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Fantastique/Merveilleux
Liry : Reviens à la même heure dans un an...
 Publié le 05/11/07  -  9 commentaires  -  16524 caractères  -  12 lectures    Autres textes du même auteur

Une carte d'Halloween... Qui est l'expéditeur ? Qui est le destinataire ?


Reviens à la même heure dans un an...


Reviens à la même heure dans un an...


La carte du rendez-vous


En cette belle matinée d’automne – plus précisément, nous sommes à la fin octobre - le temps s’annonce particulièrement clément. Avec un soleil froid mais bien présent qui vient de pointer son nez et s’élève doucement dans la voûte bleu sombre d’un ciel dégagé, éclipsant au passage toutes les autres étoiles. Le silence règne en maître sur l’ensemble de la propriété sommeillant encore paisiblement sous sa fine et blanche couverture de givre jusqu’à ce que le grincement d’une porte ne vienne troubler la quiétude ambiante. Et c’est après avoir repoussé avec douceur un chat un peu trop curieux qu’Eilen se dirige vers sa boîte aux lettres. Elle grelotte en remontant l’étroit chemin s’étirant en une longue série de boucles à travers tout le jardin. Elle frissonne encore au moment où sa main touche une petite porte noire avant de la soulever.


- Tiens ? Le courrier est drôlement abondant ce matin.


Et sur ces quelques mots, la brune pépiniériste retourne, en l’examinant, la masse de papiers gris, blancs ou colorés, débordant presque de la maison miniature juchée sur son piédestal.


- Rien d’important à première vue.


Constate-t-elle rapidement, juste quelques lettres au milieu d’imprimés et autres pubs aux couleurs chatoyantes. Avec même dans certains cas, une enveloppe de plastique sur mesure. Elle frappe machinalement le clapet et la petite porte se claque alors qu’elle s’en retourne vers la maison. Elle s’arrête un moment pour souffler dans ses mains, calant ses papiers entre son côté et son bras. Il fait froid mais c’est parfaitement supportable.


- Profitons de ce beau temps. Qui sait jusque quand cela va encore durer.


Passant à proximité des pommiers, Eilen jette un œil clair sur les derniers tas de feuilles brunes, cuivre et or rassemblées en monts irréguliers. Elles patientent là, en attendant les retardataires qui ne devraient plus trop tarder à les rejoindre. Ensuite, elles reposeront ensemble des mois durant dans un petit coin tranquille jusqu’à ce que le moment où elles pourront retourner et enrichir la terre du vaste jardin soit venu. Constatant le bon avancement des travaux, elle repart vers la demeure. Maintenant, la nature se réveille pour de bon et les cris des animaux domestiques s’ajoutent aux craquements des pas de la jeune femme sur le tapis d’herbe haute et durcie d’innombrables perles blanches, scintillant sous les jeux des dernières lampes solaires éclairant faiblement les galets du chemin. Au moment où elle pousse la porte vitrée, l’une des cartes s’échappe de la pile et l’écaille de tortue, qui l’avait suivie ventre à terre jusque là, profite du court instant où elle la ramasse pour se faufiler dans la maison. Elle a juste le temps de la voir courir puis disparaître dans la pièce voisine avant de refermer.


- Espèce de sale… Bah ! Elle sortira bien de sa cachette. L’appel de son estomac la forcera bien à se montrer tôt ou tard !


Un instant plus tard, le courrier s’étale sur la table basse. Rien de très intéressant comme elle l’avait déjà constaté si ce n’est cette curieuse lettre qui a si singulièrement faussé compagnie aux autres. Cette missive ou plus exactement cette carte illustrée est plus qu’originale. En fait, elle détonne vraiment au milieu de tout le reste.


- Et ce dessin ? Que représente-t-il ?


Ce n’est décidément pas le genre de carte que l’on trouve tous les jours au magasin du coin. On dirait qu’elle a été soigneusement dessinée et colorée à la main avant qu’on ne l’enveloppe sous cette fine pochette bleue transparente. Et bien d’autres détails plutôt intrigants la font réfléchir.


- Visiblement, elle n’est pas neuve tandis que le cachet, lui, est tout récent. Voyons ce que cela raconte.


Ses yeux d’azur s’ouvrent tout grand et elle doit relire plusieurs fois le court texte manuscrit pour se convaincre de ce qu’elle déchiffre. Ça semble si incongru ! Si dingue qu’elle ne peut s’empêcher de raisonner à voix haute.


- Cette écriture, c’est la mienne ! Ainsi que mon adresse qui est en tout point exacte. Et ce message ? Reviens à la même heure dans un an… C’est bien la première fois que je m’envoie ce genre d’énigme.


Perplexe, elle essaie de se rappeler un éventuel voyage en octobre de l’année précédente mais pour le moment, rien ne lui revient en mémoire.


- L’agenda.


Elle parcourt très vite le petit cahier, de plus en plus étonnée sans pour autant s’inquiéter de ce qui n’est jamais qu’une simple feuille coloriée.


- Non ! Rien de marqué sur un précédent voyage.


Elle reprend la carte et croisant la signature griffonnée au bas du texte partiellement recouvert d’une tache de nature aussi insolite que tout le reste, elle s’empare du premier crayon qui lui tombe sous la main et contresigne à côté. À quelques infimes détails près, pratiquement invisibles mais tout à fait normaux, les deux signatures sont identiques.


- Bien ! Je me suis envoyée une lettre l’année passée vers la fin du mois d’octobre pour ne pas oublier quelque chose ! Mais je ne peux rien en tirer en dehors du fait que cela coïncide avec la fête d’Halloween. Mais pourquoi m’envoyer ce genre de message si je ne précise pas le lieu où je suis censée me rendre ? Qu’est-ce que je pouvais bien avoir en tête à ce moment-là ?


Elle passe rapidement la main dans ses courts cheveux coupés en griffé.


Reviens à la même heure dans un an…


- Eh ! Bien ! Ce ne sera pas cette fois si je ne retrouve rien de plus précis dans tout mon fatras.


Les minutes suivantes s’écoulent en suppositions de toutes sortes jusqu’à ce qu’un brutal coup de klaxon ne la ramène à la réalité et à son travail qu’il est grand temps de rejoindre. Et reposant son énigmatique carte sur la table, elle se saisit de son manteau et sort précipitamment. La porte claque faisant voler sa carte qui atterrit juste à côté de la chatte angora.


Le jour est déjà reparti lorsqu’une clé tourne dans la serrure. À peine entrée, Eilen ne peut retenir un cri à la fois de colère et de surprise en découvrant l’œuvre de celle qu’elle avait oubliée en partant.


- Oh ! Non !


La chatte, quant à elle, la regarde l’air de rien, affalée sur les coussins du divan, se lavant tranquillement les coussinets avec ce qu’il reste de son butin étalé au pied du meuble.


- Attend un peu, toi !


La petite peste à fourrure file cette fois vers l’escalier. Eilen qui tente toujours de l’attraper, grimpe derrière elle. Ce qui la conduit dans une obscure pièce presque toujours inoccupée, bref une sorte de débarras. Voyant sa maîtresse approcher la féline au sombre pelage bariolé de roux et de blanc bondit sur une pile de feuilles recouvertes de poussière qu’elle fait valdinguer. La jeune femme brune stoppe presque sur place en reconnaissant au milieu du tas de feuillets jaunis une image particulièrement insolite.


- Une carte ! On dirait presque la jumelle de celle que j’ai reçue ce matin !


Elle ramasse l’objet grisâtre et l’époussette sur-le-champ, histoire de mieux en voir le motif, oubliant du coup son insupportable fauve de compagnie. Elle redescend ensuite, fermant la porte juste assez lentement pour que la touffe de poils se faufile sans qu’elle ne s’en rende de nouveau compte. Elle a de toute façon autre chose en tête pour le moment.


- La carte de ce matin ? Mais où l’ai-je donc mise ?


Le reste de la soirée se passa en recherche jusqu’à ce qu’elle mette de nouveau la main sur la dite carte. Et une bonne tasse de café plus loin, elle se retrouve sur le divan avec ses deux intrigantes feuilles à la main. En plus de se ressembler presque parfaitement, elles portent le même message à un détail près. La plus ancienne ayant perdu son espèce de cache, le nom du lieu est clairement lisible. C’est le nom d’un village qu’elle connaît vaguement mais qui a aussi le mérite de ne pas être trop éloigné de son exploitation. Si ses quelques souvenirs sont exacts, il est aussi entouré de champs ainsi que de très anciennes chênaies. Retomber sur un lieu qui ne lui est pas totalement étranger rassure Eilen quoiqu’elle hésite encore à suivre ce message venu du passé. Et pourtant quelque chose l’y pousse irrésistiblement. Comme une sorte de sentiment qui se serait éveillé avec l’arrivée de cette carte dessinée ! N’y comprenant rien, elle décide pourtant de partir. Un peu comme sur un coup de tête alors qu’étant d’un naturel raisonnable et réfléchi, elle est tout le contraire d’une impulsive.


- Bien puisque j’ai pris la peine de m’envoyer ce message, c’est que c’était important. Un petit tour dans ce village au moment de la fête d’Halloween s’impose donc. Qui sait ? Ce sera sans doute amusant. Et ce ne sont pas quelques heures de détente qui devraient poser des problèmes avec les plantations.


Le jour d’Halloween


La fête d’Halloween bat son plein avec ses déguisements et ses enfants qui courent de maison en maison. Eilen traverse tout cela d’un œil vide, se demandant ce qu’elle fabrique là. Ni ce lieu ni ces gens ne lui rappellent quoi que ce soit. Tout comme le chemin qu’elle a emprunté pour se rendre dans ce hameau où elle ne connaît personne. Et ce ne sont certainement pas ses deux cartes qui vont davantage éclairer sa lanterne. Elle progresse ainsi au milieu de la foule, ne sachant que faire ni où se diriger. Elle est tellement perdue dans ses pensées qu’elle ne voit pas les gens et encore moins les enfants se retourner sur son passage. Ce n’est que lorsque un flash aveuglant, au point d’en être douloureux, lui arrive en plein visage qu’elle réagit enfin. La jeune femme brune s’apprêtait à élever la voix mais elle se radoucit devant les mines réjouies des enfants. L’un d’eux se dissimule derrière ses compagnons de jeu, faisant disparaître aussi vite que possible l’appareil dans son sac. Quant aux autres gamins, ils lui sourient tous sous leurs maquillages et, s’efforçant d’ignorer les couleurs rougeoyantes qui dansent devant elle, Eilen fouille dans son sac et leur tend à chacun une pleine poignée de barres caramélisées. L’un d’eux, un lutin, plus hardi que les autres lui glisse avant de s’esquiver :


- Excusez-nous pour la lumière dans les yeux mais votre déguisement est si joli qu’on n’a pas pu résister.


Et il s’empresse de rejoindre les groupes de monstres, vampires, fées et autres sorcières, massés devant l’imposante porte d’une maison éclairée. Mais la jeune femme ne l’a même pas suivi des yeux jusque là. Elle n’a pas non plus répondu à son salut. En fait, l’a-t-elle seulement entendu ? Car elle se tient immobile, les lèvres légèrement entrouvertes comme si son cerveau fonctionnait au ralenti. Les premières paroles du gamin l’ont comme clouée sur place, lui faisant presque l’effet d’un électrochoc.


- Qu’a donc voulu me dire cet enfant ? Je ne suis pas costumée.


Elle n’a en effet enfilé aucun déguisement avant de partir ! Juste une sorte de large collier avec plusieurs rangs, très lourd et magnifiquement ouvragé. Une antiquité qu’elle avait rangée dans la même pièce que sa vieille carte et qu’elle avait aussi oubliée malgré son apparente grande valeur. Surprise, elle se rapproche d’une vitrine et se mire un instant dans son miroir de poche. Comme ses pensées, ses gestes semblent ralentir.


- J’ai dû mal comprendre. Cela ne peut être que ça !


Le reflet qu’elle découvre sur la surface argentée est en effet pareil à celui qu’elle retrouve tous les jours dans le miroir de sa salle de bains. Mais elle n’a guère le temps de se poser davantage de questions, des cris la font se tourner vers une prairie en dehors du village. Des feux s’allument alors que les rues se vident et que tous convergent vers cette place animée. Eilen s’examine une dernière fois avant de se décider à rejoindre la fête.


Le chemin lui semble long. Le hameau est déjà loin derrière elle et elle n’est pas encore arrivée. Des silhouettes passent devant et elles avancent tout comme elle. Ce qui la rassure d’une certaine façon puisqu’elle n’est pas seule mais entourée d’une multitude de gens.


- Qu’est-ce qui se passe ?


Les lumières se sont brutalement éteintes et elle se retrouve plongée dans la noirceur d’une nuit au ciel plus que surchargé. Cela ne dure heureusement pas plus de quelques minutes et lorsqu’elle peut enfin y voir de nouveau, des silhouettes d’enfants dansent de l’autre côté de la plaine. Normalement, elle devrait bientôt y arriver.


- Quoi ! Encore une panne !


La lumière revient tout aussi vite que la première fois mais rien n’est plus pareil, Eilen doit presque se pincer pour se convaincre de ce qu’elle découvre à ses pieds.


- Des ronds de sorcière ! Voilà autre chose ! Et les bois ? Que leur arrive-t-il ? Ils ne ressemblent plus vraiment à ceux de…


Elle regarde tout autour d’elle et soudain, elle réalise que le village s’est comme volatilisé. Elle n’a pas le temps d’allumer son GSM qu’un des enfants, du moins c’est ce qu’elle croit, lui prend la main.


- Toi ? Tu es le lutin de tout à l’heure ?


Lui glisse-t-elle.


- Oui ! Attention, madame ! Ne te perds pas !

- Que ?


Elle se laisse mener par le petit. La clairière qu’elle découvre s’étend entre de gigantesques arbres, des centenaires. Ils entourent ce qui ressemble à une prairie herbeuse et étrangement déserte avec toujours les larges cercles de champignons. C’est fou, à les voir, on croirait qu’ils délimitent une autre zone, un autre rond bien plus étroit et, cette fois, composé de pierres levées. Pourtant, elle ne ressent aucune peur mais une joie immense alors que les jeux de flammes s’éteignent et se rallument de nouveau. Elle progresse, maintenant seule, vers les hautes roches grises et finit par distinguer la silhouettes d’un homme de grande taille se tenant devant les énormes colonnes naturelles. Il se rapproche et lui tend une carte flambant neuve. Elle découvre enfin quelque chose qui lui parle. Une carte dessinée, sans doute celle qui partira pour la prochaine nuit d’Halloween, mais elle est encore incomplète. Le verso ne porte aucun mot. La brune la prend en main alors que le petit ayant retiré son bonnet vert lui tend un stylo qu’elle saisit sans l’ombre d’une hésitation.


- Elle sait ce qu’elle doit écrire ?


Demande-t-il à l’homme.


- Bien sûr, lui répond-il, laisse lui le temps d’achever son réveil. Elle le sait. Regarde.


La main d’Eilen trace les mêmes mots sans qu’elle ne comprenne ce qui la pousse à agir ainsi jusqu’à ce qu’elle lève les yeux vers l’homme. Il est grand, roux mais ne semble ni jeune ni vieux comme s’il n’avait pas d’âge. Et pourtant au fond d’elle, elle le connaît. Sa propre voix sonne étrangement à ses oreilles avant qu’elle ne se sente sombrer comme happée dans un rêve éveillé.


- Oui ! Je me souviens, Tristan. Regarde.


Elle montre à l’homme la carte complétée. Le message et l’adresse sont les mêmes. L’homme la montre un moment au lutin avant de dire.


- Enfin, tu te réveilles, Eryana. Pourquoi est-ce toujours aussi lent ? Tu n’ignores pas à quel point je tremble à l’idée de te voir sombrer dans la folie en découvrant ton véritable reflet dans la première glace venue.

- Cela n’arrivera pas, Tristan. Eilen se repose. Elle dort à poings fermés depuis une bonne minute maintenant.


La pâle jeune femme ailée, aux longs cheveux d’onyx parsemés d’étoiles de givre, regarde la triste montre bracelet accrochée à son poignet d’albâtre nacré. Cet objet qu’Eilen a tenu à emmener malgré son inutilité. Qu’est-ce qu’elle représente cette chose pour une fée ? Juste une breloque encombrante. Et après s’en être momentanément débarrassée, elle se précipite dans les bras de son amoureux encore inquiet.


- Tu es vraiment sûre. N’oublie pas qu’il n’y a pas que ton apparence. La mienne aussi risque de la terrifier.

- Eilen ne peut pas te voir, mon amour. Pas plus qu’elle ne peut contempler son véritable reflet dans l’un de leurs tristes miroirs. Son reflet…


Elle en rit presque.


- En fait, le sien confondu au mien mais je ne peux le maintenir lors de la fête d’Halloween surtout lorsque les portes entre les différents mondes s’ouvrent. Je regrette tant que nous n’ayons que cette nuit pour nous voir.

- Mais elle sera aussi longue que l’année et c’est aussi grâce à elle que nous pouvons nous voir et nous promener sans risques. Aucun humain ne fera attention à nous tant que durera la nuit d’Halloween.

- Une fois l’an.

- Jusqu’à ce que notre porte soit achevée et que nous puissions enfin rentrer chez nous.


 
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   irisyne   
7/11/2007
Joli conte d'Halloween. Dur de revenir dans le monde réel.

   malarwen   
15/12/2007
J'adore ton histoire! Quelle imagination et quel réalisme en même temps c'est formidable! La seule chose dont j'ai a redire c'est que ton texte est au présent. À l'oreille ca sonne bizarre. Ca convient pour la deuxieme parti de l'histoire mais pas pour le début... Disons simplement que l'imparfait aurait peut-etre été mieux... C'est seulement un conseil. Tu le prends ou tu ne le prends pas. Mais ton texte est vraiment magnifique bravo

   Anonyme   
10/1/2008
Une belle histoire d'amour onirique, un espace parallèle de féeriques sentiments, un cocon de satin au creux du quotidien. L'amour, le dernier monde où l'on se réfugie, merci pour ses notes sucrées.

   Andromaque   
15/1/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un joli conte d'Halloween, répondant à tous les critères du genre! Le coup de la carte est bien joué, même si, je ne veux pas te vexer, c'est un lieu commun. Finissons sur une note positive: tu as une écriture très fluide, même le début qui relate pourtant des actions à priori sans intérêt devient justement... digne d'intérêt

   Anonyme   
19/1/2008
J'ai beaucoup aimé cette jolie nouvelle.
Elle est facile à lire, ton ecriture est fluide. Et jusqu'à la fin je me suis demandée: mais qui est cette Eilen ? Pourquoi cette carte ?
Et j'ai beaucoup aimé la fin. Bref, beau travail, merci !

   Bidis   
19/3/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Tout d’abord, je dois dire que cette nouvelle m’a accrochée dès le début. Puis, il y a une belle progression dramatique qui tient le lecteur en haleine. Et la chute ne déçoit absolument pas.
Mon commentaire devient plus nuancé quant au style.
Liry, comme à son habitude, nous donne de jolies images. Cependant, des répétitions, des lourdeurs m’ont heurtée par endroits.
Par exemple :
- « Avec un soleil froid …, éclipsant au passage toutes
les autres étoiles. Le silence règne en maître sur l’ensemble de la propriété sommeillant encore paisiblement… » : les participes présents alourdissent souvent une phrase. Ici j’aurais remplacé le second par le verbe conjugé (la propriété qui someille…)
- « Et c’est après avoir repoussé avec douceur un chat un peu trop curieux qu’Eilen se dirige vers sa boîte aux lettres » : un peu lourd. J’aurais préféré : « Eilen repousse … et se dirige… »
- « la brune pépiniériste » : connaître la couleur des cheveux des personnages est important si cela campe vraiment ceux-ci, dans le cadre de leur description. Mais ici, on ne voit rien de l’héroïne et ce n’est pas cette couleur qui nous la montre d’avantage. Par contre, savoir qu’elle est pépiniériste est intéressant. Dire « la brune pépiniériste » enlève à mon avis à cette seconde qualité un peu de son sel et de son importance.
- « Elle frappe machinalement le clapet et la petite porte se claque alors qu’elle s’en retourne vers la maison » : je ne trouve pas les termes très heureux. Pourquoi pas, simplement : « D’un geste machinal, elle rabat le clapet de la petite porte et s’en retourne vers la maison »
- « calant ses papiers entre son côté et son bras » : trop de possessifs et « son côté » est peu heureux (« calant les papiers entre ses côtes et son bras » ou mieux « calant les papiers sous un bras serré contre ses côtes »)
- « et l’écaille de tortue, qui l’avait suivie ventre à terre jusque là, profite du court instant où elle la ramasse pour se faufiler dans la maison » : on se doute que c’est d’un chat qu’il s’agit mais tout de même, le lecteur ne sait pas forcément que certaines robes de chat sont appelées ainsi, de sorte que cela choque un peu
- ses yeux d’azur : non seulement, de nouveau ce détail anatomique n’intéresse que moyennement le lecteur, mais cette expression est trop convenue, je trouve, et me gêne
- « Elle passe rapidement la main dans ses courts cheveux coupés en griffé » : maintenant on sait que l’héroïne a les cheveux courts, bruns et qu’elle a les yeux bleus. Eh bien, au lieu de nous rendre le personnage plus vivant, ces détails en font un chromo, un dessin convenu sans originalité. Ce serait beaucoup plus vivant de parler d’une mèche qui tombe sur l’œil, d’un nez en trompette, d’un léger strabisme, de formes rondelettes, un chignon qui tombe, … bref de jolis petits défauts sympathiques.
- « Le jour est déjà reparti » : je préférerais « le soir était déjà tombé » plus léger
- « Voyant sa maîtresse approcher la féline au sombre pelage bariolé de roux et de blanc bondit sur une pile de feuilles recouvertes de poussière qu’elle fait valdinguer. La jeune femme brune stoppe presque sur place en reconnaissant au milieu du tas de feuillets jaunis une image particulièrement insolite. » : « la féline etc… » c’est un peu artificiel, autant dire la chatte, on sait déjà qu’elle est écaille de tortue ; « la jeune femme brune stoppe… » on le sait qu’elle est brune, on n’avait même pas tellement envie de le savoir et pourquoi pas « s’arrête net » que je trouve plus joli, plus élégant que « stoppe »
- « Le reste de la soirée se passa en recherche jusqu’à ce qu’elle mette de nouveau la main sur la dite carte. » : le texte est au présent, ce qui ne me choque pas du tout contrairement à Malarwen. Mais voici un passé qui, du coup, ne convient plus. La même remarque revient plus loin avec : « La jeune femme brune s’apprêtait à élever la voix mais elle se radoucit devant les mines réjouies des enfants. » (et ce "brune" qui appelle la même remarque que plus avant...)
- « La brune la prend en main » : décidément, je n’aime pas de voir Eilen ramenée à ce détail qui par ailleurs ne m’intéresse pas. Ce serait mieux de dire de nouveau « la pépiniériste », c’était vraiment un détail plus intéressant que la couleur des cheveux…
Ceci dit, ce sont des petits détails de style qui n'enlèvent rien au fait que ce récit est palpitant et offre un bon moment de lecture.

   xuanvincent   
20/6/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai beaucoup aimé relire cette histoire.

Le récit, que j'ai trouvé original, me paraît bien écrit et est prenant.
Petit détail : une coquille restée : "la silhouettes d’un homme de grande taille" (un "s" en trop).

Le thème d'une personne qui pourrait s'écrire des messages m'a intéressé.

De même, ce passage m'a plu : "La main d’Eilen trace les mêmes mots sans qu’elle ne comprenne ce qui la pousse à agir ainsi jusqu’à ce qu’elle lève les yeux vers l’homme."

La répétition "Reviens à la même heure dans un an" est bien amenée (ouvrant le récit et lui donnant en quelque sorte un rythme) et ajoute au mystère.

L'arrivée du fantastique dans le récit, lors de la nuit d'Halloween, m'a bien plu.

   Liry   
20/6/2008
Voilà, juste un petit message pour rajouter le lien vers le forum et les réponses aux questions.

http://www.oniris.be/modules/newbb/viewtopic.php?topic_id=1510&forum=6

Merci beaucoup pour le dernier commentaire.

En fait, le choix d'Halloween n'était pas dû au hasard. Cette nouvelle a été spécialement écrite sur le thème de la carte postale d'Halloween...

   marogne   
7/8/2008
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je n’ai pas vraiment été « accroché » par l’histoire, sans doute du fait de la superficialité de la description de l’héroïne principale, on n’y coirs pas vraiment. Aller vérifier dans son agenda si on était l’année précédente en voyage pour savoir si on a pu s’envoyer une carte postale, pourrait à la limite se concevoir dans un monde beaucoup plus décalé que celui décrit ici, mais là ça donne un coté artificiel qui diminue d’autant l’intérêt de la lecture. Les personnages de la fin sont un peu à l’unisson, et ne semblent être introduits que pour donner corps à l’idée de fond.

Sur le fond, l’idée de la nature duale d’une partie de la population, qui penche vers une explication possible d’un état schizophrénique, me semble intéressante ; cette réunion lors de la fête, avec ces processions de personnes se rendant dans la forêt, comme le regroupement rituel d’un peuple à pat, oublié, est une belle image qui nous est offerte.

Mais je regrette que l’idée n’est pas été servie par un style plus assuré, les descriptions me semblent hésitantes (même si il y a quelques belles images), la construction dialogue/texte manquent de « naturel ».


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