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Humour/Détente
Corentin : Les Aventuriers de l'Amérion - Chapitre 15 : Contact
 Publié le 05/03/08  -  2 commentaires  -  15291 caractères  -  7 lectures    Autres textes du même auteur

L'équipage de l'Amérion prend ses marques. Et prend une charge.
Cette histoire a été écrite à 4 mains, par celles de Corentin et Sébastien, deux abrutis sévissant par l'écriture de textes tous plus idiots les uns que les autres... Bonne lecture.
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Les Aventuriers de l'Amérion - Chapitre 15 : Contact


Klebz et Brossard furent accueillis en héros, juchés sur leur convoi de gras. Von Dutch se mit aussitôt au travail, et prépara une tonne de grauchettes à la sauce kupuk qu’il fit griller au-dessus d’une bonne flambée. Tipek ayant carrément décidé que c’était jour de fête, il fit sauter les kadeunas de la réserve de graudka, le seul alcool autorisé en mission hyperspatiale, et tout le monde s’imbiba la gueule à n’en plus pouvoir. Wall-ID s’était changé en enceinte mobile, diffusant de la musique douce bien sympa jusqu’au bout de la nuit. L’équipage avait ainsi festoyé comme des gros porcs, et chacun avait fini par s’effondrer dans sa couche à la belle éteuhale – oui, parce que Klebz avait installé un tupu de plein air tout équipé, c’était une espèce d’abri sommaire offrant quelques hamacs en fibres de touptulus pour dormir. Klebz et Brossard furent bien évidemment les derniers couchés, après s’être jeté des troncs dans la gueule pour le fun, saouls comme des barriques, avec douze grammes de sang par litre d’alcool dans les veines.


Au petit matin, vers midi bien tapé, une alarme se mit à gueuler. Brossard, qui avait dormi avec son fusil – il s’était d’ailleurs tiré une balle dans le pied pendant la nuit –, fut le premier à se lever en beuglant :


- ALAAARRMMAAAAA !!!

- Hein ? Quoi ? s’étrangla Klebz.


Le seconde classe s’extrait de son hamac puis courut vers Brossard.


- Putain mais c’est quoi ce bordel, sérieux ?

- J’ai installé un périmètre de sécurité, avec détection par granulométrie en phase gazeuse. Et il vient de se mettre en route ! Il y a intrusion !


Brossard rugissait, comme à son habitude, scrutant les alentours, inquiet. Il n’était que midi, mais la chaleur était déjà étouffante, et la jungle plus moite que jamais. L’alarme stoppa. Klebz soupira, se retourna vers le tupu, et vit Lumi s’extraire discrètement du hamac de Tipek en embarquant un vieux string usagé ainsi qu’un soutif de la taille d’un parachute. Le seconde classe mit ça sur le compte de l’alcool qu’il avait encore dans le sang, d’après ses premiers relevés biométriques du matin, qui indiquaient : « ÉTAT CAISSEUX – INTERDICTION DE PILOTER OU DE SE SERVIR D’UNE ARME, MÊME QUELCONQUE – PRENEZ UN DAULUPRANE ». Klebz s’humidifia la truffe, puis goba un cachet d’anticaisséïne gros comme une plaque d’égout.


- Nan mais kestu racontes là, Brossard ? Quel périmètre de sécurité ? Tu te crois où sérieux ?

- J’ai installé ça cette nuit, pendant que tout le monde ronquait.

- Et tu crois sérieusement que t’as pas fait que de la merde cette nuit ? Laisse tomber, t’as sûrement mal étalonné les transducteurs thermoptiques. À tous les coups, les capteurs ont vu une musaraigne. Vachement flippant, comme intrusion…

- Je te dis que y a kekchose. Je le sens.

- Putain mais tu pues l’alcool, et t’as dormi par terre, dans les restes de grauchettes carbonisées, c’est ça que tu sens. Allez, coule-toi un dauluprane, checke tes relevés biométriques et va te recoucher.

- Mouais. Chuis pas convaincu.


Deux minutes plus tard, Brossard ronflait dans son hamac comme un connard. Tipek, qui ne s’était pas réveillé, marmonna quelque chose d’incompréhensible finissant vaguement par « ‘loope » en cherchant quelque chose d’absent, près de lui.


Une heure plus tard, alors que tout le monde ronquait à poings fermés, Tipek sentit quelque chose le chatouiller. Il ouvrit les yeux, lentement, pensant voir Lumi, mais au lieu de ça, il se retrouva nez à nez avec une espèce d’ahuri en peaux de bêtes.


- AHHHHH !!! Kékecé ??? hurla Tipek avec une voix de gonzesse.


La capitaine se boîta de son hamac, non sans se coincer un pied dedans. Il essaya de se traîner vers son arme, mais il était fait comme un rat. Au sol, il se retourna vers l’être primitif qui tenait une énorme massue dans sa main, mais qui n’avait pas l’air de savoir comment s’en servir.


- Super. Un abruti des cavernes, soupira Tipek.


Klebz, qui avait l’ouïe fine, se leva d’un bond, et mit en joue le visiteur imprudent avec son canon à protons.


- Kestu fous là, gros naze ? aboya Klebz. T’aimes ça, les protons au ptit dej’ ?


Le primitif émit un borborygme complètement imbitable.


- Wall-ID ? Tu peux traduire ? demanda Tipek, qui se souvenait que le droïde de protocole avait plus d’un milliard de langues en mémoire, même les plus primitives.


Wall-ID répondit par un pépiement à peine plus compréhensible.


- Hein ? fit Klebz, en se tournant vers Tipek.


La communication s’annonçait compliquée, si le capitaine devait systématiquement repasser derrière chaque traduction wallidienne.


- Bin alors ? redemanda Klebz à Tipek.

- Il dit qu’il s’appelle Röh-Lan.


Et Klebz d’assister à un exposé complètement improbable, à la limite fluctuante du bitable, où ledit Röh-Lan disait « ngrouk », traduit par Wall-ID en « touptülulüht » et rectifié par Tipek en « euh… ». Attiré par ce curieux bordel, le reste de l’équipage se réveilla lentement, la gueule pâteuse, et avec un relevé biométrique pour le moins douteux. Von Dutch prépara une bassine de café micropercolé enrichi en aspurune et vint poser à tout le monde une voie centrale de réhydratation. C’était vraiment la grosse lutte. En plus, il fallait se concentrer pour essayer de biter quelque chose à ce que racontait le primitif. C’était vraiment sport, mais après une bonne après-midi passée à tailler la bavette – dans les deux sens du terme –, l’équipage avait finalement passé un très bon moment en compagnie de ce drôle d’ahuri, même si personne n’était bien sûr d’avoir compris. Il était notamment question d’un « graugaudh perdu », d’un « canditaure du laukval », d’une tribu de « jabalos » et autres imbitableries pour le moins concombrues. Apparemment, Röh-Lan était un jeune con au passé mouvementé, mais il semblait s’être quelque peu assagi.


- Mais qu’est-ce qu’il fout là, déjà ? redemanda Hal. J’ai pas tout compris.

- Apparemment, il s’est paumé pendant une chasse de nuit, répondit Tipek. Une histoire de kraukeboules phosphorescents, si j’ai bien suivi. Mais j’ai pu me tromper.

- C’est quoi un kraukeboule ? s’enquit soudain Klebz, qui n’aimait pas du tout ce mot.

- Je sais pas, c’est lié à un rituel graugaudhique, d’après ce que j’en ai compris, fit Lumi.

- Ah ? Bon.

- Mais putain bordel c’est quoi un graugaudh ? s’emporta Brossard.


C’est le moment que choisit Klebz, rendu badin par le dauluprane, pour balancer une grosse koukouye très mûre sur la tronche de Brossard, histoire de mettre un peu d’ambiance. La koukouye est un fruit de la taille d’un barbotier à renoncules persistantes, mais il possède la particularité d’être extrêmement gluant lorsqu’il est bien mûr. Couvert de pulpe de koukouye, donc, Brossard se rua, joueur, sur le mécanicien, et attrapa ce qui traînait, une bouteille vide de graudka, pour la balancer de toutes ses forces dans la tronche de Klebz. Ce dernier, vif comme un kalamarou, esquiva d’une roulade, et finit dans les buissons, comme à l’accoutumée. L’autochtone, qui n’avait rien demandé à personne, examinait la carlingue du vaisseau d’un air circonspect lorsqu’il subit les conséquences de se trouver dans la trajectoire de Klebz. La bouteille de graudka rebondit d’un gleunk sur sa caboche. Il se retourna en se massant douloureusement le cuir chevelu, presque au bord des larmes devant tant d’injustice. Brossard fut bien désolé de voir que la plaisanterie avait tourné court, et entreprit de réparer les dégâts en offrant à l’infortuné visiteur une patte de pinosaure froid avec un peu de mayonnaise. Tipek n’avait pas perdu une miette de la scène, et il enjoignit à ses deux subalternes de ranger tout le bordel d’hier soir en guise de punition.


- Mais capitaine je l’ai pas fait exprès j’vous jure ! couina Brossard.

- Oui moi non plus d’ailleurs ! ajouta Klebz.


L’œil noir du capitaine fit rapidement comprendre aux deux lascars que l’heure n’était pas à la discussion. L’autochtone, rassuré par sa patte de pinosaure - mayonnaise, observait la scène d’un œil intéressé. Il aimait bien cette tribu dans laquelle ceux qui faisaient une connerie étaient justement mais pas trop punis.


- Tu sais qu’un jour avec tes conneries on va finir en cour martiale, Klebz, tu le sais ça ?

- Meuh non arrête un peu ta comédie, t’as aucun humour, vieux cake, rétorqua le canin.

- Ah bin ça c’est la meilleure… Je suis couvert d’un truc douteux et gluant, et je devrais le prendre avec humour ! Tiens attrape ça !


Brossard balança à son acolyte une bassine pour le moins répugnante qui contenait des restes de mülk tchèque (une boisson terrienne aromatisée à base de graudka… enfin d’un peu tout ce qui traîne en fait) et d’autres choses assez glauques. Surpris, le mécanicien n’eut que le temps de tendre les bras pour réceptionner ladite bassine, qui fondit sur lui en suivant une trajectoire non caractéristique mais fortement renversogène. Et de fait, en un juste retour des choses, Klebz se vit barbouillé des reliquats de la veille avant d’avoir eu le temps de dire flonf. L’indigène, qui n’avait pas quitté les deux loustics du regard, partit d’un grand rire ponctué de quelques gronk lorsqu’il reprenait son souffle. Beau joueur, Klebz agita la queue pour signifier qu’il acceptait la défaite. Son compagnon savait cependant très bien qu’il n’attendrait pas longtemps avant de prendre sa revanche…


Pendant ce temps, le caporal Lumi, douchée et rasée de frais, mettait sous tension les différents éléments du LBC. Elle avait passé l’après-midi dans la salle de douche, pour des raisons qui échappent à la plupart des hommes. Bref. Le LBC, ce formidable ordinateur, était relié à tous les capteurs externes du vaisseau et envoyait dès l’atterrissage sur une planète inconnue toute une panoplie de draunes destinés à mesurer différents paramètres, notamment pour affiner les relevés belan (pour before landing). Les premiers rapports arrivaient donc ce matin, avec leur lot de cartes topographiques et autres listings des bioéléments à ADN végétal natif. Lumi prit position dans le fauteuil, chaussa les lunettes à transmission de gluons et activa le système. Elle pénétra instantanément dans une bulle bleutée où son corps flottait en apesanteur dans un océan d’informations et de feuilles Excel. Des éclairs de données paramétriques traversaient son champ de vision, et une voix douce et enveloppante énonça d’un ton clair « Bienvenue dans le LBC. Identifiez-vous. » Les nuances viriles et graves du timbre commencèrent à chauffer le caporal, mais elle reprit ses esprits et lui tint à peu près ce langage : « Caporal Djudju Lumi, 4è régiment de génie des systèmes industriels, 3è cohorte, 14è légion, accès jaune n°441, code d’accès 45 tiret 7 tiret oméga tirez pas ». Le LBC émit une lueur vacillante quelques instants, puis valida l’identification du caporal.


- Merci caporal. Que puis-je pour vous ?

- Relevés paramétriques organique et minéral des douze dernières heures.

- Et le mot magique, caporal ?

- S’il vous plaît, soupira Lumi.


Le concepteur de la GUI du LBC était un obsédé des bonnes manières, et il avait programmé son bébé pour que les utilisateurs lui parlent poliment. Heureusement qu’il ne s’agissait pas d’un outil critique ou militaire mais bel et bien conçu à l’origine pour le vaisseau d’exploration du commandant Koos’toh. Les informations défilèrent devant le caporal, si toutefois il existait un « devant » dans cette bulle où elle ne voyait pas son propre corps. Plusieurs points retinrent son attention, notamment la présence de quelques hordes nomades, assez peu belliqueuses au demeurant, ainsi que celle d’animaux sauvages un peu moins amicaux. Certains étaient même de taille à endommager sérieusement l’Amérion, sans commune mesure cependant avec la planète précédente, où ils avaient bien failli y passer. On pouvait donc trouver sur ce monde certaines espèces de Gronkus Gronkus Flanae communs, mais aussi des spécimens isolés de Canditaurus Rex de bonne taille. La flore était très développée voire omniprésente, et les forêts luxuriantes abritaient de nombreuses espèces d’insectes et de plantes qui piquent, bouffent, mordent, grattent, etc. Le climat tropical sur la plupart de la planète rendait la nature généreuse mais assez susceptible, et l’on pouvait donc facilement se méprendre sur les fruits comestibles. Il conviendrait de faire attention…


À l’extérieur du vaisseau, tandis que Klebz et Brossard étaient encore en train de se lancer des trucs à l’aspect incertain voire franchement douteux, Tipek raccompagnait leur visiteur jusqu’à l’orée de la forêt en espérant qu’il reviendrait bientôt les voir. Après tant d’années de service et les événements récents, le capitaine trouvait ce retour aux sources bien agréable. La soudaine absence totale de communication en provenance de la Cellule ne quittait cependant pas ses pensées, et il ne comprenait pas ce qui avait bien pu arriver.


- Von Dutch, héla-t-il comme l’intendant circulait le nez au vent.

- Capitaine ?

- Trouvez Lumi, je voudrais la voir, et allez mettre une baffe à ces deux andouilles, je vous prie, dit Tipek en désignant Klebz et Brossard qui se battaient encore avec le fusil à ultrasons dédié à l’entretien.

- Bien capitaine.


Wall-ID passa en cliquetant à côté du capitaine, et Von Dutch se prit les pieds dans le petit robot comme il se retournait pour aller engueuler Klebz et Brossard. L’intendant se rêcha le caisson comme une brêle, mais il atterrit dans l’herbe touffue qui, gentiment, amortit sa chute. « Sympa, l’herbe », pensa-t-il en reprenant sa course. Wall-ID émit un tülülüt vexé et continua son chemin. Le capitaine resta interdit devant cette scène banale. Il s’attachait à son équipage, décidément. Lumi arriva quelques instants plus tard, et se mit au garde-à-vous devant Tipek, faisant du coup ressortir son opulente paire de nibards.


- Hrm repos caporal ! Dites-moi, toujours aucune nouvelle de l’état-major ?

- Non capitaine, aucune, mais les récepteurs longue portée ont pu ne pas fonctionner pendant notre séjour sur Coteless, en raison des orages magnétothermiques.

- Oui, bon… Que penser de ce silence radio… Que dit le LBC sur cette planète, au juste ?


Lumi résuma brièvement le rapport de l’ordinateur central, en insistant bien sur la synthèse vocale qui la mettait en transe. Elle conclut son énoncé par le fait que, au sens strict, cette planète était assez accueillante.


- Bien. Merci caporal. Ah non un dernier point. D’après l’autochtone qui s’est pointé tout à l’heure…


Tipek suspendit son récit, s’attendant aux habituelles réflexions prénuptiales de Lumi qui chauffait plus à elle seule que l’ensemble des réacteurs à fusion du vaisseau, mais… rien. Rien du tout, juste un regard interrogatif sans la moindre trace de lubricité. L’indigène devait avoir des pouvoirs bien étranges…


- Donc oui, d’après lui, ce coin s’appelle le Boimoisi, enfin cette clairière s’appelle comme ça. Et la planète… Bin il ne sait pas ce qu’est une planète…

- Étonnant !

- Oui bon… Donc on va l’appeler Kotfull, par opposition à Coteless, d’accord ?

- C’est vous le capitaine, capitaine !


Atterré par cette réponse pourtant remplie de bon sens, Tipk congédia Lumi non sans reluquer son arrière-train. Ainsi commença réellement leur séjour sur Kotfull.



 
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   nico84   
5/3/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je vais vous avouer qu'à un moment de votre nouvelle, dans les parties précédente, j'ai été légérement lassé mais les derniéres ont redonné une nouvelle implusion, énergie, et j'attends avec impatience une nouvelle avalanche d'humour, d'actions, de néologismes, de vocabulaire techniques, vraiment que du bon !

Grabd bravo !

   jaimme   
26/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ah... il y a une lumière intéressante au bout du couloir.
L'intelligentomètre à fission incontrôlée a pris un coup de clef à mollette calibre 124 on dirait.
Je me réveille.


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