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hersen : La boîte de conserve [Sélection GL]
 Publié le 30/07/16  -  24 commentaires  -  5053 caractères  -  198 lectures    Autres textes du même auteur

Il…


La boîte de conserve [Sélection GL]


Matériel nécessaire : la boîte en elle-même, le couvercle et une pince pour sertir ce dernier.


C'est un gros projet. Il y pense depuis si longtemps qu'il a l'impression de l'avoir toujours eu.


Il a certaines choses à mettre au point avant de partir. Comme par exemple informer son patron. Résilier ses abonnements eau - gaz - électricité - Internet. Donner son préavis pour l'appartement.


Comme il n'est pas un expert en voyages, il ne sait pas par où commencer. Des images de plages de sable fin, de repas succulents à la terrasse de cafés pittoresques, de monuments imposants chargés d'Histoire. Il lui faut maintenant se renseigner. Acheter un billet. Se procurer des vêtements adéquats. Enfin, toutes ces sortes de choses que l'on fait lorsqu'on veut vivre la Grande Aventure. Ne pas oublier l'assurance. Une assurance-rapatriement, c'est l'idéal. Penser aussi à l'anti-moustique.


Il en trépigne d'impatience. Il lui faut encore quelques mois pour tout préparer mais le grand jour venu, l'exaltation d'horizons nouveaux se concrétisant, il ne sentira plus les frontières de son esprit.

Les barrières de sa vie.


Mais il y a un point important : les bagages. Il doit partir léger mais être cependant assez prudent pour que rien ne lui manque. Il ne faut pas qu'un détail infime vienne tout mettre par terre.


C'est ainsi qu'il y a pensé.


Une boîte de conserve. C'est pratique, le format est idéal et elle est hermétique, ce qui est très utile en cas d'inondation par exemple. Ou d'avalanche. Ou de contamination radioactive.


Il a passé des soirées entières à faire le tri de ses affaires. Sans pitié pour les choses futiles, il ne garde que l'essentiel, étant fort déterminé dans sa démarche.


Il met au fur et à mesure les objets sélectionnés dans la boîte posée en permanence sur la table. Il est très satisfait car plus il en met, lui semble-t-il, plus il reste de place.


Alors peut-être arriva-t-il qu'il ait été moins rigoureux dans ses choix, mais il ne s'en rendit pas compte.


Forcément, c'est humain, tant qu'il y a de la place, on remplit. Des choses d'extrême importance du début – des caleçons et des chaussettes de coton – un couteau suisse – un quart – un bout de ficelle – un stylo et un carnet – il a sans doute un peu débordé. Mais sa boîte avale tout. Il est bien sûr étonné quand enfin il remarque le phénomène. Mais après tout, il serait stupide de ne pas profiter de l'aubaine, pense-t-il. Un peu comme une bonne affaire qui vous tombe du ciel, c'est difficile de refuser.


De petits objets quelconques en gros objets de valeur, il enfourne mine de rien la quasi-totalité de ce qui compose son appartement dans la boîte.


Le vide de son chez-lui le pousse chaque jour un peu plus à conclure rapidement. Peu habitué au dépouillement, sa résolution de départ se renforce, il saute enfin le pas. Il donne sa démission, résilie tous ses abonnements et il vole littéralement à la perspective du bonheur de ce grand voyage qu'il va faire. Enfin ! Il ira au-devant de l'Autre, il acceptera l'hospitalité du berger démuni, il boira du mauvais alcool dans les quartiers mal famés, il visitera humblement des bidonvilles…


Il sera dès lors proche des gens, débarrassé des contingences de cette vie facile et matérielle. Dans ses moments les plus exaltés, il se demande même comment il a pu ainsi repousser son voyage, encore et encore.


Le grand jour arrive. Tout est réglé. Avec tout de même une certaine appréhension, il prend la pince à sertir, unique objet qui ne soit pas dans la boîte. Consciencieusement, méticuleusement, il obture celle-ci. Les dés sont jetés, reculer maintenant n'aurait tout simplement pas de sens. Le sertissage terminé, il pose la pince sur la table puis respire un grand coup, avide des embruns qu'il va bientôt aspirer à pleins poumons.


Bravement, gravement aussi, comprenant que l'instant est solennel, il pose la main sur la boîte pour la mettre dans sa poche et partir. Partir enfin.


Mais la boîte reste fixée à la table.


D'abord, il est surpris. Enfin, quoi, il la connaît, c'est sa boîte, après tout. Puis il s'énerve un peu, il la bouscule. Mais rien n'y fait. Sa fureur va croissant, il en est au point de baver de colère devant une bon Dieu de foutue boîte qui ose lui résister, lui qui a un projet grandiose, lui qui s'investit pour vivre autre chose !


Il passe la soirée à essayer de la soulever. Jusqu'à ce qu'il comprenne, exténué de ses efforts, qu'elle est trop lourde. Ses quarante années de vie pèsent tant. Se voyant échouer si près du but, la panique le prend. Toutes ses affaires, dans cette boîte !


Frénétiquement, il entreprend de dessertir le couvercle mais le métal ne cède pas d'un millimètre. La pince se tord, puis casse lorsqu'il met toutes ses forces dans une ultime tentative.


Le vide de sa vie le frappe alors. Sur le point d'aboutir dans ce projet magnifique, exceptionnel, celui d'enfin voir de quoi sont faits les Hommes, une malheureuse boîte l'en empêche.


Pas un instant il n'a l'idée de partir sans elle.


 
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   socque   
2/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ah, dès le début je sentais bien que le projet de ce pauvre gars n'aboutirait pas, qu'il le prenait par le mauvais bout...
Résilier ses abonnements eau - gaz - électricité - internet. Donner son préavis pour l'appartement.
(...) vivre la Grande Aventure. Ne pas oublier l'assurance. Une assurance-rapatriement, c'est l'idéal. Penser aussi à l'anti-moustique.
Y avait déjà comme un malaise.

La phrase de fin clôt bien, et j'ai aimé l'allégorie ménagère qui sous-tend le texte. Selon moi, un texte qui se tient bien, dont l'écriture sobre convient au sujet, et qui part d'une bonne idée. Mais la sobriété même du texte, son côté pince-sans-rire sans ostentation, font qu'il ne soulève pas un enthousiasme délirant chez moi : il m'apporte un plaisir intellectuel, non un coup de cœur. Je ressens une certaine mise à distance, peut-être parce que le style est trop dans l'"understatement" à mon goût, sobre jusqu'au morne. Bien sûr, cela convient au sujet.

   plumette   
6/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ce texte est un peu comme une fable et l'idée m'a intéressée. où l'auteur veut-il en venir? Cette question permet de maintenir l'attention tout du long.

A la fin de ma lecture j'ai comme l'impression que cette bonne idée de départ n'a pas été suffisament exploitée. En fait, je reste un peu sur ma faim avec ce personnage qui se rêve aventurier mais est incapable de se délester de ce qui fait son quotidien.

sur la forme, le texte est agréable à lire. j'ai tiqué sur les temps utilisés dans les petits extraits reproduits ci après.

"Alors peut-être arriva-t-il qu'il ait été moins rigoureux dans ses choix, mais il ne s'en rendit pas compte."

"avide des embruns qu'il allait bientôt aspirer à pleins poumons"


Merci!

   Robot   
8/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai tout de suite adhéré à l'histoire de la boîte de conserve qui absorbe tout et de plus en plus: de cette idée simple de départ je me demandais quelle conclusion m'attendait. Je trouve que ce principe d'avoir rempli l'objet avec sa vie si lourde est bien imaginé. Et bien sûr comment accepter de partir en laissant sa vie derrière soi... partir c'est mourir un peu...
L'écriture est un peu basique mais finalement elle convient bien au sujet.

   Pouet   
30/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

Un petit texte très aéré, très facile à lire.

Légèrement décalé, un brin absurde et au final un poil philosophique.

Donc comment se détacher du "matériel" pour embrasser le "spirituel", c'est un peu ça non? Sinon boîte de conserve comme "instinct de conservation"?...

La dernière phrase est bien trouvée, on peut même penser à ce moment là que la boîte est une femme, mais bon mon esprit est parfois un peu chelou... :)

Bref on oscille entre des considérations réalistes de préparation du voyage, et l'absurde de la boîte dans laquelle il fourre tout ce que contient son appartement... Ah le vide de l'existence... petit détail, les caleçons (en coton mazette) classés dans les incompressibles?! Allons que diable! Un peu d'audace! Connaissez-vous l'émission "Nu et culotté"? :)

Une petite nouvelle sans prétention d'apparence mais qui finalement fait tout de même cogiter.

Merci, au plaisir.

   MissNeko   
30/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'idée est géniale. J ai adoré lire cette nouvelle. Finalement, l homme qui devait tout quitter, se débarrasser du superflu pour enfin vivre la vraie vie, est mangé par la possession des objets qui l'asservissent.
Les objets contrôlent et possèdent notre vie et même quand on veut s'en débarrasser, il nous rattrapent.
Une bien intéressante réflexion. La boîte de conserve est ici une métaphore très pertinente.
Bravo !

   Anonyme   
30/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour hersen.


Votre écrit m'a énormément interpellé, et c'est avec émotion que j'ai lu votre texte, parce que moi-même avait écrit une histoire de ce genre, où un type décide un jour de tout quitter.
Et j'avais fait comme vous, en n'essayant de ne rien omettre, afin de partir sans rien devoir ; ''propre, matériellement s'entend''.
Car c'est là où votre histoire prend sa véritable dimension. Partir, qui ne l'a pas désiré un jour ? Partir pour de bon, mais pas pour faire un pélerinage, ou tout simplement partir en vacance non, un vrai départ, un départ mais sans retour. Aller chercher une autre vie quoi.
Et c'est là où j'ai apprécié votre précision au sujet de tout résilier ses abonnements ( ça sent le vécu ça), car oui, nous vivons coincé entre les impôts, les factures, la sécu, etc etc.
Vital bien sûr, car aller se faire soigner est encore un luxe de nos jours. Et profiter des mutuelles, assurances et j'en passe, alors partir sans tout ça ?
Elle est là, la lourdeur de votre boîte. Cette lourdeur qui nous empêche de décoller. Cette lourdeur matérielle mais indispensable qui nous cloue au sol.
On peut quand même partir bien sûr, être un aventurier, en gommant tout ce que l'on a mit en place, et se dire qu'après-tout, la spiritualité métaphysique remplacera tout ce fatras matériel, et qu'il y aura toujours une main charitable pour vous secourir en cas de besoin.
En tous cas ça fait rêver. C'est pour toutes ces raisons, et d'autres que je ne développerai pas car ce serait trop long, que j'ai pris beaucoup de plaisir à vous lire. Et en effet, ce texte est bien là où il doit être, car c'est une réflexion que l'on doit se faire, s'il fallait mettre à exécution un projet semblable au votre, du moins celui de votre personnage.
D'ailleurs il n'a pas de nom, c'est ''il'', ça pourrait être n'importe qui.
Merci beaucoup pour ce texte, dont j'ai savouré toute la substance qui en émanait.
Personne.

   Cat   
30/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hersen,

Je suis fort aise de retrouver mon récent état d’âme dans votre réflexion.

Une réflexion profonde sur une idée originale, que vous menez le ton simple, celui qui convient au lecteur pour relever à sa guise les passages qui lui sont personnels.

Une réflexion autour du superflu, celui qui a empoisonné pendant près de trente ans tous mes départs. Car, c’est évident, pour que rien ne vienne à manquer il faut tout prendre dans ses valises, n’est-ce-pas ? Alors qu’il est si simple et c’est si bon de voyager léger.

J’ai aimé vous lire dans cet esprit, mais je suppose que votre texte vise plus large, d'ailleurs, je me suis faite un peu avoir avec l'introduction - "Matériel nécessaire : la boîte en elle-même, le couvercle et une pince pour sertir ce dernier." - Peu de choses, en effet, alors que tout le texte appuie calmement et très exactement sur le contraire.

Et j’entends la portée donnée à la vie en général, celle remplie de trop de choses. Tellement de choses, qu’arrive inévitablement l’envie de tout reprendre à zéro, tant le poids se fait lourd sur les épaules. Tout se joue dans et autour de ce « tout » et ce que l’on y fourgue dedans. Mais c’est à l’heure du choix que cela se corse, car il faut trouver suffisamment de courage pour se défaire des broutilles amassées auxquelles l’on s’attache pour diverses raisons et dont nous sommes en fait les prisonniers.

Votre métaphore est réussie, et la boite de conserve me dit aussi le lien fort avec tout ce qui touche à la nourriture au sens large, et cela me trouble assez pour que je ne trouve pas les mots pour en dire davantage.

Bien vu aussi, le narrateur sur le point de faire un grand pas pour changer radicalement son existence et qui, malgré tout, pense encore à des petites choses ridicules à ne pas oublier. Vous montrez ainsi combien il est peu facile de se délester des habitudes, parfois même quasiment impossible.

Je comprends encore plein de choses dans votre dissertation, mais comme à mon habitude, j'ai du mal à mettre tout au clair.

Vous l’aurez compris, Hersen, j’ai pris plaisir à vous suivre dans cette réflexion, et je ne vais pas manquer celui d’en apprendre davantage, si par hasard vous ouvrez un forum d’explications sur le sujet. ^^

Merci et à bientôt

Cat

   widjet   
30/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai déjà lu quelques nouvelles de hersen et je peux d'ores et déjà dire que l'auteur sait raconter une histoire. Et c'est déjà beaucoup. La forme est sobre, simple, mais là encore hersen a compris qu'il n'y a pas (toujours) besoin d'en faire des wagons stylistiques pour accrocher son lectorat et dire (ou rappeler) des choses intéressantes. Ici, le message "philosophique" est assez clair, et s'il n'est pas d'une folle originalité (mais pour moi l'originalité n'est jamais vraiment dû au sujet - car tous les thèmes - amour, mort, amitiés, vieillesse, critique de la société consumériste, insatisfaction...etc.. - , ont été abordés depuis la nuit des temps - mais bien dans la façon dont l'auteur l'aborde) il n'est pas assené lourdement.

Le texte est court, bien dosé dans son absurdité, mais suffisant pour ce qu'il a à dire. Bref, c'est efficace dans son intention et ça ne s'éloigne jamais de l'objectif fixé.

Quand elle prend la plume, hersen semble savoir où elle va. C'est assez bien maîtrisé dans l'ensemble (en chipotant, y'a de la redondance un peu en début de texte, y'a encore moins d'élaguer). Et ça se sent à la lecture qui reste plaisante de bout en bout.

Et puis, j'ai pensé à ça (là où d'autres évoquent à Perec, je sais on a pas tous les mêmes valeurs :):

https://www.youtube.com/watch?v=7oNV2KIhYko

W

   GillesP   
30/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hersen,
J'ai beaucoup aimé votre métaphore de la boîte de conserve. Je me suis demandé au début où vous vouliez en venir, mais, justement, c'est ce qui m'a fait poursuivre ma lecture. Au final, la légèreté de cette nouvelle n'est qu'un voile posé sur quelque chose de plus profond, le vide existentiel que l'on comble par des tonnes de biens matériels. Et une fois que l'on a mis sa vie en boîte, eh bien, il ne reste plus rien. J'ai pensé au roman Les Choses de Pérec en vous lisant, cette histoire où un jeune couple peuple son appartement de choses diverses, en espérant atteindre ainsi le bonheur.
Et, comme d'autres lecteurs, j'ai beaucoup aimé la dernière phrase.
Au plaisir de vous relire.

   Alcirion   
30/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Hersen,

Il y a ceux qui rêvent de partir et ceux qui partent. Et ceux qui rêvent seulement ne partiront jamais, parce qu'il y aura toujours une boite de conserve pour les retenir... ou un autre prétexte.

Vos idées sont bien rendues par un style clair, énergique et précis (beaucoup de phrases courtes, simplicité du vocabulaire). Au final, une lecture agréable.

   Vincente   
30/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir hersen,

La lecture de votre nouvelle m'a été bien agréable et intéressante.

La boîte de conserve est un contenant dont on comprend assez vite que vous en utilisez dans votre récit de nombreuses fonctions. Celle en premier lieu de contenir les aliments qui vont se conserver longtemps, donc ceux qui ont été préparés il y a longtemps. En deuxième, celle nécessitant une sélection, une stérilisation (protégée des dégradations). Et puis celle qui, métallique, est solide mais facile d'accès si besoin. Celle d'être transportable, utilisable avec un outil très rudimentaire (un couteau par exemple). Ces 4 particularités physiques sont les contenants, les supports des particularités abstraites que vous formulez ensuite en métaphores, elles donnent à cet objet une relative universalité, évidente dans votre narration.

Je ne reprendrai pas chaque terme des 4 particularités ci-dessus (aliments vitaux - conservation longue - sélection - solidité - facilité d'accès - transportable...) pour donner le deuxième sens, abstrait celui-là, dont vous les chargez, mais ils sont bien apparents, votre allégorie est très parlante. Votre boîte de conserve est "très chargée", bien lourde, mais pas innocente. J'ai bien aimé le petit côté décalé qui, sans nous égarer, colore le récit.

La démonstration philosophique est pertinente, vous n'appuyez pas sur le constat (le besoin de se sentir exister à travers la matérialité... / la croyance superficielle en la découverte physique de l'autre, dans d'autres lieux / etc...), vous laissez le lecteur tirer les conclusions qui s'imposent, tout juste affirmez-vous (en négatif) que partir sans la boîte aurait été une solution...
J'ai beaucoup apprécié votre point de vue.

   Vincendix   
31/7/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hersen,
Un conte philosophique qui correspond parfaitement à la catégorie « réflexions ».
Partir loin de sa rade en réglant ses affaires et en laissant ses souvenirs, ce n’est pas le plus difficile. Par contre, se retrouver dans un pays étranger coupé de ses racines, c’est une situation que certains ont du mal à supporter, pourtant, ils ne l’avouent pas toujours.
Une excellente idée que de se servir d’une boite de conserve pour une telle évocation, il fallait y penser !

   vendularge   
31/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

J'aime bien ce récit allégorique à l'écriture uniquement descriptive qui laisse donc toute la place à l'interprétation. Par exemple que partir en emmenant notre "tout", n'est pas partir mais rester "ailleurs".

Pour le reste, tout a été dit dans les commentaires et je ne veux pas faire de redite inutile, d'où le peu d'intérêt de mon intervention. Je tenais quand même à m'exprimer;)

Vendularge

   hersen   
1/8/2016

   Bidis   
1/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette nouvelle m'a interpellée. Sans doute parce que j'ai dû me débarrasser de beaucoup de choses pour aller m'installer à mille kilomètres de chez moi et aussi parce que j'ai mal à mes racines. C'est sûr que, quelque part, je reste là bas... Il y a quelque chose de cet ordre dans ce texte.
Et puis, le titre : une boîte de conserve. Conserver les choses - matérielles et spirituelles. Cela vous empêche toujours d'aller de l'avant, même quand on part.
Eh bien, on lit aussi pour être interpellé...
Donc, merci pour ce texte.

   Novi   
2/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Super nouvelle ! Courte et qui retient l'attention, avec une chute qui engrange un petit sourire... comme quoi, les simplicités sont gages d'efficacité.

Moi qui regarde beaucoup de court métrage, je me dis que votre nouvelle ferait un bien beau scénario !

Cordialement,
Novi

   Lulu   
3/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hersen,

j'ai adoré lire cette nouvelle qui m'a d'abord donné envie de voyager.

Puis, on s'y retrouve un peu au début, quand on est parti soi-même assez loin de chez soi...

J'ai bien aimé l'idée de la boîte de conserve qui avale tout - cette dimension fantastique m'a beaucoup plu. C'était pour moi très visuel. J'ai imaginé la scène comme dans un film... et trouvé cela très amusant, même si je m'attendais à une réflexion plus philosophique ensuite.

J'ai trouvé le récit très fin, et le dénouement fort intéressant car il ouvre sur de multiples réflexions. On tombe presque dans l'absurde, sans y être. Le personnage semble avoir conçu la matérialité originale de son propre cercueil ; en tout cas, ce fut mon premier sentiment à la première lecture...

Mais ce qui est beau, dans ce texte, c'est qu'on peut tout imaginer. L'histoire peut se limiter à ce qui est conté sans autres interprétations ambivalentes et elle garde tout son mystère.

C'est pour moi un texte d'une grande qualité.

Merci Hersen pour cet agréable moment de lecture !

   Donaldo75   
10/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut hersen,

Je ne savais pas où on allait, surtout que l'usage des temps m'a un peu dérouté. Puis, l'éclaircie est venue, avec une fin juste ubuesque. Et mes neurones ont viré, laissant place au plaisir d'un texte à consommer lentement, comme un tableau impressionniste.

Sincèrement, je ne saurais pas faire. Chapeau bas.

Merci pour le délire.

Donald

   Anonyme   
17/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
J'ai pensé très vite que ce "il" serait bien embêter une fois sa boîte refermée quand il s'apercevrait que l'ouvre-boîte a été glissé à l'intérieur parmi un nombre considérable d'autres objets indispensables.
Mais cette lourdeur de la boîte, symbole de l'inertie de nos vies, est une chute bien meilleure et nous renvoie à notre condition d'occidentaux gâtés par l'abondance de notre société de surconsommation. En procédant par étapes peut-être et encore, je ne suis pas sûr que l'on soit encore capable de lâcher quoi que ce soit.
J'ai lu il y a peu, dans un roman de Pierre Bordage: "Les chemins de Damas", que nous, êtres humains civilisés, avons développé l'obsession de la possession et que nous sommes bien partis pour tout dévorer. Je le cite " La rage de possession ne s'arrête pas aux territoires, aux biens, mais aux personnes, aux idées, aux pensées, elle essaie par tous les moyens de s'inventer une légitimité, mythique, religieuse, politique, économique, raciale, sexuelle..."
Voilà notre plus gros problème, c'est que l'on met dans votre boîte cette obsession de la possession. Notre peur d'être vide nous a perverti l'esprit au point de l'alourdir inexorablement.
Bravo pour votre nouvelle qui illumine cette vérité.
Une lecture qui m'a beaucoup conforté dans mes choix. Merci à vous, chère Hersen.

   Malo   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien
S'il avait pu partir...Il avait réussi à se dépouiller de tout ce qui lui était inutile, dans cette boite qu'il avait même sertie. Il aurait dû l'abandonner et partir, nu, vers l’aventure de sa vie : "vivre l'instant présent". Seulement il s'agissait d'une "boite pour conserver". Dommage.
Une fable que l'on peut interpréter à sa guise... J'ai moins aimé le style... Trop sec.

   Ora   
17/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Génial! J'adoré tant l'écriture elle-même impeccable et taquine que l'histoire de ce vide que cet homme fait dehors alors qu'il devrait se faire dedans. Vide qui engloutit tout et qui pèse pourtant de tout son poids sur la capacité du "héros" à se détacher réellement. C'est très bien mené! Bravo et merci :) Ora

   matcauth   
17/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

J'ai lu une autre nouvelle, l'instant d'avant, et je n'avais rien à dire. alors, je me suis rabattu sur celle-ci, Gros-Jean comme devant que j'étais.
Et tout de suite, ça a été mieux. dès les première lignes, l'auteur sait où il va, et il nous emporte facilement avec lui. Je ne sais pas comment cela transparaît. Par des mots, très certainement !! Mais, dès lors, c'est comme une poignée de main réussie à l'entretien d'embauche ou le sourire rendu au premier rendez-vous : le plus dur est fait, le reste, c'est de la littérature.
Bien sûr, le message est très beau. D'autant plus que ce n'est pas si souvent que cela qu'on nous le rappelle. Je lis souvent ce genre de choses, cette nécessité de ne pas s'attacher, dans un magazine qui s'appelle "Carnets d'aventures" et j'ai pensé à ça en lisant ce texte. Et j'ai pensé que vous aviez pensé à ça. Peut-être avez-vous pensé que je penserait que vous penseriez ?
Après, mais je vous l'ai déjà dit, il n'y a pas de fioriture, pas de mots en trop, pas de besoin d'en rajouter des tonnes et des tonnes (ah ! quel veinard vous êtes, décidément.). Vous avez en outre compris que les espaces sont des mots, qu'ils servent l'histoire et la façon qu'on a de l'aborder.
Gardez-bien cela, toutes ces qualités. Tentez une folie scénaristique à l'occasion, pour vous mettre davantage en danger et peut-être exploiter ce potentiel tapi et qui attend. J'attendrai aussi.

   jfmoods   
1/4/2017
La thématique que véhicule le texte à travers cette boîte de conserve métaphorique est celle du dépouillement introuvable. L'homme occidental moderne présenté ici est semblable à un escargot : il se déplace forcément avec sa maison. Cependant, partir en pays inconnu, c'est justement le contraire ; c'est sortir de sa zone de confort, prendre le risque de se confronter à l'altérité pour grandir en humanité. Ce constat rouvre au lecteur de nombreux tiroirs. On pense, par exemple, à la première phrase, paradoxale, de "Tristes tropiques" de Claude Lévi-Strauss...

"Je hais les voyages et les explorateurs."

On pense, aussi, parmi d'autres choses, au roman "Eldorado" de Laurent Gaudé.

Merci pour ce partage !

   ClorisMenset   
24/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

j'ai trouvé ça excellent. C'est à la fois une nouvelle, un conte et une chanson. Le propos est extrêmement simple et parlant, le style est sobre et rythmique. C'est très beau.


Oniris Copyright © 2007-2017