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Humour/Détente
fisoag : Les lunettes
 Publié le 11/01/08  -  6 commentaires  -  4678 caractères  -  30 lectures    Autres textes du même auteur

Sketch. Quelle vision a-t-on de l'autre dans un couple. Vaut-il mieux voir net ou flou ?


Les lunettes


LÉON : Passe l’aspirateur. Fait le ménage. Angoissé. Regarde l’heure régulièrement. Chaussons aux pieds, pantalon jean.


GENEVIÈVE : Tailleur strict, chignon, lunettes. Arrive avec un porte-document. Ce n’est pas possible. Tu n’as pas mis la table. Encore à passer l’aspirateur ! Mais je rêve. À quelle heure t’es-tu levé ? Je parie que tu as encore traîné au lit et que tu n’as posé le pied par terre qu’à huit heures. J’ai raison, n’est-ce pas ? Tu es ridicule. Je t’ai déjà dit que pour suivre le timing que je te donne, il faut te lever à 7 heures. Tu ne veux pas m’écouter. Et ensuite, tu es obligé de tout faire en catastrophe. Ça n’est pas bon pour ton cœur. Tu sais bien que le médecin a dit que tu devais te ménager.


LÉON : Oui


GENEVIÈVE : J’espère au moins que tu n’as pas sauté du travail. Elle regarde l’ardoise sur laquelle elle a inscrit les tâches ménagères. Voyons voir… Sortir les poubelles, laver les carreaux de la cuisine, nettoyer la salle de bain, faire deux machines, passer l’aspirateur dans le séjour, préparer le repas de midi…


LÉON : J’ai fait cuire le rôti avec des haricots verts. Il n’y avait plus de pommes de terre et je n’ai pas eu le temps d’en acheter.


GENEVIÈVE : Mon pauvre Léon. Tu n’as jamais su t’organiser. Ce n’est pas maintenant que tu vas commencer. J’espère que tu te rends compte au moins de la chance que tu as de m’avoir. Aucune autre femme ne supporterait un type comme toi. Aucune ambition, aucun talent. Un pauvre type quoi ! Même pas capable de garder son boulot. Heureusement que tu m’aides à la maison ! Tu m’appelleras quand le repas sera prêt, je vais me reposer.


Elle enlève ses lunettes et les pose sur un guéridon et sort.


LÉON : S’assoit sur une chaise, le regard absent. Puis, voit les lunettes. Soudain, son regard s’éclaire. Il prend les lunettes, les manipule et les met bien en évidence dans la poche de sa chemise. Comme mû par une vigueur soudaine, il se redresse, sourit et va s’asseoir confortablement dans un fauteuil. Attend en lisant le journal.


GENEVIÈVE : Rentre. Je commence à avoir faim ! Qu’est-ce que tu fabriques ? Elle cherche ses lunettes à tâtons là où elle les pose d’habitude, mais ne trouve rien. C’est toi qui as pris mes lunettes ?


LÉON : Non.


GENEVIÈVE : Je ne suis pas folle. Je suis sûre de les avoir posées sur le guéridon. Elles ont dû tomber par terre. Léon, qu’attends-tu ? Ramasse-moi mes lunettes.


LÉON : Sans lever les yeux de son journal. Je sais où elles sont.


GENEVIÈVE : Comment ! Ça, c’est un comble. Apporte-les-moi immédiatement !


LÉON : Souriant de toutes ses dents. Viens les chercher, elles sont dans ma poche.


GENEVIÈVE : S’avance vers Léon à tâtons, les bras en avant. Trébuche en se prenant le pied dans le guéridon et tombe la tête la première sur Léon. Décontenancée, la voix radoucie. Ne fais pas l’idiot Léon, donne-moi mes lunettes.


LÉON : Prend la tête de Geneviève entre les mains, lui dénoue le chignon, arrête ses mains sur son cou. Tu vas me redire ça gentiment, je n’ai pas bien entendu.


GENEVIÈVE : Doucement. Arrête ce petit jeu, ce n’est pas drôle.


LÉON : Moi, je commence à m’amuser et cela fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé ! Tu sais que tu es très belle les yeux nus et les cheveux détachés. Ça alors, si j’avais pu penser un seul instant que tu en sois capable. Tu te rends compte, tu me fais bander !


GENEVIÈVE : Pleure. Mes lunettes. Elle essaie de les attraper dans la poche de chemise de Léon mais il l’en empêche et met les lunettes dans la poche de son pantalon en repoussant Geneviève brutalement. Elle tombe par terre.


LÉON : Non, mais regarde-toi. On dirait une handicapée. Tu ne vas pas me faire croire que sans tes lunettes, tu n’es plus rien ! Toi, si parfaite, si intelligente. Dépendre d’un aussi petit accessoire. Quand je pense que je me fais chier depuis dix ans ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt. On arrache l’épine empoisonnée et hop, Geneviève la sorcière se transforme en un gentil petit pantin rose.


GENEVIÈVE : Léon… arrête.


LÉON : Cela fait dix ans que tu m’empêches d’avancer. Rien maintenant ne peut m’arrêter. Regarde-moi. Tu ne vois plus. C’est normal. Je ne suis plus LÉON mais NOËL. Tu lisais mon nom à l’envers. Tu as pris la vie à l’envers et sur cette route à contresens tu as cassé ta monture. Mais si tu préfères NOËL à LÉON, on peut essayer de refaire le chemin dans le bon sens.


GENEVIÈVE : NOËL ! Elle se relève lentement, s’assoit sur les genoux de NOËL et en même temps sur les lunettes. Elle l’embrasse. Je t’aime.



 
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   Cassanda   
13/1/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une scène d'une pièce de théâtre ! Ca change !
L'histoire est un peu saugrenue, mais elle m'a fait bien sourire ! En revanche, c'est quand même un peu gros comme fin ! C'est un peu amené comme un cheveu sur la soupe, trop gros pour être crédible...
J'aime bien le retournement de situation, l'exploitation de cet homme sensé se reposer par sa femme. Les lunettes semblent donner le pouvoir à l'un ou à l'autre et ça, on le vit bien.
Y a-t-il une suite ?

   studyvox   
13/1/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↓
C'est mignon.
Et j'aime bien le palindrome final!

   jensairien   
22/1/2008
La fin humoristique et extravagante plait à mon goût pour le théâtre de l’absurde. Toutefois le reste est sans saveur. Dommage. C'était intéressant cette histoire de lunettes.

   aldenor   
10/2/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L’idée est astucieuse et bien rendue.
Mais pour ce qui est du rayon humour/détente je suis dérangé plutôt qu’amusé. A tour de rôle les deux personnages m’ont mis mal à l’aise. Les rapports de force sont dans mon esprit peu propices à l’humour.
Une fin dans laquelle ils se retrouveraient d’égal à égal pourrait peut-être amener la note optimiste, d’où se dégage le rire.
Tel quel, Geneviève écrase les lunettes et capitule. Ca se termine sur un rapport de force. C’est ce qui m’a dérangé. Elle n’aurait pas dit « Je t’aime » mais autre chose, je ne sais pas quoi, une phrase qui les mets sur le même pied, tout ce qui précède pouvait devenir drôle, émouvant, je pense.

   aldenor   
9/2/2008
Rectificatif. Je disais dans mon commentaire:
"Et puis, on ne comprends pas: on croit que Geneviève a passé sa journée sans lunettes et ensuite on dirait qu’elle est presque aveugle."
J'avais mal lu. Elle sort bien entendu, non pas de chez elle mais de la piece.

   Ephemere   
2/1/2009
C'est léger ; il y a d'autres façons pour se sentir homme... mais Bon !
"que tu n’as pas sauté du travail" : expression étrange ; sauter est-il à l'ordre du jour ?
FMR


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