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Sentimental/Romanesque
Donaldo75 : Je suis une supernova
 Publié le 24/03/20  -  14 commentaires  -  19869 caractères  -  109 lectures    Autres textes du même auteur

Avec ses 115 863 habitants, Fargo est la plus grande ville de l'État du Dakota du Nord, aux États-Unis. Fondée en 1871 sous le nom de Centralia, la ville a été renommée en hommage à William Fargo (1818-1881), cofondateur avec Henry Wells de la société Wells Fargo.
(Wikipedia)


Je suis une supernova


Je suis une supernova. Je ne sais pas combien de temps je vais tenir mais rien ne me retient, ni la gravité, ni la mécanique céleste et encore moins ma femme Doris. Parce que c’est ça l’histoire, un couple de gentils bourgeois américains bien installés à Saint-Paul, Minnesota, libérés du fardeau des enfants et pas encore encombrés de celui des petits-enfants, bref deux personnes qui n’ont aucune raison de rester aveugles plus longtemps.


La fusion nucléaire a commencé un matin, alors que je prenais le café avec Gary, un gars du support. Je travaille dans une société d’informatique, le genre de boutique à vendre des logiciels très chers à des entreprises très riches pour que tout ce beau monde s’enrichisse encore plus. Je suppose que Bernie Sanders n’approuverait pas ma contribution à ce monde injuste mais je m’en fous car je ne vais pas voter pour lui durant les primaires démocrates. Je dis ça parce que c’était justement le sujet de ma conversation avec Gary, avant que le premier électron ne frappe directement là où ça fait mal.


– Bernie Sanders, tu déconnes, Gary, tu ne vas quand même pas voter pour ce vieux nul ?

– Et pourquoi pas, Bob !

– À toi de me le dire !


Gary commença à me sortir des arguments tous aussi pourris les uns que les autres, allant de la protection de la classe ouvrière américaine en passant par la couche d’ozone et la théorie des cordes. J’objectais parfois à coups d’onomatopées, relançant invariablement la machine argumentaire, la production de contre-vérités, de clichés déguisés en statistiques, de toutes les saillies que la sphère média attribue en général aux électeurs de Donald Trump. J’étais sidéré mais quelque part habitué à cette soupe dialectique. Je pris congé de Gary le politologue à deux cents et me dirigeai vers mon bureau quand Lindsay, la responsable du service client, m’alpagua dans le couloir.


– Bob, tu as des disponibilités cette semaine ?

– Je dois vérifier mon agenda.

– Inutile. Je l’ai fait. Tu es disponible de maintenant à vendredi inclus.

– Alors pourquoi la question, Lindsay ?

– Juste par précaution rhétorique, histoire de te donner l’impression d’avoir encore un peu de pouvoir de décision.


Pour qui ne connaît pas Lindsay, il suffit d’imaginer une grande bringue de six pieds de haut, fringuée comme une jument de concours sur le champ de courses, la parfaite représentation d’une Amérique dopée à la réussite et aux stock-options. Elle croyait que son parcours d’obstacles se résumait à des haies dont nous, la piétaille d’informaticiens, ne représentions que la version d’entraînement, des barres à rehausser de temps en temps pour s’essayer avant la compétition annuelle, celles des promotions, de la distribution de bonus et de colifichets. Évidemment, Lindsay ne courait pas pour de la bête verroterie ; ça c’était bon pour nous, ses esclaves du moment.


Ma cheffe m’expliqua que je devais partir le soir même pour Fargo, dans le Dakota du Nord, où était installé un de nos clients qui, pour une raison qu’elle ignorait, avait besoin en urgence d’un expert pour débrouiller un problème engendré, selon ses dires par un de nos logiciels.


***


Le vol vers Fargo se déroula sans incident. Je récupérai ma voiture de location à l’aéroport puis me dirigeai vers mon hôtel. La nuit était tombée depuis quelques heures et la pleine lune imprimait des reliefs irisés aux monceaux de neige amassés le long de la route. Je profitai du voyage pour me remémorer ma conversation avec Doris.


– Tu dois vraiment partir aujourd’hui ?

– Le client ne nous a pas laissé le choix.

– Dis plutôt que c’est Lindsay.

– C’est pareil.

– Pas pour moi.

– Le client met la pression sur Lindsay. Lindsay met la pression sur ses troupes.

– Et tu te laisses faire.

– Oui.

– As-tu essayé de négocier un délai ?

– Non. Je n’avais pas envie de me battre contre des moulins à vent.

– Cela ne risque pas. Toi, tu es plutôt Sancho Pança.

– Si tu le dis.


Doris m’avait alors reproché mon manque de courage et son résultat immédiat : une semaine d’absence et un départ en catastrophe. Bien sûr, j’aurais pu gagner du temps avec Lindsay mais je ne l’avais pas décidé ainsi. Partir à Fargo m’arrangeait. Le plus tôt était donc le mieux. Je ne l’avais évidemment pas présenté ainsi à Doris, laissant ma chère épouse me traiter d’esclave urbain, invoquer le droit du travail et des salariés, extrapoler au reste du monde où les opprimés devaient lever le poing au ciel et renverser les têtes couronnées. Elle me délivra une belle prestation digne de l’avocate qu’elle était. Je faillis applaudir. Une petite voix intérieure me conseilla de ne pas en rajouter.


Arrivé à l’hôtel, je remplis les formalités à la réception puis me dirigeai vers ma chambre. L’établissement sentait le refait à neuf, avec des couloirs impersonnels, des tableaux neutres accrochés aux murs, un ensemble uniforme destiné aux cohortes de voyageurs de commerce venus proposer des produits financiers à des entreprises locales dans une Amérique en quête de renouveau. Je posai ma valise sur une petite table ronde, en sortis mes affaires de toilette et mon ordinateur portable, vérifiai mes derniers messages électroniques puis décidai de prendre un verre au bar. Mine de rien, la conversation avec Doris m’avait passablement déprimé et je méritais bien un moment de quiétude loin de mon quotidien.


Le comptoir ne respirait pas la joie de vivre. Les deux serveuses contemplaient un maigre troupeau de clients éteints, dans un décor de bouteilles éclairées par de petits néons. La musique résonnait faiblement dans un espace inodore, insipide, déshumanisé. Je m’accoudai au zinc, à côté d’un petit homme chauve perdu dans ses pensées.


– Que souhaitez-vous boire, monsieur ?

– Une bière. Si possible légère.

– Locale ?

– Pourquoi pas ?

– C’est parti !


Au moins, prendre la commande ne m’avait pas demandé de raconter ma vie, d’expliquer pourquoi j’étais venu dans ce pays perdu. Visiblement, la barmaid n’avait pas envie d’entendre un inconnu lui débiter ses tranches de vie, assortir le tout de blagues à un dollar et de sous-entendus dépassés. Je la regardai tel l’entomologiste devant une nouvelle espèce de fourmi. Elle devait avoir dans les vingt-cinq ans, une jolie blonde au regard bleu délavé, déjà fatiguée de son existence et ne croyant probablement plus au prince charmant. Elle me faisait penser à Carol, ma première petite amie à l’université, quand j’étais un jeune étudiant plein d’espoir et de fougue dans un monde binaire où les méchants rouges menaçaient l’Occident avec leurs ogives nucléaires. Carol venait de Baltimore. Elle se préparait à une carrière de journaliste. New York lui avait semblé la porte ouverte aux découvertes. Je me demandai ce qu’elle devenait depuis toutes ces années. Peut-être avait-elle trouvé l’amour avec un charmant garçon, fondé une famille et émigré en Californie. En tout cas, je l’aimais bien et n’avais pas encore compris pourquoi elle m’avait planté sur le parvis de Columbia.


La barmaid posa ma bière sur le zinc, me demanda mon numéro de chambre puis repartit dans sa contemplation de la population locale. Le petit homme chauve sembla sortir de son univers parallèle. Il me regarda, tenta un ersatz de sourire puis entama la conversation.


– Vous y croyez, vous, à ce virus chinois ?


Sa question me désarçonna. Contrairement à Doris, je ne passais pas mon temps à l’analyse des nouvelles du monde. CNN, Fox News et NBC m’ennuyaient ferme. Même la primaire démocrate ne me faisait pas rêver, juste bâiller. Alors, que pouvais-je penser d’un mal inconnu venu du fin fond de la Chine, notre nouvel ennemi héréditaire selon le général en chef Donald Trump ? Rien. Le néant.


– À vous de me le dire.

– Ce n’est pas vraiment le sens de ma question.

– J’ai raté quelque chose ?

– Votre opinion, me semble-t-il.


Ma réponse favorite n’avait pas porté ses fruits. Je ne pouvais plus me réfugier derrière une formule rhétorique pour masquer mon manque de profondeur. Doris me le reprochait souvent. Selon elle, je cachais ma vacuité derrière des phrases creuses, des artifices déguisés en conventions. Le petit homme chauve me regarda plus intensément. Il me faisait désormais penser à Sigmund Freud, en version Prof dans Blanche-Neige et les sept nains. Je n’avais pas la force d’affronter son regard en silence, de le défier au jeu du « premier qui craquera aura une tapette » digne des westerns de la grande époque où les Européens et les autres s’arrachaient notre modèle de vie. De toutes manières, John Ford et Howard Hawks n’étaient plus là pour magnifier des gardiens de vaches rassemblant leur troupeau de bêtes à cornes dans une sierra torride.


– Je crois que c’est une réalité dont nous n’appréhendons pas complètement les variables.

– Une belle phrase, je dois en convenir. Mais, qu’en pensez-vous réellement, dans vos tripes ?

– Je ne me suis pas posé la question.

– Vous vous en foutez ?

– Je ne dirais pas ça.

– Pourtant, c’est l’impression que vous donnez.

– Je manque d’informations sur le sujet.

– Vous habitez dans une grotte ?


La réflexion me renvoya l’image de Doris. Elle aussi me reprochait un côté ermite dans mes rapports à la chose sociale. Je me reposais complètement sur elle dans ma vie en communauté. Mon travail m’aidait beaucoup à rester loin des autres, à n’aborder que la surface des humains. Je résolvais des problèmes de robinets contenus dans des programmes informatiques. Mon univers se résumait à des zéros et des un, des cases à cocher, des instructions en direction de la mémoire centrale d’un serveur hébergé par Google. J’arrivais le matin au bureau, allumais mon ordinateur, vérifiais mes mails, pointais mon planning puis consultais ma liste de tâches. Je voyais très peu les clients et surtout ne les considérais pas comme des êtres humains dotés d’une vie en dehors du travail. Nos discussions extraprofessionnelles se résumaient à la portion congrue et je m’en tirais le plus souvent avec mes réponses toutes faites, mes images d’Épinal et quelques répliques empruntées à de vieux philosophes du dix-neuvième siècle, vestiges de mes années new-yorkaises et de ma période Carol.


– Non, à Saint-Paul, Minnesota.

– Vous n’avez pas la télévision, dans le Minnesota ?

– Si.

– Et vous la regardez ?

– Oui.

– Mais vous ne l’écoutez pas ?

– Les mots et les images passent au-dessus de ma tête.

– Vous n’avez pas de sujet de prédilection, de passion, de hobby ?

– Je ne crois pas.

– Quand avez-vous décidé d’éteindre la lumière ?


Sigmund avait posé la bonne question, la seule, l’unique, l’essentielle. Doris ne l’avait jamais compris. J’étais devenu une supernova, ayant épuisé mes ressources et mon énergie. Il ne me restait plus qu’à expulser mon enveloppe, à briller une dernière fois dans le ciel étoilé avant de m’effondrer sur moi-même. Il ne resterait pas grand-chose, juste un astre mort et obscur dont personne ne garderait le souvenir parce que finalement il n’avait jamais été lumineux, remarquable, intéressant pour les observateurs. Je ne me souvenais pas d’une passion, d’un sujet attirant mon attention, en dehors de mon travail d’informaticien. Je ne rêvais pas devant les avancées technologiques, l’intelligence artificielle, les réseaux neuronaux ou je ne sais quoi dont parlent les revues spécialisées.


Je décidai d’en rester là. Sigmund commençait à me gonfler avec sa psychanalyse de pacotille. Il ne valait pas mieux que Doris, Lindsay ou Carol. Je préférais Gary avec ses certitudes de héros de la classe ouvrière, lui le fils de boulanger fier de son parcours universitaire à Minneapolis et de son job d’ingénieur support dans une société cotée au NASDAQ. Je remerciai mon camarade de comptoir, terminai ma bière puis partis en direction de ma chambre. La barmaid me regarda et je sentis dans ses yeux bleus délavés toute la détresse d’une âme sœur. Je n’étais pas seul mais le savoir ne soulageait pas ma peine.


***


Le lendemain matin, je ne revis pas Sigmund dans la salle de petit déjeuner. Les fantômes de la soirée avait envahi mes rêves, paradant chacun leur tour avec pléthore de reproches, de postures exagérées et d’images télévisuelles où les virus chinois s’empilaient à la pelle devant des candidats démocrates partis dans des délires internes. Bernie avait taclé Joe. Joe avait remis Pete à sa place. Elizabeth avait évoqué le New Deal, Eleonor Roosevelt et le pasteur King. Jimmy Fallon m’avait posé des questions sur le cinquième amendement, la place du pays dans le nouvel ordre mondial et la recette du chili con carne. Comme d’habitude, Doris m’avait reproché après coup mon manque d’implication, mon inconsistance et la mauvaise météo hivernale. Carol avait refusé de m’interviewer, prétextant un rendez-vous chez le dentiste. Lindsay avait chargé mon planning d’interventions chez des partenaires stratégiques en Terre Adélie, invoquant que j’étais le seul à parler couramment le manchot.


Mon client s’était avéré de bonne composition. Visiblement, le problème invoqué par ma cheffe n’empêchait pas l’entreprise de fonctionner. Il s’agissait seulement d’un hiatus entre deux robinets logiques, l’un délivrant de l’eau trop chaude tandis que l’autre affichait des valeurs quantiques dans la mesure de la température. La technologie devenait incontrôlable pour l’homme des bois habitué à chasser l’ours avec son arc et ses flèches. Je représentais le chamane capable de comprendre les éléments, de prévoir l’avenir et de rassembler les ressources de la forêt pour ramener la paix dans des cieux tourmentés. Armé de mon professionnalisme, des outils du dieu Microsoft et d’une bonne dose de patience, je pouvais rassurer le responsable informatique et remettre de l’ordre dans la maison logicielle. Comme d’habitude, je proposai un planning détaillé d’intervention, avec un point quotidien, des jalons et des livrables, un rapport circonstancié à la fin et des conseils pour éviter une telle situation dans le futur.


Doris m’appela sur mon téléphone portable. À la vue de son nom sur l’écran, je ressentis une profonde envie de jeter l’appareil contre le mur. Mon enveloppe commençait à s’évaporer dans l’espace intersidéral. J’allais avaler les planètes alentour et rayer de la carte céleste un paquet de civilisations à tête de poulpe. À la fin de la journée, avant de rejoindre l’hôtel, je tentai une médiation entre mon dégoût et la raison. Je consultai ma messagerie vocale et écoutai mes messages. Lindsay me rappelait les conditions contractuelles de mon intervention, les papiers à faire signer au responsable des achats et la limite de ma carte de crédit d’entreprise. Doris déclinait la gamme des reproches dans un contralto désagréable.


Sur la route du retour, je décidai de suivre le chemin des écoliers, de sécher l’étape du dîner et de m’offrir une escapade loin du monde bétonné. Les grandes plaines du Dakota offraient un paysage désolé en hiver, avec de la neige à perte de vue, un ciel gris à déprimer un papoose, l’impression que la Terre était plate et infinie. Mon humeur se trouvait en phase avec cette géographie. Les lieux m’apaisaient. Je ne voyais plus la vie selon Mère Doris, la générale Lindsay ou le souvenir magnifié de la belle Carol. Je comprenais pourquoi les Amérindiens avaient difficilement lâché un pays à ce point austère mais tranquille, à l’abri de la tourmente des océans et de la violence des montagnes. Je m’imaginais dans mon tipi à fumer un bon calumet, loin des affres de la société de consommation, du qu’en dira-t-on, de la course à la performance et des profits immédiats. En cela, Doris avait raison. J’aurais dû devenir ermite.


Mon téléphone portable sonna. Je regardai le nom de l’importun avant de décider de la suite à donner. Le nom de Gary s’afficha sur l’écran. Je décrochai.


– Oui, Gary ?

– Tu es à Fargo ?

– Pas loin.

– Comment ça, pas loin ?

– Je me promène dans les environs.

– Drôle d’idée.

– Elle en vaut une autre.


Gary me posa des questions sur mon plan d’actions relatif au problème du client. Sa démarche était légitime au vu de la situation. Lindsay s’était couverte en invoquant l’incompétence des techniciens du support, une manœuvre politique passablement énervante mais probablement indispensable dans un environnement de compétition entre les services. Gary avait peur pour sa tête. Si j’avais été joueur, je lui aurais conseillé de téléphoner à Bernie Sanders, de provoquer une conférence de presse et de témoigner devant CNN. Certes, notre actionnaire principal, un fonds d’investissement assez peu féru d’humanisme, n’aurait pas apprécié. Cependant, je ne souhaitais pas piquer Gary, peut-être le seul être humain au monde que j’aurais invité dans mon wigwam. Je le rassurai sur la situation, lui promis de l’épargner dans mon rapport puis le laissai me raconter la dernière aventure de son fils aîné. La civilisation m’avait rattrapé. L’homme blanc savait traquer sa proie jusque dans les tréfonds de l’Amérique. Je devais composer avec ou me jeter tout nu dans la neige.


***


La semaine passa sans encombre. Mon enveloppe se délitait de toutes parts mais je ne souffrais pas. J’entendais les électrons pleurer, les atomes se fissurer, l’éther souffler dans mon cœur d’astre en fin de cycle. Cette impression me calmait, envoyait le souvenir de Doris dans les limbes, effaçait l’image de Carol et donnait un goût moins amer aux messages quotidiens de Lindsay.


Le dernier jour, mon client signa le procès-verbal d’intervention, déclara l’incident clos et me proposa de boire une bière avec lui avant mon départ pour l’aéroport. J’acceptai avec joie, un sentiment nouveau pour moi, une curiosité dans ma psyché du moment. Il m’amena dans un bar de Fargo, un ancien repaire de motards devenu le lieu branché des quinquagénaires en mal de libido. Les serveuses ressemblaient à des mannequins suédois, les bouteilles resplendissaient comme des lumignons, la musique faisait penser à un film de Quentin Tarantino. Il ne manquait plus que Brad Pitt et Leonardo Di Caprio pour décrocher la palme du mauvais goût. Le décalage entre ce décorum et mon humeur d’ermite acheva ma dernière enveloppe. Je bus plusieurs bières, écoutai les histoires de fesses de mon interlocuteur, hochai la tête quelques fois, remis des pièces dans la machine à fantasmes et oubliai l’heure de mon vol.


Le téléphone de mon hôte se mit à sonner. Il regarda son écran, leva les yeux au plafond puis décrocha. S’ensuivit une discussion animée dont l’issue me semblait jouée d’avance. Il raccrocha, sortit son portefeuille et appela la serveuse.


– Bon, je dois partir. Maman n’apprécie pas trop cet endroit.

– Je comprends.

– Tu es un gars sympa. Reviens quand tu veux, on se fera une virée.

– C’est l’occasion qui fait le larron.

– Exactement !


La boucle était bouclée. J’avais conclu la semaine sur une de mes phrases favorites, une formule rhétorique au bon vieux goût de vide, le résumé de la société dans laquelle je vivais depuis mes premières heures. Apparemment, elle fonctionnait dans le Dakota du Nord.


Le trajet vers l’aéroport se déroula comme dans un rêve. Aucun policier ne m’arrêta pour conduite en état d’ivresse alors que j’avais abusé des boissons au houblon. Nul cervidé ne croisa ma route pour s’empaler sur ma calandre. Je garai ma voiture sur l’emplacement réservé à Hertz puis me dirigeai vers la salle d’embarquement. L’hôtesse d’accueil regarda mon billet, fronça les sourcils puis m’informa que mon vol était parti depuis quatre-vingt-dix minutes et que le prochain était prévu le lendemain matin à dix heures trente. Je lui répondis par un sourire de circonstance, réservai une place puis me dirigeai vers les toilettes sans demander mon reste. Une fois assis sur mon trône, je fixai le mur, posai mes mains sur mon visage puis pleurai.


 
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   Corto   
26/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voici une histoire trépidante, écrite dans un style impeccable, dynamique, à rebondissements. Et pourtant le personnage principal est le parfait anti-héro, peu sociable, qui se contente d'être là où il se trouve, pas non plus misanthrope mais dont on cherche les ressorts de sa vie.

Ce héros est pourtant passionnant à suivre dans sa quotidienneté, tel un rouage d'une société qui fonctionne vaille que vaille tant que chacun fait son job en restant à sa place.

Cela donne des expressions succulentes que je fais entrer dans mon florilège personnel:
" la barmaid n’avait pas envie d’entendre un inconnu lui débiter ses tranches de vie, assortir le tout de blagues à un dollar et de sous-entendus dépassés. Je la regardai tel l’entomologiste devant une nouvelle espèce de fourmi".
"Je ne pouvais plus me réfugier derrière une formule rhétorique pour masquer mon manque de profondeur."
"Les grandes plaines du Dakota offraient un paysage désolé en hiver, avec de la neige à perte de vue, un ciel gris à déprimer un papoose, l’impression que la Terre était plate et infinie. Mon humeur se trouvait en phase avec cette géographie. Les lieux m’apaisaient."
"Mon enveloppe commençait à s’évaporer dans l’espace intersidéral. J’allais avaler les planètes alentour et rayer de la carte céleste un paquet de civilisations à tête de poulpe."

La démarche de l'auteur qui se saisit d'un thème presque quotidien pour en faire une tranche de vie réaliste mais trépidante est fort bien construite. Le titre et la phrase finale sont comme un écho expressif devant cette situation.

Bravo à l'auteur.

   emju   
24/3/2020
Modéré : Commentaire hors charte (se référer au point 6 de la charte).

   hersen   
24/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tout au long de ma lecture, je suis en train de suivre le narrateur.
Il y a la désillusion, le quotidien raté, de celui qui défonce une vie plutôt que de l'enrichir.
mais il y a ce ton bravache, coupant aussi.
Alors je le suis et je ne sais pas où il va, je me le demande bien de temps en temps, parce que son quotidien, boulot, femme, n'a rien de si palpitant. Qu(est-ce qu'on peut bien trouver d'intéressant dans cette vie, au point de la raconter ?
Rien.
Rien d'autre que cette fin infiniment triste. Désespérante. Désespérée, surtout.
C'est cette dernière phrase qui donne tout l'écho à la nouvelle, qui fait qu'on revient mentalement sur ce qu'on vient de lire.

Cette nouvelle est techniquement si réussie, avec ce dernier mot. Qu'on l'enlève et nous sommes dans le jus fadasse de ce narrateur.
C'est l'art de la nouvelle, le revirement qui entraîne un prolongement de l'histoire, de la pensée.

La vie peinte en sombre.

   ours   
24/3/2020
Bonsoir Donaldo,

Votre titre m'a attiré, pour ne pas dire aspiré, et j'ai été vraiment surpris de ma lecture car je ne m'attendais pas à ça.

Votre personnage et narrateur m'a ému, un espèce de Dilbert mêlé d'un Lester de American Beauty en moins drôle, moins cynique, plus brut, plus réel, moins vivant aussi... Que dire... je suis assez troublé par la psychologie de ce personnage qui semble vivre en pilote automatique armé de ces phrases toutes faites. Ça pourrait presque la vrai vie non ?! Une profonde désillusion l'habite mais comme dans American Beauty, ce n'est pas que la sienne, c'est celle d'un peuple tout entier et de son mode de vie. Quelle tristesse.

J'ai beaucoup apprécié votre style aussi qui permet d'alléger l'ambiance, car vous savez nous tirer un sourire là où l'on pourrait avoir envie de pleurer.

Même si j'aurai aimé trouvé de-ci de-là quelques notes d'optimisme comme dans le film American Beauty dont voici une citation (un peu hors sujet peut-être mais tant pis):

"Bien sûr je pourrais être aigri de ce qui m’est arrivé. Mais c’est inutile. Il y a tant de beauté dans le monde. Parfois j’ai l’impression qu’elle me submerge, de partout en même temps, mais c’en est trop. Mon cœur se remplit comme un ballon, prêt à exploser. Et là, je comprends qu’il faut que je lâche prise, que j’arrête d’essayer sans cesse de m’y raccrocher. Et ça glisse sur moi comme de la pluie. Et je ne peux plus rien éprouver d’autre que de la gratitude pour chaque instant de mon insignifiante petite vie. Vous ne comprenez pas ce que je suis en train de vous dire n’est ce pas ? Ne vous en faites pas, un jour, vous comprendrez."

En somme j'ai beaucoup aimé ma lecture, elle n'est pas vaine et apporte de quoi se triturer les méninges encore pendant quelques jours.

Merci du partage.

   Stephane   
24/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Donaldo75,

Je vous adresse toutes mes félicitations car votre nouvelle est la meilleure que j'ai lu depuis longtemps, avec celle d'hier. Mais celle-là va encore au-delà de mes espérances en matière de récit et ce fut un plaisir de lecture du début à la fin, même si j'avais imaginé une fin tout autre.

Ce que j'espérais - pour rentrer dans le vif du sujet - est que le héros reste à Fargo pour ne plus jamais revenir à Saint-Paul, Minnesota. Qu'il franchisse le pas une fois pour toute sans jamais revenir en arrière. S'affranchir du fardeau que représente pour lui son ancienne vie pour tout recommencer ailleurs.

Le personnage représente l'archétype même de celui qui souhaite disparaître afin de repartir de zéro, en laissant tout derrière lui, jusqu'aux conventions qui l'ont enchaînés en l'empêchant de vivre SA propre vie. Bien sûr, ce type d'existence est rarement vécue (dans la vraie vie), ce qui rend la fin de votre nouvelle parfaitement justifiée, car éminemment réelle. J'aime ce type de personnage et j'ai vécu cet épisode de sa vie avec un réel plaisir. Je dirais même avec passion, peut-être à cause du genre mélo-dramatique auquel j'aspire tant.

Mais il ne suffit pas d'avoir une bonne trame pour en faire un bon texte. Ce qu'il faut, c'est ce talent d'écriture, ce style narratif unique qui ne s'invente pas et que vous possédez réellement. C'est en cela que l'oeuvre est sublimée, et j'ai lu votre nouvelle d'une traite en espérant ne jamais arriver à la fin, tant l'idée de quitter cette histoire me rendait triste.

Je vous remercie vraiment pour cet incroyable moment de lecture.

Un grand bravo !

Stéphane

   Catlaine   
25/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
J’ai adoré l’autodérision qui cache le profond désespoir du personnage pointant tout au long du récit pour se révéler dans le final simple de tristesse.
J’ai ri et apprécié la qualité de l’écriture. Bravo !

   Anonyme   
3/4/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai d'abord trouvé le titre super attrayant puis rapidement ( il se révèle super mal choisi somme toute) je me suis ennuyé à lire les péripéties et autres turpitudes du narrateur qui semble perdu dans sa vie, dans son quotidien, pour être au final un gars qui subit à fond en fait sa triste existence...Certes vous avez une façon de mettre en exergue avec brio, vos expressions et autres trouvailles de vocabulaire sans compter les autres jeux de mots, et références un peu lourdes sur l’Amérique actuelle (L’Amérique de Trump n'est pas complètement négative...mais là n'est pas le sujet) pour rendre crédible ce quotidien et l'analyse subtile qu'en fait le narrateur (anti-héros paumé malgré lui ou héros à contre courant ) à coups de tirades désillusionnées, désespérées. La question est : que veux prouver et démontrer l'auteur à travers son héros?? Quel est le message? Le personnage en devient -il intéressant pour autant à tout le monde?
Ceci dit le texte souffre de plusieurs défauts: mélange de vocabulaire argotique qui se confronte à des mots très recherchés : "rhétorique"...etc...( déséquilibre des champs lexicaux) Un emploi un tantinet fouillis des temps du passé: imparfait, passé simple, passé composé qui rendent lourds certains passages, sans parler de certaines correspondances des temps dans les subordonnées... Quelques clichés ou stéréotypes : la grande Duduche de six pieds de long pur produit made in AmeriCACA...Pourquoi avoir situé ce texte en Amérique? Paris c'eût été pas mal...aussi. Vous l'aurez deviné, un texte insondable qui m'a laissé sur ma faim et dérouté. Reste le style...

   Jeremiah   
26/3/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je dois avoué que je suis partagé sur ce texte, je vais donc faire l'effort d'être le plus claire possible sur les points qui m'ont plu et ceux qui m'ont gêné.
Le style déjà est impeccable, rien à redire, il est particulier mais travaillé et on sent le soin du détail. Les dialogues étalements sont plaisants et se lisent sans peine.

Maintenant, je ne peux qu'imaginer que la démarche de l'auteur était de dépeindre une tranche de vie teinté de fatalisme et de nostalgie. Dans quel cas c'est parfaitement réussi.

Les points qui m'ont gêné sont plus de l'ordre de la narration, si tant est que l'auteur avait ce point là en tête, je m'explique:

La première évidence c'est que le texte aurait pu être réduit d'un bon tiers sans en affecter le sens (mais qui aurait nuit à l'effet déambulation dans l'esprit de personnage j'en conviens, encore une fois c'est selon le but de l'auteur). Certaines scènes, la première par exemple ne me semble pas primordiale et aurait pu être rendues en 2 phrases pour se concentrer sur le reste.

Et puis pas de but ou d'évolution dans le récit, il y a ce "Je suis une supernova" du début qui recoupe avec la fin, sorte de fil rouge, mais qui ne donne que peu d'attrait, seul, à aller jusqu'à la fin qui n'amène pas plus d'information.

En résumé: En tant que tranche de vie c'est réussi mais je n'y suis que peu sensible; en tant que nouvelle narrative, c'est léger à mon goût.

Reste un plaisir de lecture porté par le style néanmoins.

   plumedeplomb   
27/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Donaldo75,

On retrouve encore vos sujets de prédilection : les pays anglo-saxons, les relations internationales, et un personnage-narrateur haut en couleurs et très attachant.
Comme toujours, une superbe plume ou se mélangent les styles : du soutenu au familier, vous savez les mêlez avec brio, tout en restant léger dans la lecture. Votre maîtrise de la langue française est vraiment impressionnante.
J'adore cet humour mordant, sarcastique, qui cache une profonde mélancolie, voire une dépression chez le narrateur. On rit, on se désespère tout comme lui. Je trouve que sur ce texte là, le personnage est très bien décrit : dans une autre de vos nouvelles, je vous avais dit que je trouvais le narrateur critique en relations internationales ne collait pas avec l'amoureux transit. Mais là, l'intello sarcastique dépressif , il y a une unité qui me semble bien plus réaliste, et le décalage entre 'humour et le désespoir fonctionne très bien. Encore une fois, j'ai pris beaucoup de plaisir à vous lire. A très vite j'espère.

   Alcirion   
29/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Donaldo,

Un texte très agréable à lire et bien écrit.

Ce que j'en ai compris ne reflète peut-être pas ton intention. Un winner, éduqué, culitvé, disposant d'un très bon emploi et confronté à la vacuité de son existence. Une sorte de burn out existentiel.

Le thème est bien amenéé, peut-être un peu trop flou pour moi dans le sens où j'aime que l'auteur laisse toutes les clefs, au risque de surexpliquer.

Bonne continuation !

   plumette   
2/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'ai beaucoup aimé l'ambiance de ce récit! Une alternance entre les états d'âme du narrateur et la description de lieux qui donnent une couleur très "Donaldienne" à l'histoire.
je m'étais tenue à l'écart jusque là à cause du titre! Ignorante de ce qu'est une supernova ( je ne connais que mamie Nova! honte à moi!)
et n'ayant pas fait attention à la catégorie...
J'ai été amusée de trouver ton américain très Français dans sa psychologie introspective,mais cela n'a pas nui du tout à ma lecture, bien au contraire.
En fait, j'adore ce genre d'histoire qui suit au plus près un humain dans son intériorité, avec ce qu'il faut de distance pour que le lecteur puisse entrer dans son univers. Et Bravo ,maintenant que je sais ce qu'est une supernova pour cette métaphore étoilée qui colle bien au personnage.

Une écriture très agréable, qui m'a embarquée y compris dans les passages plus techniques sur le métier.

Dans la construction, les passages dialogués, qui sonnent justes, donnent du rythme et de l'air au lecteur.
Encore et toujours, ton savoir faire narratif!

A te relire bien sûr

   Alcirion   
12/4/2020
Bonjour Donaldo,

J'ai vu quelque chose de très personnel dans ce texte. Mais je suis peut-être à côté de la plaque :)

Au-delà de l'aspect romanesque, les éléments politiques et sociaux sont semés assez habilement. Ils ne sont pas imposés par une lourde démonstration mais laissent au contraire le lecteur tirer ses développements.

Il y a des oppositions intéressantes : Ville et campagnes, mégalopoles triomphantes et trous perdus dévastés, gagnants et perdants de la mondialisation, Amérique de Trump contre celle des élites...

Le narrateur est un gagnant : il a accès à toutes les possibilités du pays le plus riche du monde mais son escapade dans la vraie vie, dans un monde étranger, contribue à lui faire perdre ses repères.

J'ai bien aimé l'aspect désinvolte de la discussion politique sur les primaires démocrates. On sent que les protagonistes débattent parce qu'il est commun pour des gens de leur classe de se forcer à s'intéresser à ce genre de sujet mais qu'au final ni l'un ni l'autre n'assument une quelconque position au-delà de la parole.

Aux Etats-Unis, il y a une ségrégation culturelle plus visible qu'en France. Tout le monde fait la High School mais ne s'en sortent que ceux qui ont eu accès au College, ceux à qui la position sociale initiale de la famille permet d'acheter un diplôme à plusieurs dizaines de milliers de dollars l'année d'études.

Au final, le narrateur, bien intégré dans le camp des gagnants, prend conscience de la vacuité de sa vie quotidienne mais est incapable d'imaginer autre chose.

Voila en tout cas comment j'ai lu ton texte.

Bonne continuation !

   matcauth   
13/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

c'est un bon texte, que j'ai lu avec plaisir. Ce côté fatigué chez le héros, de donner la réplique, de se confronter à la réalité et aux autres est bien rendu, et c'est très réaliste. C'est ce qui donne justement tout l'intérêt à ce texte.

J'avais vraiment imaginé que ça allait très mal se terminer pour le héros, où alors qu'il allait devenir ermite à son tour. Mais cet aspect dont souffrent beaucoup de personnes, des personnes plutôt intelligentes, en principe, se fond dans le besoin impérieux que l'on a de garder une relation avec les autres, dans la vie.

Et l'auteur n'a pas oublié cela, offrant une fin plus logique, plus réelle et moins facile, quitte à rendre cette fin moins plaisante à lire.

J'ai beaucoup aimé le fait de laisser si bien apparaître la fatuité, et la banalité des choses. Et de si bien laisser apparaître le fait que, malgré tout, il faut continuer, encaisser, et accepter encore et encore cet aspect de nos existences.

Je note également que la région, le contexte, ne sont pas dénués de logique.

Il en ressort un texte assez fort, dans le sens ou, généralement, ce genre de texte est lourd et chargé de jugements et de poncifs. Il y en a ici, mais l'auteur ne prend pas le lecteur par la main en lui disant : tu dois comprendre ceci et cela.

Merci.

   GinetteFlora   
5/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Donaldo
L'auteur trouve de la tessiture dans une intrigue qui apparemment se ramène à une portion congrue : la narration de quelques jours d'une banalité quotidienne sans qu'il y ait une action trépidante.
Et pourtant, l'auteur mène le récit , le tient à bout de bras , trouve un angle sur lequel porter son attention , un point sur lequel s'arrimer , un autre point à développer promenant le lecteur dans ses différents cadrages.
Le passage du langage familier au langage abscons particulier d'une profession indique l'état d'esprit du personnage qui est tiraillé entre une réalité monotone et l'envie de se calfeutrer dans une projection de son esprit où il pourrait se trouver une raison de vivre son quotidien .
Richement travaillé comme si le texte traitait d'une affaire de haute importance , on s'aperçoit au final que le personnage est usé par l'absence de motivation de sa vie .


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