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| Marite
30/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour GLOEL,
Ce récit, très détaillé sur les pensées et ressentis de l'héroïne Aminata pendant son parcours dans cette portion de désert, déroule à nos yeux une réalité vécue par de nombreux migrants. Bien difficile à accepter cet aspect inconnu d'une immigration dont se détournent les instances internationales toujours promptes à ouvrir les yeux sur ce qui se passe au sud de l'Europe mais surtout pas ailleurs. La compassion a ses limites et choisit parfois ce qui lui est le plus acceptable et surtout ce qui permettra de choisir les coupables sans trop de risques ... Ce qui est décrit dans cette nouvelle est si lourd à porter qu'on ressort de ce parcours en entendant " les cris du millier de sacrifiés du Point Zéro". Je suis très étonnée de voir qu'il n'y a pas eu un seul commentaire ... c'est vrai qu'il est difficile aux lecteurs de faire part de ce que cette réalité a provoqué en eux. Esquiver est souvent le choix qui est fait lorsque ce qui est décrit ne rentre pas dans "les cases" ... |
| framato
1/7/2026
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aboutie
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aime beaucoup
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Bonjour GLOEL,
Inévitablement le Point Zéro m'a évoqué Ground Zero et New York, de même que la ville flottante et ses grattes-ciel, mis à part les minarets. Vous donnez à lire la lente agonie de la vie et des espoirs d'une migrante (et quelque part son assassinat). Cette lecture serait insoutenable si l'écriture n'était pas aussi belle. Merci pour cette lecture (difficile de grand matin) mais qui a le mérite de rendre tangible ce qui dans nos esprits occidentaux resterait pure statistique impersonnelle. Les migrants sont des personnes et pas mal d'entre eux meurent dans des souffrances inimaginables. Non ils n'ont pas la belle vie. Non, ils n'ont pas non plus de belles morts ! Non ce ne sont pas des "profiteurs" contrairement à ce que d'aucun voudrait nous faire croire. Je vous remercie donc sincèrement. |
| marcolev
1/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
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Bonsoir,
« Point Zéro » est un récit d'une grande intensité qui mêle réalisme documentaire et écriture poétique pour raconter une tragédie migratoire. Le texte évite également tout pathos. Le désert n'y est pas un simple décor : il devient un personnage, une force d'effacement où disparaissent les repères, les corps et jusqu'à l'identité des êtres. .Le désert devient une frontière entre la vie et la disparition, entre le réel et le mirage. La structure de la nouvelle aborde progressivement différents thèmes dans une montée lente et régulière sans jamais chercher d'effet spectaculaire avec la fata morgana constitue comme sommet symbolique du texte. La dernière phrase est particulièrement réussie : « Elle pouvait désormais entendre les cris du millier de sacrifiés du Point Zéro. » Merci de ce beau partage |
| Yakamoz
2/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
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Bonjour GLOEL,
Le Point Zéro, un non lieu pour des non personnes, ces migrants que l’on ne veut pas voir, dont on préfère penser qu’ils n’existent pas. Le texte est fort, l’histoire de cette femme et de son enfant poignante. Le désert est un personnage à part entière, et l’on ressent physiquement la dureté de cet environnement de chaleur, de sécheresse et de lumière intense. Le mirage de cette ville dans les sables, qui fait écho au mirage de l’Europe, c’est cet espoir d’une vie meilleure que l’on n’atteint jamais, quand ce n’est pas la mort qui est au rendez-vous. Il y a de la beauté et de la poésie dans votre nouvelle, merci pour le partage ! |
| Mikard
2/7/2026
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aboutie
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aime beaucoup
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Pas facile à commenter ce texte. Dès le début on se laisse happer par l'histoire et un sentiment s'installe. Cette vie des migrants, si on peut appeler ça une vie est insupportable à entendre et c'est tellement plus facile de regarder ailleurs. Je ne peux pas dire que j'ai bien aimé, évidemment, et pour tout dire je me suis forcé un peu pour mettre un commentaire !
En résumé, ton texte n'a rien d'original, on connaît tous cette misère humaine des migrants, mais il a le mérite d'exister et l'auteur doit être salué pour ce courage d'être sorti de sa zone de confort. Bravo |
| Louis
5/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
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Le texte commence par où tout se termine ; il débute là où le récit prend fin, part d’où l’on ne part plus.
Cette nouvelle s’ouvre, en effet, sur la description d’un lieu qui est un « non lieu », nommé : « Point zéro ». Elle commence et aboutit là, au Point Zéro, comme pour tracer le cercle désolant du vide et de la négation. Le texte retrouve, avec justesse, ce que Georges Perec écrivait de Ellis Island : « c’est pour moi le lieu même de l’exil, c’est-à- dire le lieu de l’absence de lieu, le non-lieu, le nulle part », mais dans une perspective plus radicale et plus dramatique que celle de Perec. Avant toute narration, cette nouvelle prend le temps de la description du « Point zéro », localement situé : « Il est, à l’horizon, un point zéro » Désigné comme « point », il ne s’oppose pourtant pas à l’étendue. Il ne s’agit pas du point mathématique ou géométrique sans dimension comme le point d’une ligne, mais la réalité d’un point en extension. C’est un point comme on dit "un point de départ" ou "un point d’arrivée". Il n’est "point" d’un recommencement, d’un nouvel avenir, d’un lieu de vie nouveau, surtout pas d’un nouvel horizon de vivre, bien qu’il se situe, là, « à l’horizon ». Pas non plus un point de rupture entre deux mondes, un lieu de recommencement à zéro dans la reprise d’une existence autre, mais un point final : « un non lieu où des femmes et des hommes en fuite viennent finir leur voyage. » Il se situe l’extrémité d’une ligne de fuite qui ne se poursuivra pas. Point sans au-delà, interrompant à jamais le voyage. « C’est un non lieu absolu » : affirme le narrateur, de façon assez hyperbolique. Mais s’il n’est pas un "quelque part", et plutôt un "nulle-part", il possède toutefois une spatialité. Tout le contraire d’une "u-topie" est-il, et plutôt proche d’une "dys-topie", mais il s’inscrit dans une réalité d’ordre spatial, dans une topologie. Ainsi le « point » possède une large extension « perdu au milieu d’une immensité de pierres et de sable, désespérément plate », il se confond avec cette immensité, il en a les dimensions. S’il y a topologie, une topographie s’avère, elle, impossible : « Le paysage est une surface nue qui s’étend à trois cent soixante degrés, abolissant toute notion de distance ou de direction » Pas de carte, pas d’atlas possible de l’espace nommé « Point zéro ». Pas de cartographie, quand « le nord, le sud, le départ et l’arrivée se confondent dans une même monotonie minérale » ; quand « sans repère, l’esprit vacille ». « Fuir c’est tracer une ligne, des lignes, toute une cartographie » : écrivait G. Deleuze. Or ici, une fois à l’intérieur de nulle part au Point zéro, toute possibilité de fuite se trouve annulée. Le hors-lieu empêche le tracé des lignes, entrave la création des routes et des chemins. Un corps ne peut être qu’exposé à la « lumière blanche », seule verticalité, (« à la verticale du jour »), dans cette surface plate et sans relief. Tout se confond, et rien, dans cette immensité, ne peut être distingué. Point zéro désigne ainsi un "chaos" au sens antique des mythes, lieu de l’informe et de l’indistinct, qui ne possède en rien les conditions permettant la vie, qu’elle soit végétale, animale ou humaine ; un lieu de l’indifférencié, qui va s’avérer aussi un lieu, objet de l’indifférence des hommes ; c’est un espace hostile et invivable, lieu de mort plutôt que lieu de vie. Après la description du Point zéro commence la narration. Comme si ce Point était antérieur à la fois au temps et à l’espace, comme une éternité immobile. Espace et temps d’une histoire se présentent en second, pour s’abolir rapidement dans le désert dit « Point Zéro ». Un personnage en exil, Aminata, est précipité avec d’autres, migrants comme elle, dans ce nulle part. On leur fait croire que cette terre peut être traversée, qu’elle est une terre des hommes, où se situent des villages, de l’eau, des puits, qu’elle est un "quelque part" qui permet le passage, un lieu où l’on peut s’orienter, se désaltérer, survivre. Sans le savoir, Aminata et les autres s’enfoncent dans ce non lieu d’où l’on ne se sort pas. En guise de village, elle ne trouve que quelques bâtiments en ruine. Elle découvre une terre déserte et dépeuplée. Elle découvre qu’elle a été, elle et les autres migrants, abandonnée par des hommes qui ont perdu toute humanité. Point zéro est la fosse commune à ciel ouvert des migrants et exilés ; mais aussi le cimetière de l’humanité perdue des hommes vivants d’aujourd’hui. C’est dans un enfer brûlant qu’Aminata est précipitée. Un enfer où meurt toute espérance. Sur la porte d’entrée de l’Enfer, Dante y voyait écrit : « Vous qui entrez, laissez toute espérance » Mais Aminata n’a pas même droit à cet avertissement. Elle meurt de tromperie et d’illusion. Au-dessus des ruines, des vestiges de bâtiments à l’abandon, elle aperçoit une « fata morgana », qui n’est pas la fée Morgane, mais un mirage dans lequel, comme suspendue dans les airs, se tient une cité des vivants, construite de façon sublime, dans une oscillation spatio-temporelle entre ville occidentale moderne avec ses « gratte-ciels », cité médiévale orientale avec ses « minarets vertigineux » et cité ancienne où se dressent des « colonnades antiques ». Les lieux de vie, du passé comme du présent, s’étendent dans le ciel, inaccessibles, exilés pour toujours au-dessus de ce non lieu terrestre, Point Zéro infernal où l’attend une mort certaine. Carlo Levi avait intitulé "Le Christ s’est arrêté à Eboli" le récit de son exil, de 1935 à 1936, en tant que confiné dans le Sud italien, conséquence de son opposition au fascisme mussolinien. Dans ce lieu de désolation et de misère, au climat accablant, C. Levi retient la phrase que prononçaient les villageois pour dire qu’ils avaient été oubliés de la providence divine : « Nous ne sommes pas des chrétiens, disent-ils ; le Christ s’est arrêté à Eboli ». Cette terre leur semble un non lieu, vide du divin, mais aussi de l’humain. Point Zéro et de même la route qui mène à ce lieu sans chemins apparaissent ainsi, minés de négation, sans "divin", et surtout sans humanité. C’est assurément par un acte inhumain qu’Aminata est poussée dans ces terres désolées. Elle a quitté son pays, la Guinée, et des conditions de vie misérables ; elle a fui par « nécessité de survie » des conditions sociales intenables. Le texte insiste : son départ n’a pas relevé d’un simple choix, la tentative de joindre l’Europe n’a pas été le seul « fruit d’une volonté », mais l’effet d’une « nécessité de survie ». S’agirait-il de lui ôter toute culpabilité d’un choix fautif, méritant un châtiment ? La volonté d’exil serait-elle une faute, serait-elle un "crime" ? Elle l’est assurément aux yeux de certains aujourd’hui, qui croient encore illusoirement à une volonté libre indéterminée. Mais il s’agit surtout ici d’accentuer le tragique de la situation de cette femme. Elle trouvera la mort, à vouloir fuir la mort. Ce tragique s’accompagne d’un drame révoltant. Ce sont des « militaires » qui contraignent Aminata et d’autres comme elle à s’engager dans le désert, sans vivres, sans eau, faisant croire à l’existence d’un village proche, d’un cheminement possible vers le nord, vers l’Europe. Ce sont des militaires qui l’ont cruellement séparé de son enfant. Ont-ils agi par pure cruauté, par pur sadisme ? C’est bien peu probable. On peut imaginer qu’ils ont agi par intérêt. L'assouvissement d'intérêts pécuniaires ou d' avantages divers leur ont probablement été promis par ceux qui veulent préserver « l’identité européenne », ceux qui veulent empêcher le déferlement des "hordes" migratoires sur les territoires européens. Cause "sacrée" d’une identité, illusoire et mal pensée, qui exige des "sacrifices", et Aminata, au moment de succomber, « pouvait entendre les cris du millier de sacrifiés du Point Zéro ». On a privé Aminata de tout lieu de vie, on l’a poussé pour y périr dans le nulle part du Point Zéro. Point du zéro de toute possibilité de vie. Point du zéro de toute humanité. Merci Gloel pour ce texte qui suscite l’émotion en un bouleversant récit, bien que l’horreur relatée soit déjà connue, obscurément connue, confusément connue. Il convient, oui, comme vous l’avez brillamment fait, de mettre un point sur les i, silencieux et infinis, du Point, celui d’un Zéro. |
| Cyrill
12/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
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aime beaucoup
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Bonjour Gloel.
Ce texte ne cherche pas à émouvoir par le pathos, l'émotion naît de la sobriété du destin d'Aminata et de la manière dont le désert finit par absorber toute individualité. Il y a aussi une symbolique forte : le « Point Zéro » est à la fois un lieu réel, un espace mental et un seuil entre la vie, le mirage et la mort. J’ai adoré le premier paragraphe et celui sur la fata morgana, les descriptions sont d’une grande précision, à la fois concrète et symbolique. Le désert est presque un personnage, comme ici : « C’est un monde sans envers, où l’ombre cesse d’exister, même la nuit. ». Une très belle image, je trouve, très parlante. Elle dépasse la simple description géographique pour faire sentir que les lois ordinaires du monde ne fonctionnent plus. Le « Point Zéro » devient presque un lieu mythologique. Perte de repères et disparition du temps sont ressentis physiquement à la lecture, jusqu’à la vie qui s’amenuise et quitte Aminata. Bravo, et merci pour la lecture. |
| Donaldo75
12/7/2026
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aboutie
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Bonjour GLOEL,
Je ne sais pas s'il y a dans mon cerveau assez de matière pour une analyse détaillée ou un commentaire composé alors je vais laisser voguer mes impressions. La majeure partie de ce récit, c'est-à-dire avant la fin où le passé de migrante d'Aminata est raconté, est forte car elle tangente le fantastique, le rêve, l'allégorique. Le style employé, voire déployé, va dans ce sens. C'est jusqu'au bout de cette manière que j'aurais aimé que cette nouvelle soit racontée. Je sais, ce n'est pas au lecteur de décider mais je préfère le dire parce que le texte perd de sa force à la fin, même si l'issue était prévisible et le Point Zéro un point d'ancrage dans la narration. Bye Don |
| Lariviere
13/7/2026
trouve l'écriture
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Bonjour Gloel,
C'est un texte fort que vous nous livrez là. Poignant. Le destin de cette femme et de son enfant, et par extension des migrants et de leur périple dantesque ne peut que nous toucher et faire écho à notre humanité. La force de ce texte, c'est son ton et son écriture. Il n'y a pas de fioritures et pourtant une certaine poésie s'en dégage. Comme Don j'ai aussi été frappé d'une chose c'est qu'il y a une certaine résonnance fantastique dans le choix de traitement même, peut être parce que le ton, les descriptions et la construction du récit, son déroulement narratif favorisent un certain mystère et une atmosphère un peu oppressante et donne un aspect intemporel et vaporeux à ce désert et à sa traversée... on peut même penser par moment (surtout dans la première partie) que ce texte est de la science fiction ou un récit d'anticipation et malheureusement, pas du tout... En tous cas, la lecture reste agréable malgré le thème suffoquant et l'issue que l'on ne peut que penser tragique... Ca reste donc assez beau, à la fois sobre et prégnant et que l'ensemble du récit est pourvu d'une grande fluidité. Merci pour cette lecture et bonne continuation ! |





