Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Fantastique/Merveilleux
Concours : Sous le soleil bizarrement [concours]
 Publié le 23/05/24  -  11 commentaires  -  9987 caractères  -  72 lectures    Autres textes du même auteur

Image 5 – Dans l'inconscient (Vincent)


Sous le soleil bizarrement [concours]


Ce texte est une participation au concours n° 35 : Arrêt sur image

(informations sur ce concours).



On ne pouvait rêver mieux… Une villa louée à Cadaqués en vue de profiter du calme et du soleil généreux. Une parenthèse dans ma vie d’écrivain parisien. Je m’éloignerais ainsi du tumulte urbain pour savourer la quiétude que m’inspiraient les oliviers aux feuilles argentées. J’avais en effet trouvé un havre de paix dans cette maison aux murs blancs ouverts sur un jardin d’oliviers irradié de soleil (on le voyait sur la photo de l’annonce) et décoré de treillis et de portiques. Elle m’avait tout de suite plu en ce qu’elle n’était pas dénuée de similitudes avec la villa de Dalí, que j’avais visitée quelques années auparavant lors d’une randonnée dans la région de Gérone.

Dès mon arrivée, après avoir découvert les intérieurs et choisi la pièce qui me servirait de bureau, je sortis sur la terrasse. Un soleil de plomb la parcourait. Je me sentis agréablement enveloppé par la chaleur, je restai là de longues minutes à contempler le porche aux lignes pures et les oliviers blancs. Quelque chose semblait manquer cependant mais je ne pus définir l’origine de cette impression. Je rejoignis la fraîcheur du salon et m’attelai à mon récit policier commencé, sans trop d’assiduité, à Paris. C’était comme si le sujet me tenait jusque-là à distance. Une histoire de crimes de jeunes filles dans les bois. Étonnamment, dès que je fus à ma table de travail, je noircis d’un trait quelque vingt pages et travaillai toute l’après-midi. Ce lieu baigné de soleil m’est propice, me dis-je.

La terrasse ensoleillée m’invitait à faire une pause. Je marchai pieds nus sur les dalles chaudes, savourant sans limite cette sensation presque enivrante. J’avais posé mes lunettes à l’intérieur de la villa à côté de mon ordinateur. Je me dirigeai vers la chaise longue. Ma sieste fut un délice. À mon réveil, comme je goûtai à nouveau le plaisir du contact de mes pieds sur les dalles chaudes, je contemplai, avec un délassement d’empereur, le déploiement de mes orteils comblés de douce chaleur. Mais quelle ne fut pas ma surprise de constater avec effarement que mon pied, lorsque je le surélevai légèrement pour faire un pas, ou lorsque je le déplaçai légèrement vers la droite, ne formait au sol, devant ou derrière moi, aucune ombre. Pas la moindre petite trace sombre. Un fou rire me prit. Le fou rire des hommes acculés à l’impuissance. Je me raisonnai. Je devais être la victime de mon sommeil : encore dans l’engourdissement, les choses s’effaçaient de ma vision. Le contraste, ombre de la chaise longue, lumière de la terrasse, devait probablement provoquer cette illusion d’optique, d’autant que j’avais quitté mes lunettes d’hypermétrope sévère. Mais je voulus en avoir le cœur net. Je me postai, pieds joints, sur une dalle et regardai d’un coup (stupidement je l’avoue) derrière moi. Pas d’ombre au sol. Je tournai, gigotai. Rien. Je fermai les yeux, les ouvris à nouveau. Les dalles de la terrasse inondées de soleil n’offraient aucune forme sombre, aucune tache-refuge tant espérée par mes yeux… Le portique faisait de l’ombre, les oliviers dessinaient sur la terre poussiéreuse une forme oblongue, mon corps, lui, n’esquissait rien.

Je restai perplexe. Peut-être avais-je mal pris mon traitement ? Un écart, un oubli et voilà. Une sorte d’hallucination comme j’en avais déjà eu au cours de crises d’intensité sévère.

Je décidai de me mettre à l’abri de ce phénomène aussi déroutant qu’incongru, qui commençait à m’angoisser, en rentrant dans la maison. Je me ruai sur mes lunettes, les chaussai et pris finalement le parti d’affronter derechef l’impensable. Je ressortis sur la terrasse, muni de l’objet le plus confiant pour élucider ce mystère de « la disparition de mon ombre ». Car il fallait bien se rendre à l’évidence et nommer les choses par leur nom.

Armé de ma paire de lunettes, je me replaçai en plein milieu de la terrasse. Le soleil de l’après-midi poursuivait son œuvre, ses rayons réchauffant chaque pierre, chaque pan de mur. Ainsi immobilisé, je cherchai mon ombre tout autour de mon corps, fixant une circonférence invisible à l’intérieur de laquelle j’espérais distinguer une vague tache sombre. Mais il n’en fut rien. Je ne persévérai pas ; j’étais désormais dans un tel état d’abattement que la moindre tentative de visualisation relevait de l’exploit.

Je rentrai dans la villa et me remis à mon ordinateur à la recherche d’un divertissement au sens étymologique du terme c’est-à-dire dans l’espoir de me détourner d’une réalité qui me paraissait pour le moins inconcevable. Mais je ne pus plus me concentrer, l’idée inouïe de cette perte (provisoire ? irrémédiable ?) de mon ombre continuait de m’obnubiler. Et il me fut impossible d’écrire quoi que ce soit. Le réel aussi intriguant soit-il me rattrapait.

Le soir, je veillai à prendre correctement mon traitement, sûr de retrouver l’ombre manquante le lendemain. Je ne parvins évidemment pas à trouver le sommeil tout de suite. Mes pensées tournaient autour de l’événement de la journée comme un pendule circulaire.

Dans ce maelstrom de réflexions, une réminiscence surgit tout à coup… Ce rêve… Ce rêve fait à Paris… Mais oui, c’était cela l’explication ! Mais comment cela pouvait-il être cela ? J’avais fait un rêve étrange : un vieux chanteur rencontré dans le métro, et à qui j’avais donné la pièce, me proposait de me donner l’inspiration en échange de mon ombre justement. Mon ombre, allez savoir pourquoi.

Et si ce rêve était prémonitoire ? Je me refusai à tirer cette conclusion tant tout cela me paraissait de la plus extravagante outrance. Et si je ne retrouvais jamais mon ombre ? Si l’on m’avait figé dans cet état hallucinant ? « On » qui « on » ? Et si l’on m’absorbait ? Si mon ombre n’était que les prémices d'un effacement plus radical de soi ? Je finis par m’endormir, harassé par cette déferlante de questionnements vains, de divagations envahissantes.

Le lendemain, je me réveillai avec une pointe d’appréhension instantanée : allais-je pouvoir retrouver mes marques, mes repères, mon ombre ? Je me précipitai au soleil matinal et fus immédiatement terrorisé par son absence… Elle manquait encore… Les dalles s’unissaient contre moi pour rester bien nettes de luminosité. Rien ne se dessinait à partir de mon corps. C’était plus que je n’en pus supporter ! Je ne voulus plus savoir… Je ne voulus plus regarder, je décidai de me remettre à mon récit policier, ce pour quoi j’avais élu domicile en ce lieu paradisiaque. Un peu par besoin d’étouffer l’inconcevable, d’occulter l’impensable sous un toit infranchissable par le soleil.

J’écrivis, rageusement, avidement, passionnément. J’écrivis six cents pages, mille images, comme en sortie de convalescence. Je versai sur ces pages toutes mes lâchetés, toutes mes noirceurs, toutes mes trahisons. Mes personnages prenaient de l’épaisseur. Mon intrigue foisonnait de ramifications. Mes assassins se gorgeaient de mes propres défauts. Ils maîtrisaient leur art.

Je pris conscience que, ce que je transposais sur mes protagonistes, c’étaient mes sentiments noués d’obscurité. Les fois où j’avais eu peur de dire à Sarah que je la quittais. Les frustrations engendrées par mon mutisme. La lâcheté qui me faisait honte. Les fois où mon cœur explosait de colère devant l’autorité d’un éditeur. La fois où la douleur et la culpabilité m’ont submergé à la mort de ma fille. Et l’angoisse de voir son fantôme ne me laisser aucun repos.

Je créai même un enquêteur, que je conçus comme un personnage récurrent dans mes livres à venir. Un peu sur le modèle d’Adamsberg. Rêveur, intègre et attendrissant. Plus je travaillai sur son portrait, plus je m’aperçus qu’à chacune de ses faiblesses, de ses démons, correspondait un crime. Cela me frappa. Comme s’il existait un fil invisible mais tangible entre le commissaire et les assassins. Un écho dévastateur. Comme si ses failles alimentaient la noirceur des criminels. Je trouvai l’idée, qui s’imposait là, bonne et poursuivis mon roman.

Le lendemain, je m’approchai de la terrasse sans appréhension aucune : je savais qu’« elle » ne serait pas là. Et effectivement, une fois en son centre, alors que le soleil dardait ses rayons, nulle tache sombre n’apparut, liée à moi. J’avais pris mon parti, je n’en parlerais à personne, ni au propriétaire ni aux éventuels voisins, on me prendrait pour un fou, un insensé, un délirant.

Je relus mes brouillons. Tout y était : la noirceur de mes obsessions, l’obscurité de mes intentions, la laideur de mes démons. Je n’en revenais pas, j’avais écrit le roman sans aucun effort, presque en mode automatique. Et ce roman était le reflet de ma part d’ombres.

Et mon retour à Paris confirma ce constat : je n’eus plus jamais de sentiments négatifs : la rancœur, l’amertume, le ressentiment, étaient éloignés de moi. Éloignés, que dis-je, ils ne faisaient plus partie de mon logiciel. Ma vie en fut radicalement modifiée : je m’assagis. Je participai à différentes œuvres caritatives, je m’engageai pour la planète, j’animai des ateliers d’écriture dans les prisons et mon entourage ne se plaignit plus ni de mon caractère acariâtre ni de mes sautes d’humeur. Je ne prends plus du tout mon traitement depuis mon séjour à Cadaqués et je n’ai fait aucune crise depuis lors. D’ailleurs, je ne vois pas la nécessité d’aller chez le psychiatre, j’ai suspendu mes rendez-vous.

Je bénis la villa de Cadaqués sans laquelle tout cela ne me serait pas arrivé. Je bénis bizarrement le soleil sous lequel je me suis révélé. Je bénis mon éditeur qui a accepté mon manuscrit. Je ne souffre d’aucun manque.

Personne n’a remarqué que mon ombre avait disparu. Les gens ne sont pas très observateurs… ou ne regardent pas forcément le sol : ils ont les yeux rivés sur leurs portables. Et puis à Paris, il pleut plus souvent qu’on ne voit le soleil.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   plumette   
1/5/2024
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Je trouve l'idée de ce texte plutôt bonne et j'aime aussi l'image qui a inspiré cette idée. Mais à la fin de ma lecture, je suis un peu perplexe.
ce que j'ai compris: un écrivain perd son ombre, ce qui lui permet de laisser libre cours à ses ombres multiples et diverses de manière fictionnelle, il s'en délivre mais ne retrouve pas son ombre pour autant.
je n'ai pas vraiment réussi à m'intéresser à cette mésaventure qui me parait finalement être traité sur le mode réaliste.
je crois que j'aurais aimé en savoir plus sur cet écrivain et que la forme soit plus farfelue en écho au tableau et à l'évocation de Dali.
on ne sait pas combien de temps dure le séjour à Cadaquès mais cet auteur prolixe a le temps d'écrire 1.000 pages? Comme je l'envie...
en tout cas , bravo d'avoir participé au concours et d'avois choisi cette image qui n'est pas la plus simple.
J'aime bien le titre!

   cherbiacuespe   
4/5/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Y'a un type qui se nommait Attila, il a, à jamais, perdu le plaisir de fouler l'herbe de ses pieds parce qu'un jour, il n'en a plus jamais vu autour de lui. Alors cette histoire d'ombre disparue, pardon, n'a rien d'extraordinaire!

Blague à part! Cette histoire manque pour moi de consistance. Je veut dire qu'il y avait de quoi épaissir le sujet, avec ce chanteur rêvé par exemple, les raisons du mystère de cette disparition, le caractère de cochon qui ne transpire pas réellement du tableau du personnage principal. Je note quand même une écriture agréable, une cohérence, un vocable maîtrisé, une lecture facile.

Cherbi Acuéspè
En EL

   Cox   
5/5/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un texte sympathique dont l'idée m'a plu même si j'aurais bien aimé trouver peut-être un peu plus de consistance.


Le concept est intéressant; vendre son ombre contre de l'inspiration, et retrouver cette ombre perdue dans ses écrits. Je lis une variation sur le thème du pacte avec le diable, sauf que celui-ci tourne bien. Ce n'est pas si commun, un récit de ce genre qui ne finit sur un plot twist dramatique pour le protagonisate et cette touche de positivité est intéressante.

J'ai trouvé qu'il était un peu dommage que le texte soit si court cependant; il y avait matière à développer soit le côté fantastique, soit le côté psychologique pour apporter un peu d'épaisseur. En l'état je regrette un peu que ce soit "juste une bonne idée" qui manque de corps pour vraiment me faire rentrer dans le texte. Mais ça reste une découverte plaisante.

Le traitement des contraintes du concours est original également, en reprenant les différents éléments du tableau de manière détachée, par petites touches subtiles. Et le thème central du rêve, de l'inconscient, du surmoi, toussa toussa est également présent. Une belle façon d'intégrer l'image et de la dépasser!

Du côté de l'écriture, c'est simple, propre et agréable à suivre. On n'en rajoute pas des caisses, on raconte son hisoire avec maîtrise et out le monde est content.

Bref, un moment de lecture bien agréable, merci du partage!

   jeanphi   
23/5/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime un peu
Bonjour,

Une écriture très subtile porte ce récit vers une forme d'absurde qui illustre son thème de manière suggestive et agréable bien que légère.

Je pense, par exemple, que les descriptions s'insèrent de manière littéraire et judicieuse, l'équilibre et la sobriété me paraissent maîtrisés sans effort par l'auteur. Des processus requérant à une connaissance approfondie de la narration semblent ici s'aligner spontanément avec une aisance humble, une envie de communiquer simplement, une générosité tranquille. (Ceci excepté les descriptions de la pathologie qui semblent précipitées, de quels troubles s'agit-il exactement (?), si l'on discerne qu'une explication plus détaillée n'est pas utile au récit, je trouve néanmoins ces encarts amenés avec moins d'adresse.)

Cependant que l'histoire me paraît un peu facile, empreinte d'un pragmatisme allant en dépit de la logique, presque naïve. Difficile de savoir ce que j'en aurais pensé si le héros ne s'arrangeait pas aussi rapidement de la disparition, ou encore si celle-ci venait le hanter ou bien à lui manquer.

Je pense que ce qui décide mon faible ressenti relève de choix d'auteur. La décision du héros de ne pas communiquer au sujet de son ombre, de vouloir cacher le phénomène, de considérer les autres comme incapables de le discerner, ne me permet pas d'entrer en empathie avec sa psychologie.
En bref, nul compte tenu de la conclusion du récit, celui-ci m'a beaucoup plu et j'aurais aimé qu'il ne me laisse pas cette impression de final expéditif.

Adamsbrerg, je suis bien content de lire cette évocation du personnage de Vargas, dont je n'ai jamais osé regarder les adaptations cinématographiques de peur d'être déçu !
Merci pour cette lecture.

   hersen   
23/5/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
l'ombre "physique, visible", disparaît tandis que le roman prend du corps, qu'il se nourrit de cette part d'ombre.
J'ai vraiment aimé cette nouvelle, qui sait n'en faire pas trop dans le fantastique, que je trouve en quelque sorte "une valeur refuge". l'ombre ne serait-elle que de nous-même ? aurait-elle des pouvoirs de transposition ?
j'ai aimé le rythme de lecture, rien ne s'écroule et on voit très bien cet écrivain sur sa terrasse, cherchant son ombre.
Une belle idée, et je la trouve très en relation avec l'image, d'un pied qui se cherche.
Merci pour la lecture;

   Perle-Hingaud   
23/5/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
J'ai bien aimé cette nouvelle dans son fond comme dans sa forme. La narration suit la contrainte et est rythmée, je ne me suis pas ennuyée un instant. Le ton est alerte et le clin d'œil à une œuvre connue permet d'enrichir la réception, en projetant l'univers fertile et toujours un peu fantastique de Vargas.
Ce n'est pourtant pas à elle que j'ai pensé, mais à Edgar Poe. Il ne s'agit certes pas de la maison Usher, mais il y a quelque chose puisque vous semblez rattacher, dans un premier temps, le don à cette maison. Et j'ai là une remarque, la seule négative: "J’avais fait un rêve étrange : un vieux chanteur rencontré dans le métro, et à qui j’avais donné la pièce, me proposait de me donner l’inspiration en échange de mon ombre justement. Mon ombre, allez savoir pourquoi.": à mon sens, ce point est de trop. Soit vous partez sur cette idée, alors à développer, soit vous la supprimez: la maison au soleil donne ce pouvoir étrange, l'inspiration contre l'ombre. Vous pouvez éventuellement développer en expliquant que l'ombre sur le côté de la terrasse a grandi et protège maintenant un vieux mur, que sais-je. Ce n'est qu'une idée en passant, bien sûr.
J'ai bien aimé aussi l'idée que cette inspiration "purgeait" l'âme de l'écrivain, une catharsis dès l'origine de la création.

Merci pour cette lecture !

   Robot   
23/5/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
J'ai été captivé dés le début par cette histoire d'ombre disparue et ayant déjà lu des récits sur "les hommes sans ombre" il me tardait d'en savoir plus. Je dois dire que la fin banale m'a plutôt déçue.
(Le type rentre à Paris et personne ne s'aperçoit de rien. mais il est content !)
J'ai plutôt l'impression justement que si personne ne s'aperçoit de rien, c'est qu'en fait cet écrivain qui arrive à écrire mille pages d'une traite est inconsistant. Et c'est à partir de cette révélation qu'il aurait été intéressant de développer le personnage.
Dommage car l'écriture elle même avait poussé ma curiosité à aller jusqu'au bout de la lecture.

   Cornelius   
24/5/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
L'idée de départ de cette histoire est très intéressante et j'aurais aimé en savoir un peu plus. La personnalité de l'écrivain aurait sans doute mérité un développement plus fouillé ainsi que celui du vieux chanteur qui dans un rêve propose un échange qui ressemble à un pacte avec le diable, sujet déjà visité par d'autres écrivains. Et que dire de la maison de Cadaquès toute proche de celle de Salvador Dali que j'ai visitée et qui ne manque pas d'attraits. La chute de cette nouvelle aurait pu s'inspirer de Dali qui lui aussi ne manquait pas d'imagination en lui donnant une fin plus originale.

J'ai bien aimé ce texte mais je dois reconnaître que je suis resté sur ma faim car j'ai le sentiment d'être passé à côté d'une très bonne histoire.
Finalement cette nouvelle conservera sa part d'ombre.

   Marite   
28/5/2024
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Une lecture aisée et thème original pour cette nouvelle présentér en "fantastique/merveilleux". Certes la réalité est un peu bousculée, enfin, si peu, avec ce rêve étrange fait par le personnage avant son voyage et le changement d'environnement. Mais, après tout, pourquoi pas ? Rien n'est gratuit en ce bas-monde et avoir échangé son ombre contre l'inspiration combien d'auteurs seraient-ils prêts à le faire ? Lue d'un trait, sans aucun ennui, ce texte m'a réconciliée avec la lecture que j'ai tendance à laisser de côté de plus en plus souvent ...

   solinga   
1/6/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Une nouvelle visuelle et évocatrice, d'une belle sensorialité, qui questionne cet affleurement de soi au sol...l'ombre...et d'une manière inédite puisque débouchant sur une perte sans remords.

M'ont particulièrement plu : le contraste entre le dehors et le dedans, décor solaire et réclusion permettant la sécrétion romanesque, cette fille des abat-jours ; l'absurde pris en charge avec une belle fluidité narrative ; le détachement vis-à-vis de cette mésaventure supprimant d'un coup de baguette tout le négatif en nous, le vouant tout brûlant au papier.

L'écriture se saisit de ce qui en nous, incandescent de noirceur, nous arrime au sol humain. Impalpable rappel de notre cousinage avec la terre.
L'esprit en fin de lecture se prend à douter du bénéfice de cette exception faite au régime de l'"humain trop humain". Paradoxe d'une ombre sans revenant.

   Vilmon   
14/6/2024
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Bonjour, de mon côté, lorsque des soucis ou des questions me tourmentent, je n’arrive pas à m’endormir. Qu’est-ce que perdre son ombre sinon perdre son âme ? Un genre de pacte avec le diable, mais que peut-il avoir de tangible puisqu’il s’agit d’un pacte dans un rêve. Un songe, une révélation ? Un événement qui se produit sans son consentement. Et si cette ombre disparaît par une création sombre provenant de ses propres soucis, pourquoi est-elle subitement absente ce jour-là sans rien avoir écrit ? L’ombre ne devrait-elle pas s’estomper graduellement ? J’ai eu par moment une impression de redondance. L’auteur a perdu son ombre, il s’est défait d’une partie de son âme, de son essence pour parvenir à écrire des récits qu’il apprécie. L’art est un vampire qui lui vole sa vie. Et puis quelle importance puisque personne ne le remarque, il pleut toujours à Paris (vraiment ? Tout y est si gris et triste ?). C’est comme ouvrir ses veines pour prendre son sang afin de s’en servir d’encre pour écrire des récits. C’est bien écrit, mais je n’ai pas été emballé.
Vilmon


Oniris Copyright © 2007-2023