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Sentimental/Romanesque
hersen : Les petits poissons dorés
 Publié le 26/08/16  -  18 commentaires  -  15580 caractères  -  116 lectures    Autres textes du même auteur

Depuis les petits poissons dorés et les papillons de maman, j'avais jamais rien vu d'aussi beau.

Magie des poissons - Paul Klee

http://www.eternels-eclairs.fr/images/peinture/tableaux/paul-klee-HD/paul-klee-magie-poissons.jpg


Les petits poissons dorés


J'aime bien venir regarder ma maman quand elle travaille dans son bureau.


Elle est très jolie, ma maman, et je peux la regarder longtemps sans m'arrêter. Quand elle écrit sur son ordinateur, avec ses bracelets et ses bagues qui remuent, ça fait un peu comme les poissons dans l'aquarium, ça brille et ça bouge tout le temps, on ne pourrait pas les attraper.


Je parle des poissons parce qu'ils sont tout à côté de son bureau, sur une petite table exprès. Au début, c'était mes poissons.


C'est moi qui dois leur donner à manger. Je viens souvent pour les observer et je peux alors regarder aussi ma maman.


Quelquefois, elle s'arrête de travailler et elle me fait un bisou. On regarde les poissons tous les deux. C'est pour ça que je dis que les poissons, ils sont devenus les siens aussi. Et puis, ça arrive qu'elle me demande si je veux bien qu'elle me lise ce qu'elle a écrit. Je dis toujours oui, c'est pas parce que ce qu'elle écrit est intéressant comme une vraie histoire, c'est parce que quand elle lit en regardant son ordinateur, on dirait que c'est des petits papillons qui sortent comme ça, tout seuls, de sa bouche. Et je pourrais écouter longtemps tellement c'est joli. Et puis après, elle me dit « merci mon grand, mais il faut que je me remette à mon travail ». C'est le signal : je peux rester à regarder les poissons briller mais je dois arrêter de poser des questions. Et alors, je crois que je suis heureux comme à la fin d'une histoire qui finit bien. Je peux rester longtemps silencieux, d'un côté je vois les poissons, de l'autre les mains de maman qui dansent sur le clavier et ça brille de tous les côtés.


Aujourd'hui, quand je viens pour voir mes poissons, il y a papa aussi dans le bureau. J'aime beaucoup mon papa, mais c'est pas comme avec maman. Par exemple, je sais bien que je pourrais pas lui expliquer les papillons. Mais on fait des trucs super bien tous les deux et il me dit souvent qu'on est une grosse famille. Je ne sais pas ce que ça veut dire mais c'est pas grave, c'est pas ce qui compte. Il me dit que je comprendrai plus tard.


Ils ont pas l'air content. Ils ont pas l'air de trop s'aimer. Moi, ça me fait un petit peu mal dedans mais je peux pas leur dire parce qu'il parle vite, mon papa. Il dit qu'il a vu Briviaux et qu'il rigolait pas, le mec. Je sais pas qui c'est mais je vois bien que maman est pas comme d'habitude. Qu'elle a un petit peu peur. Il dit, mon papa, que Briviaux il a été bien sympa de lui dire à lui qu'Edwige, c'est ma maman, elle a intérêt à se remettre à son niveau top parce que son travail, c'est plus ça. Que même, mais comme ça juste pour voir ce que ça donne, il a demandé à Hinnel de lui écrire la prochaine chronique. Maman elle devient toute blanche et elle se met à crier sur papa et elle dit aussi que le petit, faut pas qu'il vienne tout le temps la déranger.


Sur le coup, je comprends pas le petit quoi.


Et c'est là que papa dit qu'elle le laisse faire ce qu'il veut, ce gosse, qu'il savait bien qu'avec le passé qu'elle a, on peut pas lui faire confiance pour grand-chose, et que bordel, c'est un gros mot, mais il le dit quand même, si elle ne se reprend pas, elle est finie. Elle est morte. C'est Briviaux qui lui a dit.


Alors je comprends que maman, elle a parlé de moi quand elle a dit le petit. Je me recule dans un coin, je veux pas qu'ils me voient. J'ai envie de pleurer mais je peux pas parce qu'ils m'entendraient. Et je veux surtout pas qu'ils sachent que je suis là et que j'ai peur parce que maman elle pourrait être morte.


Pourtant, elle crie drôlement fort, je crois pas que c'est possible qu'elle soit morte. Elle dit qu'elle se doute bien que mon papa il ne lui fera jamais confiance et qu'il la rabaisse tout le temps. Parce que s'il avait confiance, il viendrait pas lui dire que Briviaux, c'est le bon Dieu et qu'il peut décider ce qu'il veut. Que ce qu'elle a fait avant, elle croyait que c'était fini, elle croyait que ça comptait plus maintenant qu'elle avait rencontré papa. Puis elle dit que son grand, c'est la plus belle chose qui lui soit arrivée dans la vie. Mon cœur, là, il fait un grand saut, j'ai un coup de bonheur quand je l'entends.


Mais papa, je sais pas ce qu'il a aujourd'hui, il est pas gentil comme d'habitude. Il lui dit tu parles, tu voulais juste profiter d'une famille friquée, le meilleur moyen, tu savais bien que c'était d'avoir un gosse. Et puis là, en me reculant encore plus parce que je veux me cacher, je veux disparaître, je fais tomber des livres. Ils se retournent d'un bloc et me regardent. Je sais pas quoi faire. Je regarde les poissons dans l'aquarium et je me mets à pleurer. Je vois pas ce que j'aurais pu faire d'autre. J'ai pas de solution.


Alors mes parents ils s'arrêtent tout de suite de parler. Mon papa sort vite de la pièce et maman m'appelle. C'est rien, mon grand, qu'elle dit. Des fois on parle trop vite et puis alors on dit des choses qu'on pense pas. Mais en la regardant, j'ai un grand trou parce que la dame devant moi, c'est comme si c'était pas ma maman. Elle est pareille qu'elle, mais c'est pas ma maman. C'est dans ses yeux que je le vois. Mais je sais pas ce que je vois.


Maintenant, j'ai plus le droit de venir dans le bureau aussi souvent qu'avant. J'ai un vide tellement grand ! Papa et maman, ils ont plus l'air fâché. Mais je n'ose plus me mettre entre tous les deux quand ils sont sur le canapé. Pourtant, c'est un de mes trucs préférés, le soir, avant qu'ils me disent d'aller me coucher et que je veux jamais et que maman, elle finit par me dire en riant tellement, tellement, que c'est parce que je suis trop gros. Et moi, je m'amuse à être gros et je m'étale autant que je peux et ils se poussent un petit peu en rigolant. J'aime bien jouer à être le plus gros, même si c'est toujours eux qui gagnent : je finis toujours par aller me coucher.


Quand je viens dans le bureau à l'heure où j'ai le droit, puisque maintenant c'est plus pareil, je regarde que les poissons. Parce que les mains de maman, elles brillent plus. Les bracelets et les bagues ont disparu. Et il y a pas que ses mains qui brillent plus, ses yeux ils rient plus et elle a plus de sourire comme avant.


Aujourd'hui, il y a aussi papa. Et je vois avant de l'entendre que les jolis petits poissons dorés, ils sont morts. Ils flottent le ventre en l'air. C'est plus rien de magique, juste quelque chose qu'il faut mettre à la poubelle. Et papa, tout bas, il dit, non j'y crois pas, t'as donné de la coke aux poissons ? Et là il crie ça te suffisait pas de replonger, il a fallu que tu atteignes le gosse. Et maman, elle est pas peignée ni rien, elle a l'air d'une chose que moi, j'ai juste envie de prendre dans mes grands bras d'amour mais je sais bien que c'est pas possible, ma maman elle dit tout bas qu'elle regrette et en me regardant, elle dit qu'elle m'achètera tous les poissons de la Terre, que c'est pas si grave et que maintenant, bon sang, vous pourriez pas me foutre un peu la paix, tous les deux, j'en peux plus que vous me regardiez comme ça.


Alors papa il me prend par la main, il me dit viens mon grand, maman doit se reposer.


Avant de sortir, je me retourne pour la regarder. Je voudrais qu'elle m'envoie un bisou. Mais je vois bien qu'elle n'est plus avec moi ni avec papa. Je ne sais pas pourquoi je pense si fort aux poissons et que ça me fait horrible.



****



Il y a beaucoup de monde dans le salon et c'est comme si ça faisait pas vraiment du bruit mais qu'il y en a quand même. Les gens parlent pas fort. Et même, quand je suis entré avec Mama Joana qui me tenait par la main, le bruit a été encore moins fort. Mama Joana, elle me dit toujours qu'elle est ma maman de la cuisine, parce qu'elle s'occupe de moi. Mais aujourd'hui, elle pleure.

Alors papa lui dit, ça va Joana, vous pouvez nous laisser. Et elle part en faisant un gros bruit dans sa gorge.


Des gens viennent vers moi. Ils disent pauvre chéri, comme c'est triste. Mais je comprends pas pourquoi eux ils ont l'air si triste. C'est pas leur maman qui est partie, c'est la mienne. Papa, que je voudrais embrasser tout le temps parce que ses joues elles ont du chagrin, il m'a expliqué que maman, elle regrette beaucoup pour les poissons, moi j'ai dit c'est pas grave les poissons. Mais maman, elle est où ? Elle est partie chercher tous les poissons de la Terre, il m'a dit. J'aime pas ça, parce que je veux pas que ma maman elle parte pour des poissons.


Maintenant, c'est tout fini avec les gens, on est tous les deux papa et moi. Et Mama Joana, bien sûr. Des fois, je demande à papa pour les poissons, où ça en est.


Je joue plus jamais à être gros sur le canapé. Papa il regarde n'importe quoi à la télé. Et pis moi aussi. Mais en vrai, je regarde pas, je m'assois sur ses genoux et je reste là, longtemps. Et papa il me dit jamais d'aller me coucher. On reste tous les deux. Je crois qu'on s'aime très fort et qu'on a le même chagrin. Je parle plus beaucoup de maman et des poissons, je vois bien que papa, ça le rend malheureux.


Aujourd'hui c'est dimanche, la famille vient, c'est-à-dire mon grand-père et puis mes tantes, mes tontons et puis mes cousins, mais ils sont déjà très grands, mes cousins. Papa il a trois frères, alors ça fait beaucoup de famille d'un coup. On mange un grand repas, c'est pas trop gai, même si Mama Joana, je le sais, elle a cuisiné plein de choses que j'aime. À un moment, mon grand-père il me demande ce que je voudrais faire plus tard. Et moi je réponds pêcheur, je serai pêcheur. Sur le coup, personne ne dit rien. Puis alors, tonton Sébastien il dit, mais non, tu seras un grand médecin, ou un grand chirurgien, comme ton papa. Je dis non, je serai pêcheur. Il me dit, tu sais, on est une grosse famille, on doit lui faire honneur. Je le regarde alors et je lui dis ah oui, on est une grosse famille, mais une grosse famille où il y a pas de maman, c'est pas une grosse famille. Quand je serai grand, je veux être pêcheur. Mais ça n'a rien à voir, que tonton il répond et papa il dit Seb, t'arrête ça tout de suite. J'ai bien vu que ça rendait personne content.


Et moi j'ai plus besoin de parler.


Maintenant, c'est plus facile pour moi. Parce que c'est vraiment une bonne idée, pêcheur. En vrai, je suis drôlement inquiet pour maman.



****



Papa, il a décidé de m'emmener voir une dame psychologue, toutes les semaines. Dans un sens, j'aime bien y aller. Mais au début, c'était pas évident, elle a pas compris tout de suite. La première fois, on a fait connaissance. Elle m'a dit comment elle s'appelle, Muriel, elle m'a expliqué que je viendrai la voir toutes les semaines, que je pouvais dessiner tout ce que je voulais, enfin, du bla-bla, quoi. Mais moi, je regardais tout le temps ses mains. Quand elle les bougeait, son bracelet brillait et la bague aussi, une jolie bague avec une pierre verte. Je fixais tous ces brillants et je ne faisais rien d'autre. Elle, elle disait rien. Et puis à un moment, elle a tout doucement enlevé ses bijoux et m'a dit, tu vois, je les mets là. Tu fais ce que tu veux. Alors j'ai pris une feuille et je l'ai posée sur les bijoux. Et puis on est restés tous les deux, comme ça, à rien se dire. C'était bien, c'était drôlement bien même. C'était comme si j'étais dans un grand repos. Et puis j'ai pris un crayon et j'ai commencé à dessiner. Un poisson. Et puis tout plein de poissons et elle m'a donné plein d'autres feuilles de papier.


À chaque fois, c'est papa qui vient me chercher et toujours il me demande alors, ça va mon grand ? Et moi je lui serre la main fort. C'est notre signal pour dire que ça va bien. Quand ça va moins bien, je détache un petit peu la main. Mais lui, il me la serre toujours fort, la main. J'aime bien ça, parce que ça me rend content que mon papa il aille bien.


Le plus difficile, c'est le soir. Quand c'est l'heure de se coucher et que mon papa il est plus là pour me serrer la main, ou me prendre dans ses bras. Alors, j'ai deux sortes de nuits. Des fois, c'est la nuit qui fait mal. Je reste sans bouger et je vois juste un grand trou où tout ce qu'on veut faire quand on le voit, c'est se jeter dans ce vide noir. Et j'ai très mal dedans parce que c'est tout dur partout. Et je voudrais que ça s'arrête, j'en peux plus d'avoir mal comme ça, mais je sais pas quoi faire. Et puis, quand j'ai de la chance, c'est la nuit des petits poissons dorés. C'est les nuits où je pleure. Alors je fais comme ça : quand je commence à pleurer parce que j'ai trop de chagrin, je pleure le plus possible. Et à force, quand c'est tout mouillé partout, alors c'est le bonheur parce que je pars à la pêche, je suis un marin qui connaît tout sur son métier et je vais partout, partout sur toutes les mers où il y a des poissons dorés et je cherche ma maman. Parce que je voudrais lui dire que pour les poissons, c'est pas grave.


Maintenant, je vais deux fois par semaine chez la dame psychologue. Avant, mon papa et moi, on arrivait juste à l'heure et on n'attendait pas. Bonjour Renaud, elle disait à mon papa. Bonjour Muriel, il disait. Moi je la regardais quand elle me disait bonjour. Maintenant, mon papa il m'amène et puis j'attends un petit peu dans la salle d'attente, tout seul. Mais jamais longtemps. J'aime bien la salle d'attente parce qu'il y a plein de choses nouvelles, des livres et des choses accrochées aux murs. J'ai jamais beaucoup le temps de les regarder mais aujourd'hui, je vois un tableau. Je reste devant si fort à le regarder que j'ai pas entendu Muriel arriver. Elle reste à côté de moi et on regarde tous les deux.

Au bout d'un moment, elle m'explique que c'est la copie d'un tableau, que le peintre qui l'a fait l'a appelé « Magie des poissons ». C'est comme ça qu'elle dit. Magie des poissons. Elle me dit attends, tu sais ce qu'on va faire, on va le prendre avec nous. Je fais oui de la tête. Depuis les petits poissons dorés et les papillons de maman, j'avais jamais rien vu d'aussi beau.


On s'assoit comme d'habitude mais je dessine pas tout de suite. Je regarde le tableau. Elle l'a posé à côté de moi en mettant une boîte derrière qui le tient droit, pour que je le voie mieux. Mais je la regarde pour savoir si je peux faire autrement, elle me dit oui, que quand on regarde un tableau, on est aussi important que la personne qui l'a peint. Alors je prends le tableau dans mes mains. Je le regarde longtemps et au bout d'un moment je le pose sur mes genoux et je me mets à dessiner mes poissons.


Quand l'heure est finie, je regarde Muriel parce que j'ai vraiment envie d'emporter le tableau chez moi. Elle me dit non, mais elle dit qu'il sera là à chacune de nos séances. Je lui fais confiance. Ce jour-là, quand papa vient me chercher, je serre très fort sa main.


Je vois bien que maintenant, c'est plus pareil quand je suis couché. Le plus souvent, c'est le gros vide noir qui prend toute la place et j'ai très mal. Presque toutes les nuits. Mais ça m'arrive encore de pleurer et alors je joue au marin qui va chercher plein de poissons dorés, tous plus jolis les uns que les autres. Ils sont de plus en plus brillants et je sais que plus ils brillent et moins je les verrai souvent.


Demain je vais dire tout ça à papa.


Maintenant j'ai très peur.


Parce que je sais qu'un jour je ne pleurerai plus et que je ne verrai plus les poissons dorés. Je ne chercherai plus ma maman parce que je le sais bien qu'elle est morte.



 
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   plumette   
30/7/2016
 a aimé ce texte 
Pas
je trouve qu'il est particulièrement difficile de restituer le langage d'un enfant. c'est déjà difficile dans un dialogue et encore plus délicat dans un monologue intérieur, forme choisie pour votre narration.
l'histoire se veut touchante mais pour moi, ça n'a pas fonctionné.

cet enfant qui ne semble pas avoir plus de 6 ans a une importante capacité d'auto analyse et d'observation qui ne colle pas avec son âge.


la forme ne m'a pas convaincue et m'a empêchée de m'attacher au fond.

désolée

   JulieM   
11/8/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Livrer le récit au lecteur au travers des yeux d'un enfant (fort jeune me semble-t-il) n'est pas une mauvaise idée mais faut-il pour autant reproduire la syntaxe fautive et l'approximation du langage enfantin ? Je ne suis pas convaincue du tout et même c'est plutôt rébarbatif. La présentation n'est pas très soignée.
Sinon, le récit est bien construit et l'histoire émouvante.
A remettre sur le métier.

   MissNeko   
26/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Que cette histoire est émouvante et belle. Vous m avez mis les larmes aux yeux.
Même s'il est difficile de retranscrire les pensées d'un enfant, je trouve que dans l'ensemble c est plutôt bien fait. On peut être étonné par la capacité d'analyse de certains jeunes enfants. Je suis instit et j'ai connu des enfants de 4 ans pas plus se poser des questions existentielle très profonde. Il ne faut pas croire ! Un enfant réfléchit énormément et peut avoir la capacité de comprendre des choses que les adultes n imagineraient pas. Le thème des poissons comme fil conducteur du récit je trouve ça génial !
J ai vraiment adoré. Merci pour ce partage

   bambou   
26/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Moi j'ai marché

aux observations, interrogations et angoisses de ce petit garçon face au délitement du couple de ses parents.

   Palimpseste   
26/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Pas mal d'hésitation au moment de noter... A la fois je me suis laissé prendre par le fond, et puis en de multiples occasions, j'en suis sorti à cause de la forme...

Le monologue intérieur d'un enfant est sans doute l'un des paris les plus difficiles pour un auteur.

Par exemple, la question de "la coke aux poissons" est à la fois intéressante (la mère est une irrémédiable junkie, ce qui colore le récit), mais je doute que ça percute dans une cerveau enfantin qui entend parler de drogue pour la première fois.

Mais en tout cas, j'ai passé une agréable lecture.

   Cristale   
26/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hersen,
Votre texte m'a fait sortir de ma réserve puisque je ne commente jamais l'espace "nouvelles". J'ai ouvert votre lien et j'ai découvert le magnifique tableau de Paul Klee.
Je ne suis pas à la hauteur pour émettre une critique sur la qualité littéraire de votre écriture mais je peux vous dire combien cette histoire m'a touchée. Cette phrase, entre autres, est très belle, très imagée :
"on dirait que c'est des petits papillons qui sortent comme ça, tout seuls, de sa bouche."
Vous menez votre plume tranquillement dans les méandres douloureux du quotidien particulier d'un enfant avec une touche de poésie attendrissante du début à la fin.
Alors, pour ce triste et joli moment de lecture, merci Hersen.
Cristale

   Shepard   
26/8/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Salut Hersen,

Bon bah, c'est pas la joie votre histoire là...

La forme est risquée d'une certaine manière. Je trouve que vous vous en êtes plutôt bien tirée, ça ne sonne pas faux mais c'est particulier, si la nouvelle avait été plus longue ça m'aurait sûrement fait décroché.

Au niveau du fond, je ne comprend pas pourquoi la mère file de la coke à la poiscaille ? Elle sait que son gamin y tient et les deux s'aiment visiblement, donc pourquoi ? La coke n'étant pas vraiment le genre de drogue filant des délires particuliers...

L'émotion est assez bien rendue, dans l'ensemble j'ai l'impression que vous avez passé pas mal de temps sur ce texte, c'est très soigné. J'ai quand même apprécié même si je ne suis pas amateur du genre au départ, principalement grâce au format qui n'est ni trop ni trop peu.

   Robot   
26/8/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est bien écrit encore que la parole enfantine décroche parfois.
Par contre, c'est justement trop bien écrit et ça ne sonne pas "vrai". Par exemple, l'enfant ne tique pas devant le mot chronique qui est cependant un mot assez technique. Le ressenti des nuits après la mort de la maman me paraît trop bien dit, trop "poésie" pour être crédible.
Ceci dit, le style du texte qui joue sur l'émotif est de qualité.

   Johannes   
27/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai fort apprécié la lecture de ce texte au style soigné.
Un enfant ne raisonnerait pas vraiment comme celui dont il est question ici ? Peut être. Mais qu'en savons-nous ?
On a souvent reproché à Maupassant le fait que ses paysans ne ressemblaient pas aux vrais paysans normands. C'est sans doute exact. Mais comme il écrit bien ! Et avec quel plaisir ne lisons-nous pas ses contes ! N'est-ce pas là l'essentiel ?
D'ailleurs, les personnages de l'antiquité décrits dans "Salammbô" de Flaubert ou dans "Joseph et ses frères" de Thomas Mann raisonnaient-ils vraiment comme ceux qui évoluent dans dans ces magnifiques romans ? Pour ma part, j'en doute fort, et je ne pense pas qu'un homme d'aujourd'hui soit capable de se mettre vraiment dans la peau d'un personnage de l'antiquité. Ce qui compte, c'est l'oeuvre d'art, et non le réalisme, même si l'auteur a cherché à s'approcher de la réalité autant que faire se peut.
P.S. : j'adore la peinture de Paul Klee en général, et notamment le tableau présenté ici.

   aldenor   
27/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Vous rendez bien le langage de l’enfance et son regard sur le monde des adultes. Par contre le procédé narratif me surprend. L’enfant raconte au présent, tandis que son récit s’étale dans le temps. On imagine mal un enfant racontant ce récit progressivement, au temps présent, comme une série d’épisodes. Il le raconterait d’une traite, en se postant résolument à la fin du récit.

   hersen   
28/8/2016

   Alcirion   
29/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hersen,

Les avis sont partagés mais pour moi, la réussite du ton poignant l'emporte largement sur les aspects discutés. Je trouve que la focalisation est crédible, d'autant plus qu'on ne sait pas vraiment quel âge a l'enfant.

Le style est très chouette, ambitieux parce que c'est pas simple de parler à la place d'un enfant. On sent dés les premières lignes qu'on est dans la tragédie, on l'attend, donc la fin colle parfaitement.

Merci pour ton partage.

   papipoete   
29/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour hersen,
Comme cette histoire est touchante, avec ce garçon passionné de petits poissons dorés, mais surtout en adoration pour sa maman !
Il aime bien jouer à " faire le plus gros sur le canapé pour rester entre maman et papa " ; mais un jour, le vieux démon de sa mère revient et la ronge à la seringue ...
Elle a même tué les poissons dorés, sans méchanceté mais une pincée de coke ... refaisant surface, elle promet au petit qu' elle fera tout pour lui retrouver des poissons pareils aux siens, mais une overdose passe par là ...
Désormais, l'enfant pourra rester tout le temps sur le canapé près de papa, << mais quand donc reviendra Maman ? >>
Rêvant d'être pêcheur, le temps passe avec des petits poissons plein les yeux, jusqu'au jour où il comprend que plus jamais, ne reviendra maman ...
Je ne peux m'empêcher de songer à Forest Gump, ce film merveilleux ; en lisant vos lignes, je vois une histoire si émouvante au langage enfantin si vrai que j'en suis très ému .

   Anonyme   
29/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour hersen,

Vous aimez faire parler les enfants, vous fondre dans leurs pensées, toucher du doigt ce qu'ils ressentent, leurs joies et leurs peines... C'est votre marque de fabrique.

Cette nouvelle m'a une nouvelle fois ému. Je la trouve très triste et très belle en même temps.

Bravo,

Wall-E

   Cat   
6/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour hersen,

J’ai tout fait dans le désordre cette fois-ci. D’abord, j’ai lu les commentaires, puis j’ai été découvrir votre illustration si bien choisie pour souligner vos mots : j’adore les petits poissons de Klee, ses couleurs, sa lumière, ses motifs naïfs, sa finesse, sa folie, tout, quoi !

Puis je vous ai lue, et je trouve vos petits poissons à vous très tendres, très doux, très entachés d’enfance. Alors tant pis si un gosse de six ans ou moins ne s’exprimerait peut-être pas comme votre narrateur (rien n'est prouvé, finalement !), moi j’y crois à fond et je n’ai eu aucun mal à me mettre à sa place.

La relation d’un enfant avec sa maman, qu’elle soit la meilleure ou la pire maman du monde, c’est quelque chose de vraiment unique, qui touche au merveilleux, et ça doit faire tellement mal certaines choses dites par les adultes et comprises avec un cœur d’enfant ! Des blessures qui ne se refermeront jamais tout à fait.

Alors oui, on peut vouloir devenir pêcheur pour tenter de réparer le fil magique qui nous relie à elle par delà le temps et l’espace.

Comment vous le dire autrement, hersen ? J’ai aimé vous lire, ici aussi.

Cat

   Anonyme   
20/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On ressent bien la détresse exprimée à travers les mots du petit garçon. Les enfants ont une façon d'exprimer leurs sentiment d'une manière étrange, mais tellement vraie.
Des petits poissons dorés, qui représentent le bonheur. Le bonheur qui s'enfuit à travers les mailles du filet de la vie.

   Bidis   
26/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Peu versée en fait de peinture, je ne connaissais Paul Klee que par ouï-dire. Ce texte m’a propulsée vers un tableau magnifique et je me documenterai plus avant sur ce peintre. Aurait-elle été mauvaise, cette nouvelle, que je l’aurais évaluée positivement rien que pour cet apport. Mais elle n’est pas mauvaise du tout. En en fait, elle est extraordinairement touchante et réaliste, très poétique aussi, et m’a donc valu un très très bon moment de lecture.
Puis je l’ai relue sous l’angle de la critique et me permets de faire quelques remarques à cet égard.
Je lis : « Au début, c'était mes poissons ». Et voilà que l’on continue avec le présent « C'est moi qui dois leur donner à manger », ce qui voudrait dire qu’ils sont encore toujours les poissons du personnage. On ne comprend bien que plus loin « ils sont devenus les siens aussi ». J’aurais donc trouvé judicieux, afin de faire économiser un demi-neurone au lecteur avare de sa précieuse matière grise, d’écrire : « Au début, c'était mes poissons à moi »
- « Puis elle dit que son grand, c'est la plus belle chose qui lui soit arrivée dans la vie. Mon cœur, là, il fait un grand saut, j'ai un coup de bonheur quand je l'entends. » : je trouve que, outre l’effet de répétition, l’adjectif assez dispensable « grand » déforce le substantif très affectif « grand » de la proposition précédente.
- « Mais en la regardant, j'ai un grand trou parce… » : je remarque que c’est la quatrième fois que l’on rencontre ce mot « grand » en peu de texte.
Devant l’affection particulière que semble manifester l’auteur pour ce mot, mon côté malicieux m’a fait faire une fonction "Recherche" : elle m’en donne 19 pour tout le texte !!! Si je peux me permettre, c’est un peu trop.

- "Aujourd'hui c'est dimanche, la famille vient, c'est-à-dire mon grand-père et puis mes tantes, mes tontons et puis mes cousins, mais ils sont déjà très grands, mes cousins". : Je commençais à me demander si ma fonction recherche n’avait pas été la proie d’un esprit malfaisant, quand je retombe à nouveau sur la répétition incriminée. D’autant que suit immédiatement « On mange un grand repas ». Alors, là me vient immédiatement ma réflexion profonde et favorite : « Ouche ! »
- Il me dit, tu sais, on est une grosse famille : Et voilà qu’il me semble que les mots « gros » (ou « grosse ») participent également de la prédilection de l’auteur. Ma fonction recherche m’en donne onze. Bien sûr ici, les quatre comptent pour un, car ils procèdent d’un effet de style. Tout de même, je me demande ce que psychanalytiquement parlant, cette profusion de "grand" et de "gros", cela peut bien vouloir dire…

   Abrante   
8/12/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai vraiment beaucoup aimé ce texte pour l'émotion qui s'en dégage. Certes, il est toujours difficile d'évaluer le vocabulaire ou la syntaxe qu'un petit enfant est capable d'employer, mais je trouve que l'auteur s'en tire globalement bien et, plus important, que le regard porté sur le monde des adultes est typiquement celui d'un jeune enfant, focalisé sur des aspects qui n'appartiennent qu'à lui, et que des adultes ont du mal à concevoir.
Je suivrai avec plaisir les écrits de cet auteur.


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