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Fantastique/Merveilleux
Ingles : Les spéculaires
 Publié le 25/09/22  -  11 commentaires  -  17642 caractères  -  64 lectures    Autres textes du même auteur

Spéculaire : qui est relatif au miroir, qui semble produit par le reflet d’un miroir – par ex. : « Les habitants de Valdrade savent que tous leurs actes sont à la fois l’acte lui-même et son image spéculaire, laquelle possède la dignité particulière des images, et interdit à leurs consciences de s’abandonner ne serait-ce qu’un instant au hasard ou à l’oubli. »
Italo Calvino, Les villes invisibles, 1972 (trad. de l’italien par J. Thibaudeau, 1974).


Les spéculaires


1- Ce matin-là tout était calme, la nuit avait une fois de plus poli les aspérités de la veille. Camille se réveilla brusquement avec l’esprit embrumé et un terrible mal de tête. Il hésita sur l’endroit où il avait dormi, où était-il ? Dans l’obscurité il chercha un indice. Il était seul. Dans ce flottement, dans cette incertitude, une étrange quiétude l’envahit. Il aurait voulu y habiter pour l’éternité mais l’éclat d’un souvenir fit disparaître ce mirage. Ça avait un arrière-goût désagréable. Il avait trop bu, une mauvaise habitude qu’il prenait ces derniers temps. Et il s’était disputé avec Sylvia, pour finir dans la chambre du fond. Une fois de plus.


Un matin clair de printemps baignait la rue quand il ouvrit les rideaux, le ciel était rosé, les arbres de l’allée, depuis le deuxième étage, semblaient subtilement fleuris. La ville s’éveillait en douceur, il était trop tôt pour voir beaucoup de voitures ou des passants. Tout était calme. Il aperçut un vieux monsieur, promenant un grand chien gris élégant, sur le trottoir d’en face et qui passait devant la vitrine du libraire Görög, dont le nom apparaissait en sobres lettres blanches, au-dessus de l’inscription Littérature d’Europe centrale. Quand ils avaient acheté l’appartement douze ans auparavant, c’était tout ça qu’il avait d’abord aimé.


Sylvia lui pardonnerait ses excès, comme d’habitude, elle le faisait toujours, c’était comme un reste de leur folle passion de jeunesse. Elle avait cette force, elle absorbait tout cela, elle endurait parce qu’elle savait que c’était ainsi et elle en sortait toujours grandie. Lui, il ferait profil bas, il se déroberait avec des petits gestes, des mots doux, peut-être des fleurs, dans son petit théâtre de lâchetés. Camille se trouvait laid, il n’aimait pas ce qu’il était devenu. Dans la salle de bains il évita de se regarder dans le miroir, prit un cachet pour faire passer son mal de tête et s’habilla rapidement. Une journée pénible l’attendait au journal, il y aurait encore une réunion prioritaire, ses mêmes collègues suffisants, les injonctions des petits chefs.


Il entrouvrit silencieusement la porte de leur chambre, Sylvia dormait paisiblement, elle était sereine. Elle renvoyait une image sublime, elle resplendissait. Ses choix l’avaient menée sur une autre voie que la sienne, elle était devenue journaliste indépendante, chez elle la flamme pour le métier n’avait jamais faibli. Elle était si douée, si brillante, que tous les médias quelque peu exigeants couraient après elle. Elle travaillait avec obstination et rigueur, disparaissait des jours entiers pour mener des enquêtes, recouper des informations, rencontrer des sources. Elle dénichait les mensonges et les faux-semblants, dénonçait les postures de certains et portait la voix des autres. Il pensait qu’elle aimerait secrètement avoir un pied-à-terre quelque part, où elle écrirait tranquillement ses papiers et organiserait ses recherches. Il l’admirait tant, alors que lui se contentait d’écrire des articles formatés pour le supplément culturel d’un journal grand public. Oui, il était aussi un peu jaloux de sa carrière. Il se sentait médiocre mais il l’aimait profondément. Il l’embrassa en chuchotant : Bonne journée mon cœur, à ce soir.


Dans l’ascenseur au siège de son journal, il se souvint qu’elle lui avait dit qu’elle partait quelques jours chez sa mère, il aurait dû lui souhaiter quelque chose comme bon voyage, ou même un bonjour à ta mère. Ça serait plus difficile de rattraper leur engueulade de la veille. Son foutu mal de tête ne passait toujours pas, il allait passer une journée lamentable. Enfin, il aurait plus de temps pour réfléchir à ce qu’il devrait faire et dire. Sa journée dans la salle de rédaction fut cependant gâchée pour un autre motif. Il participait à un numéro spécial sur les goûts culturels des nouveaux élus, l’Assemblée avait été très chamboulée aux dernières législatives, la presse ne parlait que de cela et sa direction suivait le mouvement, comme d’habitude. Tous ces nouveaux députés s’amusaient de ce jeu de séduction avec les médias et faisaient languir les prétendants au poste de Premier ministre. Ce jour-là Camille devait faire un papier sur Armand Genderaux, nouvel élu, sans parti, figure totalement inconnue du public, mais dont l’apparition soudaine perturbait Camille.


2- Camille rentra assez tard, Sylvia avait laissé un petit mot griffonné sur un bout de papier bien en évidence, Si tu as oublié je suis chez ma mère pour trois jours. Il essaya de l’appeler, le mot suggérait qu’elle voulait dialoguer mais qu’elle était en colère, il tomba sur son répondeur. Valait mieux lui parler directement, il raccrocha. Il se versa un verre pour se relâcher de cette journée difficile et se dirigea vers la salle de bains. Il se déshabilla complètement, but une gorgée qu’il savoura lentement, s’approcha de l’étrange miroir qui était comme incrusté entre les carreaux et mal ajusté, puis il rentra dans le miroir, d’abord une main, puis une jambe et tout le reste.


De l’autre côté il était dans la salle de bains derrière le miroir, tout était inversé. Il faisait sombre et froid, la petite fenêtre qui donnait sur une cour était obstruée par une plaque métallique rouillée, beaucoup de carreaux étaient cassés, dans la baignoire il y avait les restes désarticulés et pourris d’un meuble, le sol était jonché de morceaux de ciment ou de plâtre, tout ça sentait le moisi. Sur le lavabo qui tenait grâce à la tuyauterie, un petit morceau de savon bleu attendait. Il retint son souffle et écouta en essayant de ne pas faire de bruit, prit un survêtement posé dans un coin.


Dans le salon quelqu’un dormait paisiblement sur un matelas, même dans l’obscurité tout ce corps rayonnait, il était beau. Camille s’allongea contre lui, il sentit son cou, l’embrassa et chuchota à son oreille : bonne nuit Lyvio. Son amant caché dans le reflet du miroir était à ses yeux un homme hors du commun. Camille avait découvert le passage trois ans auparavant, Lyvio utilisait l’appartement comme une planque parce que ce monde était dangereux. Un régime autoritaire et fiévreusement nationaliste dirigeait le pays, il produisait une quantité phénoménale d’armes de toute sorte, les gens servaient soit dans des usines, soit sur les innombrables champs de bataille, sur des frontières lointaines ou très proches. Les bruits de la guerre étaient omniprésents. Ce système se nourrissait de cette violence, de ses morts et du chaos qu’il créait. Tout manquait, tout le monde souffrait, une police politique traquait les opposants comme Lyvio.


Lyvio avait réuni un petit groupe de résistants, ils faisaient du sabotage, collectaient des informations, ou même cherchaient des aides extérieures ou intérieures. Il avait donné du sens à leurs activités, leurs décisions se prenaient en commun mais en réalité c’était lui qui leur indiquait la direction à suivre. Camille le trouvait déterminé, courageux, porté par l’espoir de mettre fin à l’enfer de son monde. Cet appartement, ou plutôt ce qui en restait, était une de ses cachettes. Ils avaient convenu, avec Camille, de codes et d’une certaine fréquence pour se voir. La première fois qu’il avait emprunté le passage, Camille l’avait découvert blessé au ventre et fiévreux, dans cet environnement inquiétant. Il l’avait soigné. Dès que Lyvio s’était mieux porté, ils s’étaient simplement enlacés, dans la sécurité et le réconfort de leurs bras.


Lyvio l’avait convaincu de ne pas sortir de l’appartement, pour le protéger sans doute, de toute façon Camille craignait trop les menaces de ce monde pour y oser quoi que ce soit. Il observait parfois la rue entre les planches qui fermaient la fenêtre. Les immeubles en face étaient presque tous effondrés, des carcasses de voitures s’alignaient sur le trottoir, des ordures et des gravats s’entassaient dans tous les coins. Un jour, dans le crépuscule, il avait vu un homme courir au milieu de la rue, il avait surgi de nulle part, une détonation avait retenti et il était tombé sans faire de bruit, pas loin d’une vitrine cassée où on pouvait encore lire écrit en blanc la moitié d’un o avec un tréma au-dessus. Il ne pouvait pas non plus manquer dans ce paysage, par les interstices, les fumées épaisses et inquiétantes, qui s’échappaient d’immenses cheminées et rendaient le ciel obscur. Ni le portrait gigantesque, illuminé toutes les nuits, sur la façade d’un immeuble au bout de la rue. C’était le portrait d’Armand Genderaux, autocrate impulsif et brutal qui faisait régner la terreur sur tout le pays. Sous l’image, le slogan disait : La source de notre sérénité.


À l’aube Lyvio était parti très rapidement, comme souvent, vers ses activités aussi périlleuses que mystérieuses. Camille ne savait pas trop comment l’aider. Il lui avait dit que de l’autre côté du miroir le double de Genderaux avait été élu député. Ce type est une vermine, c’est certainement le cas de ton côté aussi, faudra que tu gardes un œil sur lui. Dans les jours qui viendraient le groupe essayerait de savoir ce qu’une nouvelle usine produisait à l’est de la ville. Lui, il devait attendre un long moment avant de pouvoir revenir, il n’était jamais venu pendant que Lyvio était absent. Il n’en avait pas vraiment le courage.


3- Camille rentra avant le lever du soleil. Depuis trois ans il passait d’ordinaire le soir ou la nuit, venait rarement le jour. Il profitait des absences de Sylvia qui de son côté, absorbée par ses activités, ne semblait pas se préoccuper de ce qu’il faisait alors. C’était comme un refuge, un repli discret dans la trame fatiguée et grise de sa vie. Justement, son téléphone indiquait qu’on avait essayé de l’appeler plusieurs fois. Sylvia. Il n’aurait qu’à dire, comme souvent, qu’il dormait ou qu’il n’avait plus de batterie, il redoutait tout de même cet échange. Il se contraignit à la rappeler.


Je suis sur une affaire terrifiante, tu sais Gustav Hagen du média web danois Speilet, il m’a demandé de me renseigner sur un établissement de production pharmaceutique à 180 km d’ici, j’y ai fait un tour en allant chez ma mère et j’ai découvert un truc incroyable. Tes derniers papiers ils portaient bien sur les nouveaux députés ? T’as dû croiser Genderaux, imagine que ce type dirigeait l’usine et s’est mis à faire n’importe quoi, il a lancé des recherches sur de nouvelles molécules sans autorisation, quand ils l’ont découvert l’affaire a été rapidement étouffée, le labo démantelé et l’homme s’est volatilisé dans la nature. Il réapparaît brusquement il y a six mois en candidat à l’Assemblée, tu ne trouves pas ça étrange ? Il y a quelque chose à creuser. Sylvia avait du flair, il le savait. Mais il ne voulait pas entendre parler de Genderaux, ça le déstabilisait trop. Il essaya de la convaincre qu’elle se trompait, ses quelques échanges avec le nouveau député avaient été très courtois, il lui avait paru des plus normaux, cet homme avait certainement fait des erreurs mais avait trouvé une nouvelle voie. Il apaisa au mieux l’envie de Sylvia de vouloir savoir. Camille suait à grosses gouttes quand il raccrocha et il eut envie de vomir.


Toute la journée elle lui écrivit des messages pour qu’il lui envoie ses informations sur Genderaux. Il retarda comme il put cette traque, il savait qu’elle était têtue et s’accrocherait à ses intuitions. Il prétexta qu’il était débordé, que le rédacteur en chef le harcelait par des demandes farfelues. Ses mensonges ne l’arrêteraient pas, elle était lancée et devait déjà avoir pris contact avec ses propres réseaux. Camille avait peur de ce qu’elle pourrait découvrir, de ce qu’elle allait découvrir. Il n’irait plus voir Lyvio, sa vie était ici avec Sylvia, il l’aimait. Oui, il l’aimait. Genderaux disparaîtrait du paysage et redeviendrait un homme ordinaire dans ce monde. Sans Lyvio et tout ce qu’il y avait derrière le miroir, sa vie reprendrait son chemin, il s’engageait à faire des projets avec Sylvia, ils auraient peut-être des enfants.


Après cette affreuse journée il s’effondra dans son canapé, incapable de savoir quoi faire. Il n’arrivait pas à se résoudre à ne plus voir Lyvio. Comment cet homme, dans un ailleurs improbable et même incertain, pouvait compter autant pour lui ? Il admit, il se confessa pour lui-même, tard dans la soirée, dans la pénombre du séjour, qu’il avait des sentiments pour Lyvio. Il n’arrivait pas à les assumer et à les concilier avec Sylvia. Jusque-là c’était facile, deux réalités différentes, sa femme d’un côté du miroir, son amant de l’autre, cloisonnés par cette barrière qu’il était le seul à pouvoir traverser. Depuis ce matin tout devenait poreux, quelque chose se fissurait, cette ordure de Genderaux s’infiltrait dans sa vie. Il fallait l’éliminer parce qu’il était la cause de ça. Il devait retourner de l’autre côté pour demander à Lyvio de le liquider.


La nuit était tombée, à cause de ses pensées qui le tenaillaient et le paralysaient, il n’avait pas vu que Sylvia avait encore essayé de le joindre, elle avait laissé un message qui le convainquit qu’il devait retourner le plus vite possible voir Lyvio.


4- Camille était nerveux, nu dans la salle de bains chez Lyvio, le bout de savon bleu n’était plus sur le rebord du lavabo. C’était le code, il n’était pas là. Un frisson le parcourut, il tremblait de cette situation inédite mais il se força, pour une fois il irait au bout de son initiative. Il pourrait lui laisser un message quelque part. Il se déplaça prudemment, il savait que l’immeuble était squatté par des vagabonds, d’autant plus inquiétants qu’ils étaient invisibles. Une drôle d’odeur flottait dans l’air et se mêlait à celle qu’il connaissait bien. Son cœur se mit à battre plus fort que d’habitude.


Sylvia lui disait dans son message qu’elle avait appris que Genderaux avait disparu avec des échantillons, le siège du groupe pharmaceutique refusait de communiquer dessus, mais des rumeurs et des indiscrétions circulaient. Une ancienne assistante de Genderaux avait raconté à Gustav Hagen, à Prague, que des formules de produits très dangereux circulaient dans la nature. Toutes les hypothèses étaient possibles. Par contre Camille était persuadé que tout ça était passé de l’autre côté du miroir, que la nouvelle usine à l’est de la ville allait produire, ou produisait déjà, des gaz sinistres ou autre chose d’aussi redoutable.


Il se glissa vers le salon en essayant de faire le moins de bruit possible. L’odeur devint plus forte, tout était brûlé, d’immenses traces noires parcouraient les murs, comme si on avait utilisé des lance-flammes. Quelques fumées s’échappaient encore d’un tas de restes calcinés. Effrayé par ce tableau funeste, il allait faire demi-tour mais fut saisi violemment, il reçut un coup brusque au visage. Quand il reprit ses esprits, maintenu avec force par quelqu’un vêtu d’un uniforme, il vit émerger de l’ombre un homme avec une casquette noire, et s’approcher pour être à quelques centimètres de son visage. C’est vous le meneur de cette faction terroriste ! Mais c’est terminé maintenant, vous avez été dénoncé, vendu par vos amis. Dites-moi où est le miroir. Ne prenez pas cet air surpris, je sais comment vous faites, il ne doit pas être loin. Montrez-le moi ! Sa voix grave résonna avec un éclat de colère. Il pointa une arme contre son ventre. C’était fini.


Il indiqua des yeux la direction de la salle de bains, mais avant qu’ils n’aient eu le temps de faire quoi que ce soit, une explosion emporta la porte et un souffle puissant projeta tout le monde à terre. Camille émergea, encore sonné, de longues secondes après. Lyvio était là, il serrait fort sa main et lui chuchotait quelque chose qu’il ne comprenait pas, il l’aida à se relever. Autour de lui la situation était confuse, il y avait des tirs, des cris, des hommes se battaient, d’autres étaient allongés sur le sol. Il aperçut l’homme à la caquette noire mort, étalé dans une flaque de sang. Dans la salle de bains, Lyvio aida Camille à se déshabiller. Tout ça n’était qu’un piège, pendant que la police politique essayait de localiser l’appartement, on en a profité pour faire sauter la résidence de Genderaux, il est sans doute mort et en tout cas s’il avait un miroir, il est détruit… Tu étais l’appât Camille. Je briserai le miroir derrière toi. Lyvio l’étreignit avec force et Camille traversa une dernière fois le miroir dans lequel il le vit ses yeux pleins de larmes.


Quelques instants après, dans le silence feutré de sa salle de bains, loin du tumulte de l’autre monde, le miroir se fissura lentement puis s’effondra sur le sol dans un bruit strident. Sylvia entra brusquement, Tu es là, qu’est-ce qui s’est passé ? Elle le regardait, nu, son visage couvert de sang, surprise de le découvrir par terre à côté du miroir brisé. Je ne t’ai pas entendu quand je suis rentrée. Tu as… ? Camille resta muet, accroupi dans une position désagréable. Elle s’occupa de lui, soigna patiemment ses plaies. Plus tard dans leur lit elle dit : C’est étrange cette affaire, il y a dix heures le parquet danois lançait un mandat d’arrêt contre Genderaux, Interpol est intervenu chez lui, on ne l’a pas retrouvé, mais une source m’a dit qu’il y avait les restes d’un cadavre dans sa cave, et un miroir brisé, comme ici. On ne saura peut-être jamais ce qu’il était en train de manigancer. Après un silence elle ajouta, Tu sais j’ai beaucoup réfléchi à nous, je croyais que je pourrais partir, vivre seule, de mes enquêtes et de mes articles, mais je ne peux pas, je n’y arrive pas, tout cela n’a pas de sens sans toi.


 
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   Vilmon   
28/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Un récit bien réussi entre monde parallèle et relations d'amour. Alimenté de quelques petites intrigues que le lecteur découvre au long de sa lecture, comme pour le savon bleu qui est un code d'avertissement. La chute est plutôt rapide et simple. Il y a une forme de trahison, est-ce Lyvio l'aime vraiment ou s'est-il servi de lui ? Et une réconciliation, Sylvia l'aime vraiment. Pourquoi il y a ce miroir chez Camille ? Bah, ce n'est sans doute pas important à savoir. Il est là, voilà, comme les personnages, le lecteur le découvre et admet qu'il existe. Le récit évolue bien, le lecteur apprend graduellement les tenants de l'histoire. La tension monte graduellement jusqu'à un point de rupture et tout déboule plus rapidement que le personnage Camille ne peut saisir, il devient un ballon balloté par les actions des autres. Bien écrit, bien développé, j'ai apprécié le récit.

   socque   
25/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai vraiment aimé le basculement soudain dans le fantastique avec cette phrase :
(il) s’approcha de l’étrange miroir qui était comme incrusté entre les carreaux et mal ajusté, puis il rentra dans le miroir, d’abord une main, puis une jambe et tout le reste.
Ensuite tout va très vite, l'action est dense. Dans la lâcheté paralysante de Camille je lis la mienne, celle de l'Occidental(e) moyen(ne) qui tente autant que possible de considérer les pays et peuples en souffrance comme résidant dans un monde parallèle hors de sa portée d'action ; je trouve la concrétisation de cette idée fort bien vue, et caractéristique le réflexe de Camille quand la dangerosité de Genderaux menace son propre monde : décourager Sylvia d'enquêter, décider de faire faire le sale boulot à Lyvio.
Et puis les choses s'arrangent toutes seules. Selon mon sentiment, la fin est embrouillée, le plan de Lyvio pour utiliser Camille comme diversion franchement pas clair. Cette fin en queue de poisson (pour moi) présente toutefois l'avantage de prolonger l'allégorie : le « monde développé » de Camille n'a rien eu à faire pour éviter la catastrophe, tout a reposé sur le sacrifice de Lyvio et des siens et, cerise sur le gâteau, Sylvia revient à Camille sans aucune raison ! Finalement c'est cool d'être dans la peau de Camille et de savourer son mal-être d'Occidental mou…

Une nouvelle intéressante à mon avis, qui dit plus que ce qu'elle dit. J'aime ça. Une introduction réaliste avant le basculement fantastique peut-être un poil longue pour moi.

   AnnaPanizzi   
25/9/2022
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

J’ai eu mal à entrer dans ce récit parce que ça délaye beaucoup trop dans les premiers paragraphes par le truchement d’une écriture un peu trop descriptive et lénifiante à mon goût. En fait, la nouvelle commence vraiment avec le passage secret où se terre l’opposant politique. Le héros, Camille, est un peu difficile à cerner parce qu’il est en admiration devant son amant et d’un autre côté il souhaiterait reprendre une vie prosaïque et faire des gosses avec sa meuf. Il a le cul entre les deux faces du miroir, pardonnez-moi l’expression ! La nouvelle se termine par l’arrestation de celui-ci avant qu’une explosion n’envoie tout le monde au sol. Finalement le terroriste caché lui explique qu’il n’était qu’un piège pour la police et que pendant ce temps ses amis allaient faire sauter la résidence du dictateur. Tout ça me semble rapide, peu crédible et laisse le lecteur se débrouiller avec ça…

Je vais donc rester très mitigée et circonspecte sur cette nouvelle parce qu'il est bien possible que des choses m'aient échappées....

Merci pour cette lecture gratuite et le temps que vous avez passé dessus.

Anna en EL

   Malitorne   
25/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J’aime bien l’idée de base même si elle a largement été utilisée, ce miroir caché qui permet la communication entre deux mondes. Un autre monde qui n’est que le futur du premier, si j’ai bien compris, et permet de surcroît d’exprimer des penchants sexuels. Bon, un peu fourre-tout l’histoire quand même. Intrigue politique et homosexualité s’accordant bizarrement, personnellement je n’aurais exploité qu’un seul des filons. Deux vies affectives, opposées dans leur nature, de chaque côté du miroir me semblent suffisantes pour faire un bon scénario. Où le cœur de Camille allait pencher ? À défaut vous nous servez une sombre machination, peu intéressante à vrai dire et trop vite expédiée sur la fin. Le récit se disperse, s’égare, aurait été mieux conduit je pense par un resserrement du thème.

   Angieblue   
26/9/2022
J'avoue avoir eu du mal à accrocher et à y comprendre quelque chose. Il y a trop d'informations qui défilent et l'écriture est assez lourde. ça ne respire pas, même les dialogues se mêlent au récit sans ponctuation.
La fin aussi est vite bouclée et un peu trop banale avec Sylvia qui pardonne tout.
Pour l'élément fantastique, le monde parallèle, ça arrive comme un cheveu sur la soupe. Il m'a manqué quelque chose, peut-être du suspense...
En somme, ça n'a pas fonctionné sur moi.

   Ananas   
28/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Ingles,

J'ai bien aimé l'axe de traitement.

L'histoire en soi mériterait d'être affinée, mais on se laisse prendre, on a envie de savoir comment ça va finir. Ça m'a vaguement fait penser à l'Anneau de Moebius de Thilliez (si vous ne l'avez pas lu, je vous le conseille). Y a quelque chose à développer, certainement, pour rendre le tout, déjà moins dense au niveau de la présentation, et moins fouillis dans les sauts d'idées, ensuite plus fouillé dans l'intrigue secondaire.

Je pense que la fin est trop "deus ex machina" en l'état.
Ce n'est que mon HA, je suis peut-être passée à côté de quelque chose.

Mais dans l'ensemble, je n'ai pas boudé mon plaisir en lecture, merci pour ça !

Désolée pour mon ton, j'en ai pas d'autre, il n'est pas dirigé contre l'auteur.

Au plaisir !

   Anonyme   
29/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le titre m'a fait fuir plusieurs fois avant que je ne me décide à lire votre nouvelle. C'est important le titre ! Je ne sais pas pourquoi il me faisait penser à une sombre histoire d'eglise moyenâgeuse, une époque qui ne m'inspire pas du tout !

Une fois le pas franchi se découvre une écriture très agréable. C'est avec entrain que se poursuit ma lecture des aventures peu ordinaires de Camille. On aime se perdre avec lui de l'autre côté du miroir. On aime la similitude des prénoms : Sylvia et Lyvio que l'on peut interpréter comme la double identité sexuelle de Camille.

Dommage la fin un peu bâclée ! Vous laissez le lecteur faire une bonne partie du boulot. Ce qui n'est pas désagréable mais gâche un peu le scénario parfait jusque-là !

Pour répondre à une autre de vos interrogations sur le forum, la longueur d'un texte n'est pas un frein à ma lecture, seul le manque de qualité est rédhibitoire.

Zoé, intriguée par le savon bleu.

   Cyrill   
29/9/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour Ingles,

J’ai bien aimé le canevas de cette nouvelle, même si l’idée du miroir n’est pas nouvelle, loin s’en faut. Une vie de chaque côté du miroir avec des évènements qui se répondent, s’interpénètrent, il y avait de quoi faire.
Mais je dois dire que j’ai trouvé l’écriture assez laborieuse. Pour exemple :
« Lui, il devait attendre un long moment avant de pouvoir revenir, il n’était jamais venu pendant que Lyvio était absent. Il n’en avait pas vraiment le courage.
3- Camille rentra avant le lever du soleil. Depuis trois ans il passait d’ordinaire le soir ou la nuit, venait rarement le jour » => revenir-venu-venait…
Et le développement sans grande profondeur. Après une intro plutôt longuette et faite de trop de détails de peu d’intérêt, voilà qu’on entre dans le « fantastique » ( comme promis vu la catégorie choisie ) avec de gros sabots :
« puis il rentra dans le miroir, d’abord une main, puis une jambe et tout le reste.
De l’autre côté il était dans la salle de bains derrière le miroir, tout était inversé ».
Autant mettre un panneau : attention, ce qui suit est étrange.
Pour la suite, cette histoire de « régime autoritaire et fiévreusement nationaliste » avec police politique et groupe d’opposants, m’a semblé bien nébuleuse. Je ne suis pas rentré dedans. Que fait Gendereau ? On ne le sait pas vraiment, on sait juste que c’est une vermine, une ordure autocrate qui fait des recherches sur des molécules ( pas catholique tout ça ! ), on ne saura pas dans quel but, donc abrégeons, c’est un vrai méchant. Un peu juste pour un personnage tout de même important puisqu’il est, lui, de chaque côté du miroir. Les activités de Lyvio et de son organisation sont « aussi périlleuses que mystérieuses ». Abrégeons aussi et tant pis pour les curieux comme moi, qui voudraient y croire.
Un petit zeste d’amours adultères qui ne fait, de mon point de vue, pas le poids émotionnellement parlant, plutôt cliché.
Cette histoire reste à la surface des choses, mêle généralités et détails oiseux. Ne me reste au final que le canevas, et un beau titre, qui me semblent fort gâchés.
Une autre fois peut-être !

   JohanSchneider   
29/9/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je vais tâcher de ne pas répéter les commentaires précédents. Cette nouvelle pâtit évidemment de son format : trop longue car alourdie de détails lourdement explicatifs qui entravent le développement de l'intrigue, trop brève car justement faute de place, tout jaillit à la fin comme d'un tonneau qu'on débonde.
Dommage car l'évocation d'une dictature fictive européenne est réussie, un peu dans la manière de Z.

   Donaldo75   
29/9/2022
Salut Ingles,

Il y a du potentiel dans cette histoire mais je crois que tu as compliqué la narration par volonté de traiter l'amour de Camille pour Sylvia, pour Lyvio, de Lyvio pour Camille, les deux dimensions (soient les côtés du miroir) et la situation politique avec un député et une affaire sordide. Bref, beaucoup trop de sujets mélangés qui rendent l'histoire difficile à raconter et par là même à suivre. Il faut s'accrocher et je l'ai fait mais je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi une telle complexité narrative alors que la déclaration de fin, celle de Sylvia, reboucle avec le début et finalement résume bien ce qui aurait tendu le pitch dans une narration moins torturée. En plus, c'est bien écrit.

   vertigo   
5/11/2022
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai aimé l'écriture que j'ai trouvé très bonne par contre que l'histoire était très confuse et partait un peu dans tous les sens et du coup je me suis un peu perdu dans les méandres de l'histoire. Bravo !


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