Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Aventure/Epopée
Cordiale : Cérémonies
 Publié le 25/07/16  -  14 commentaires  -  12481 caractères  -  109 lectures    Autres textes du même auteur

Histoire d'une femme de ménage d'origine sud-américaine qui vend son âme au diable.


Cérémonies


J’avais terminé les toilettes des femmes. Vidé les poubelles pleines de cheveux et de Kleenex, tachés de tout ce qu’elles se mettent sur la figure. Je laissais les lieux à peu près nickel, si on exceptait les éclats de l’émail des sièges, et les fissures du carrelage. L’odeur puissante de désinfectant fleuri avait pris le pas sur les odeurs humaines et je passais aux toilettes des hommes.

Là, c’était à chaque fois insupportable, malgré les années consacrées à cette noble tâche.

Bien sûr, si le gérant de la station avait payé quelqu’un dans la journée pour veiller à la propreté des lieux, il n’y aurait pas eu cette puanteur de chaque soir, cette nausée qui montait dès la porte. Odeur d’entrailles étrangères, d’ammoniac. Ne manquait jamais le crétin qui a bourré la cuvette de papier et l’a bouchée. Ni les poils ni les cheveux ni les crachats, ni la poudre grise du rasoir secoué sur le lavabo.

Je me demandais si c’était plutôt inné ou acquis chez eux cette tendance à laisser les traces de leurs résidus corporels, tout comme ils laissaient des traces de leurs obsessions et de leur vulgarité grasse, sous forme de dessins et de graffiti, de grattage sur les portes. Ce n’était pas une simple négligence, une simple exhibition rigolarde. C’était forcément une façon d’étaler quelque chose de sale et de sauvage, que la bienséance interdit, dans ces endroits à la fois publics et retirés, anonymes. "Je vous emmerde", clamaient les chiottes des hommes, dès la porte, et le "vous", à 20 h 30, c’était toujours moi.


C’est ce qui provoquait la nausée, pas la merde elle-même, que j’avais nettoyée sans souci au derrière des pauvres gens, dans les hôpitaux, quand j’étais infirmière, dans une vie antérieure. Les vieillards tremblants d’alors, si misérables et dépendants, ne percevaient qu’à peine ces fonctions de leurs corps flasques ; tout sortait d’eux sans contrôle ni dessein.


Pas que les femmes soient meilleures que les hommes, mais la bienséance ne les lâche pas, même là. Elles ont une espèce d’horreur de l’intérieur de leur corps, ses tuyaux, ses productions, il faut cacher ça, laver, évacuer tout miasme, toute sécrétion, que ça disparaisse vite, comme si ça n’avait pas existé… Et puis la honte de ce que penserait la suivante.

Je portais les seaux dans les grands placards, rinçais les serpillières et les éponges, retirais les longs gants de caoutchouc roses ou bleus, parfois percés à l’extrémité d’un doigt. Mes doigts étaient de toute façon moites, blancs et puants.

Et je devenais tout entière moite blanche et puante, tout le temps. Une femme entre deux âges qui commence à s’empâter, avec cet accent sud-américain qui devait donner l’impression que j’étais débile. Pourtant je comprenais bien – et tout – y compris ce que disaient de moi à voix presque basse le patron et la petite caissière teigneuse, qui s’énervait sur ses ongles grenat derrière les chewing-gums et les piles électriques.


Plus de mari, pas d’enfants, pas de famille. Peu de compatriotes à Romorantin… Pas du tout serait plus exact, à ce que j’en savais. Je n’avais pas beaucoup cherché, à vrai dire. Mais j’avais un deux-pièces HLM dans une petite cité pas trop laide, les 30 heures de ménage hebdomadaires et les toilettes de la station en prime, pour vivre. J’avais ma mobylette.

Sur la nationale le soir en hiver noir et pluvieux, au retour, les phares des grands poids lourds en face me faisaient les yeux doux… Juste un petit coup de guidon et finis les longs gants de cérémonie excrémentielle, finies les vieilles maniaques qui croient qu’on les a volées quand elles perdent leur très fine alliance en se lavant les mains ou le reste. Finis le printemps l’été l’automne et l’hiver surtout, finie l’Europe nourricière et aigre comme une rombière qui vous donne ses vieilles jupes, finie la nausée.


--------------------------------------------


Quand il est entré la première fois dans les toilettes, un samedi soir, je venais d’arriver. Normalement la station était fermée, c’était un peu bizarre que le patron l’ait laissé entrer. Mais c’était peut-être un copain pris d’un besoin pressant… L’autre était en train de faire sa caisse sans s’occuper du reste.

En le voyant entrer (cette semaine-là j’avais décidé de commencer par celles des hommes, histoire de changer pour voir si c’était pire ou mieux), je suis allée vers la porte : mon contrat ne prévoit pas la contemplation de ces messieurs en action.

Mais il m’a interpellée et j’ai bien dû me retourner. Il était petit, trapu et laid, pas gras mais tassé, compact. Il avait un visage large et deux yeux à la fois luisants et limpides, deux petits ronds noirs perçants dans des iris couleur caramel. Il avait aussi un sourire drôle, pas symétrique.


– C’est bien vous qui vous appelez Imma ?

– Oui.

– Ça veut dire "immaculée", pas vrai ?

– Oui.

– C’est un prénom prédestiné on dirait.

– On peut dire ça, si vous voulez.


Je ne sais pas pourquoi je retenais avec soin mon accent. Est-ce que j’avais envie d’avoir l’air intelligente ? Et comment connaissait-il mon prénom ?


– Imma, je voudrais vous inviter à manger demain à midi. Est-ce que ça vous dirait ?


À manger à midi, c’était intrigant, j’ai dit oui.



Il m’avait donné rendez-vous dans un petit resto du centre-ville, j’y suis arrivée avec ma mob, mon casque, tout juste si j’avais enlevé ma blouse.

Il était déjà là, assis dans un coin. On a mangé des choses simples mais plutôt bonnes. Je calculais qu’il y avait dix-huit ans que je n’avais pas mangé avec un homme au restaurant. Il n’était pas bavard, mais moi je me suis détendue peu à peu, et comme il posait des questions, je répondais.

Et je suis repartie au travail, et ça s’est reproduit deux fois encore, toujours à midi, toujours au même restaurant. Je sentais une sorte de vie renaître, en me traitant d’idiote ; il était de plus en plus curieux. Il n’essayait rien sinon de me faire raconter mon passé. Et je racontais, les yeux dans mon verre ou dans les siens, indéchiffrables. Je racontais les faits, les uns après les autres, froidement, comme on se laisse aller.



Et puis il m’a invitée un soir.

"Nous y voilà", me suis-je dit, sans arriver à savoir l’effet que ça me faisait.

Même resto, même table, moi exténuée en arrivant, lugubre comme la mort et pourtant là.

Il avait apporté un grand papier plié.


– Regarde Imma, a-t-il dit en l’étalant sur la table, voilà l’endroit d’où je viens.

C’était une carte de mon pays.


L’endroit qu’il montrait était dans la montagne, un endroit que je n’avais jamais vu. Je ne comprenais pas ce qu’il était allé faire là-bas, un Français. J’ai attendu qu’il s’explique.


– Tu as beaucoup souffert, Imma, beaucoup perdu. Toutes ces années de peur, la mort de tes proches, ton pays. Et maintenant la merde des autres. J’ai quelque chose à te proposer.

Là-bas, j’ai un petit hôpital, très moderne, dans un endroit agréable, bien protégé, en altitude, bon climat. De la chirurgie seulement, de très bon chirurgiens occidentaux. Tout le matériel. J’ai besoin d’une infirmière-chef qui parle espagnol, qui dirige l’équipe d’aides-soignants. Il n’y en a pas beaucoup, ce n’est pas nécessaire. J’ai pensé que ça pourrait t’intéresser. C’est très bien payé. Tu bosses seulement six mois, après tu vas où tu veux avec tout cet argent, tu reviens six mois plus tard. L’hôpital ne fonctionne que six mois par an.

– Où vont les malades les six autres mois ?

– Nulle part, il n’y a plus de malades.

– Tout le monde est guéri tous les six mois ?

– On peut dire ça, a-t-il répondu avec un sourire aux dents si blanches que j’ai cessé de poser des questions.


Il y a eu plusieurs autres repas semblables à celui-là. Et il a fallu beaucoup de temps pour que je comprenne de quoi il retournait. Il était souvent évasif. Peu à peu, la nature des soins m’est apparue.

Il fallait penser aux milliers de gens qui attendent des greffes, dans le monde entier. À la difficulté de trouver des donneurs, toutes ces vies qui se consument dans l’attente, tous ces gens qui s’éteignent peu à peu, jeunes, enfants, braves gens. Et aux difficultés : donneurs qui meurent loin de tout lieu de prélèvement et de transport, ou qui sont si rares.

L’hôpital était équipé dernier cri : plusieurs salles de prélèvement, une piste d’hélicos, tout un circuit bien rodé. Il avait rencontré les chefs de bandes qui jouaient aux guérilleros dans les montagnes, et ceux-ci avaient fini par accepter de collaborer. Quand ils descendaient quelqu’un, ils le faisaient pas trop loin de l’hôpital et ils prévenaient.

Et puis d’ailleurs maintenant ils avaient trouvé plus commode de faire ça derrière le grand mur qui l’entourait. Les exécutions sommaires, les occasions ne manquaient pas : traîtres, paysans chapardeurs, voyous. Ils essayaient de rétablir l’ordre dans la région. Et puis ils étaient toujours en lutte contre des bandes rivales. Pas mal d’hommes robustes, bien entraînés, bien nourris. D’excellents donneurs. Ils mourraient de toute façon, et quel gâchis humain.


J’avais dans l’esprit la façon dont Paco était mort lui aussi, si jeune encore, égorgé dans une rue par un toxico pour son portefeuille. Le sourire de ce gamin quand il avait été interrogé devant moi, reptilien… ses yeux noirs voilés de défi : il se savait protégé. Et ce sourire s’était superposé dans ma mémoire à celui de Paco, figé, raidi par la mort. Comment la suite des évènements m’avait forcée à fuir.

Il y avait maintenant cet autre sourire devant moi tandis que je pensais aussi à mon village, à ma mère et ma vieille tante Anna, seules dans leur minuscule maison, au chien pelé qu’elles avaient recueilli pour les prévenir du danger la nuit, il y avait si longtemps.

Il n’y avait plus rien dans mon cœur que pour elles, et une froideur sans limite pour le reste du genre humain. J’ai regardé les yeux de cet homme devant moi, j’ai cru y voir flotter quelque chose qui ressemblait à ceux du gamin, pourtant le sourire était large, tranquille. J’ai dit oui.


– Tu es une femme remarquable, Imma, je suis content de t’avoir rencontrée. Quelquefois tu sais, ils ne sont pas complètement morts en arrivant. C’est mieux d’ailleurs pour la greffe. Il faut les aider un peu, mettre fin à cette souffrance. Tu sauras faire ça, j’en suis sûr, tu n’es pas une idiote, tu es une femme qui sait agir au mieux.

– Oui, ça doit être facile.


-----------------------------------------


Aujourd’hui est le dernier jour des six mois. De ma deuxième période de six mois. C’est le début de la saison des pluies, brutal cette année. Je suis à l’arrière du bâtiment, sous l’avancée du toit, je fume, regarde la pluie qui hache les arbres, dans la lumière basse. L’entrée du bloc est à ma gauche.

Sur les gravillons se dilue lentement la longue traînée de sang qui a coulé de la bâche luisante de pluie qu’ils viennent de transporter, depuis la petite porte dans le mur de derrière. La bâche semblait moins lourdement chargée que d’habitude, pas de pied qui dépasse, pas de gémissements.

En arrivant dans le bloc ils l’ont posée sur le carrelage, elle s’est ouverte.

Il devait avoir moins de dix ans, glissant tout mouillé sur le sol, en short sale, avec ses yeux fixes, ouverts, sa peau jaune et les mèches noires collées qui lui couvraient la moitié du visage.


– Celui-là c’est un accident, et tu n’as rien à faire, a dit le chef, les yeux braqués sur moi.


Je le regardais aussi, avec ses petits yeux gris couleur de plomb, où on devinait encore un reste de sentimentalisme macho.

Il avait bien tort. J’aime maintenant ces gestes pleins d’un pouvoir occulte, clinique : l’aiguille qui pénètre si facilement, le petit piston de plastique blanc qu’on enfonce, la respiration qui s’arrête après deux ou trois derniers mouvements.


Je viens de voir passer les précieuses boîtes en plastique réfrigérées, vite vite il ne faut pas perdre de temps. L’hélico halète dans la demi-obscurité, derrière les arbres.

Sur la table du bloc maintenant désert, je sais qu’il est allongé, deux grands trous ovales à la place des yeux, le ventre ouvert. Je n’ai aucune envie d’aller voir. Je sais déjà qu’il y en aura d’autres.

Je me demande ce qu’ils font des corps après.


Demain je serai chez moi, dans la grande et belle maison que j’ai fait construire au bout du village, avec ma mère et ma tante. Elles m’attendent. Le jeune gardien que j’ai engagé m’attend aussi.


Vivre, c’est l’essentiel, non ?


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   plumette   
30/6/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette nouvelle est prenante de bout en bout.

Tour de force de réussir à intéresser les lecteurs en décrivant dans les quatre premiers paragraphes le nettoyage des latrines et l'analyse des comportements masculins et féminins dans " les lieux d'aisance".

c'est intéressant de faire connaissance de cette façon avec la narratrice qui est également le personnage principal.
Une petite note d'humour avec le prénom de cette nettoyeuse de chiottes et un suspens bien maintenu avec l'arrivée de cet homme et cette approche assez lente pour la convaincre de participer à sa petite entreprise. aucun jugement moral, à aucun moment, ce qui permet au lecteur d'être totalement libre dans son opinion.

l'écriture est alerte,

un grand savoir faire!

   hersen   
10/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien
En plein coeur du cynisme, cette nouvelle dans un sens n'apprend plus grand-chose tant on sait les trafics d'organes; mais les dire, une fois de plus, et mettre en scène celle qui va accepter ce travail de meurtre pour gagner mieux sa vie.

Que dire ? Qu'il faudrait avoir fait le même travail qu'elle pendant des années pour comprendre son acceptation.

Ce texte ne donne pas de réponse, il pose la question de la conscience.

mais alors, pour être honnête, il faut extrapoler. Il y a bien des professions louches moins regardantes; Des gens qui ont pignon sur rue.

pour moi, ce texte est incomplet car il ne va pas jusqu'au bout. mais c'est le choix de l'auteur. Il y aurait pourtant beaucoup à dire sur ceux qui, de ce trafic, gagneront bien plus, bien plus qu'une maison.

   Perle-Hingaud   
13/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai trouvé ce texte excellent. Efficace et sans effet de manche, avec une narration simple, presque plate, qui banalise l'horreur décrite et surtout imaginée derrière les aspirations légitimes de la narratrice. Celle-ci apparaît peu à peu, d'abord comme une victime, puis comme un bourreau.
Ce récit fait froid dans le dos.
Bravo !

   Anonyme   
25/7/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
Désolé de débuter mon commentaire par cela : ""Je vous emmerde", clamaient les chiottes des hommes, dès la porte, et le "vous", à 20 h 30, c’était toujours moi.", mais voilà pourquoi je suis resté sur votre nouvelle, pour ce ton, ce réalisme, cette description de notre "humanité".
Et puis plus loin "les phares des grands poids lourds en face me faisaient les yeux doux… Juste un petit coup de guidon et finis...", c'est tellement juste ce sentiment qui apparaît en nous parfois. Ah et puis : "l’Europe nourricière et aigre comme une rombière qui vous donne ses vieilles jupes ", ce passage remet bien les pendules à l'heure, je trouve.
On ne s'attend pas vraiment à cette offre de l'homme, je voyais plutôt l'approche d'un pervers de la pire espèce, et la suite de la nouvelle ne tombe pas dans le sentimentalisme, ni dans le glauque, juste l'authentique réalité de notre civilisation.
Le style est parfait pour raconter cela, direct, un langage et des réflexions qu'on imagine bien dans l'esprit de cette femme.
Un excellent travail qui amène à une profonde remise en question sur nous-mêmes, sur le fonctionnement de notre monde. Me ferais-je greffer un organe dans ces conditions-là ? Les yeux doux des camions me seraient sans doute plus supportables.
Très belle lecture pour moi ce matin. Pour une première nouvelle, je dois avouer que vous avez frappé fort.
A vous relire avec grand plaisir.

   vendularge   
25/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Tout d'abord, je trouve une écriture efficace, sobre qui va à l'essentiel. Elle porte le rythme même des gestes de la femme, mécaniques et désabusés. Cette première partie est remarquable.

L'histoire est très intéressante et nous permet de réfléchir sur ce qu'induit parfois le "trop" de misère, de tâches ingrates, mille fois reproduites pour mille recommencements tout aussi glauques.

Je regrette l'absence d'un même souci du détail dans le paragraphe trop court des "6 mois", puisque l'auteur aurait pu faire le parallèle entre le regard porté sur nos diverses déjections et traces et celui porté sur ces presques mourants, qui ont un regard suppliant bien loin des quelques poils de barbes, plus difficile sans doute pour l'auteur de se projeter sans faillir.... bref, une histoire dérangeante, on voudrait tellement qu'elle en sauve un ou deux comme ça en douce. Mais ce sont des bons sentiments un peu trop habituels qui n'ont pas cours ici.

Un choix que je trouve encore une fois très efficace.

Un grand bravo donc et merci

Vendularge

   bambou   
25/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo pour cette nouvelle, avec en toile de fond le trafic d'organes, très bien conduite.

Comment de ''victime'', d'une société inégalitaire et confronté jour après jour à l'irrespect dont certains font montre à l'égard des plus modestes, le personnage principal fait taire sa conscience pour basculer dans le clan des bourreaux.

   Pouet   
25/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

Cette première nouvelle publiée est ma foi fort convaincante.
L'écriture est très agréable, soignée.
J'ai trouvé particulièrement réussi le début, la description du travail d'Imma, ses réflexions...

Cette phrase m'a assez marqué par son caractère incisif et réaliste:

"Je vous emmerde", clamaient les chiottes des hommes, dès la porte, et le "vous", à 20 h 30, c’était toujours moi.

La suite me plaît aussi notez bien.
Toutefois je trouve le mode de recrutement un peu étrange, pas forcément très crédible car très direct, et risqué pour le type de tomber sur quelqu'un qui le dénonce, il s'est renseigné sur Imma avant certes mais je ne sais pas trop... Mais je reconnais mes lacunes en matière de directeurs d'hôpitaux clandestins sud-américains spécialisés dans le trafic d'organes.

Quoiqu'il en soit ce texte est, je le redis, selon moi bien écrit, cela se lit très bien et c'est assez prenant. La petite "morale" sous-jacente n'est pas désagréable non plus.

Bravo et bonne continuation, au plaisir d'en lire un autre.

   MissNeko   
25/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quelle histoire prenante ! Votre plume est superbe. Vous menez votre narration d une main de maître.
J ai presque été déçue d arriver à la fin !!! J en voulais davantage.
Un grand merci pour ce partage.
A vous relire vite !!

   widjet   
30/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Ce qui frappe - et effraie - c’est la froideur clinique du ton employé par la femme. Je me serais attendu - du moins au début - à des sentiments, n’importe lesquels (répulsion, pitié, révolte, peur…), mais pas à cette froideur. Est-ce une résignation, un fatalisme ? C’est probable. Je ne sais pas comme je ne sais pas si cela m’a véritablement gêné. On peut légitimement supposer que depuis le début, bien avant que cette histoire ait commencé, cette femme - de par son vécu, ce que l’auteur nous dit d’elle - est déjà revenue de tout, blasée, écoeurée par la nature humaine. Le début du texte et l’allusion aux déchets n’est pas fortuit.

L’Homme produit et exploite de la merde.



L’écriture est appliquée, ça fait du bien aux yeux. Elle peut sembler par moment un tantinet précieuse pour une femme dont ce n’est pas la langue maternelle, mais c’est du chipotage. Le récit est fluide et même si le dénouement (ainsi que le titre) ne sont pas les plus réussis, la question finale est d’une horreur assez glaçante.



Il y avait moyen d'aller plus loin (beaucoup de raccourcis et quelques facilités notamment celle du recrutement), mais cela reste une nouvelle, un concentré donc OK. Pour un premier texte, c’est prometteur et cela appelle confirmation.



Mon évaluation est un peu flatteuse (selon mes standards), mais c'est un encouragement.

Bienvenu et bravo.



W

PS : pour avoir déjà discuté avec des femmes de ménages en entreprise, vous seriez étonnée (ou pas) d'apprendre que selon leur propre expérience, dans les toilettes, les femmes sont encore plus négligentes que les hommes.

   in-flight   
25/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Une nouvelle avec du fond, c'est toujours chouette.
Je trouve le décrochage un peu brutal entre son ancien et son nouvel emploi. Je pense que votre intention à travers l'histoire de cette femme est de montrer le combat des misères. Elle gagne son fric en nettoyant le "pas beau", le caca pour le bien commun. Dans son second taf, elle voit une autre forme de "pas beau" pour d'autres formes d'intérêts (toujours liés à des besoins physiologiques. Elle éprouve une distance naturelle face à ses deux emplois, raison pour laquelle l'employeur s'est adressé à elle, peut-être.
Bref, cette distance opérée par la narratrice m'a également laissé un peu distant.

En tout cas, un bon texte sur la guerre économique pour la survie de chacun. Human jungle...

   JulieM   
27/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un récit rude, tranchant comme le fil du scalpel, qui se lit d'une traite et qui est bien structuré. J'aime assez ce genre direct. Un thème très original qui est écrit avec une belle aisance. Une chose cependant qui m'interpelle: pourquoi diable cet homme viendrait chercher justement cette femme-là, en France ? D'où la connaît-il ? Pourquoi elle ? La logique m'a échappé, mais je ne suis pas trop futée...Et le titre que je n'aime pas trop.
Merci.

   GillesP   
30/7/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Cordiale,
J'ai bien aimé le contenu de votre histoire. Le style m'a moins convaincu, quoique je ne sache pas exactement dire pourquoi. Peut-être aurais-je aimé que, d'une manière ou d'une autre, il renforce l'horreur que nous découvrons au fur et à mesure. Par ailleurs, j'ai regretté de comprendre un peu trop vite de quoi il s'agissait, dans cet hôpital. C'est, à mon goût, clair trop rapidement.

   Ora   
23/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Alors là, je suis épatée :)
Je me suis de suite trouvée entraînée sans résistance aucune malgré le thème qui nous plonge dans les puanteurs de l'humanité. Votre écriture a ce pouvoir étonnant de décrire l'horreur toute crue et dans le même temps de la lisser. Bravo vraiment et merci :)

   Velias   
25/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Cordiale,
Que dire de cette nouvelle ? J'ai accroché dès les premières phrases : une narration claire, précise et qui va droit au but. Un peu déçue par l'intrigue qui se dévoile dès lors que son nouvel "ami" parle d'hôpital. Personnellement j'aurais préféré que cela soit mis en place de façon plus suggestive.
Mais il est toujours facile de critiquer. ..
La partie du texte relatant son nouveau job me semble un peu courte.
Un bon texte toutefois, qui soulève un sujet tabou : d'où viennent les organes ?
Velias.


Oniris Copyright © 2007-2017