprocher de notre quotidien fait fuir les rêves et la magie. Arrivée chez moi, ne restent que les souvenirs, un fond de tristesse, l’image de tes yeux me souriant. Que restera-t-il dans quelques jours et nos promesses échangées seront-elles tenues ?


Ces instants magiques vivent dans nos mémoires. Lorsque nous nous retrouverons, cette osmose qui nous unissait ne sera jamais telle que nous l’avons connue ces derniers jours. Mais il restera un pétale de rose et un sourire pour dire : « je n’ai pas envie de te perdre… Je me ferai léger dans ta vie… Mais je serai là ».


 
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   irisyne   
6/11/2007
Beaucoup d'émotions dans ces instants magiques.

   Anonyme   
7/11/2007
 a aimé ce texte 
Un peu
Instants magiques, on les vit bien, mais on les lit sans passion.On est dans le narratif.C'est dommage

   jensairien   
11/1/2008
 a aimé ce texte 
Bien
oui, en quelque sorte tu tournes autour du pot et comme dirait Pissavy c'est dommage. tu devrais prendre tes personnages à bras le corps et les secouer. Tu ne fais que les silhouetter.

   nico84   
13/1/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo ! J'adore ces échanges silencieux ou pas, discrets mais intenses. Le sentiment universel par un regard, un déclic étrange et une relation fusionnelle fugitive, rapide, paradoxale en tout point. Et cette tristesse, intense tout autant, le manque crée, tel un moule laissé par l'amour qui s'en va. Et cette douleur, cette souffrance qui repond tel un écho à cette voix intérieure qui disait "je t'aime".

Bravo, vraiment, trés beau, touchant, original, ôde à l'amour, trés belle écriture.

   Anonyme   
28/3/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ca sent le vécu, c'truc-là! J'aime.

Bien écrit et pile dans des ébauches de sentiment, de ces choses non avenues, pourtant tellement sincères.

   Maëlle   
13/8/2008
L'émotion est présente, mais on en sait tellement peu sur les personnage qu'il est difficile de ne pas se sentir de trop dans cette histoire. C'est très intime, trop, à mon goût.


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