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Brèves littéraires
Concours : Apnée [concours]
 Publié le 08/02/26  -  3 commentaires  -  1904 caractères  -  21 lectures    Autres textes du même auteur



Apnée [concours]


Ce texte est une participation au concours n° 39 : Le souffle du vent

(informations sur ce concours).



Ce matin, un silence inhabituel fige les oiseaux dans les arbres. La rosée stagne au bord des feuilles. Une pesanteur opprime la campagne où les blés dressent leurs silhouettes immobiles.

Devant ma fenêtre ouverte, la chaleur m’incommode. Les rideaux ne frissonnent pas, la porte du couloir ne claque pas. Au-dessus de la maison, les nuages inertes s’amoncellent. La météo annonce une canicule. Je me décide à sortir.

D’ordinaire je peste contre ma frange décoiffée à chaque pas. Aujourd’hui, pas un cheveu ne bouge.


Me dirigeant vers le port, l’inactivité des éoliennes m’étonne.


Rien. Aucun son.


La terre privée de pluie s’ouvre en longues crevasses. Des filaments grisâtres envahissent le flanc des bateaux couchés dans le varech.


Désolation.


Les vagues.

Où sont les vagues ?


L’océan s’étale sans relief. Au loin, un voilier, mât en travers, gît.

Papillon blanc épinglé sur une planche.


Le soleil incendie l’horizon sur son tombeau liquide.


Les cormorans, ailes repliées, tombent du ciel.

Pierres noires brisées.




Pétrifiée, sur le quai, je suis l’arbre, la branche, la feuille, le nuage, le blé, la terre, la poussière, le cormoran, la vague, le voilier, le papillon, l’océan…



L’oxygène se raréfie.



L’ingratitude des hommes, malgré les avertissements, l’a réduit à un bruit, une gêne, un élément perturbateur. Ils n’ont pas cru à sa proche disparition, pas plus qu’à celle des glaciers, des rivières, des sources, des forêts, des plantes, des animaux, des insectes, des poissons, des coraux…



Son dernier souffle s’avère imminent.




À moins qu’il soit déjà trop tard.





Et le monde…


 
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   Myndie   
25/1/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Le dernier souffle de vent, le dernier souffle du monde.
J'aime bien la façon dont le thème est ici abordé. J'ai trouvé originale et subtile l'idée d'associer la disparition du vent à cette « apnée » car à mesure que se déroule le fil du récit, l'oppression se fait ressentir, comme si l'on commençait soi-même à sentir que « l’oxygène se raréfie. »
Il aurait cependant été intéressant de travailler l'idée de manière plus suggestive, laissant l'imagination du lecteur faire le reste, éveiller la curiosité et faire naître l'émoi.
La dénonciation est claire et la harangue explicite ; c'est dommage car cela affadit considérablement la sensation d'étrangeté et la fluidité quasi onirique amorcées au début du texte.
Sur la forme, de jolies trouvailles poétiques :
« La terre privée de pluie s’ouvre en longues crevasses. Des filaments grisâtres envahissent le flanc des bateaux couchés dans le varech. »
ou les « pierres noires brisées » évoquant les cormorans
viennent racheter la banalité d'images plus classiques comme :«  Le soleil incendie l’horizon ».

   papipoete   
30/1/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
bonjour concurrent
De ma fenêtre, je ne vois plus que RIEN, plus aucun signe de vie, alors que le Vent montre du haut de sa fureur, qu'il règne en Maître sur ce coin de France, retenant son souffle avant de venir ici mourir.
même les vagues ont disparu, comme pour s'élancer dans un abominable tsunami.
NB les rideaux ne flottent plus, les éoliennes ne tournent plus, ni les oiseaux dans le ciel et les arbres plus immobiles qu'une image collée au mur...
On sent que le Vent prend son élan, il va bientôt lâcher ses chiens !
ce texte n'en dit pas trop long, et tout en retenue, nous fait lever les poils...
papipoète

   Robot   
8/2/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Le vent est aussi un signe de vie et quand il semble disparu toute existence est à l'arrêt et en attente de renouveau.
C'est ce qui ressort pour moi de ce texte.


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