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Fantastique/Merveilleux
Cthulhu : L'homme qui n'existait pas
 Publié le 09/05/16  -  13 commentaires  -  8109 caractères  -  116 lectures    Autres textes du même auteur

Quelle belle journée pour mourir.


L'homme qui n'existait pas


Quelle journée magnifique pour mourir, se dit-il en avalant la dernière bouchée de son sandwich au pain de mie rance et au beurre aigre. Il se coince une cigarette entre les lèvres et l’allume avant de s’accouder à la rambarde à la peinture décrépie. Il ferme les yeux pour laisser le léger vent de juin lui caresser le visage et se mêler avec douceur aux tièdes rayons de soleil se glissant sous son épiderme.


Une magnifique journée pour mourir, se répète-t-il en ouvrant les paupières pour regarder la rue s’étaler cinquante mètres en contrebas. Depuis le toit de l’immeuble, plus rien ne distingue les gens de minuscules insectes grouillant en d’invraisemblables tourbillons. Alors il fixe cette vie en modèle réduit se dérouler sous ses pieds et, comme tous les midis, il s’imagine sauter. C’est son petit fantasme personnel. Il met en scène son suicide dans les moindres détails et dans les plus infimes sensations à l’intérieur du microscopique cinéma de sa psyché.


D’abord il enjamberait la rambarde et se tiendrait debout sur la corniche en béton pendant quelques secondes. Voire quelques minutes, histoire de bien savourer tous les arômes de cette capiteuse sensation de liberté. Un cocktail de dopamine et d’adrénaline se diffuserait dans ses tissus, offrant à chaque cellule de son corps une sensibilité inespérée. Ensuite, il tendrait le pied droit vers le néant, maintiendrait la position un instant afin de faire durer le plaisir ; puis, d’un infime mouvement de balancier, il déplacerait son centre de gravité, l’entraînant inexorablement dans les abysses urbains.


Cinq secondes de chute libre et d’extase avant de n’être plus qu’une flaque de gelée de framboise grumeleuse et gélatineuse étalée sur l’asphalte. Il ne sentirait pas ses vertèbres s’imbriquer avec le craquement d’un fagot de bois mort, il ne sentirait pas le moindre centimètre cube de sa personne se liquéfier en une bouillie rougeâtre. Il ne sentirait plus rien.


Il imagine les badauds se rassembler autour de lui, certains crieraient, d’autres ne pourraient jamais effacer ce traumatisme de leur mémoire. La curiosité morbide intrinsèque à l’homme en pousserait peut-être certains à prendre quelques photos qui se retrouveraient dans les recoins sombres d’Internet. Il adresse également une petite pensée à ceux qui devraient nettoyer la chaussée après son passage. Désolé les gars.


Viendrait alors le temps de l’enterrement ; tout le cortège désolé autour d’une petite caisse en bois. Quand il imagine ses funérailles, il se les représente toujours sous une pluie battante. On se figure toujours les enterrements gris et pluvieux, comme si, là-haut, ils étaient aussi tristes que nous. Mais c’est un doux mensonge, ils s’en foutent aussi.


Sa sœur Marie, des larmes noires de mascara lui dégringolant le long des joues, son père et sa mère se soutenant mutuellement comme deux brindilles pendant la tempête. Et puis il y aurait Claire, les yeux vides et creux fixant le vide, encaissant encore le choc d’être veuve à trente-deux ans, surnageant péniblement dans un maelström de démarches administratives et de rendez-vous avec les pompes funèbres. À ses bras, les gamins qui ne comprennent pas vraiment le manège qui se déroule autour d’eux, comprenant simplement que quelque chose de grave est en train de se produire. Et pour agrémenter le tout, deux ou trois collègues affichant un visage fermé, se demandant quel genre de gâteau serait servi à la réception.


Mais il ne sautera pas. Vous imaginez quelle dose d’égoïsme il lui faudrait pour imposer le poids de son décès sur tous ces gens qu’il aime ? Ils n’y sont pour rien.


Si on lui demandait un jour pourquoi il désire tant mettre fin à ses jours il serait bien en peine pour répondre. C’est quelque chose qui est en lui tout simplement. D’aussi loin qu’il se souvienne, il a toujours ressenti en lui cette sphère de vide au creux de sa poitrine. Une boule de rien qui enfle et se dilate, absorbant ses organes, ses pensées et son énergie comme un trou noir lové dans sa cage thoracique ; une sangsue de manque qui lui dévore les entrailles jusqu’à ne laisser que la coquille vide qu’il traîne derrière lui comme une carcasse de cheval mort. Il se dit aussi qu…


— Belle journée non ?

— Oui, répond-il simplement, l’esprit encore à demi enseveli dans ses pensées.


Il n’avait pas remarqué l’homme accoudé à la rambarde à ses côtés et se demande depuis combien de temps il a pu faire abstraction de cette compagnie. L’homme porte un costume trois pièces intégralement noir, à l’exception d’une fine cravate rouge carmin. Deux favoris grisonnants descendent en rappel d’un chapeau mou. « Une bien belle journée pour mourir non ? » enchaîne l’homme en noir, dévoilant un regard rieur par-dessus ses lunettes de soleil. Un silence gêné de quelques secondes se diffuse dans l’atmosphère. « Je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise. Veuillez excuser ma maladresse. Je peux peut-être vous offrir un petit café ? » enchaîne-t-il en lui tendant un gobelet en carton dont s’échappent quelques volutes blanches. Il le remercie et se saisit du breuvage dont il avale quelques gorgées.


— Avouez que vous auriez bien envie de sauter, là, maintenant. Mais vous en êtes infoutu, à cause de ce simili-altruisme dans lequel vous vous êtes emmuré. Vous êtes là à attendre sagement la mort comme un clébard qui attend son maître. Quelle lâcheté ! Quel gâchis…

— Écoutez, je ne sais pas qui vous êtes ni ce que vous me voulez mais je vais vous prier de bien vouloir partir s’il vous plaît.

— Qui je suis n’a que peu d’importance et sachez que je ne vous veux rien, comme vous dites, je souhaite simplement vous faire part d’une proposition plus qu’honnête.


Il ne répond rien et fixe l’asphalte en contrebas se déformer en mirages de vaguelettes engendrés par la chaleur.


— Je connais le poids de la vie sur ce monde et je sais également la difficulté de se résoudre à le quitter. Vous n’êtes pas seul à vivre ce dilemme. C’est pourquoi je peux vous proposer, non pas de mourir, mais de n’avoir jamais existé. Toute trace de votre existence sera effacée à jamais, personne ne sera triste de votre départ car vous n’aurez jamais croisé leur chemin. Tout sera comme si vous n’étiez jamais né. Vous pourrez quitter la vie terrestre l’esprit tranquille, notre équipe de professionnels s’occupe de tout.

— Qu’est-ce que je dois faire ?


L’homme en noir sort alors une liasse de documents imprimés de caractères distordus et spiralés semblant venir d’un autre monde et pointe du doigt un encadré en bas de page surplombé par trois simples mots français : « Simplement signer ici ».


Il attrape le stylo bille qui lui est tendu, hésite une demi-seconde, et signe. Une signature ample, aérienne, légère.


À peine repose-t-il le stylo qu’il sent chaque cellule de son organisme se dissoudre et tourbillonner au gré du vent printanier. Une poignée de secondes plus tard, plus rien ne reste de lui si ce n’est quelques grains de poussière voguant tranquillement avec les pollens. L’encre de la signature se décolle du contrat et réintègre le réservoir du stylo en un mince filet bleuté. L’homme en noir récupère la liasse redevenue vierge, la range dans sa serviette en cuir, et quitte l’immeuble.


Les brins d’herbe pliés par ses pas se redressent avec arrogance. À son bureau, les lettres de son nom se réarrangent pour former celui d’un parfait inconnu. Désormais, sa sœur joue seule sur les photos de famille alors que son image se dissipe comme sur un polaroïd inversé.


L’alliance au doigt de Claire s’estompe sans laisser de trace de bronzage. Elle se demande ce qu’elle est venue faire dans cette pièce vide qui fut autrefois la chambre de ses fils, alors elle s’assied par terre, seule avec cette sphère de vide au creux de sa poitrine. Cette boule de rien qui enfle et se dilate, absorbant ses organes, ses pensées et son énergie comme un trou noir lové dans sa cage thoracique ; cette sangsue de manque qui lui dévore les entrailles jusqu’à ne laisser que la coquille vide qu’elle traîne derrière elle comme une carcasse de cheval mort.


 
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   socque   
12/4/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est marrant, à cette description :
L’homme porte un costume trois pièces intégralement noir, à l’exception d’une fine cravate rouge carmin. Deux favoris grisonnants descendent en rappel d’un chapeau mou.
immédiatement j'ai pensé au diable. Comme quoi pas besoin de recourir à une imagerie fantasmagorique pour l'évoquer ! Je trouve que vous jouez habilement des images de l'inconscient collectif.

J'ai beaucoup aimé la manière dont la fin prolonge le texte, avec l'idée ainsi que, de proche en proche, toute l'humanité pourrait cesser d'avoir jamais existé quand le démon aura fini le boulot.

Un texte habile pour moi, bien écrit mais d'une manière comme désincarnée, distante (l'homme tourmenté observe son tourment plus qu'il ne le ressent, m'a-t-il semblé), du coup je ne suis pas franchement touchée. Un plaisir intellectuel, pas de frisson d'horreur. Ce qui n'est déjà pas mal !

   hersen   
14/4/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Tel qu'il est, ce texte n'est, à mon avis, pas suffisamment abouti.

Et cela est dû surtout à la première partie où je lis quelque chose d'un peu ennuyeux sur la mort, ou l'ennui, enfin rien de franchement transcendant.

Et c'est très dommage car j'aime beaucoup la fin. Mais elle n'est portée par rien.

Il aurait fallu ouvrir un chemin dans la première partie, avant l'apparition de l'homme en noir.

Je ne vous cache pas que j'ai bien failli arrêter ma lecture, ce qui, somme toute avec une telle fin, aurait été dommage.

A revoir pour moi pour plus de profondeur.

   Anonyme   
9/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
SUPER !
J'ai eu peur, au début, en pensant lire un sempiternel suicide à la manque, mais là, je dois dire, chapeau.
Vous m'avez bluffé. Même l'énergumène, qui lui fait signer son non-existence, ne m'a pas paru être ce fameux diable, qui pour s'accaparer une âme, fait aussi signer un papier.
Dernière chose, si j'ai persévéré dans ma lecture, car j'avoue laisser mon à-priori dicter mon choix de lire ou non, c'est votre très belle façon d'écrire. Alors en plus avec une belle histoire...
Merci encore, bonne journée.
Personne.

   Robot   
9/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Cette nouvelle m'a intéressée de bout en bout. Curieusement, presque au début, je présupposais que j'allais parcourir un texte peu ordinaire. Surement le talent d'écriture et le passage au conditionnel au 3ème alinéa.

Puis l'inconnu, diable, ou croquemort ? peu importe, je trouve génial qu'il ne soit pas désigné, et qu'il demeure inconsistant (inexistant lui aussi ?)

Je me suis dit, mais comment l'auteur va t-il pouvoir conclure ce récit. Et là, une belle originalité: Cette boucle comme une courroie de transmission qui laisse supposer un effet de proche en proche allant peut-être jusqu'à un total anéantissement.

Et j'ai relu avec encore plus de plaisir.

   Shepard   
9/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut,

Hé bien... Je dois dire que j'ai essayé de lire votre nouvelle 3 fois. Au 2 premières je n'ai pas passé les 3 premières lignes. Peut-être que le pain de mie rance en fait un peu trop (comment peut-il être rance ? sec à la rigueur...). L'accroche annonçait - pour moi - une histoire de dépression, encore une.

Bon, heureusement, la catégorie m'a soufflé : mais va plus loin, bougre d'âne. A la troisième, j'ai accroché à partir du 'microscopique cinéma de sa psyché' -> C'est bien vu. Et puis l'arrivé du 'Diable' ou d'un sombre personnage du genre, avec un pacte dont on ne sait si il s'agit d'une bonne ou d'une mauvaise idée (un point fort pour moi). Si le récit s'était arrêté là j'aurais été un peu déçu, mais la chaîne d'évènement qui se propage jusqu'à la femme fait le sel d'une très bonne chute fantastique.

Peut-être un départ un peu long avec trop de détails, mais la suite est excellente ! Le tout avec beaucoup d'ouvertures possibles. A vous relire au plus tôt !

Ah, en note, le foutu biologiste que je suis n'a pu s'empêcher marmotter à "Un cocktail de dopamine et d’adrénaline se diffuserait dans ses tissus, offrant à chaque cellule de son corps" -> Pas toutes, seulement certains types de cellules. C'est plus fort que moi, désolé.

   Inner   
10/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est puissant! Pareil, pas convaincu par le début un peu fade, mais ça devient vite très intriguant.

Je n'ai pas trop aimé que ce soit l'altruisme qui le retienne, mais c'est sans doute parce que j'aime lire des histoires avec des types infects et sans scrupules, puis ça se relie bien à la fin donc ça compense. Juste parce qu'il faut critiquer!

Sinon pour les pépites parsemées par ci-par là, la fin avec cette répétition qui fait frissonner … génial !

Le petit "+" c'est pour la pluie à l'enterrement

   plumette   
10/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Cthulhu

j'ai bien aimé votre texte qui m'a accroché à partir du deuxième paragraphe.
je commence donc par mon petit bémol: le premier paragraphe plante un décor( le sandwich rance, la peinture décrépie et la brise caressante) qui n'ajoute rien au propos me semble-t-il.
Mais très vite, on navigue dans les pensées du personnage. c'est très agréable et même stimulant. Nous sommes sûrement nombreux à avoir imaginé à " l'intérieur du microscopique cinéma de notre psyché" la mise en scène de notre propre mort et de ses suites.
Le texte pourrait avoir en core plus de force si l'on ne savait rien du pourquoi de la retenue du personnage.
L'idée de signer un contrat de non existence est saisissante dans ce qu'elle représente et dans les conséquences que vous imaginez.

A lors Bravo! pour le sujet et pour le style aussi qui va à l'essentiel

Plumette

   Alcirion   
10/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo, un texte court très bien écrit, élégance et sobriété, l'idée est excellente, le ton dans l'approche littéraire française du merveilleux. Que demander de plus ?

   carbona   
11/5/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Cthulhu,

Voilà un texte surprenant. On oscille entre quelque chose de glauque, de sombre : ce vide dans la poitrine et cette envie de mourir et de jolies traces d'humour qui permettent d'établir au final un certain équilibre.

Pour autant, je ne suis pas complètement emballée car je sens comme un vide dans ce texte aussi, absence de motivations du narrateur, éphémère apparition de l'homme au contrat.

Mais j'en ai apprécié l'écriture et l'humour. Quelques perles :"Désolé les gars". "son père et sa mère se soutenant mutuellement comme deux brindilles pendant la tempête.", j'aime beaucoup l'image.

Puis la fin est bien pensée avec cet effet boule de neige. La disparition de l'alliance, du narrateur sur les photos, ça a un côté très visuel et magique. Mais encore je m'interroge sur le commencement, sur le vide du narrateur.

Merci pour la lecture.

   Perle-Hingaud   
12/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai eu un peu peur en lisant le début, que je trouvais ennuyeux. Mais peu à peu tout se met en place, à partir de l'apparition du diable et jusqu'aux pensées de la femme, bien trouvées. La fin est intelligente, et rachète alors les premières lignes. L'écriture accompagne bien l'histoire, sans accroc. Merci pour ce bon moment.

   Tailme   
12/5/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai été déçu ! Je m'attendait à un réel dilemme de la part du héros avant de signer le contrat. Je pensais que l'auteur chercherait à plonger dans les pensées, les désirs qui poussent l'homme à "sauter". Pourquoi se suicider ? Le début du texte me laissait envisager une suite comme telle : le héros veut mourir pour voir la réaction des gens et sa pseudo compassion ne serait qu'un garde-fou pour l'empêcher de passer à l'acte. Ainsi la proposition de la Mort ne serait en aucun cas un bon choix.

Sinon, au niveau de l'écriture, je me suis perdu avec le sujet "il". "Il" qui ? la Mort ou le héros ?

   CharlesH   
14/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai bien aimé votre nouvelle et je n'ai pas trouvé le début trop long, contrairement à d'autres. J'apprécie une introduction qui laisse deviner les suites possibles pendant que notre cerveau insiste pour proposer les siennes. Et là coup de théâtre, l'arrivée du personnage en noir, le choix de couleur était un peu trop évident pour moi, mais n'enlève rien à la qualité du reste du texte.

Les pointes d'humour m'ont plut dont : la flaque de gelée de framboise grumeleuse est intense et drôle à la fois. Toutefois, j'ai trouvé un peu rapide l'abandon à la signature en une petite réplique. Une résistance de deux ou trois répliques, m'aurait paru plus crédible. C'est toujours drôle d'argumenter avec le diable.

Le cycle de la chute est aussi une bonne trouvaille.

   Anonyme   
2/6/2016
 a aimé ce texte 
Bien
L'idée est bien mais il manque un petit quelque chose. La profondeur je pense. L'histoire ma pas touché personnellement. Plus de mots d'accroches pour faire percuter que sa vie est maussade et aussi mettre plus avant qu'il ne se suicide pas à cause de ses proches pour donner plus de percussion à la fin lorsque sa femme devient coquille vide à cause du contrat.
L'idée à un énorme potentiel et il manque rien pour la rendre l'histoire touchante.


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