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Science-fiction
colibam : Les fantômes de Brunau [concours]
 Publié le 01/12/09  -  23 commentaires  -  9084 caractères  -  136 lectures    Autres textes du même auteur

"Le temps n'a qu'une réalité, celle de l'instant. Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l'instant et suspendue entre deux néants." Gaston Bachelard

"Un homme qui sait se rendre heureux avec une simple illusion est infiniment plus malin que celui qui se désespère avec la réalité." Alphonse Allais


Les fantômes de Brunau [concours]


Ce texte est une participation au concours n°10 : 4x4 (informations sur ce concours).


Petite fille diaphane

Sur son arbre perchée

Chantonne au vent mauvais

D'une voix de cellophane :


- Stille Nacht, heilige Nacht!

Alles schläft;

Holder Knab' im lockigen Haar

Schlafe in himmlischer Ruhe.


(Calme nuit, sainte nuit,

Tout dort ;

Le joli garçon aux cheveux bouclés

Dort dans un silence céleste)


Sur son arbre perchée,

Petite Lili embrase

De son sourire mutin

La ramure chahutée

Par l'âme du vent mauvais.


20 avril 1889, quelque part en Europe...


Lovée dans un pli de l'histoire, l'auberge du Poméranien, dominée par l'immense chêne sur lequel Lili a pris place, somnole encore dans le bleu d'encens du petit matin.

Les jambes graciles de la fillette, dont la chair délicate et diaphane exhale de troublantes fragrances de lys, se balancent dans le vide, rythmées par l'insouciance de sa jeunesse apparente.

Lili est une source fraîche qui rayonne comme une aquarelle.

Son regard d'un vert à faire frémir l'océan déshabille les moellons calcaires de l'imposante bâtisse.

À l'intérieur, dans l'ascenseur qui crisse d'angoisse, un ventre tendu comme une toile livre un combat pour la vie.

Lili continue de chanter sur son arbre, lissant d'une main fluette ses cheveux d'algues douces.


Tu vois, je suis revenue. Pour honorer notre promesse. Tu ne t'en souviens pas bien sûr mais pour moi, c'est… différent.

Je viens du futur. Alors forcément, ce serment du sang, il résonne encore en moi.

Être présent, quoi qu'il arrive. Le genre de serment que l’on se fait parfois sur les chemins de l’enfance.

Malheureusement, la mort m’a enlevée trop tôt. Par ta faute.

Alors je suis revenue. Pour essayer de réparer, d'ouvrir une autre voie.


Je me souviens de tout.

Enfant déjà, tu étais solitaire et taciturne. Je peux dire qu'avec Albert Speer, ton copain architecte, et ta chienne Biondi, nous fûmes sans doute tes seuls confidents.

À l'époque, tu souffrais déjà d'une certaine forme d'autisme. Je me souviens de cette remarque que t'avait faite notre professeur de philosophie :


- Décidément jeune homme, vous transpirez l’idiosyncrasie. C'est une marque de fabrique dans votre famille à ce qu'on dit.


Nous avions tous éclaté de rire. Toi, évidemment, tu t'étais enfermé davantage encore dans ton mutisme.

Quand nous étions ensemble, un désert de mots répondait à des lèvres muettes. Malgré ce silence, nous étions complices. Du moins en avais-je l'impression.

Plus tard, tes sentiments ont changé. Tu es devenu impitoyable, déshumanisé.


Depuis sa branche, mi-amusée, mi-intriguée, Lili observe l'agitation qui ébranle la chétive cabine, arrêtée sur le seuil de l'attente.

Autour d'elle, sous le halètement des chouettes, les branches frissonnent dans un silence gris.

Sous un édredon de nuages obscurci par de puissants présages, le jour semble s'affaisser à vue d'œil. Ce matin c'est sûr, Dieu a le regard absent.

La nature et le monde sont prostrés dans la minuscule agonie des secondes.

Le temps suspend son pouls gélatineux lorsque soudain...


Le son d’une cloche brise le cristal du silence.

Au même moment, en contrebas, un cri de délivrance.


Lili jette un bref regard vers l'est maquillé de bleu par la mort à venir...

Ses souvenirs sont des oiseaux poudreux qui s'effritent, formant des îles d'ombre à l'envers des paupières.


Tu en as fait craquer des vies dans ces endroits où personne ne fermait jamais les paupières.

Toi qui avais choisi le « signe de vie » pour emblème, ce marteau de Thor tournoyant dans le ciel comme un soleil pour te représenter.

C'est finalement la mort qui t'a accompagné, toi le Ténébreux, durant toute ta vie. La saison des cendres...

Tu as creusé dans une multitude de mémoires des sillons douloureux. Dans nos vies effilochées, pendant de longues années, les choses se sont dites à travers les mêmes silences.

Si nos corps ont décliné, nos âmes n’ont pourtant jamais renoncé.

La mort m'a fauchée à l'état de chrysalide. Mais aujourd'hui, je suis un papillon de liberté.


Dans l’iris vert, l’orage se maîtrise tant bien que mal.

Aux côtés de Lili chuchotent une multitude de voix.


Tu ne sais rien du mystère de ta naissance. C'est une heure de lisière, sur le bord incertain des choses.

Nous sommes les sentinelles, les guetteurs du passé. Nous vivons à l'envers du décor, cachés derrière le reflet des choses.

Nous voguons dans la continuité des siècles pour recueillir sur la trame du temps les éclats de mémoire et dévorer les ombres de l'Histoire.

Poissons de l'air, oiseaux de l'eau, nous palpons les temps obscurs pour en extirper certaines écailles.

Le temps n’est pas linéaire, il fait des plis dans lesquels sont patiemment lovés tous les possibles.

Nous avons vogué longtemps vers ce passé mal étouffé que l'aube ne dessine pas encore.


Ton monde n'est pas plus réel que tous les autres, un simple univers-bulle dans une mousse en perpétuelle effervescence.

Tout est question de perception. Que perçoit l'amibe des couleurs bariolées de l'automne, de la fuite éperdue des galaxies ? Que ressent l'arbre quand souffle la tempête ? Que voit la libellule en se posant sur ta main attendrie ?


Pendant que vous conjuguez la vie au présent, nous l'assemblons au conditionnel. Nous intervenons dans les moments flottants de l'existence où tous les possibles se rejoignent.

Que se passerait-il si tu réussissais ton examen d'entrée à l'école des Beaux-Arts de Vienne, dans 28 ans ? C'est pour cela que nous sommes venus.

Ce qui n'est pas devient...


Dans le ciel d’acrylique, le vent s’est apaisé.

Sur son arbre, Lili-pastel arbore un sourire de craie. Elle aperçoit en contrebas Alois et Klara qui débordent de bonheur. Le regard bleu de Prusse d'Alois flamboie tandis qu'il brandit son enfant.


- Mon fils… Sois le bienvenu parmi nous. J’espère que tu trouveras ta voie. Honore notre nom comme je l’ai fait, mon enfant. Mon petit Adolf.


Sur l'arbre, aux côtés d'une Lili-transparence, près de onze millions d'yeux observent avec un regard de buée, les larmes contenues comme des prières muettes. Des épaves de vies, vêtues de manteaux d’encre, des lambeaux de nuit dans les cheveux.


Le présent hésite un instant avant de s'abandonner à son nouveau destin…


Dans le grand chêne, les mémoires crissent comme une soie qui se déchire sur la toile gélatineuse du temps.

L’autre réalité s’éloigne à jamais, comme un archipel fantôme dérivant dans la brume.


Tandis que les nuages satisfaits s’estompent, renonçant à pleuvoir, le jour bascule dans un ciel indigo. La lumière brasille à travers les feuillages.


Qu’il est bon de s’attarder dans la douceur de ce matin de liberté.

Je m’appelle Lili.

Lili Bernstein.


« Il m'a tout piqué. »

Charlie Chaplin

« Moi aussi. »

Schlomo Zilberstein

« Moi aussi. »

Moshe Friedman

« Moi aussi. »

Rachel Horrowitz

« Moi aussi. »

David Ben Gourion

« Moi aussi. »

Salomon Greinsberg

« Moi aussi. »

Nathan Zimmer

« ... .... »


« La seule réalisation impérissable du travail et de l'énergie humaine, c'est l'art. »

Adolf Hitler


___________________________________


Notes de l’auteur :


Adolf Hitler naît le 20 avril 1889 à Braunau am Inn, une petite ville de Haute-Autriche près de la frontière austro-allemande dans l’auberge Gasthof zum Pommer (hôtel au Poméranien (race de chien)).


Cet homme, sur les ordres duquel ont été assassinés 11 millions de personnes, était passionné de peinture et d’architecture, et admirateur inconditionnel de la musique de Richard Wagner et Anton Bruckner.


Par deux fois, il échoue à l’examen d’entrée de l’Académie des Beaux-Arts de Vienne (1907 et 1908).

Il a d’ailleurs laissé des aquarelles (environ 2000) qui, sans être géniales, témoignent qu’il était capable d’en peindre et qu’il possédait en tout cas de très bonnes bases dans cette technique.


Le dramaturge français Éric-Emmanuel Schmitt, dans son roman La part de l’autre (2000), s’est projeté dans un monde où son personnage central, un certain Adolf H., identique en tous points à Hitler, aurait réussi son examen d'entrée à l'École des Beaux-Arts de Vienne.

Un simple effet papillon.


Et pourtant...


 
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   Lapsus   
2/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Si l'Histoire pouvait être modifiée dans son cours comme passe "l'âme du vent mauvais".
Quand Colibam pense assassin, les choses ne sont pas dans la demi-mesure, rien moins qu'Adolf Hitler est convoqué, au moment où il est en devenir, où tous les futurs sont possibles.
Et celle qui se penche comme une fée sur le berceau n'est rien moins qu'une petite fille juive sacrifiée par l'Holocauste.
Elle se souvient d'un passé et des choix malheureux du bambin :
"Tu en as fait craquer des vies dans ces endroits où personne ne fermait jamais les paupières.
Toi qui avais choisi le « signe de vie » pour emblème, ce marteau de Thor tournoyant dans le ciel comme un soleil pour te représenter."
Les choix de la mort à figure de Svastika.
Heureusement ce n'était qu'une possibilité :
"Le temps n’est pas linéaire, il fait des plis dans lesquels sont patiemment lovés tous les possibles."
Et le cauchemar cède au rêve, celui d'un monde où l'assassin s'est fait peintre.
"L’autre réalité s’éloigne à jamais, comme un archipel fantôme dérivant dans la brume."
Et dans ce monde en devenir, l'homicide est artiste de talent au point d'éclipser un génie visuel comme Chaplin ou tout du moins le priver de sources d'inspiration (cf. le Dictateur), le monde ne s'embrase pas du souffle de l'antisémitisme, si bien que le sionisme n'a plus de sens. Les Juifs n'ont plus besoin d'une patrie, l'Europe est déjà la leur. Inutiles les rivalités entre sionistes (Ben Gourion) et anti-sionistes (Friedman).

Par contre les caprices du Temps empêchent Colibam de bien compter :
"Que se passerait-il si tu réussissais ton examen d'entrée à l'école des Beaux-Arts de Vienne, dans 28 ans ? "
En 1917, le petit Caporal était dans les tranchées. Il faudrait indiquer 18 ans pour nous porter en 1907.
"Sur l'arbre, aux côtés d'une Lili-transparence, près de onze millions d'yeux observent avec un regard de buée" à rapprocher des onze millions de personnes assassinées indiquées en bas de page. Il faut en déduire que chacun ne doit jeter qu'un œil.

Mais négligeons ces détails et reconnaissons au texte une verve poétique incontestable au vocabulaire proche des touches de l'aquarelliste.

P.S. : le titre original devait être Les fantômes de Braunau

   LeopoldPartisan   
2/12/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime particulièrement cette écriture parfaitement maitrisée, toute en respiration et en image. Pour ce qui est de la nouvelle, l'introduction sous forme de poème, m'a immédiatement captivé. Les décors sont somptueux et les descriptions passionnantes. C'est lettré et érudit, le final est vraiment amusant par cet aspect visuel ou le lecteur est aussi presqu'acteur.
Les contraintes ne se sentent absolument pas. Il y a surtout et c'est vraiment ce qui m'épaté une maturité tant dans le récit que dans les moyens pour me le faire partagé.
J'ai lu avec passion la part de l'autre d'Eric Emmanuel Schmitt et je trouve le prolongement vraiment intéressant car ni parodique ni identificatif.
Ton univers et ta manière d'écrire me font visuellement penser au Michel Fournier pour les mots et à Jean-claude Servais (dessinateur) our les traits.
encore bravo.

   Anonyme   
2/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un sujet brûlant aux bouts des doigts, mais très bien rapporté.

La nouvelle regorge de détails historiques mal connus ou inconnus qu'il est important de connaître.

C'est très bien senti et retransmis, bravo.

   Eric-Paul   
2/12/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
c'est une nouvelle très poétique
Empreinte d'une très belle sensibilité sans sensiblerie
sur un sujet particulièrement "glissant"
j'en aime le rythme les changements de rythme les images et la simplicité.

le clin d'oeil à Eric Emmanuel Shmidt est bienvenu. J'avais grandement apprécié la préface de la part de l'autre dans laquelle il écrit l'incompréhension dont font preuve les siens lorsqu'ils apprennent le sujet sur lequel auquel il s'attelle.

merci pour ce moment !

   jaimme   
2/12/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Le génocide et la guerre ne tiennent pas au seul Hitler. Les erreurs stratégiques oui. Bref je vais mettre de côté cette considération car l'uchronie est un art infiniment complexe, surtout quand on s'attaque aux grandes causalités.
L'idée est très intéressante, par son traitement, essentiellement.
J'ai été freiné au départ par la description de la "petite fille", mais le reste de la nouvelle transforme ce que j'ai pris pour de la préciosité maladroite en évocation heureuse d'un être surnaturel.
Une nouvelle/poème pour moi, et voulue telle je crois. Et c'est réussi.
Oui, un effet-papillon. Écrit avec sa grâce.

   Anonyme   
3/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aurais adoré adorer...

Parce que l'écriture est toute en grâce en finesse en poésie. Pour cela je remercie l'auteur.

Mais il y a quelque chose d'inabouti, de trop léger, de trop diaphane.
Et c'est l'impression de fond que je garderais. Enfin peut être le sujet (déjà abordé magnifiquement par l'auteur dans une autre nouvelle) ne se prête t il pas aux contraintes du concours. Ou peut être était ce réellement l'intention de l'auteur de garder cette distance .
Pour les Beaux arts c'est 18 ans pas 28 mais c'est un détail.

Merci pour cette lecture

Xrys

   Selenim   
3/12/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un texte magnifiquement écrit, plus de la poésie ne prose qu'une véritable nouvelle. Mais cette surabondance de tout rend les phrases trop chargées, vraiment ça dégouline. Il y a une telle richesse que ça en devient rapidement écœurant.

Mais au-delà du constat de ce style ultra élaboré, je n'ai rien éprouvé. Les mots sonnaient creux, les métaphores n'évoquaient rien en moi. N'ayant pas la sensibilité du poète, le texte m'a traversé sans me heurter.

Pour le fond, pas de bol, j'avais pour le concours fait des recherches sur 1889 et je suis évidement tombé sur Adolf et sa naissance le 20 avril. L'affaire était donc éventée dès l'entame.

Finalement, je reste plutôt aphone, car ce texte ne me parle pas.

Selenim.

   Anonyme   
3/12/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
ça me rappelle cette histoire de femmes qui discutent de leurs enfants et puis en partant la première interpelle la seconde style "bonne soirée madame Hitler"...

J'ai aimé.
Malgré les redondances et l'écriture aux images parfois déjà-lues...
J'ai aimé parce que tu poétise, et que j'aime bien les pouets moi!

J'ai aimé aussi, le fait qu'au fil de ma lecture j'ai commencé à entrevoir, doucement, vers où tu voulais me mener...

Merci Colibam pour cette agréable lecture... et je suis sure qu'avec un mois de plus, cette histoire m'aurait scotchée encore plus.

Là, j'ai aimé. Merci. Même la fin en italique, même les citations devant... le titre... tout.

   widjet   
4/12/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je suis embêté. Très embêté. Car l’intention est vraiment séduisante, plein d’audace même. J’ai également lu (et apprécié) le roman « La part de l’autre » et c’est bien que l’auteur en fasse mention car son texte est un écho à celui d’Eric Emmanuel Schmitt et rappelle que parfois des destinées auraient pu basculer du bon côté.

Ce qui m’embarrasse, c’est…la forme. Ou plutôt le procédé choisi (que je respecte, il va sans dire). Colibam écrit excellemment bien, c’est un fait. Il l’a déjà prouvé et le prouvera encore. Cette nouvelle d’ailleurs contient de nombreux passages poétiques souvent réussis ou opaques pour moi guère "paramétré" pour ce domaine (et des étrangetés aussi « pouls gélatineux »…répété avec « toile gélatineuse » plus adéquate, en revanche, et un pataud « débordent de bonheur » qui ne m’enthousiasme guère).

Mais – et c’est mon seul véritable, mais non négligeable bémol – le texte se noie (et beaucoup de son émotion avec) dans cette surabondance d’images qui finit par banaliser justement les jolies tournures. Cet excès de gourmandise littéraire est, hélas, un peu préjudiciable à ta belle initiative. Je comprends ton appétit de mots, mais il aurait fallu (plus facile à dire qu’à faire, je suis sûr !) essayer de te freiner et alterner avec des passages plus "concrets", plus simple même, car finalement c’est un sentiment de frustration qui prime ; tu tenais là un sujet, certes déjà évoqué, mais assez fort en soi, je trouve.
Le texte est sombre et fait beaucoup référence aux couleurs ; et une certaine tristesse finit malgré tout par ressortir de ce texte assez mélancolique.

Pas déplaisant, mais un peu décevant compte tenu du potentiel de l’idée de départ…et de l’auteur (qui compte parmi mes 10 nouvellistes favoris)

W

Question con… : qui est cette Lili finalement (une psychothérapeute ?) ?

   Anonyme   
4/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Il parle d'art et peint son histoire comme un tableau. Avec les mots pour couleurs et les contraintes pour cadre.

J'ai beaucoup apprécié cette lecture, fluide, parlante, dévorée avec beaucoup d'appétit (bon ok, j'ai pas encore mangé et j'ai faim alors c'est le seul mot qui me vient). Mais il me manque quelque chose, un peu moins de distance face au thème, j'aurais aimé pouvoir m'y plongé davantage.

Mais néanmoins, merci colibam.

   xuanvincent   
5/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien
NB : Commentaire en doublon, qui peut être effacé.

Après une lecture rapide, merci à l'auteur pour cette nouvelle que j'ai apprécié lire.

J'ai en particulier apprécié ce personnage de cette fillette perchée sur son arbre qui s'adresse à un interlocuteur dont on devine peu à peu l'identité.
Par ailleurs, comme d'autres lecteurs, la poésie du texte m'a plu.

Sur la cohérence temporelle, j'ai eu quelques difficultés au départ à suivre l'histoire.

La fin, cette typographie qui m'a paru comme l'histoire s'évanouir dans le néant, a retenu mon attention.

Bonne continuation à l'auteur.

   Anonyme   
5/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

J'ai vraiment aimé la poésie qui émane de ce texte, dont le sujet est pourtant terriblement casse-gueule. Je trouve qu'il fallait oser et j'aime l'idée que le concours permette une telle diversité de styles et d'angles de vue.
Il y a certes quelque chose de fascinant, et presque d'inquiétant à imaginer les possibles qui n'ont pas été, mais je trouve que tu as relevé le défi avec talent.
Bonne continuation.

   Menvussa   
7/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Colibam

Un texte bien écrit mais qui ne m’a pas vraiment convaincu. Le sujet m’a semblé traité d’une manière un peu trop rapide pour en faire une nouvelle, le temps d’un battement d’ailes de papillon.

   Anonyme   
8/12/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Très moyennement emballé.

Pour deux raisons en fait: d'une part parce que je retrouve une idée ulisée (d'une façon différente!) dans une nouvelle de Buzzati intitulée "Pauvre petit garçon" (attention je n'ccuse pas Colibam de plagiat, loin de là), d'autre part parce que je trouve le traitement fade.

l'idée en elle même est intérressante, et l'historien que je suis se pose cette question "Et si...", mais en fait, je reviens sur ce qui rejaillit ensuite: on ne fait pas l'histoire avec des si....Et ça me gêne justement de ne pas adhérer pour cette raison.

Le tratement quand à lui est assez correct, même si je ne suis pas fan du style un peu trop "pompeux" pour moi ( je pense notamment à cette phrase très lourde: "Les jambes graciles de la fillette, dont la chair délicate et diaphane exhale de troublantes fragrances de lys, se balancent dans le vide, rythmées par l'insouciance de sa jeunesse apparente."

Donc, j'admets la démarche et l'idée, mais je ne suis pas client, c'est dommage.

Bonne chance néanmoins pour le concours!

   Anonyme   
9/12/2009
Bonjour Colibam

Une écriture superbe, j'ai strictement rien à dire. Elle me porte, elle me berce et elle allume les couleurs.
Mais je suis passée à côté de l'histoire, complètement. J'ai attendu avant de poster, de voir si quelqu'un dans les commentaires précédents parvenait à m'expliquer pourquoi je n'ai pas accroché. Pas ressenti le texte. J'en sais rien.
La prochaine fois certainement.

   Cassanda   
10/12/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je suis embêtée... J'ai été portée par la musicalité et la poésie de ton texte. J'ai aimé tes descriptions et tes métaphores. L'idée est intéressante mais peut-être est-ce aussi parce que d'une certaine manière j'ai "utilisé" le même "personnage" pour ma propre contribution au concours. J'ai aimé également la mise en page finale, ces voix qui se mélangent avant de s'éteindre.
Néanmoins, je reste un peu sur ma faim. Trop court, pas assez développé, un peu tarabiscoté, on dirait que l'histoire se déroule le temps d'un battement de cils. Je ne suis pas certaine d'avoir bien compris la fin. J'ai l'impression que tu t'es laissé embarquer par les mots et qu'ils ont pris plus d'importance que l'histoire en elle-même. du coup, je ne suis pas entrée véritablement dans ton texte... Donc voilà... je suis embêtée !
Merci quand même de cette lecture,
Cass
Cass

   jamesbebeart   
13/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien
De très belles choses qui font de ce texte un long poème en prose. Malgré tout l'ensemble fait un peu fabriqué-c'est mon ressenti- et manque donc de naturel. Les images sont belles avec un travail particulier sur la couleur et la matière auquel j'adhère totalement. L'écriture est très maîtrisée ; toutefois l'intention de l'auteur, estimable certes, m'a moins convaincu.

   aldenor   
14/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien
La question n’est pas que le texte soit poétique ou pas. Il est trop, comme la petite fille du début, diaphane. Ce que j’appellerais écrire sans y toucher.
Et pourtant la matière est là : les éléments d’une nouvelle. Non seulement les faits, rien que des bribes, mais qui attisent la curiosité, mais aussi de beaux passages, qui pourraient faire office de phrases clefs dans un texte bien structuré.
En tant que lecteur, je manque de repères (pas des notes en bas de page) ; les personnages et l’action sont fantomatiques.

   Ninjavert   
15/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un texte très intéressant.

Plusieurs choses m'ont dérangées toutefois, qui m'ont empêché de l'apprécier pleinement.

J'ai été perdu dès le début, et plusieurs fois j'ai accroché au cours de ma lecture, ne sachant pas si le texte était volontairement brumeux ou si j'avais loupé un truc.
On se retrouve dès le début avec un personnage dont on ignore tout (Lili). On a beau deviner assez vite qu'il s'agit d'un fantôme, j'ai été perdu ne sachant pas si elle parlait toute seule, à l'arbre, à un autre fantôme à côté d'elle ou à un interlocuteur de chair et de sang, bien vivant sur l'arbre (ou à côté).

Tout s'explique à la fin, bien entendu, mais ça m'a gêné dans ma lecture de ne pas pouvoir clairement visualiser la scène.
L'arrivée des "autres" a rajouté à ma désorientation, et j'ai fini par décrocher un peu, me laissant porter par le texte sans chercher à visualiser réellement ce qu'il évoquait.

Dommage.

Toujours sur le déroulement, je suis moyennement convaincu par certaines tournures, certaines formulations :

Citation :
Tu vois, je suis revenue. Pour honorer notre promesse. Tu ne t'en souviens pas bien sûr mais pour moi, c'est… différent.

Je viens du futur. Alors forcément, ce serment du sang, il résonne encore en moi.


L'histoire se base sur le postulat très intéressant des réalités alternatives, des univers parallèles (si j'ai bien compris).

Mais ça n'implique pas une notion de voyage temporel : à un moment T de la ligne du temps, on a une infinité de réalités variables, certaines très proches, d'autres totalement différentes (en gros et de ce que j'en sais).

Or là, on a un mélange des genres : Lily revient dans le passé, à un moment où les réalités se séparent en différentes branches (la naissance du petit Adolf).

Mais quelle est la finalité de ce voyage dans le temps ? Pourquoi Lili revient-elle dans le passé ? Quelle promesse cherche-t-elle à honorer ? Au final, on n'a l'impression qu'elle est -comme les autres fantômes- juste là en spectateur.

Pour l'individu cartésien qui -comme moi- s'attache plus à la compréhension du récit qu'à la musicalité poétique du texte, ça n'était pas très clair.

J'ai aussi eu un souci avec ces "fantômes du passé". Un fantôme (là encore vision très personnelle) ne peut être présent que dans l'avenir. Il existe APRES son existence physique. Or, là on a des fantômes qui voyagent dans le passé... Bref. Je chipotte sur des détails pointilleux, en ayant bien conscience que la cohérence scientifique (de toute manière foireuse dès lors qu'on parle de ces paradoxes), n'était pas ton intention. Mais en l'état j'ai trouvé ça à la fois confusant et un peu bancal pour la compréhension de l'histoire.

Concernant l'écriture j'ai moi aussi trouvé ça trop riche, trop poétique. Ca ne m'aurait pas dérangé à l'échelle d'un texte très court (celui ci n'est pourtant pas très long), qui se serait clairement voulu de la poésie en prose. Des images simples, belles fortes, décrites aussi magnifiquement qu'ici.
Mais là, comme j'étais déjà paumé dans le déroulement, cette richesse excessive a accentué mon égarement. Du coup, j'ai relu plusieurs phrases deux fois, (pas grave, elles étaient très belles) mais ça a gêné mon "déroulé" de l'histoire.

A mes yeux, tout ça manquait de clarté, de pureté. J'aurai aimé quelque chose de plus sobre, de plus "accessible".

Je n'ai pas lu "La part de l'autre", mais j'ai comme Estelle sourit en me remémorant le "Pauvre petit garçon !" de Buzzati, dont j'ai aussi repris la chute dans mon texte du concours. Ca ne m'a pas gêné, le traitement était ici très personnel.

J'aime le fait que tout ne soit pas clair dans la fin, qu'elle reste ouverte. Chacun peut y voir un peu ce qu'il veut, sur l'importance de ses choix, de l'environnement sur un destin, sur le fait que certaines conséquences dramatiques tiennent parfois à peu de choses (ce fameux effet papillon même si, comme l'a souligné Jaimme, l'Holocauste et la guerre ne découlent pas que de la personne d'Hitler).

Au final, ce texte ne m'a malheureusement pas accroché tant que ça, en bonne partie à cause d'une lecture un peu laborieuse (dans la compréhension et l'excès de richesse). C'est dommage car la maîtrise des mots est là, les phrases sont belles (parfois magnifiques) et l'idée intéressante. Mais le mariage de l'ensemble ne m'a pas convaincu.

Merci en tout cas, pour ce voyage dans le passé, un passé plein d'espoir, qui peut échapper au recommencement...

Ninj'

   Meleagre   
17/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ce texte respecte-t-il la contrainte formelle du concours ? Est-ce vraiment une nouvelle ? La question peut se poser. L'action y est minimale : un enfant naît, observé par des millions de fantômes perchés sur un arbre. Le reste est de l'ordre de l'implicite.
Le procédé me dérange aussi : comment la présence de Lily et de ces millions de fantômes lors de la naissance d'Adolf lui permettra de réussir le concours des beaux-arts ? Et comment cette réussira l'empêchera-t-il de devenir le dictateur que l'on connaît ? Je n'aime pas trop cette manière de refaire l'histoire, de prendre à contre-pied des événements historiques. Avec des si...
Question bête : je ne vois pas l'utilité de mentionner l'ascenseur.

Reste que l'écriture est très belle, et s'apparente plus à la poésie, voire au poème en prose, qu'à une nouvelle. Quelques très belles phrases : "Son regard d'un vert à faire frémir l'océan déshabille les moellons calcaires de l'imposante bâtisse.", "La nature et le monde sont prostrés dans la minuscule agonie des secondes", "Le son d’une cloche brise le cristal du silence. / Au même moment, en contrebas, un cri de délivrance." "Quand nous étions ensemble, un désert de mots répondait à des lèvres muettes".

Merci Colibam pour cette si belle écriture.

   florilange   
17/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Côté poésie, certes très bien. Même pour moi qui ne suis pas très poésie. De très belles phrases qui vous invitent à continuer la lecture.
Côté compréhension, j'ai été archi nulle. Compris seulement à la fin. J'ai 1 peu honte de l'avouer, je ne voyais pas du tout où je m'en allais. Relu 3 fois, pour m'assurer que...
Désolée, colibam, pas accroché du tout malgré la beauté de l'écriture.
Florilange.

   Bidis   
18/12/2009
Beaucoup apprécié les citations en exergue.
Je ne comprends pas grand-chose mais l’écriture m’enchante littéralement.
« Ses souvenirs sont des oiseaux poudreux qui s'effritent, formant des îles d'ombre à l'envers des paupières. » C’est de la poésie pure, j’aime beaucoup. C’est une écriture magnifique.
Je ne mets pas d'évaluation, comme pour les autres textes où je n’ai rien compris.

   Anonyme   
7/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une approche que je qualifierais d'impressionniste ; se met en place sous nos yeux, par petites touches, la solution finale.
Beaucoup de poésie (bienvenue malgré la gravité du sujet) :
"Le son d’une cloche brise le cristal du silence." : hop ! le pinceau de cristal.
"lissant d'une main fluette ses cheveux d'algues douces." : tiens ! le pinceau marin.
"Poissons de l'air, oiseaux de l'eau, nous palpons les temps obscurs pour en extirper certaines écailles."
etc...
un bémol : gélatineux utilisé 2 fois (visqueux pour la 2 ième peut-être ?).

L'alternance entre le jeu de Lili et la naissance de la mort en la personne d'Adolf Hitler est très évocatrice et crée véritablement une "ambiance" (j'ai un peu honte d'utiliser ce mot pour un tel sujet).

Pour ce qui est de l'Iodiosyncrasie au sens de : "Tendance des sujets à organiser les règles générales de formation des mots d'une même langue de manière différente selon leurs dispositions intellectuelles ou affectives particulières," il n'y a effectivement rien à dire sinon que j'ai aimé l'usage qui est fait de la langue.

La dernière guerre : 40 millions de morts dont la moitié en pertes civiles.

Un beau travail sur la matière et la couleur également.

Bravo


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