Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Fantastique/Merveilleux
hersen : Est-ce ainsi que les Hommes survivent [Sélection GL]
 Publié le 14/08/20  -  17 commentaires  -  6117 caractères  -  109 lectures    Autres textes du même auteur


Est-ce ainsi que les Hommes survivent [Sélection GL]


Julien avait à peine roulé deux kilomètres depuis le dernier bouchon qu'un autre ralentissement se profilait. Cela devenait compliqué d'aller chercher Emma à son cours de danse, il faudra qu'il en parle à Michèle qui, elle, la déposait. Il avait fallu jongler avec les horaires de toute la famille, surtout que le karaté de Nathan, juste avant et à l'opposé géographique, n'arrangeait rien.


Embouteillage. En arrêt total cette fois. C'est sûr, Emma devra attendre son père. Le plus embêtant, c'est pour la consultation chez l'orthophoniste, trois fois par semaine pour l'instant. En fin de journée car il n'y avait plus d'autres choix le jeudi.


Ah, ça avance un peu. Des travaux tout du long. Pour agrandir, pour aller plus vite. La stagnation pour aller, dans un futur proche, plus rapidement, desservir mieux. Mettre à portée des cours de danse à tout un chacun. Mais il sait bien, Julien, que dans ce « futur proche » d'autres travaux seront prévus. La fuite en avant.


La radio, allumons la radio histoire de passer le temps ; Inforoute pour savoir. Savoir qu'on sera en retard pour Emma, que le miracle du rendez-vous chez l'ortho réussira une fois de plus cette semaine peut-être ? Un accrochage en plein travaux, on n'est pas sorti ! La mère d'Emma va devoir s'arranger pour aller chercher sa fille. Ah mais non, pas aujourd'hui, ce n'est pas possible, elle a une réunion importante à sa boîte. Ah, ça redémarre.


Trois mètres. Julien a roulé trois mètres ; mais certainement que l'énervement qui le gagne fausse son appréciation des distances, il a fait au moins dix mètres.


À son volant, il se demande si c'est bien raisonnable de continuer ainsi, de passer tant de temps dans sa voiture, multiplié par deux s'il considère aussi celui qu'y passe Michèle.


Pour se désennuyer, ou se donner une contenance, il observe les petites bornes métalliques qui jalonnent la route. Tout à l'heure, il était à 127. Il en est maintenant à 132. Ce sont des petites plaques brillantes, et Julien se demande bien à quoi elles servent. Il a vérifié, la distance entre elles n’est pas égale.


Demain matin, il pense qu'il devra partir plus tôt pour pouvoir sortir une heure en avance l'après-midi, s'il veut continuer à aller à la muscu. Il prendra Nathan à l'école de musique sur le retour.


Inforoute : le speaker conseille d'éviter l’A40.


Il ne manquait plus que ça !


Téléphone. C'est Michèle. T'es où, bon sang, Emma t'attend !


Une soirée de plus dans les embouteillages, Michèle, je passe une soirée de plus dans les embouteillages. Dis, Michèle, si on partait, on laisserait tout tomber, on partirait là où il n'y a rien, on aurait une vie pour nous, du temps pour nos enfants. Qu'est-ce que tu en penses ? J'en pense que d'une façon ou d'une autre, débrouille-toi pour prendre Emma, c'est ton jour. Et rappelle-toi qu'on a l'appartement à payer. Et nos deux voitures. Clac.


Il y a soudain, dans cette mer de voitures, une chape de plomb qui s'abat sur Julien. Piégé.


Coup de klaxon : il n'a pas avancé sur les cinq mètres vacants, on s'impatiente derrière.


Aujourd'hui, il ne réussira pas à transporter sa vie dans la direction dont il rêve, une fois de plus. Mais demain ?


Demain sera égal à aujourd'hui, c'est ce que lui disent son volant, la voiture devant, la voiture derrière, les clignotants des panneaux de travaux.


Demain et les autres jours.


Il prend son téléphone. Il appelle Michèle. Tu sais, je laisse tomber, ce soir je laisse tomber. Elle ricane, Michèle, ah bon, comment ça, tu laisses tomber ? Si tu es coincé dans un bouchon comme tu le prétends ? Tu passes ton temps à inventer des prétextes pour me refiler les allées et venues des enfants ; et ma vie à moi, tu y penses, à ma vie ? Tu crois qu'elle est belle, ma vie, des semaines de boulot d'enfer, des week-ends de fous pour fuir l'appart et se mettre au vert ; et, je te le rappelle, qui est-ce qui prépare tout, c'est toi, peut-être ? Ben non, monsieur a le cul dans sa bagnole. Moi aussi, je raccroche. Le téléphone. N'oublie pas Emma…


La mer métallique enfumée ne fait pas de vagues. Mer calme de gens patients. Ils tapotent leur volant, ils écoutent Inforoute. Ils téléphonent, chéri, je serai en retard, ne m'attends pas ce soir, fais dîner les enfants, dis-leur que je les aime. Une onde de cinq mètres, de temps à autre, vient ébranler le convoi du temps perdu, le convoi du déni. Petite plaque métallique 135.

Julien décide de s'extraire. Il met son clignotant pour changer de file, prendre celle de droite. Il pourra s'engouffrer dans la première sortie vers n'importe où, vers le temps qui lui reste.


Il amorce le changement léger de direction, mais la voiture derrière se rapproche pour lui bloquer le passage. Julien se retourne pour le regarder, établir un contact humain avec lui, mais le conducteur, de l'index, lui fait non ; il accompagne son geste d'un petit sourire sardonique. Julien étouffe, il a de moins en moins d'air, l'oppression le gagne. Il voit tout autour les voitures se rapprocher, anéantir tout rêve de s'extraire. Tous les conducteurs le regardent, tous lui font le même signe de l'index. Les voitures se rapprochent, happent la sienne qui se fond dans leur métal. Julien écarquille les yeux, il se trouve au bord d’un gouffre sans fond. Il n’a que le temps de penser une dernière fois à sa femme et ses enfants puis est évincé du monde qu'il refuse, qu'il ne peut plus assumer.


C'est la fin de son temps réel. Il est englouti dans un temps perdu. Petit à petit, il s'efface.


Une nouvelle borne pousse au bord de l'autoroute. 137.


Dans un rayon de soleil, un lézard trottine sur la petite pancarte. Il en masque même le numéro. Il scintille dans la lumière, regarde passer quelques voitures, les yeux écarquillés. Puis plisse les yeux qui deviennent fentes. D’un mouvement vif, il tourne la tête et s’élance dans l’herbe du talus, le nez au vent ; il court, rampe, de sa démarche gauche, ondule d’un côté de l’autre, enivré, et s’enfuit là-bas, dans un repli du monde où la forêt est bleue, les épis violets, où l’air est doré et le temps lent.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   socque   
19/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Alors là, je ne m'attendais pas du tout à cette chute ! Je voyais plutôt Julien péter les plombs, abandonner sa voiture et aller massacrer du monde. Un film américain avec Michael Douglas "Chute libre", suit ce synopsis. Mais non, c'est plus subtil et décalé, Julien prend la tangente... Sans le faire exprès d'ailleurs, dans cette histoire il est totalement passif : on dirait qu'un processus (sur)naturel fait qu'à un certain degré de saturation l'automobiliste est automatiquement délivré de son enfer quotidien. Je n'imaginais pas une si bienveillante fée de l'autoroute.

Je trouve dépaysante cette fable de l'évasion, somme toute optimiste ; quand on est vraiment malheureux les choses finissent par s'arranger toutes seules, voilà la morale que je lis. Acuna Matata !

   xuanvincent   
21/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ce court récit a retenu mon attention.

Le titre de la nouvelle m'a paru comme un clin d'oeil au chanteur Léo Ferré.

Pour la partie du réel, avant l'entrée dans le fantastique/merveilleux, j'ai suivi ce personnage, en me demandant comment allait évoluer l'histoire.

Sur le plan de la forme, l'insertion des dialogues dans le texte, sans guillemets ou tirets, m'a intriguée.
D'un côté, j'ai apprécié cette manière discrète de présenter, d'insérer ces dialogues. Toutefois, il est possible que le récit gagnerait à davantage les indiquer, pour une partie d'entre eux, de manière plus formelle par cette ponctuation (en particulier guillemets encadrant un dialogue ou tiret avant le début d'un dialogue).

La ponctuation en outre m'a paru par moments pouvoir être modifiée (en particulier pour l'usage de certains points virgules et de virgules).

Le style, alerte, m'a plu. Attention peut-être, toutefois, à ne pas abuser des phrases sans verbe (d'autres lecteurs pourront au contraire peut-être l'apprécier).

Appréciant un langage plus écrit, toutefois, certains termes m'ont paru un peu familiers ("ortho", "muscu", ...) dans le récit (en dehors des dialogues, qui naturellement peuvent être plus familiers car il s'agit de la retranscription d'un langage oral).

Le changement de temps, on commence dans le premier paragraphe au passé (à l'imparfait) pour poursuivre rapidement au temps présent, m'a étonnée.

Points de détail : je n'ai pas trop aimé cette formulation, trop explicite (le suggérer m'aurait davantage plu) "C'est la fin de son temps réel". "Il est englouti dans un temps perdu" : "perdu", dans quel sens ?

La chute du récit m'a un peu surprise mais pourquoi pas (cette chute) ?!

Dommage que la partie du fantastique/merveilleux ne soit pas plus longue (j'aurais aimé, vu que cette nouvelle a été classée par l'auteur dans ce registre, un développement plus long pour la partie du fantastique/merveilleux)...

Le dernier paragraphe m'a réellement plu : bien écrit, alerte, poétique. L'essence de la nouvelle m'a paru pouvoir se situer surtout ici, pour cette histoire et les nouvelles à venir.

Bonne continuation à l'auteur !

   Dugenou   
21/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Julien s'ennuie dans un embouteillage, pressé par des impératifs familiaux. Le point de vue parental est compréhensible...

Son impatience à retrouver un semblant de quiétude le pousse droit vers un accident routier, faute aux autres automobilistes, aussi impatients que lui, sinon plus, et pas très compréhensifs... l'incivilité au volant est de mise, comme dans la réalité.

Mais qui est donc ce lézard qui slalome au bord de l'autoroute, au gré des sections autoroutières ? Serait ce Julien, réincarné, qui a retrouvé la liberté qui lui manquait cruellement, au point de remarquer chaque détail de cette route, comme ces panneaux ornés de nombres non placés â intervalles réguliers ? Peut être que oui...

Merci de cette lecture.

En Espace Lecture.

   ANIMAL   
26/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très suggestive description de la vie d'enfer que s'imposent certains couples happés par la vie moderne. On court, on roule et on oublie de vivre. C'est ça le progrès, n'est-ce pas ?

Le texte est bien mené, on sent peu à peu cet enfermement de Julien dans le piège de l'embouteillage et l'incommunicabilité avec son ex-femme.

Il me reste juste un doute sur la fin : Julien est-il mort au volant victime d'une crise cardiaque ou, comme nous sommes dans le fantastique/merveilleux, s'est-il vu exaucé par quelque divinité miséricordieuse et incarné en lézard pour enfin mener la vie paisible dont il rêve ?

Dommage qu'il y ait ce doute sur la chute. C'est quoiqu'il en soit une nouvelle d'ambiance réussie.

en EL

   Donaldo75   
26/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé cette nouvelle; elle est très bien écrite, recèle une tonalité poétique, un peu de finesse dans un monde de brutes comme le déclamait une célèbre publicité pour du chocolat. Et la fin est réussie, très poétique également, une forme de beau point d'orgue dans un ensemble relaxant.

Bravo !

   Perle-Hingaud   
14/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai craqué pour le titre. Il est vraiment bon. J'ai aussi aimé le lent cheminement, la montée du suspense, ces bornes étranges... C'est habile et bien mené, je suis sous le charme. Superbe !

   Stephane   
14/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour hersen,

Euuuh, ça aurait aussi bien pu s'appeler autrement, comme par exemple : "Est-ce ainsi que les Femmes survivent (avec un point d'interrogation en sus), mais bon, "Hommes" étant écrit avec un "H" majuscule, on comprend aisément que cette histoire s'adresse au genre humain dans son ensemble...

L'historiette est pas mal, mais je reste un peu sur ma fin, car j'aurais souhaité que vous approfondissiez la situation, lorsque l'homme trépasse en se retrouvant projeté dans un monde parallèle ? chez les morts ? sur une autre planète ? sur un double de la Terre ? dans un autre espace-temps ? J'aurais aimé en savoir plus ; j'aurais aimé que vous soyez plus précise sur ce qui arrive à ce pauvre homme ; j'aurais aimé une description plus fournie de l'endroit où il se trouve et savoir s'il s'en sort, au final...

Ah, que c'est dommage, que c'est dommage... J'ai l'impression que je ne vais pas en dormir de la nuit, pourtant je ne peux pas dire que cette brève aventure n'est pas bonne, non, elle est bien écrite et j'ai aimé me projeter dans l'habitacle de cet homme, vivre avec lui les mêmes sensations éprouvées lors du passage dans un univers parallèle, ou quelque chose comme ça, bon. Oui, bon, je suis donc bien ennuyé pour noter mais je vais le faire quand même, parce que je n'aime pas ne pas le faire...

Au plaisir de vous lire, hersen.

Stéphane

   Luz   
14/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour hersen,

C'est un texte très intéressant. On est un peu dans l'esprit du haïku : les soucis quotidiens, puis d'un coup, la surprise arrive, l'universel : le lézard montre la voie, Julien n'a plus qu'à le suivre. "Est-ce ainsi que les Hommes survivent / Et leurs désirs au loin les suivent"

"gros embouteillage
sur la glissière un lézard
me fait un clin d’œil"

Merci pour le temps lent et le haïku long...

Luz

   Anonyme   
14/8/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
« Une certaine capacité à supporter l'ennui est indispensable pour avoir une vie heureuse, et c'est l'une des choses que l'on devrait enseigner aux jeunes. Tous les grands livres ont des chapitres ennuyeux, et toutes les grandes vies ont eu des moments difficiles. » B.Russell.


Bonjour hersen,

En ce qui concerne le titre, contrairement à beaucoup de commentateurs j'avoue ne pas avoir aimé ce détournement d'un des plus beaux titres d'Aragon.

D'autant que dans le récit qui va suivre on ne trouve vraiment rien de commun avec ce magnifique poème, ni l'esprit ni la lettre.

Le texte quant à lui, un récit tricoté de manière assez convenue pour conduire à une fin peu convaincante, ou plus exactement que JE ne trouve pas très convaincante.

Je me demande si l'histoire du lézard qui conclut l'affaire n'est pas à elle seule mieux fichue que tout ce qui précède dans cette fin de partie. :-)

Je n'ai pas été étonné de ce texte qui ne m'a pas emballé. Curieusement je me suis fait la même remarque qu'un autre commentateur à propos d'un film où un tocard pète les plombs dans un embouteillage mais ici on passe effectivement à tout autre chose.

J'ai mis un peu de temps à comprendre ce qui ne m'emballe pas vraiment. Ce qui me gêne est le rythme auquel se déroule toute l'action pour la majeure partie du texte (en gros pratiquement sur quelques centaines de mètres parcourus très lentement) et la conclusion narrative qui supposerait un rythme qui devrait être pour le moins effréné (c'est bien le moins) pour justifier l'action qui suit.

Je cite deux extraits :

Julien décide de s'extraire. Il met son clignotant pour changer de file, prendre celle de droite. Il pourra s'engouffrer dans la première sortie vers n'importe où, "vers le temps qui lui reste."

commentaire : Là nous sommes bien d'accord qu'il est pratiquement à l'arrêt ?

puis :

"Les voitures se rapprochent, happent la sienne qui se fond dans leur métal. Julien écarquille les yeux, il se trouve au bord d’un gouffre sans fond. Il n’a que le temps de penser une dernière fois à sa femme et ses enfants puis est évincé du monde qu'il refuse, qu'il ne peut plus assumer.
C'est la fin de son temps réel. Il est englouti dans un temps perdu. Petit à petit, il s'efface."

fin de citation.

Il y a quelque chose de décalé entre l'action et la possibilité de cette action qui me bloque.

Je ne trouve à aucun moment de la narration une variation de rythme dans l'action décrite qui puisse conduire le lecteur à admettre la possibilité de cette fin violente. Ou alors j'ai zappé un indice et dans ce cas je veux bien que vous me mettiez sur la voie.

Ce sera tout pour moi en attendant peut-être des éclaircissements.

H.

   papipoete   
14/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonsoir hersen
ça n'avance pas dans la file de bagnoles, ça s'entasse, et ça se touche presque comme des amants sans gène... On s'impatiente au volant, ça râle dans le téléphone " mais qu'est-ce tu fous ? "
et ça râle au ras du bitume, des mécontents qui n'arriveront pas à l'heure ! Notre héros a voulu voir ce qui fait bouchon ; il est sorti de son " auto limace "...il ne reprendra pas le volant...là où il est maintenant ça ne bouchonne pas, ne bouchonnera plus...
NB qu'il fait bon habiter loin de ces escargots d'acier qui en bavent tant... sur leurs routes d'infortune, et qui parfois ne vont pas jusqu'au bout de leur trajet, et empruntent un gué où l'on se noie !
moi, quand ça bouchonne ici, j'attends au moins 59 secondes et puis je passe !
Un homme survit-il là où ça ne roule pas, où seul Dieu roule ses tonneaux quand le ciel tonne ? où Saint Pierre est en faction aux feux toujours allumés ?
L'auteure nous entraîne dans cette odyssée, sans hémoglobine mais ce lézard " Julien " est peut-être tapi tout près...
Et j'entends sonner le clocher, mais pas la moindre auto ne vrombit...
Et voilà une nouvelle de plus au compteur de notre Portugaise !

   IsaD   
15/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Hersen

Cette nouvelle se lit plutôt bien, cependant quelques points ont un peu gêné ma lecture.

Sur la forme, peut-être aurais-tu dû employer le présent tout au long du texte ? Ceci n’est sans doute qu’un détail mais je trouve que cela dissone un peu quand tu emploies le passé simple au début pour le présent par la suite (je parle de la narration en général, pas des pensées de Julien qui, elles sont écrites au présent ce qui me semble normal)

Je n’ai pas bien compris le rapport avec le titre (pourquoi survivre ?), ni l’histoire des bornes métalliques. Que représentent-elles ?

J’ai bien aimé la façon dont tu as amené, dans la continuité du texte, les dialogues entre Julien et sa femme.

J’ai particulièrement aimé: « Une onde de cinq mètres, de temps à autre, vient ébranler le convoi du temps perdu, le convoi du déni »

J’ai eu plus de mal avec le fond de l’histoire. Pour moi, si libération il y a, cela ne peut se faire que dans l’acceptation et l’accueil des choses. Or là, c’est le refus de Julien d’accepter le monde où il vit qui le pousse à s’effacer. Je ne pense pas qu’il sera beaucoup plus heureux dans le monde parallèle où il s’en est allé.

Pour cette raison, je reste dubitative sur l’explication finale, mais la façon dont tu l’as tournée est belle et poétique.

Par contre, je n’ai pas toujours pas compris l’histoire de la borne…

   hersen   
17/8/2020

   Robertus   
19/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La lecture est très plaisante, j'aime le rythme que vous avez insufflé aux phrases.

Une nouvelle qui ne me donne pas envie de racheter une voiture moi qui me suis remis à prendre le train. Les voitures qui nous permettent d'aller plus loin tout en nous éloignant parfois de ce qui est plus près. Les voisins, la vie communautaire d'un quartier, etc.

J'aime beaucoup la dernière phrase : " et s’enfuit là-bas, dans un repli du monde où la forêt est bleue, les épis violets, où l’air est doré et le temps lent. "

   Gouelan   
28/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai aimé le parallèle entre l'embouteillage et le ruban de temps perdu. Le temps pressé, oppresse, étouffe, jusqu'à faire disparaître. Le temps découpé en horaires, RDV, occupations qui rongent le temps libre, la liberté. La vie se fait embouteillage, le corps coincé dans une voiture.

Le début m'a paru un peu laborieux, mais ensuite on est complètement dans la peau du personnage pris au piège.
On ne s'attend pas à la touche fantastique de la fin

   placebo   
31/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hersen,

La nouvelle m'a rappelé un texte de Buzzati, en relisant le sommaire du K, je penche pour 18ème trou https://fr.wikipedia.org/wiki/Dix-huitième_Trou mais d'autres ont une teinte similaire, la fatigue, le grincement de la machine rouillée, et l'envie de repartir dans la nature.

J'ai bien aimé, je n'ai pas de remarque particulière à faire.

Bonne continuation,
placebo

   plumette   
31/8/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Hersen,

je m'y suis reprise à 2 fois pour tenter de comprendre ce qui n'a pas trop bien fonctionné pour moi dans cette nouvelle.

Julien coincé dans sa bagnole sur l'A 40 ça m'allait plutôt bien. mais j'ai buté sur la forme avec tous ces changements de temps dans les premières phrases. donc arrêt! puis j'ai redémarré avec les pensées de julien et les interractions avec Michèle , dans l'idée, j'ai trouvé ça bien mais là, nouvel arrêt! L'agressivité de Michèle ( nécessaire à l'histoire sans doute ) est vraiment très outrée à mon goût, elle déballe le grand jeu, j'ai un peu du mal à croire à ce règlement de compte à ce moment là.

Les gens sont résignés dans leur bagnole mais il suffit qu'on leur donne une occasion et l'agressivité revient en masse, c'est bien vu, c'est à cet endroit du récit qu'on bascule imperceptiblement dans le fantastique. C'est, pour moi, la partie réussie de l'histoire, jusqu'à la fin qui donne une touche d'espoir

Julien est-il devenu lézard ou borne? J'ai eu,à la première lecture, un peu de mal à faire fusionner ces deux indications. J'imagine que la borne marque simplement " la sortie de route" et que chaque sortie de route s'incarne de façon particulière pour chacun.

Un dernier mot sur la forme: tu utilises le dialogue intégré au récit, sans ponctuation, je trouve cela très intéressant! Est-ce que cette forme porte un nom particulier?

   Tiramisu   
7/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Hersen,

Je fais un commentaire au fil de ma lecture.
J’ai beaucoup aimé le titre : est ce ainsi que les hommes survivent ? Car effectivement, peut-on parler de vie quand on regarde la vie de Julien, il survit à peine, la preuve.
Je trouve que le premier paragraphe avec tous ces noms nous perdent un peu, Emma, Nathan, Michèle. (Le prénom de Michèle me fait davantage penser à la mère de Julien qu’à son épouse.)
Mince, il va falloir retenir tout ça ? Me dis-je ! Je m’accroche et cela vaut le coup.
Ce texte soulève différents problèmes très actuels, la vitesse, le manque de temps, la fuite en avant dans les vies respectives, les voitures et ses inévitables embouteillages, les activités pour les enfants que l’on multiplie à l’envie, courir, toujours courir, de moins en moins de temps pour vivre tout simplement. En quelques mots, la situation est bien plantée sans explication inutile. Cette fuite en avant interroge, calculer et courir, comment gérer ce temps très rempli, trop rempli.

Julien n’en peut plus, c’est clair et il y a de quoi, n’est-ce pas une forme d’enfer sur Terre que d’être coincé dans sa vie, coincé dans sa voiture, coincé dans des programmes que l’on n’a pas choisi. Le stress qui est partagé dans le couple qui entraîne une tension grandissante entre eux. Cette partie là est très bien rendue avec une économie de mots. Bravo !
Ce que je comprends moins bien, c’est ce qui est arrivé à Julien, il était pratiquement à l’arrêt donc, ce n’est pas un accident mortel éventuellement un accrochage avec une autre voiture ou des autres voitures.. Ou alors, on bascule dans le fantastique (enfin si on peut dire), et il se fait tuer par tous les autres conducteurs, oui mais, quel sens cela a ? Car au fond, ce ne sont pas eux qui posent problème, c’est la vie qu’il a choisi, il en est responsable. Ces conducteurs représenteraient tous les interdits dans la vie de Julien avec leur indexe qui dit non ? Pourquoi pas, mais c’est un peu hermétique quand même … Ou alors, il a perdu conscience, et c’est un AVC ou une crise cardiaque. Bref, je ne sais pas.

En revanche, j’aime beaucoup le lézard, est ce Julien réincarné, pourquoi pas ? Lui il est libre maintenant. Et en bon lézard, il sait buller au soleil ! Il y a de la vie là et des couleurs !

Merci pour cette lecture.


Oniris Copyright © 2007-2020