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Fantastique/Merveilleux
Flupke : Le secret de l'univers
 Publié le 29/10/08  -  17 commentaires  -  4559 caractères  -  54 lectures    Autres textes du même auteur

Est-il possible de partager le secret de l'univers quand on en a pris connaissance ?


Le secret de l'univers


Progressivement tu commences à comprendre le secret de l'univers. Pas intellectuellement, mais plutôt intuitivement. Tout te semble logique sans que tu éprouves le besoin de rationaliser. Tu réfléchis sans subvocaliser, sans former de phrase. Tu appréhendes le langage des oiseaux et pénètres le but de toute vie sur terre. Tu souhaites partager ce savoir avec d'autres entités. Tu réalises combien difficile il te sera de transformer tout cela en mots afin de transmettre cette connaissance, ce fragment d'éternité. Mais, pour le moment, tu te laisses porter par ton illumination. Tu es à la fois la partie et le tout. Comme une vague qui sait qu'elle est à la fois et la vague et la mer. Deux entités apparemment différenciées, mais possédant le même niveau de conscience en commun. Tu distingues clairement l’étincelle divine à l’intérieur de ton âme. Cette félicité de l’exposition de ton esprit à la vérité ultime te ravit. Tu entends la musique des sphères. Cela te rappelle vaguement des passages veloutés de Pink Floyd ou de Kitaro. C'est merveilleux, mais indescriptible.


Maintenant, ton état de béatitude se métamorphose progressivement. Tu perçois comme un tunnel débouchant sur une lumière aveuglante. Un sentiment de déjà-vu pénètre ta conscience. Tu l’as déjà traversé, ce tunnel. Cela devient une certitude. Le tube semble t'aspirer graduellement. Mais les vibrations ne correspondent plus à ta volition. Tu sais que tu as encore tellement de choses importantes à accomplir. Tu essaies de te soustraire à l'attraction de ce vortex. L'espace se dilate. Le temps se contracte.


Tu commences à visualiser les événements de ta vie. La chronologie s'inverse. Dans les différentes scènes que tu revis, tu deviens de plus en plus jeune. Tu perçois clairement tous les détails et pourtant tout semble aller très vite. Tout se comprime. Tu te revois avec ton frère jouant à « il ou elle ? » pour tuer le temps pendant un long voyage en voiture. Tous ces souvenirs que tu pensais oubliés, ils sont toujours présents, quelque part au fond de ta mémoire. Mais tu te révoltes de plus en plus, car tu ne veux pas t'approcher de ce tunnel. Tu visionnes le film de ta vie, mais en même temps tu songes aux êtres chers autour de toi, avec un sentiment grandissant d'éloignement vis-à-vis d'eux. Tu sais très bien ce qui t’arrive, mais tu le refuses. Des entités androgynes sont là pour t’aider à y entrer. Leurs vibrations sont douces et agréables. Mais tu t'arc-boutes mentalement. Tu résistes, tu as peur, tu sens que tu vas « y » passer. Tu entends des bourdonnements, qui s'amplifient au fur et à mesure que le tourbillon t'emporte.


Tu l’ignores pour l’instant, mais dans le même continuum temporel, dans le monde réel qui est pourtant le tien, une amazone s'apprête à te décocher une flèche en plein cœur. Elle prend son temps pour bien viser, car il ne faut pas qu'elle te rate. Elle n'a pas vraiment l'habitude, mais là, elle n'a plus vraiment le choix. La pointe dirigée vers le haut exsude quelques gouttes de son pur venin. Ta libératrice déglutit une dernière fois, elle bande les muscles de son bras droit en inspirant fortement. Le coup part en un éclair. Le dard métallique de toutes les rédemptions traverse ton sternum et pénètre ton cœur. En plein dans le mille. Une douleur intense transperce ta poitrine et tu pousses un cri déchirant tout en te redressant sur ton séant.


Tu entrouvres à peine les paupières, tu perçois du blanc autour de toi. Tu demandes :


- Où suis-je ?


Une voix divinement douce et féminine te répond calmement.


- Vous êtes en soins intensifs, à l'hôpital Saint-Luc.


Tu ouvres un peu plus les yeux, tu as du mal à articuler et tu constates avec surprise que tes propres mots prennent une tournure exclamative.


- À l'hôpital !!! Mais qu'est-ce que c'est ?


Tu distingues vaguement la courageuse amazone vêtue de blanc. Elle te caresse doucement le bras. Elle est heureuse de voir que tu réagis. Elle te répond en souriant.


- C'est un grand bâtiment où l'on soigne les malades.


Tu te corriges.


- Non, je veux dire, que m’arrive-t-il ?


La guerrière discrète, au triomphe modeste et à la gloire noyée sur le grand fleuve de la vie, effleure maintenant tes cheveux pour te tranquilliser. Elle te regarde avec compassion. Elle est contente et soulagée de t'entendre parler.


- Ce n'est rien. Juste une overdose. Je vous ai fait une injection transthoracique d'adrénaline, directement dans le cœur. Rassurez-vous, vous allez vous en tirer. Vous avez eu de la chance, pour cette fois.



 
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   widjet   
29/10/2008
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est du vécu ? :-)

Quoiqu'il en soit, j'ai bien aimé le début assez "planant", aérien, métaphysique, quoi. Ca reste plaisant et pas trop nébuleux ni prétentieux, l'auteur n'étant pas du genre "à se la péter".
Ensuite c'est du Flupke tout craché...Double salto, pirouette et autre acrobatie pour retomber sur ses pattes et surprendre son lectorat. Objectif partiellement atteint...car j'ai déjà lu de sa part des dénouements plus spectaculaires et foisonnants (je sais je suis dur avec notre ami....).

L'auteur rend malgré tout une copie correcte

W

   belaid63   
29/10/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
c'est un fort joli texte qui me parle personnellement. l'auteur aurait-il vécu une expérience de mort éminente? en tous les cas ce texte est une description de ce genre de situation que j'ai connu moi-même suite à un accident de la circulation dans ma prime jeunesse. j'ai aimé ce texte, il m'a personnellement touché, je l'ai lu et relu et je dis bravo

   Anonyme   
29/10/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Joli texte, bien travaillé, bien soigné.

J'ai vraiment apprécié cette "plénitude" apportée par la drogue. Le problème vient de la fin: c'est trop abrupt, trop attendu.

Tu publies en fantastique: où est il?

J'ai néanmoins bien aimé.

   aldenor   
29/10/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Belle écriture, recherchée, soignée, inspirée.
Quelque chose cloche pourtant dans le ton à la fin : un trait d’humour, amusant mais un peu déplacé dans le contexte et surtout une terminologie soudain prosaïque avec un afflux de bons sentiments, compassion, soulagement…

   victhis0   
30/10/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
c'est un bon texte, bien amené, où je me suis fait emporté, passant du surréalisme au vécu avec un glissement subtil et très bien amené. Beaucoup aimé l'amazone. Une nouvelle assez originale (et çà c'est pas facile) sur un thème connu -le passage vie/mort.
Je suis content d'en être sorti vivant (à force de tutoyer le lecteur, hein ;-)).
Merci pour ce moment singulier Flupke, c'est toujours avec plaisir que je lis tes textes.

   Jedediah   
31/10/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une bonne nouvelle, sans longueurs, desservie par de bonnes métaphores et un bon style, assez psychédélique, mais une fin que j'ai hélas sentie venir un peu trop tôt... Quasiment dès le début, en fait.
Étant moi-même en train d'écrire une nouvelle traitant plus ou moins du même thème (le fameux tunnel), mon point de vue est loin d'être objectif...
Bravo et merci en tout cas.

   Anonyme   
6/11/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime ces textes bien écrits, agréables à lire. Il me semble d'ailleurs que faire l'effort de soigner son écriture est la moindre des politesses vis à vis du lecteur.
Avec Flupke, on n'est jamais déçu. On se demande toujours où il veut en venir. Au début, je pensais que le personnage allait mourir.
Finalement, je n'étais pas si loin de la solution.

   Menvussa   
13/11/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je relis ce texte que je croyais avoir commenté. Peut être que c'est cette chute trop terre à terre à mon goût,vu ce que tu m'avais fait entrevoir tout le long du récit, qui m'a alors empêché de commenter.

Toujours est-il que je l'ai redécouvert avec plaisir, c'est très bien écrit.

   Bidis   
14/11/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Parfait pour moi.
Après avoir été "cueillie" par la chute, je l'ai trouvée logique.
(Je me suis précipitée sur cette nouvelle après avoir abandonné le vieux Jim au milieu de l'épisode final de sa mission impossible, dans une situation où, quoique Belge, je commençais une overdose de surréalisme...)

   marogne   
27/11/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je me demandais un peu où on allait, en partant de Jonathan Livingstone le Goeland, en passant par Philip K. Dick, puis j’ai du retomber sur terre et me dire que ce dont on était témoin, ce « n’était que » le passage de la vie à la mort, qui s’arrêterait en route ; ça n’a pas raté.

J’ai donc assez aimé les images du départ, les références, la douce folie qui s’en dégage, mais par contre un peu moins le retour brutal dans le prosaïque. Pas sur non plus de partager la même fascination pour la drogue (même si la morphine …).

Une lecture plaisante.

   jensairien   
28/12/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Mais c'est exactement ce qui est arrivé à Uma Thurman dans Pulp Fiction ! Sacré Travolflupke ! En tout cas, pour autant que le thème du type du type en train de crever qui voit sa vie défiler est éculé, du début à la fin tu arrives à tenir ton lecteur (c'est moi) en haleine en étant toujours original. Mais comment fais-tu ?!

   Faolan   
12/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien
C'est toujours un plaisir de lire l'un de tes récits.
Une belle plume.
Un début à la Jean Claude Van Damme :D
Une fin inattendue mais qui surprend peu (moins que dans d"autres textes en tout cas)
Merci.

   Anonyme   
15/2/2009
Je vis dangereusement, je commente au fur et à mesure. J'espère percer le secret de l'univers toute seule, enfin, rien qu'avec ton texte... et le dico.
Le secret de l'univers est si bien gardé que je ne le connaîtrais qu'à l'instant du partir.
Rien de nouveau sous le soleil.
Tout le monde parle de ce fichu tunnel et de cette lumière attractive, hypnotique et aveuglante. Ca c'est pour le i de l'instant. Mais après ?
Avec un tel titre, je pensais que tu me permettrais de voir de quoi est fait ton i ou celui de ton héros, au choix.
Mais cette fois-ci, c'est loupé, il est revenu.
Happy end rassurant pour la nouvelle, t'as pas mouillé la chemise.
C'est mon avis, il ne vaut que ce qu'il vaut, d'autant que je n'ai pas lu les commentaires des oniriens.
Je sens que je vais prendre une douche... mais bon, ce petit suspens n'est pas désagréable.
Au plaisir de te lire.

   An-Honyme   
21/2/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup rêver... Et j'ai beaucoup réfléchit au "secret de l'univers"... Donc votre texte m'a plu d'emblée et il a fallu que je le termine absolument ! Je crois que c'est le secret des auteurs beaucoup lus et appréciés... Donc à mon avis ce texte est très bon... Je me demande -vraiment- si les effets de la drogue sont tels que vous les décrivez Si c'est oui alors je comprends pourquoi les drogués ne décrochent pas !
Bravo !

   nico84   
23/4/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je trouve la fin annoncée trop tôt et donc trop attendue, devinée. Mais sinon le théme est bien choisi, l'écriture belle. C'est juste la revelation qui est mal maitrisée, il n'y a pas de surprise car tout est dit tout au long de ta nouvelle. C'est dommage.

   liryc   
10/6/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo flupke. Encore une fois une fin totalement imprévisible qui colore tout le récit à la seconde lecture. Une approche qui diffère aussi d'autres de tes nouvelles que j'ai lu et qui démontre encore une fois ta faculté surprenante à te modeler par touches délicates et subtiles avant de surprendre.

   Marite   
6/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Nouvelle très plaisante et pas ennuyeuse pour un sou. Cette description des sensations de l’esprit pendant que le corps physique est inanimé et inconscient est admirablement traitée je trouve. Pas un seul mot n’accroche. L’écriture est fluide. J’ai « avalé » les premières phrases avec une forme de contentement rassurant : c’est donc ainsi ! J’ai même un peu regretté que le héros refuse de continuer sur ce chemin ! Mais bon, on le suit malgré tout. Difficile pour moi de regagner le monde réel. C’est le mot « amazone » qui, en fait, m’a fait croire que le héros était toujours dans son univers. Je ne suis revenue à la réalité que lorsqu’il reprend conscience … Merci Flukpe pour cet agréable moment.


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