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Sentimental/Romanesque
daphlanote : Le point
 Publié le 31/08/13  -  5 commentaires  -  2601 caractères  -  103 lectures    Autres textes du même auteur

Dialogique encore.


Le point


Faut pas croire, des fois, ça fait un peu mal. Quand même. Ça fait un peu mal d'exister, se heurter au sol à chaque pas et avancer encore parce que le temps nous a empoigné le col. Les obligations quotidiennes ne nous étouffent pas toujours, suivant que l'on s'arrange [ou non] avec l'idée que l'on se fait de la biologie. Mais pour le moins, il y a la correction, ces valeurs élémentaires auxquelles ils faut se raccrocher quand l'horloge sort du cadre.


***


– Bonsoir.

– Salut.


Où réclamer les restes de ce qui semble inachevé, les restes d'une amitié à laquelle personne n'a mis un terme ? Mais oui. Et alors. Et alors encore. Taire le bien commun, enfuyons nos reliques et laissons faire, laissons faire. Se laisser vivre, sans rupture.


***


– Alors ?

– Ave.


Que dire encore ? Dire vrai et mentir de cette franche et brutale honnêteté, slalomant aux limites. Le retour se meurt. Corsetée par le souvenir illusionné, incertain, assise là, se mordant les doigts. et plouf ! (Faudrait savoir jusqu'où elle a pied mais sûr qu'elle oublie comment trouver les traverses.)


– Mais encore ?


Parce qu'aux existences se substitue parfois la dépendance, les choix se perdent quand le quotidien a trop pesé, les voix s'éteignent quand la distance s'échine à naître. L'affection se délite et s'enterre comme pour en rire.


***


– Salut !

– Bonsoir.


Elle a les yeux-triangles troués par le présent cannibale. Ses dents quinconces voudraient broyer l'homme blanc, mais ses journées sont doublées d'épaisseurs contradictoires, les possibles se refusent.

Alors ne reste plus qu'à balayer le vide, s'enfumer des silences et se perdre dans la douceur foireuse d'un soir de printemps. S'extasier jusqu'à sourire, même. Et puis se laisser, se laisser aller.


***


– Ave.

– Alors ?


Et quoi ? Fantasmes et mains frangées de mauvaises intentions, ataraxie et paradis artificiels. De courage qui l'étouffe, la montée des hauts-eaux, comme un promontoire avisé d'où l'Horace-Lucrèce contemplait ses turpitudes.


– Mais encore ?


Joker ? Question subsidiaire, pas d'astérisque ni de code-couleur. Au royaume de Mickey (Disney in love), le héros devait nécessairement discerner la fin.


***


– Hey !


You ? Assise nue, près du téléphone, hantée-vide-illusionnée. Dramatique et littéral. Et parce que seul le silence lui appartient, elle cherche des mots sans existence.


– Salut.


(Et nage et rame encore. La conscience est nyctalope.)



____________________________________________

Ce texte a été publié avec des mots protégés par PTS.


 
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   placebo   
31/8/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
- Salut.

Je me demandais quel genre de texte tu publiais dans cette catégorie sentimentale, en fait on n'est pas loin de la poésie ou dissertation quand même :)

Je ne suis pas du type intellectuel, je l'avoue franchement, et j'ai du mal avec les discours trop évasifs. Ici, je vois le terme dans la relation (ce point je suppose, qui est aussi sans doute le point à la fin de la phrase sans suspension) mais tout ce qui se dessine autour (nature de la relation, raisons de l'éloignement, personnalité des protagonistes) est très, très flou.

Une histoire, une nouvelle ? Non, il n'y a pas de mots, juste des pensées, un monde autonome avec ses propres références et je n'arrive pas à lire directement dans l'esprit des gens :)

Il y a des belles phrases, évidemment. J'aime bien "le présent cannibale", "la conscience est nyctalope", mais beaucoup de "ataraxie et paradis artificiels" qui font comme des fleurs de nénuphars sur un étang avec trop peu d'eau… dérangeant je trouve.

Well, bonne continuation anyway,
À la narratrice, à toi,
placebo

   David   
1/9/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Daphlanote,

Le texte m'a fait penser à une correspondance dont le début serait sans cesse repris pour être changé, comme pour chercher le bon angle. Comme de ne pas arriver à choisir de débuter par "bonsoir" ou bien "salut", en laissant courir les circonvolutions de son esprit à tel point qu'il deviendrait évident que c'est tout le reste du message qui pose la vraie question, la seule "vraie" question pour le message d'être ou pas, finalement.

La procrastination, la longue inaction qui n'a pas de "point", l'épuisement que la paresse peut procurer sans brides, ou alors la pensée qui cavale trop loin devant l'écriture et finit l'histoire avant même qu'elle ait commencé.

   marogne   
6/9/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Pas vraiment une nouvelle, non?

On distingue l'histoire, ou une histoire possible, mais ...

Mais une succession de pensées ne fait pas forcément une vraie histoire qui nous fait partager un moment de vie. Une succession de pensées comme l'ébauche d'un poème ou d'une crise de pleurs.

Un peu sceptique donc sur la forme adoptée, puis sur le fond ... et bien, un peu banal non? Banal n'est pas forcément le mot adapté, trop négatif sans doute, alors, peut être un peu commun car lu des centaines de fois... et ici ni la forme ni l'originalité n'aident à considérer la cent unième comme particulière.

Marogne, un peu honteux d'un commentaire si négatif sur le texte d'une des "anciennes"....

   Pouet   
14/9/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime ce genre de texte où le sens n'est pas forcément donné, où il peut faire écho différemment en chacun de nous.
Ici une amitié perdue ou étiolée. Une réflexion (assez désabusée?) sur les chemins de l'existence.

De beaux emplois comme "Corsetée par le souvenir illusionné", "les voix s'éteignent quand la distance s'échine à naître"...

Bien aimé l'originalité de la forme et la "fraîcheur" du texte.

Il suffit de peu.
Parfois.

   Ananas   
8/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Virgule.
Il y a tellement de choses à en dire qu'il vaudrait peut-être mieux les taire...
(Faudrait savoir jusqu'où elle a pied mais sûr qu'elle oublie comment trouver les traverses.)
(Et nage et rame encore. La conscience est nyctalope.)


C'est beau, ça me parle de plein de choses et de rien à la fois. C'est une nouvelle (quelles nouvelles?), pas une nouvelle, mais une nouvelle au demeurant. Pleine de poésie, de musicalité et d'images fortes, qui claquent.

Il y a une forme de jugement tellement subtil là dessous qu'il semble murmurer en pointillés.

J'aime beaucoup ce que vous faites.


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