Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Réflexions/Dissertations
GLOEL : La place du photographe...
 Publié le 10/12/15  -  8 commentaires  -  3808 caractères  -  100 lectures    Autres textes du même auteur

Roland Barthes, philosophe photographique français, découvrit un jour une vieille photo de sa mère morte quelques années auparavant, son visage s’éclaira soudain d’un plaisir presque enfantin et d’une grande émotion qu’il eut peine à dissimuler.


La place du photographe...


Roland Barthes, philosophe photographique français, découvrit un jour une vieille photo de sa mère morte quelques années auparavant, son visage s’éclaira soudain d’un plaisir presque enfantin et d’une grande émotion qu’il eut peine à dissimuler.


C’était comme des retrouvailles après une très longue absence. Il passa tendrement son doigt sur le portrait de sa mère et comprit combien celle-ci lui avait manqué. Il réalisa que cette photographie qu’il tenait entre ses mains était le dernier lien entre celle qui avait un jour dans le passé existé et tant compté pour lui et lui-même devenu entre-temps adulte, un lien entre deux réalités, celle d’un autrefois pour lequel le temps n’a jamais été aussi important et celle de l’instant présent infiniment petit, mais sans lequel rien ne saurait exister, ni passé, ni avenir.


Il était confus par tant de réalité, par tant d’immortalité et d’authenticité, confus par cette rencontre virtuelle et s’étonna de la fidélité de ses joies, de ses peines, de ses désirs et fantasmes.

Mais plus il admirait le beau portrait de sa mère, plus les souvenirs de cette époque lui revenaient en mémoire. Il se souvint de ce sourire confiant qu’elle avait, du dessin de ses lèvres dont il aimait la suave sensualité, des boucles de ses cheveux noirs avec lesquelles il aimait jouer, de ses yeux sombres dont il avait hérité. Combien de fois ne lui avait-on pas répété qu’il était le portrait de sa mère… Enfant, il en avait d’ailleurs toujours tiré une grande fierté.


La photographie était devenue miroir. Et le miroir agissait comme source d’inspiration. Pour le philosophe, la chambre noire avait pris soudain l’aspect d’une chambre claire…


Il chercha encore une fois dans les traits du doux visage maternel ceux de la ressemblance. Des milliers de souvenirs de son enfance, de l’amour tendre et confiant de sa mère, surgissant de l’oubli, se faisaient l’écho du passé, comme des images qui n’auraient jamais été autre chose que les mille morceaux d’un miroir brisé.


Il pensa soudain à la mort de Narcisse, que l’amour-propre avait séduit et entraîné à sa perte. Franchir le miroir pour mieux contempler toute la beauté du monde, pour mieux se l’approprier, pour se confondre en elle. Le mythe prétend que ce dernier, à force de regarder en arrière et d’avoir son désir fixé sur le passé, s’est finalement noyé par imprudence et imprévoyance dans les eaux du lac pour se transformer en statue.


Perdu dans ses souvenirs, Roland Barthes ne s’était alors jamais senti aussi proche de la mort qu’à cet instant précis.

Tout semblait osciller entre réalité et passé, entre vérité et réalité. Tout se confondait dans l’amour et la mort de sa mère.


Il tenait dans ses mains l’image chérie d’une femme que la photographie avait immortalisée immobile, comme par anticipation de sa disparition.


Je crois savoir aujourd’hui qu’il avait été très triste en se rendant compte de la vacuité de tout ce que la photographie lui avait pourtant fait percevoir comme bien réel. Il aurait même versé quelques larmes d’amertume en ressentant les émotions que celle-ci avait su faire ressusciter en lui.


Tout en continuant à passer délicatement sa main sur le portrait de sa mère, à la manière d’une ultime caresse, il avait enfin saisi le sens de la photographie, son inversion du réel sans pour autant en être la négation. Sa mère avait existé sans jamais cesser d’exister pour lui.


Si Roland Barthes avait été photographe, il aurait sans aucun doute été celui de l’abstraction afin de pouvoir rendre au sujet toute sa beauté et sa pureté comme source de l’art. Il aurait cherché à fuir l’immobilisme de l’instantané pour lui préférer le mouvement infini des couleurs.


Si seulement Roland Barthes avait été photographe…

Si seulement il avait aimé les couleurs…


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   hersen   
21/11/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
" ça a été "

Texte qui retrace la réflexion de R. Barthes par rapport à la photographie.

Sur un format si court, le texte est forcément un peu succinct mais a le grand mérite de nous livrer les grandes lignes de sa réflexion et de donner envie de lire ou relire "la chambre claire"

Et par ricochet de nous amener à méditer sur l'image.

" La brique " de Guy Alloucherie est un spectacle qui justement nous plonge dans " La chambre Claire "

Merci pour cette lecture

   carbona   
26/11/2015
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Bonjour,

Votre texte est rédigé dans une écriture tout à fait correcte mais je n'accroche pas avec le fond : ça ne me provoque ni émotion, ni curiosité.

Pas de déclic pour moi, ni dans les réflexions suggérées, ni dans le caractère insolite de l'instant décrit, ni dans l'écriture même si elle est de qualité.

Désolée,

Carbona

   Donaldo75   
29/11/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Le propos est fort intéressant, comme une vieille photographie d'antan, à l'instar de ce noir et blanc préféré par Roland Barthes aux couleurs.
Pourtant, je ne retiendrai pas longtemps ce texte, malgré ses phrases longues. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il manque d'exposition, parce que ce serait faire injure au philosophe derrière l'auteur. Il ne m'a pas vraiment touché. C'est cela. Ce texte est inerte, loin du monde du vivant, plus dans un ton minéral, géologique.

Dommage.

Donald

   Mauron   
10/12/2015
 a aimé ce texte 
Pas ↓
J'aurais supprimé Roland Barthes, j'aurais supprimé le passé simple et Narcisse, tout ce qui veut "faire littéraire" et branché et qui ne fait que nuire au propos. La seule chose qui vaille et sur laquelle la nouvelle ne donne aucun détail, c'est la place qu'occuperait le narrateur dans ce récit... Où se trouve-t-il? Qui est-il? Roland Barthes se serait posé la question s'il avait lu ce texte. De qui ou de quoi ce Roland Barthes regardant la photo de sa mère est-il le miroir? Et pourquoi le narrateur a-t-il eu envie de raconter cela?...De fait, la focalisation zéro et le point de vue omniscient du narrateur méritent qu'on les interroge. D'où celui qui raconte tient-il ces informations, qui les lui a dites, de quel droit les raconte-t-il? Pourquoi est-il dans l'intimité de Barthes? Surtout qu'il prend la parole vers la fin et qu'il dit "je".

Des négligences d'écriture fort dommageables au texte: "il était confus par" me reste en travers de la gorge... Surtout que cette construction terriblement incorrecte se répète.

Enfin, le sujet de la nouvelle n'est pas clair. Celle-ci se termine sur des généralités "floues" et pédantes à propos de la lumière et du mouvement alors qu'elle aurait pu ressusciter la mère et Barthes (qui en ont tous les deux bien besoin). La littérature doit et peut servir à dépasser les limites. Pourquoi ne pas avoir fait se tourner la mère de Barthes vers son fils, pourquoi ce baiser de Narcisse à ce reflet de la photo ne s'est-il pas produit? Pourquoi ces deux images n'ont-elle pas joint leurs lèvres? A quoi bon avoir parlé de Narcisse? Il fallait le mettre en action sans pour autant prononcer son nom.

Dommage, ce texte aurait pu être très beau. Il est raté mais il peut être repris (de fond en comble) avec moins de pédantisme et davantage de vraie sensibilité à ce qui est en train de se tramer dans le récit qui vient.

Il me semble que l'auteur est resté à la porte de son récit, qu'il n'a pas osé raconter et qu'il s'est contenté de raisonner sur cette histoire qui l'aurait dérangé et à la fois ému et mu. De l'audace que diable! Et une vraie plongée dans le pays des rêves!

   Lulu   
12/12/2015
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

ce qui me perturbe dans votre texte, c'est qu'il semble hésiter entre le récit à proprement dit, et le sujet de réflexion.

Je trouve belle l'idée de raconter l'émotion face à la photo, mais vous vous engagez, en le racontant, dans une forme narrative... De fait, je m'attendais à une suite proprement narrative qui aurait pu susciter l'émotion chez le lecteur. Or, là, vous restez en suspens en survolant l'évènement qui aurait pu être largement développé et vous vous engagez dans le terrain de la réflexion.

Enfin, il me semble que vous dites la même chose d'un bout à l'autre de votre écrit et qu'il n'y a guère de progression, ce qui est bien dommage. Sans doute est-ce le fait du format. C'est un peu court. Il me semble, en effet, qu'il manque l'effet essentiel de la madeleine de Proust. L'émotion est censée être là chez le personnage de Roland Barthes, mais elle ne passe pas chez le lecteur. Au-delà du fait de caresser la photographie, que se passe-t-il ? On ne découvre pas grand-chose... Un vrai récit aurait induit davantage de précisions dans les souvenirs.

   lala   
8/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour GLOEL,

J'ai beaucoup apprécié votre lent cheminement dans les pensées de Roland Barthes, relatant cette sorte de sidération provoquée par la photographie de sa mère. Vous dévoilez la richesse des réflexions et des sentiments que sait délivrer une photographie : instant figé d'un sujet qui était, souvenir du sujet proche et perdu, souvenir visualisé, presque touché, qui puise dans les sens ce que la seule mémoire a plus de mal à faire, conscience des effets de la perte du sujet, trait d'union entre deux vies, celle d'autrefois, de l'enfant insouciant et protégé, celle de l'adulte devenu tel avec les ressources transmises, héritage, miroir, et si proches, attirance ou haine de la mort.

   fried   
2/3/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quoi de plus simple ou de plus naturel que de s'émouvoir d'une photo. Oui on peu l'imaginer tel que vous le décrivez, et essayer de percevoir son cheminement et comme moi se dire, mais qui est donc ce R Barth....
Je suis photographe amateur, alors je viens de me documenter. Il semble qu'il attachait plus d'importance a l'émotion que suscitait une photo qu'a la technique et la qualité de la prise de vu. Il était philosophe et de quelque chose de simple il en faisait quelque chose de complexe . Je retrouve une photo de ma mère, donc elle a existé. (Après avoir été ému et s'etre sans doute plongé dans ses souvenirs). Des réflexions de l'ordre "d'être ou ne pas être"....
Merci pour ce texte qui me donne matière a réflexion.

   Sylvaine   
20/4/2016
 a aimé ce texte 
Pas ↑
On ne sait trop s'il s'agit d'un texte de réflexion ou d'une narration, et cette hésitation vous dessert : si c'est une réflexion, c'est un peu court (je ne parle pas de la longueur), si c'est une narration, elle n'accroche pas l'intérêt et ne suscite pas d'émotion. L'écriture est parfois maladroite et je crois qu'il y a une erreur d'interprétation concernant le mythe de Narcisse, qui n'était pas fasciné par le passé mais amoureux de sa propre beauté. Et qui ne s'est pas changé en statue, mais en fleur !


Oniris Copyright © 2007-2019