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Science-fiction
jaimme : Ayin, le regard de Dieu
 Publié le 08/12/15  -  13 commentaires  -  10046 caractères  -  171 lectures    Autres textes du même auteur

NOTA : Ce texte a été écrit avant les événements récents et n'a rien à voir avec eux.


Ayin, le regard de Dieu


Ils sont arrivés un lundi en début d’après-midi, alors que le Soleil nous fait rêver de la nuit.

En plein Sahara.

Sans doute parce que l’espace était plutôt dégagé et pas bien loin du nombril de la planète. On aurait pu mettre des jours à les repérer, mais ils ont tout fait pour se faire remarquer. En moins de dix minutes, c’est certain, le monde entier savait que quelque chose créé par le démon Iblis était là. Posé entre erg et reg.

Je me souviens de tout, on dit que j’ai une mémoire de djinn. Et surtout j’étais aux premières loges.

Ils ont d’abord envoyé un son qui a tué tout ce qui vivait dans un rayon de mille kilomètres. Pas grand-chose selon certains. Mais cherchez donc la famille Zentani ! Il n’en reste qu’un fils, chauffeur de taxi à Rome.

Ma famille… Tous.

Tous sont tombés sur place, morts.

Pensant sans doute qu’ils avaient été trop discrets, ils ont créé une onde sismique qui a tout anéanti, exactement dans le même espace. J’ai vu le cercle puisque ma maison est à dix mètres de sa bordure. Du bon côté, effectivement. Le dessous de la terre était dessus, et le cercle était parfait.


Fait soif, non ? Si quelqu’un m’offre un café je continue, promis !

Oh, merci l’ami. Tu es parmi mes frères, toi.

Oui, merci à toi et pourtant tu la connais déjà mon histoire. D’autres vont maintenant entendre gratuitement la suite. Que l’enfer oublie de les brûler avec les pièces qu’ils n’ont pas données ! Dieu est pardonneur, fasse qu’Iblis le soit aussi !

Mais oui mon frère, je continue. Je continue. Pour toi et les autres. Pardonnez-moi, tous. Mes amis de chaque soir et mes amis éphémères, camionneurs de passage. Vous, les caravaniers d’aujourd’hui, je compte sur votre mémoire et votre cœur pour colporter mon histoire. Soyez les messagers de la vraie humanité.

Je continue, mais je suis fatigué. Une dure journée.


Ils savent contrôler un tremblement de terre au millimètre près. Je l’ai vu.

Puis ils ont investi tous les autres types d’ondes : hertziennes, gammas et électromagnétiques. Et sans doute un panel qui nous restera à jamais inaccessible.

La lumière est aussi une onde.


Qu’est-ce qu’il y a, jeune homme, tu ne comprends pas mes mots ? Souma, laisse-moi me vanter. Je lui explique. Tu sais mon oncle était dans la police du « Frère guide ». Khadafi, que son cadavre disparaisse, m’a fait donner une bourse et je suis allé deux ans à l’université de Tripoli. Pour devenir ingénieur. Je voulais construire des autoroutes et des barrages. C’est loin tout ça… De toutes les façons, c’était trop compliqué, je n’ai pas réussi mes partiels.

Tu ne comprends toujours pas mes mots ? Mais tu sais comme moi ce qui s’est passé, non ? Ou du moins, tu crois le savoir… Alors écoute la musique et laisse avancer les mots.


Après ils ont envoyé un flash tout autour de la Terre. Ma voiture, coupée en deux, malencontreusement garée à la limite du cercle sismique, a été la dernière chose que j’ai vue avant de devenir aveugle.

Je pense que tous les humains qui avaient les yeux ouverts à ce moment-là, et peut-être tous les autres pour autant que je le sache, ont perdu la vue. Le message, si c’en était un, c’est ce qu’on a dit après, était incompréhensible. Il a détruit tous les appareils construits après le début de la Révolution industrielle. Ma montre connectée a littéralement explosé. L’électronique est réparable, pas l’informatique. Vous le savez aussi bien que moi. Il faudra attendre quelques années encore avant de pouvoir jouer à Sandy Saga ! Si Dieu me prête vie jusque-là et que je peux admirer à nouveau la couleur de mon café…

Puis ils ont envoyé autre chose et tout mon corps a été brûlé. Comme un coup de soleil total. Instantanément. Tout le village hurlait autour de moi. Et je criais avec eux.

À mon avis ils cherchaient une race identique à la leur. Mais quelle forme de vie peut recevoir tous ces fléaux comme un « message » ?

Mohammed est le Grand messager, pas eux.

Pas eux…

Ils ont dû penser ensuite que la Terre était trop froide et les degrés ont grimpé. Sensiblement, très sensiblement. Et pourtant il faisait chaud ce jour-là ! C’est à peine si je pouvais respirer. J’ai rampé sous la demi-carcasse de ma voiture pour y chercher un peu de fraîcheur. Mais la température était parfaitement uniforme. Elle ne venait pas du ciel… L’air était tellement chaud que j’ai essayé de le filtrer à travers mes doigts. Pourtant mes narines me brûlaient.

Et puis j’ai commencé à rire.

J’ai rapidement compris, au milieu de la terreur, au centre de la douleur, que la teneur en oxygène était montée d’un cran. Larmes et rires tous ensemble. J’imaginais une mort plus calme…

J’ai dû m’évanouir à ce moment-là.


Deux millions d’Américains prétendent avoir été enlevé par les Aliens. Moi je ne prétends rien.

Je me suis réveillé. C’est affreux de se réveiller aveugle ! J’ai senti une matière souple sous moi. Des liens aussi. Et j’ai surtout perçu leur présence. Un fourmillement extrêmement douloureux. Je les sentais quand ils s’approchaient. Et quand ils s’éloignaient mes yeux pleuraient tout seuls de soulagement.

Je n’ai pas entendu de sons. Aucun. Même pas les miens. Et ça aussi c’est une douleur terrible, car je pensais être devenu sourd.

Ils ont lu en moi. C’est tout.

Ils n’ont rien fait d’autre.

J’ai regardé le livre de mes souvenirs s’ouvrir, page après page. Toute ma vie dans un doux accéléré. Il ne leur a fallu que quelques jours, c’est du moins l’impression que j’ai eue, peut-être quatre ou cinq, entrecoupés de phases de sommeil, pour me faire revivre ces soixante-huit dernières années. J’ai failli mourir.

Ils ont dû le comprendre car ils m’ont apporté de l’eau et un fennec mort. Je l’ai mangé. Oui, cru.


Puis ils m’ont relâché et sont partis. Ils avaient regardé le film de ma vie et ont décollé…


Mes enfants, arrêtez ! Je peux vous appeler « mes enfants » car vous avez l’âge de ceux que j’ai perdus ce triste jour. Arrêtez de rire. Le rire déforme votre intelligence.


Non, je n’ai rien qui prouve mes dires.


Je pense qu’ils ont voulu s’excuser. J’ai entendu la radio, lorsqu’elle a bien voulu renaître, dire qu’ils avaient laissé plusieurs cristaux bourrés de données. Des trucs lisibles avec les appareils qui les accompagnaient. Tout ça en tas, exactement au milieu du cercle infernal. Quand je pense que les Américains et les Chinois ont failli déclencher une guerre et qu’ils ont fini par se partager le butin…

La température et l’oxygène sont revenus à la normale. Enfin presque puisqu’ils ont dû juger que notre planète pouvait « faire mieux » : on a perdu deux degrés. Au temps pour le réchauffement climatique.

Il paraît qu’ils ont laissé aussi quelques machines qui rendent la vue. Comme par hasard ce sont les pays riches qui les utilisent actuellement, « dans l’ordre d’utilité » comme ils disent. Je ne suis pas près de savoir si Zayane crache dans mon café avant de me le servir !

Je réparais des voitures. Le dernier garage avant le Sahara libyen. Je continue, mais la plupart du temps j’attends les pièces détachées. Elles ne sont pas encore réapparues ici, je ne reçois que du recyclé. Pas plus que les animaux d’ailleurs. On dirait qu’ils sont partis de l’autre côté de la Terre.

Alors je raconte tous les soirs que c’est moi qui ai sauvé le monde : ils m’ont regardé puis sont partis.

Certains me croient et m’offrent à boire. Je raconte ça tous les soirs pour que le plus de gens possible sachent que la bonté de l’homme a sauvé le monde. Les camionneurs, tous voyants, tous favorisés par l’O.N.U., sont mes apôtres. Je l’espère en tout cas. Pour les cafés gratuits, aussi, c’est vrai.


Dure journée aujourd’hui…

Oui, j’aime croire que je suis un gars bien, pas vrai Zacharie ? Je suis fidèle aux cinq piliers… enfin quatre : la Mekke c’est trop cher pour l’instant. Et je déteste le mal. Je respecte et aime tous les hommes de cette Terre. Je résiste à presque toutes les tentations. D’ailleurs lorsque j’avais dix-huit ans je n’ai pas tué Sahid. Pourtant il m’avait pris Jasmine, le salaud !

Jasmine a aussi été tuée ce jour-là, c’est pour ça que je peux en parler. Que l’Éternel l’accueille parmi les anges.


Oui Zacharie ? Et si quoi ?… Si j’avais tué Sahid… ? Je ne sais pas, Zacharie.

Je ne sais pas… Je ne sais rien d’autre.

Bon, j’ai du travail très tôt demain. Un camion, justement, à réviser avant sa traversée du désert.

À demain, mes doux frères.


C’est toi Zacharie ? Je reconnais ta main sur mon épaule.

Quelques pas ensemble ? Si tu veux.

Dure journée ? J’ai parlé d’une « dure journée » ?… Oui. Je… me suis brûlé plusieurs fois, sur les moteurs ça arrive.

… Si j’ai rencontré Sahid aujourd’hui ? Non. Qu’Iblis lui pardonne.


Voilà, c’est chez toi. Je te laisse.

À demain soir mon vrai ami.


Voilà Jasmine, je marche devant ta maison. Juste à côté de la mienne. Toute ma vie mon cœur a hurlé de te savoir frôler ma vie. Je baissais la tête quand je faisais ces quelques pas devant ta porte. Et maintenant que tu n’es plus là, je ne peux plus regarder. Ma main posée sur ta porte… il faut que je m’arrête, je dois te parler. Ta maison est vide maintenant, c’est ça dont je dois te parler.

Tu vois, Jasmine, toi qui es au ciel maintenant… tu le sais, on doit en parler là-haut : j’ai sauvé le monde. Des milliards de vies sauvées grâce à moi.

J’ai sauvé toute la Création de Dieu !

Dans la balance, dans MA balance, sur un plateau : des milliards. Sur l’autre : Sahid.

Jasmine, toi qui as toujours semé la perfection, peux-tu intercéder en ma faveur auprès du Créateur ?

… Tu vois, ce matin Sahid est venu dans mon garage. C’était la première fois. Aveugle comme moi il s’est approché trop près. La puanteur de ses péchés était insupportable. Au jugé je l’ai frappé avec la clé à molette. En pleine tête ! Il est tombé en gémissant. J’ai attaché autour de son cou ma vieille caisse à outils remplie de tuyaux rouillés et je l’ai fait glisser dans la cuve à vidange.

Oui, c’est… Mais quand même ! QUAND MÊME ! Des milliards d’un côté !

Jasmine !!!


 
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   Anonyme   
20/11/2015
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Bonjour,
Difficile de commenter cette nouvelle tant elle porte le chaos. L'écriture sans doute est maîtrisée, correcte, d'un style léger et fluide. C'est le fond qui pose problème pour moi. A dire vrai, je n'ai strictement rien compris. Ou le héros est un tueur qui a perdu la raison après un banal crime ( encore qu'un crime ne soit jamais chose banale) passionnel, ou alors c'est le fouillis du scénario qui cherche à nous faire perdre la nôtre.
Voilà je m'arrête là. Désolé, ce sera non.

   Anonyme   
9/12/2015
 a aimé ce texte 
Pas
Chouette, le retour de mon auteur préféré de SF sur Oniris ! (J'suis encore sous le choc de L'étable et de Clean war). Bon, pourtant je vais être franc avec toi, c'est la grosse déception ! Je préfère de loin quand tu t'évades dans des galaxies très très lointaines ou dans du futur technologique, domaines que tu maîtrises avec brio. Ici je ne parviens pas à accrocher à ce fourre-tout indigeste où se mélangent catastrophe, extra-terrestre et islamisme déguisé. Surtout, je ne comprends pas ton message, ce que tu essaies de transmettre. Les émotions du narrateur m'apparaissent carrément obscures. C'est confus, sans fil conducteur susceptible de nous amener vers un semblant d'explication (mais il est possible que je ne le vois pas ). On retrouve un peu Les chroniques effrontées dans ce mélange des genres mais alors on arrivait à suivre et rire de cette joyeuse pagaille.
D'autant plus déçu que ton style est toujours aussi bon, hormis cette tournure pas très heureuse : « Posé entre erg et reg ».

   Bidis   
8/12/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bon, je n’ai rien compris, cela n’étonnera pas l’auteur – ce n’est pas un scoop : en science fiction j’avale tout, vu que je n’y pige que dalle.
Donc, je n’aime pas d’emblée. J’ai seulement été curieuse de voir pourquoi les autres, ceux qui affectionnent la science fiction, eux, n’aiment pas. Mais là non plus, je n’ai rien compris.
N’aimant pas d’emblée, je me suis laissée emporter par le texte. Et je dois dire que je ne vois pas en quoi il est plus tordu que d’autres dans la même catégorie. En tout cas, j’ai trouvé cela agréable à lire, pour ma part et j’en ai retenu une impression de désespoir poétique. Tant d'autres textes ne me laissent aucune impression du tout !
Or cette phrase m’a scotchée : « Alors écoute la musique et laisse avancer les mots. » Je trouve ce conseil magnifique. Mais en fait, c’est ce que je faisais…
Donc, je n’ai pas passé un mauvais moment, pas du tout.

   Anthyme   
8/12/2015
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↓
Super-début-hyper-captivant-super-hyper-accrocheur qui m’a d’emblée propulsé dans un monde à la Travis Walton, m’attachant à chaque détail pour lui affûter le meilleur des contre-arguments … et puis … et puis …
… et puis ça a commencé à devenir un peu longuet ...
… au point que j’en ai un instant redouté une dérive à la Khalil Gibran (je déteste)
… et puis je me suis dit « Mais non, c’est seulement pour caresser les Gentils-Sélectionneurs dans le sens onirien du poil ; la phrase suivante va me ramener chez ces invraisemblables Zitis » …
… alors j’me dis … et pfffff … … et encore … et boffff …
… et j’ai finalement poursuivi plus par inertie que par simple curiosité.

Vraiment très pénible de me cramponner jusqu’au bout : dix lignes de plus, et je larguais le texte …
… ce qui lui aurait épargné mon « J’aime pas moins-moins » colérique.

… … … …

La charte interdit de planter un commentaire qui ne soit pas argumenté ; alors je suis là, depuis dix minutes devant mon clavier, en me demandant ce qui a bien pu me mettre à ce point en rogne ?

… … … …

Finalement, je pense que c’est d’avoir le sentiment de m’être fait rouler par un camelot qui m’a tendu une vieille chaussette malodorante après m’avoir hélé sur ma route en me promettant un habit de Lune.

Oui c’est ça !
Ce texte est une mystification de genre :
Rien à faire dans le rayon « Science-fiction » !

   Coline-Dé   
8/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte très intéressant par ses références multiples et par son écriture vivante. Comme toujours quand je tombe sur un nom un peu bizarre, je fais une petite recherche. Et là, je tombe sur un nom chargé de signifiants qui projettent des reflets différents sur le texte : Ayin, c'est un oeil, et aussi une source, c'est le regard qui délivre des apparences fausses, c'est le passage vers la clairvoyance et la pureté. En hébreu, c'est une lettre qui a 70 comme valeur à l'instar des 70 niveaux d'interprétation de la Torah et qui a à voir avec la Kabbale...
Le texte, qui démarre comme un conte persan par le récit des aventures du héros, nous apprend que grâce à sa vie exemplaire, il a sauvé l'humanité de la destruction par des ET.
Sauf que, cette vie exemplaire... il ne la mène pas jusqu'au bout puisqu'il tue son rival !
J'ai bien aimé le mélange de conte et de SF, qui a le mérite de faire varier les inébranlables standards du genre SF dont semblent se repaitre les amateurs débutants. Pas de description de petits hommes verts bleus ou mauve, mais seulement de ce qu'ils font.
L'idée que revoir sa vie en accéléré peut faire mourir est particulièrement intéressante :
J’ai regardé le livre de mes souvenirs s’ouvrir, page après page. Toute ma vie dans un doux accéléré. Il ne leur a fallu que quelques jours, c’est du moins l’impression que j’ai eue, peut-être quatre ou cinq, entrecoupés de phases de sommeil, pour me faire revivre ces soixante-huit dernières années. J’ai failli mourir.
(ce sont les mauvais moments qui sont difficiles à revivre ainsi...ou les bons ?)

Il y a une lumière dans ce texte, dont je ne sais pas vraiment d'où elle sort, mais à laquelle j'ai été sensible.
Et après l'avoir relu, je me pose encore la question : il tue son rival avec l'idée qu'au regard de ce qu'il a épargné à la planète, ça ne pèsera pas bien lourd ou il se pose la question après ?
Je n'arrive pas à trancher !

   Mare   
9/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le style de ce texte est comme l'esprit du narrateur, comme le monde dans lequel il vit: traumatisé. L'impression de plus en plus déstructurée qui se dégage de la narration est à l'image du l'univers que l'auteur crée pour nous: de plus en plus déséquilibré, de plus en plus abîmé. La manière dont le texte est écrit fait partie intégrante de l'univers. L'écriture, dans sa forme, aide l'auteur à décrire aux lecteurs les caractéristiques de son monde.

J'ai particulièrement aimé l'allusion au fait que les visiteurs qui infligent tous les maux à l'humanité le font simplement parce que c'est leur manière de communiquer. Métaphore extrême des dégâts qui peuvent résulter lorsqu'on n'a pas la même manière de communiquer? J'ai envie de croire qu'ils ne voulaient pas faire de mal, qu'ils essayaient juste de se faire comprendre. Comme des enfants qui hurlent.

La fin est un bijou par les questions qu'elle éveille. La valeur de la vie a un caractère absolu. Des milliards de vies sauvées n'autorisent pas à en prendre une seule. Bizarrement, dans le sens inverse, cela ne donne pas la même impression. Passer son existence à sauver des vies pour racheter un crime atroce est un acte de rédemption. S'autoriser à prendre une vie sous prétexte qu'on en a déjà sauvé des milliards est un acte de folie.

Merci, jaimme ! Rien n'est jamais simple avec toi !

   Shepard   
9/12/2015
 a aimé ce texte 
Pas
Salut Jaimme,

Bon, tu sais déjà plus ou moins ce que je pense du texte, mais je l'ai relu encore une fois après publication.

Pour moi il y a une très bonne idée : L'idée que les extra-terrestres, pour communiquer, aveuglent l'humanité (physiquement mais aussi en détruisant l'électronique) sur un 'malentendu'.

La déception vient du fait que finalement, ça n'impacte aucunement l'histoire. Ils auraient pu tout aussi bien envoyer une bombe, une épidémie, etc... Il pourrait rester la même poignée de survivants. Donc une amorce qui m'intéresse et ensuite le récit part sur l'histoire d'un type qui tue une autre type parce qu'il a flirté avec sa femme. Il y a deux histoires en une, et celle qui est exploitée paraît vraiment banale par rapport à l'autre.

Ajouté à cela la narration qui m'a laissé de marbre (mais bon, ça, c'est plutôt subjectif, en soit c'est bien écrit) car un peu chaotique - probablement voulu par rapport à la folie du personnage - je n'ai vraiment pas accroché au récit.

   Perle-Hingaud   
9/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Jaimme,
J’aime cette histoire que l’on peut lire à plusieurs niveaux. Etant un peu simplette de nature, j’y ai vu une parabole drôle et ironique sur la relativité du bien. Le conteur, parce que selon moi ta nouvelle est davantage un conte pastiche de la tradition orale des contes d’orient qu’un récit de science-fiction, le conteur donc révèle un fort caractère : tour à tour il nous interpelle, nous amuse, nous inquiète. Il a la parole facile, on l’écoute en hésitant à le croire, serait-il un roublard ?
Bref, être le sauveur de l’humanité contrebalance-t-il un crime aussi humain que misérable ? Dieu et les extra-terrestres seront-ils dupes ou n’est-il pas plus prudent de demander à Jasmine d’intercéder auprès d’eux (le Pari de Pascal n’est pas bien loin…)?
L’écriture et le style sont un régal. L’humour est présent tout du long, la chute en étant, selon moi, le point d’orgue.
Un texte malin comme son conteur, qui nous sort des lectures quotidiennes.

   hersen   
9/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Comme un griot racontant de la SF. J'adhère tout de suite, c'est si plaisant à lire qu'on regrette que ce soit si court.
Mais on n'a guère envie non plus que ça continue, puisque finalement ça débouche sur une banale histoire passionnelle.
Nous ne sommes que des hommes, rien que des hommes.

Je trouve un grand paradoxe à ce texte. Le style est limpide, clair, plaisant et pourtant, nous ne sommes pas sûr de tout saisir; j'aime beaucoup cette ambiguïté qui, du coup, nous accompagne au fil de la lecture.

Merci pour ce bon moment de lecture en partie dû à une écriture qui est un vrai bijou.

   Anonyme   
10/12/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Ayin, c'est Dieu. Il doit faire un choix cornélien et sauve l'humanité, au final.

La nouvelle est dans la bonne catégorie puisqu'elle inclue un élément technologique inexistant qui influe directement sur l'histoire qui nous est contée.

Assez bien dans l'ensemble.

Wall-E

   carbona   
12/12/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Un texte qui se lit bien par son style fluide et plaisant. Un fond un peu plus dur à apprivoiser. C'est étonnant de voir cette histoire d'amour s'insinuer dans la grande histoire. Un trait d'humour cynique je pense sur l'amoral et le moral. Je n'ai pas compris pourquoi le narrateur dit être le sauveur de l'humanité et n'ai pas le courage de me replonger dans une seconde lecture pour puiser des infos. Comme il était une "âme pure", il a été épargné par les aliens ?

Je ne suis pas fan des dialogues qui sont assez confus. Ni du fond religieux qui se mélange à l'invasion des aliens. Les aliens, une métaphore ? Voilà, pas mal de choses m'échappent. Heureusement qu'il y avait le meurtre de Sahid qui donne vraiment du piment au texte.

Merci.

   Anonyme   
19/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je suis passée sur Oniris quelques jours après la sortie de ce texte, je l'ai lu et je suis repartie, l'ayant trouvé cryptique et pourtant brillant. Je suis revenue un peu plus tard lire les commentaires, souvent je les ai trouvés trop ou trop peu. Je dis rien là-dessus, on commente pas les commentaires. Comme je ne savais pas ce que représentait Ayin, je suis allée me documenter sur Internet. Et après j'ai relu.

Quand je viens sur Oniris il y a quelques auteurs que je lis s'ils sortent un nouveau texte et souvent je repars avec mon avis. C'est le cas des textes de Jaimme, souvent honorés d'une corbeille de plumes. Pourtant, son meilleur, L'étable, je suis restée dehors, étrangère. L'étable est une nouvelle finement menée, je ne vois pas ce qu'elle peut devenir d'autre. Et il y a Ayin, le texte visiblement incompris et à juste titre parce que malgré son potentiel énorme, c'est cryptique.

Voilà mon avis :

On comprend tout et partant on comprend rien. C'est un grand défaut. Combien de fois l'ai-je fait aussi d'écrire quelque chose qui me semblait limpide et qui était fermé... Pour preuve mon seul texte sur Oniris (qui contrairement au tien n'est pas brillant)...

Mais Ayin, c'est aussi le synopsis brillant qui ne demande qu'à devenir un grand roman. Alors je triche Jaimme et si ce texte a l'avenir d'une histoire à succès, c'est d'abord parce que tu en maîtrises comme peu un élément : la religion. C'est aussi parce qu'il contient à la fois le drame, le vernis de l'histoire romanesque, l'espoir évadé et la survivance à un choc mondial, il contient également l'incompris qui fait peur et qui fascine (l'extra-terrestre), les éléments développés et ceux qui ne le sont pas et toutes ces choses que tu abordes sans jamais, normal en si peu de signes, aller encore plus loin : le désert, l'errance, la quête. La quête. C'est un synopsis. Tout est là, prêt à éclore, les questions, les personnages, le décor, les décors, l'intrigue, les rebondissements le dénouement et aussi l'écriture. Avec cette écriture désarticulée et c'est pour ça qu'elle marque les esprits, qu'on reconnaît ton texte quand bien même il ne fût pas signé, tu ne peux pas éviter les digressions, les petites histoires dans la structure de la grande. Ce protagoniste, il lui manque en plus du désespoir et de la folie, d'exprimer du dégoût. Ce café ou ce thé, si c'était trop amer, si ça l'écœurait, s'il l'exprimait...

Tu maîtrises tout ça : le politique, la religion, le déroulé de l'histoire, le genre du texte, le romanesque et tu ne le développes pas. C'est pêché.

Enfin, c'est parce que ton argumentaire est brillant qu'il est vraiment cryptique. Cette histoire pour être comprise de tous doit donner les clefs et ce n'est que mon avis, dont je suis avec modestie très très sûre, vulgarisée. Et aussi, pour reprendre le jargon équestre, il faut "partir à juste", c'est-à-dire, qu'une fois centré et bien dans le carré de la structure, une fiction, un texte de l'imaginaire, ne peut pas se permettre de "partir à faux", je veux dire qu'à chaque fois qu'une partie est bouclée on ne peut pas redémarrer sur la suivante au talent, ça ne suffit pas, sinon c'est faux et si ça se voit c'est risqué...

Ce ne serait pas mon commentaire si je n'étais pas opportuniste : quand tu en auras fait si un jour tu le fais au moins 250000 signes mais bien construits et ordonnés, pense à me demander mon modeste carnet d'adresses, je te le donnerai, ce roman mérite bien un bon éditeur.

Bonjour.

Bonne fin d'année et happy 16 :)

   Alcirion   
24/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte très débridé, c'est le moins qu'on puisse dire. Une deuxième et une troisième lecture m'ont été nécessaires pour comprendre vraiment (enfin je crois !) l'histoire. C'est voulu mais c'est en même temps un grand risque que d'autant solliciter le lecteur.
Au final, on est récompensé : le grand nombre de digressions et d'informations contenues dans le récit sont autant de pistes à explorer et chaque lecteur pourra suivre celles qu'il préfère.


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