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Humour/Détente
horizons : Malicieux, levez-vous !
 Publié le 01/06/09  -  15 commentaires  -  5989 caractères  -  45 lectures    Autres textes du même auteur

Malicieux,euse : adj. ou n. qui manifeste un penchant à taquiner.


Malicieux, levez-vous !


- Accusé levez-vous ! Jurez-vous de dire toute la vérité et rien que la vérité ?

- Je le jure.

- Greffier : veuillez exposer les faits.

- L’inculpé ici présent est accusé de malice.

- Inculpé, quand avez-vous été malicieux pour la dernière fois ?

- Je ne m'en souviens pas Votre Honneur.

- Voulez-vous que la partie adverse vous le rappelle ?

- J'en serais bien aise.

- Le 3 de ce mois, le 8 et le 12, le 18, 21,26 et 30.

- Me voilà bien avancé.

- Niez-vous les motifs ?

- Je m'en garderais bien !

- Sage décision. Poursuivons. Faites entrer le premier témoin. Il s'agit du portier de votre immeuble. Portier, veuillez déposer.

- L'accusé ici présent se moque régulièrement de moi.

- Précisez.

- Il dit « Bonjour » chaque fois qu’il passe devant moi pour entrer et, croyez-le ou pas, il soulève son chapeau, voire même il se plie en deux ou en quatre, c’est selon.

- Accusé ?

- C'est juste, je dis même « au revoir » et parfois, mais pas souvent, « ça va ? »

- Témoin numéro 2. Il s'agit de la voisine. Voisine, veuillez déposer.

- L'accusé chantonne en boucle sous mes fenêtres : « Y'a d'la joie, bonjour, bonjour les hirondelles, y'a d'la joie, partout y'a d'la joie ! »

- Accusé, ferez-vous un effort pour ne plus roucouler ?

- Hors saison des amours, certainement Votre Honneur.

- Au suivant. Votre pâtissier maintenant. Pâtissier, enlevez s’il vous plaît votre couvre-chef avant de témoigner. Allez-y.

- L'accusé m'achète très régulièrement des chocolats qu'il dévore aussitôt sur le trottoir. Ses préférés sont ceux aux pralinés et à la nougatine.

- Il n'aime pas les ganaches au moins ?

- Je ne peux en être sûr mais il ne m’en a jamais pris au magasin.

- C'est heureux pour lui. Eh bien, accusé qu'avez-vous à dire pour votre défense ?

- Les chocolats étaient consentants.

- Voilà une circonstance éternuante.

- À vos souhaits Votre Honneur !

- Dites donc accusé vous vous gargarisez !

- Non je m'égare.

- Vous faites preuve d'esprit ?

- J’essaie seulement de les reprendre.

- Je préfère. Témoin numéro 4 à la barre. C'est Lelit.

- Monsieur Lelit ?

- Non Lelit en deux mots : Le Lit.

- Les meubles n'ont pas le droit de déposer.

- Et raciste de surcroît ! Le Lit, parlez, ne vous laissez pas influencer par l’accusé.

- Je l'entends pousser de petits soupirs de bien-être quand il se couche. Il mange des biscottes et laisse des miettes qui grattent sur le matelas.

- Est-ce possible, accusé ?

- Je trouve Le Lit de très mauvaise foi.

- Expliquez-vous.

- Je le traite bien, les draps sont en soie et l'édredon en plumes.

- Alors interrogeons votre brosse à dents. Faites entrer cette demoiselle qui a eu le courage de venir sans son dentifrice.

- Brosse à dents, à la barre.

- L'accusé me trempe dans un pot de gel puis m'utilise pour lisser ses sourcils.

- Oooooh ! Mais jusqu'où ira-t-il ?

- Jusqu'à la carie ou au bridge M. le juge.

- Monstre !

- Il suffit, je termine à huis clos si vous ne vous taisez pas tout de suite.

- Pourquoi pas à neuf clos ?

- Brosse à dents, cessez de faire l'impertinente et cédez votre place au répondeur qui a des renseignements intéressants à nous communiquer. Répondeur ? Répondez !

- « Bonjour, je ne suis pas là, mais vous pouvez me rappeler dès ce soir. »

- Répondez aux questions voulais-je dire ! De quoi témoignez-vous ?

- L'accusé enregistre des messages incompréhensibles.

- De quelle nature ?

- « Bla bla bla pas là, bla bla bla, laisser coordonnées, bla bla rappellerai dès que possible ».

- Ou encore ? Babla ma foi blabla c'est contagieux blablabla !

- « Si c'est pour aller au cinéma, veuillez préciser l’heure du rendez-vous, si c'est pour garder votre petit dernier ou votre poisson rouge vous pouvez raccrocher ».

- Avez-vous prévenu la société protectrice des animaux M. Le répondeur ?

- Je leur ai laissé un message.

- Évidemment. Accusé qu'avez-vous à rajouter ?

- J'aime beaucoup les poissons, d'ailleurs je fais carême tous les vendredis. Je n'ai rien contre les petits derniers ni contre les avant-derniers.

- Manque de chance : je suis l'aîné !

- C'est tout à votre honneur, Votre Honneur.

- Accusé n'aggravez pas votre cas. Faites entrer le dernier témoin.

- Déjà ?

- Comment le savez-vous ?

- Comment je sais quoi M. Le Juge?

- Que le dernier témoin est déjà...

- Déjà quoi ? Déjà arrivé ? Déjà parti ?

- Non déjà tout court. Il est déjà là.

- Qui ça ?

- Déjà vous dis-je !

- On aura tout vu : un adverbe à la barre maintenant !

- Déjà, qu'avez-vous à dire à cette cour ?

- L'accusé m'emploie trop souvent.

- Nous l'avions remarqué.

- Il pourrait utiliser Maisoùetdoncornicar, très utiles dans la conversation.

- Eh bien accusé ?

- Vous oubliez que ce sont des conjonctions, Votre Altesse !

- Altesse ? Vous me flattez !

- Non Votre Seigneurie.

- Point trop n'en faut !

- Vous le méritez amplement Votre Sainteté.

- Alors Dieu et ses Saints se retirent pour délibérer. Vous pouvez vous ébattre dans la nature.


La cour revient.


- Accusé, levez-vous et prenez l'air circonspect. Après délibérations dans l'affaire qui nous occupe aujourd'hui, nous, arbitre des jugements incertains, en accord avec les jurés, nous décrétons l'accusé : innocent !

- Innocent, innocent, un peu de respect tout de même.

- Accusé, vous êtes lavé de toute malice. Comment vous sentez-vous ?

- Réjoui, satisfait, émerveillé, goguenard, enchanté, gai, radieux, amusé, joyeux...

- Très bien, très bien...

- Pâmé, nageant dans l'allégresse, batifoleur, gaillard, jovial, ivre de joie...

- Nous avons compris.

- Hilare, ébaudi, ravi, déridé, gai comme un pinson, content, de belle humeur...

- N'en jetez plus !

- Rayonnant, enjoué, riant, émerillonné, plaisant, badin, comique, en liesse, désopilant...

- Pitié !

- Enchanté, jubilant, farceur, s'ébaudissant, drolatique, enjoué...

- Gardes, faites-le taire !

- Impossible Votre Honneur il est...

- Heureux, heureux, heureux, heureux...



 
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   xuanvincent   
1/6/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Après une première et lecture rapide, ce dialogue quasi-ininterrompu m'a intriguée.

Quelques phrases de narration auraient à mon avis pu donner plus de force au texte (qui pourrait, de par sa forme, se rapprocher d'une courte pièce de théâtre).

De même, même s'il n'y a que peu personnages (combien exactement ?), mentionner, rappeler de temps à autre le nom des personnage m'aurait aidée dans ma lecture.

Sinon, l'histoire - celle de cet homme accusé de malice - m'a semblé assez drôle et se lire facilement.

J'avais préféré les nouvelles précédentes de l'auteur.
Bonne continuation à l'auteur !

   colibam   
1/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Une histoire légère et saugrenue.
Des images farceuses qui m'évoquent certains Disney.
J'ai parcouru cette charge pétillante, un sourire taquin au coin des lèvres.

   Anonyme   
1/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Horizons,
Un texte pétillant, déjanté, absurde, invraisemblable, ironique, facétieux, farceur, railleur, insolent, étonnant, joyeux, moqueur, gentillet, léger et pour finir : malicieux.

   solidane   
1/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Une jolie histoire à monter tout de suite sur scène. Un régal pour un metteur en scène.

   Anonyme   
1/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Agréablement excentrique, une petite saynète légère et franchement divertissante, une écriture fantasque et simple qui atteint son but, pour ma part.
J'ai apprécié cette lecture baroque, qui n'est pas sans rappeler certains passages de "la Belle et la Bête" version Disney effectivement, mais avec un assaisonnement humoristique et un goût saugrenu très pétillant.

   Anonyme   
1/6/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Drôle, léger, bien écrit ; rien à redire, j'ai passé un très agréable moment.

Au plaisir !

   Marquisard   
1/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Faites entrer le metteur en scène !
On y est, la scène, la mise en scène, le décor, les acteurs, les costumes.et qui laisse un sourire persistant au coin des levres. clap clap !

   Selenim   
1/6/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un texte fourre-tout et débridé mais trop chaotique.

On sent à la lecture toute l'inventivité de l'auteure. Il manque à cet autre "tribunal des flagrants délires" une architecture plus solide pour être vraiment épatant.

Dommage qu'il n'y ait que des dialogues, quelques passages narratifs auraient pu aérer la lecture.

Selenim

   victhis0   
2/6/2009
 a aimé ce texte 
Pas ↑
bof. pas hyper original...Quelques idées amusantes (l'adverbe à la barre, le lit) mais l'ensemble, très téléphoné, ne me percute pas : les jeux de mots sont faiblards, l'écriture paresseuse. Ce genre d'exercice mérite beaucoup plus de rigueur pour convaincre, là, de mon point de vue c'est très très dilettante. Un vague sourire de temps à autre, sans plus.

   Anonyme   
4/6/2009
 a aimé ce texte 
Pas
Personnellement je n'ai pas aimé.
Je trouve que les "tentatives humouristiques" tombent à plat, le summum du "pas drôle" est atteint avec "[...] je termine à huis clos [...] Pourquoi pas à neuf clos?" (hu hu hu)

Les dialogues sont lourds. Ce n'est pas très agréable à lire.
Sinon bon, l'idée d'un procès absurde à la Kafka, on lie la sauce en faisant parler des objets...

Et au final, le plat est raté.

Désolé.

   widjet   
4/6/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Assez d’accord avec les deux derniers commentaires. Pas déplaisant (à la base l'idée est bonne) mais à peine amusant mis à part un ou deux trait d’esprit. Un texte sans prétention, écrit assez vite et trop chiche en terme de trouvailles pour atteindre son divertissant objectif.

Widjet

   saintesprit   
7/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
c'est joyeux bien que absolument pas mon style de ton, il y a quand meme un fond energique et des formules recherchées. cela resemble plus à du theatre que de l'ecriture et meriterait d'etre déclammé. un bonus pour la bonne humeur contagieuse.

   florilange   
15/6/2009
Il se dégage effectivement de cette saynète 1 ton énergique et beaucoup de joyeuse humeur, que de bon acteurs mettraient mieux en valeur que la lecture. Plusieurs sourires spontanés. L'idée est originale mais mériterait d'être + fouillée, en effet.

Je voulais signaler à Horizons que son titre m'a attirée parce que, au Québec, 1 malicieux est quelqu'1 de "malin" (qui fait du mal, méchant). En continuant ma lecture, j'ai souri car toujours au Québec, traiter quelqu'1 d'innocent n'est pas 1 compliment. Cela signifie niais, ingénu. Parlons-nous tous la même langue? Paraît que oui.

Ben, puisque nous en sommes à jouer sur les mots... Pourquoi pas? Continuez à exploiter votre imagination débordante!
Amicalement,
Florilange.
(Je n'ajoute pas d'appréciation car les touches n'ont pas voulu fonctionner. Pour moi, c'est bien-)

   marogne   
3/7/2009
 a aimé ce texte 
Pas
Bon je sais, je n’ai pas d’humour. Quoique ? Mais ce n’est pas le sujet.

Je ne comprends pas où a voulu en venir l’auteur, faire un peu de malice ? Non, quand même pas….

Si les jeux sur les mots avaient été à la hauteur, si quelques blagues avaient été glissées de ci de là, si …. Si Devos avait …..

Non, désolé ;

   Anonyme   
21/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
« Les chocolats étaient consentants. » : savoureux !
Lecteur, comment vous sentez-vous : « Hilare, ébaudi, ravi, déridé, gai comme un pinson, content, de belle humeur... « 


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