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Humour/Détente
Isdanitov : Pas Fanny !
 Publié le 05/07/17  -  10 commentaires  -  11661 caractères  -  85 lectures    Autres textes du même auteur

À l'occasion de l'ouverture de la pêche à la truite, deux amis inséparables sont victimes de la raillerie d'autres pêcheurs à l'occasion de leur passage au bistrot du coin.


Pas Fanny !


Le bistrot de Ginette est semblable à lui-même un jour d'ouverture de pêche à la truite. Les pêcheurs au repos, cuissardes repliées ou waders raboulottés, en sortent et y entrent à tout instant, les bretelles flottant comme des jarretelles sur les cuisses des belles après l'amour. D'ici à ce qu'on en voit un se promenant le cul nu... Subsiste après le passage de ces rudes pêcheurs un parfum épicé, délicat mélange de mucus, de sueur et de houblon. Beaucoup de houblon... Rien à voir avec la rose et la violette !


Du dehors, à dix mètres de la porte, alors que Fernand et moi nous nous approchons on entend un ''la porte, nom de djeu !..." poussé par une voix mâle fortement enrouée par le tabac et à l'haleine chargée de relents alcoolisés... S'ensuit le fracas de verre presque brisé d'une porte que l'on referme brutalement d'un méchant coup de pied !


– Qui casse paye ! gueule Ginette, la patronne, que l'on entend jusqu'ici malgré la porte vitrée maintenant refermée.


Pas de doute, nous sommes arrivés ! Le bordel est complet, presque organisé.


C'est la foire. Non, mieux, c'est la kermesse ! Manquent plus que les drapeaux noir-jaune-rouge, les lampions et les cyclistes. Les cannes à pêche, interdites dans l'établissement pour éviter tout accident lié à l'usage intempestif de ce matériel dans le café, l'expérience rend sage, sont alignées contre la paroi rocheuse à laquelle s'appuie le bistrot. Du solide, de l'intemporel, ce bouibouis. Il y a fort à parier que de nombreuses générations de pêcheurs feront encore le bonheur de bien d'autres ''Ginette'' les jours d'ouverture à la truite... Tant mieux, je suis pour ce genre de traditions !


Prudent, car je ne voudrais assommer personne, je jette un coup d’œil à l'intérieur avant de pousser la porte, car ici, on pousse encore la porte pour entrer, les pompiers n'étant jamais venus mettre leur nez dans ce bistrot situé le long de la rivière et personne n'étant au courant des consignes de sécurité qui imposent des portes ouvrant vers l'extérieur... C'est chez nous, j'te dis !


Ginette derrière le rade essuie méthodiquement sa vaisselle, s'arrête, sert une consommation, deux, trois autres, garnit un plateau, sert aux tables, au comptoir, revient à sa vaisselle. Enfin, elle nous aperçoit et par-delà le vacarme ambiant, s'adresse à nous :


– Ah, vous voilà, vous autres ! Je me demandais si vous alliez venir... prêchant le faux tout en connaissant le vrai, sachant bien que nous serions passés tôt ou tard, le tout étant plutôt de savoir à quelle heure viendrions-nous exactement.

Et alors ? fait-elle d'un air chargé de sous-entendus, ça a donné ?


Le ton, rien que le ton, avant même la question, à moins que ce ne soit un imperceptible mouvement de sa paupière ou du coin de sa bouche qui se relève, indique toute la malice contenue dans cette interrogation. À l'instant même où Ginette a commencé à articuler sa phrase j'ai compris que quelque chose ne tournait pas rond !...


Trop tard, je n'ai pas le temps d'intervenir que Fernand, distrait par je ne sais quoi, répond :


– Bah, comme d'habitude, tu nous connais, on touche toujours quelque chose, nous...


Meeerde, Fernand, je t'en prie Fernand, ne la ramène, pas ! Une arc, une misérable truite arc-en-ciel, que l'on fait ! À trois... Tu te rends compte ?! Au vairon, encore bien ! Il appelle ça ''faire quelque chose'' le Fernand !... Il oublie que ça en fait quand même deux de capots même si, lui, sauve l'honneur...


Va falloir argumenter, je le sens...


Manifestement Ginette a déjà beaucoup ri et elle compte bien ne pas en rester là ! En maîtresse femme et tenancière de bistrot avisée, elle sait qu'une bonne rigolade dans un café bondé ça représente toujours quelques tournées !


– Ah, oui ? Et où avez-vous été ? qu'elle fait innocemment. On ne vous a pas vus par ici...

– Non, renchérit quelqu'un, c'est vrai, ça, personne ne vous a vus par ici !...


La vache ! La traîtresse femelle ! Attends, tu ne perds rien pour attendre ! À nouveau je voudrais intervenir mais déjà Fernand répond...


– On a pêché en amont, histoire de sauver la bredouille... dit-il, convaincu.

– Au Pachy ? fait quelqu'un en réprimant difficilement son hilarité...


Progressivement un demi-silence se fait dans l'établissement car, insidieusement, sans qu'on s'en aperçoive vraiment, les gens se sont tus et écoutent Fernand qui continue, comme si de rien n'était.


– Au Pachy ? Non, hein, pas avec un temps comme celui-là ! Il faut ne pas connaître la rivière pour se rendre au Pachy dans ces conditions !...


Fernand, pensé-je in peto, boucle-la... Fernand, tais-toi, je t'en conjure, tu t'enfonces. Mais il est déjà trop tard.


Pour peu, si je le pouvais, je disparaîtrais sous le tabouret ! Et tandis que je pose ma main sur son bras pour le faire taire, l'empêcher de nous perdre tout à fait, quelqu'un lâche :


– Ouais, tandis qu'à la chapelle...

– Ben oui, répond Fernand ! À la chapelle et aux grottes, ça donnait ! Les coins sont liés. C'est aux grottes qu'on a fait notre truite ! Et..., que j'en rate une autre... rajoute-t-il, fier de lui !


Fernand est sur une autre planète, il ne se rend pas compte du maelström dans lequel on se trouve...


Pour le coup le silence est complet ! Ginette est écarlate ! Elle se cache dans son tablier et est prise de soubresauts, elle hoquette, elle pleure en silence et part dans un rire fait de ''hi, hi, hi, hi, hi...'' qu'elle tente encore de contenir mais qui loin d'atteindre son but marque le début de l'hilarité générale !...


– Quoi, quoi ? fait Fernand qui ne comprend toujours pas ce qui se passe !


Les rires roulent, on en redemande, on se tape dans le dos, sur les cuisses. Des gens qui ne se connaissaient pas tombent dans les bras les uns des autres, les mouchoirs sortent, on en pisserait de rire. Entre deux hoquets Ginette redevenue sérieuse sous le coup de l'indignation s'écrie ''non, non, pas de ça dans la salle !'', évitant le pire parce que déjà un énergumène se déboutonne... On se mouche, on se frotte les yeux, les lunettes !... Et tout ça avec un même mouchoir. On se calme finalement...


Enfin une voix s'élève du fond du café, du côté des banquettes, un homme se lève, double quintal engoncé dans son wader rabattu sur les cuisses, la mobylette restée dehors ainsi que ses cannes, sa musette et son seau à vif !


Pierrot !


Pierrot, du haut de son mètre soixante-cinq, en chair et en os ! Pierrot, l'ennemi juré de Fernand est déjà de retour, triomphant ! Je l'avais presque oublié celui-là !


– Et alors ?! jette-t-il s'adressant à Fernand et se frayant un chemin à travers l'assemblée...

T'as cru que j'allais à la chapelle hein, mon couillon ! lance-t-il à Fernand qui ne s'attendait vraiment pas à le voir là ! Et alors t'as cru bon de te rendre aux grottes, hein !


Le bonhomme se fend la pipe ! Fernand est hagard...


– J't'ai bien baisé, hein, mon salaud ! Aah, ah, tu te foutais de ma gueule dans la voiture tout à l'heure, hein ! T'as cru que j't'avais pas reconnu, sans doute ?!


Et prenant les gens à témoin, il leur explique notre furtive rencontre de ce matin...


– Il m'a doublé ce matin, cet imbécile ! J'étais parti pour le Pachy. Et l'autre là, il parle de moi, a bien failli accrocher ma mobylette avec sa voiture !

Aaah, ils se sont bien foutus de ma gueule tous les deux, ça oui ! Même que Fernand était à moitié penché au-dehors de la voiture en me criant des conneries par la fenêtre !...


Il nous jauge...


– C'est pas vrai, peut-être ?


Penaud, je ne sais que répondre tandis que Fernand est rouge comme une pivoine.


– J'les ai vus s'arrêter plus haut sur la route, pour voir ce que je faisais ! Et là, j'ai compris qu'ils voulaient savoir où je me rendais !


Il reprend son souffle et continue :


– J'étais sûr de mon coup, c'est au Pachy ou au Moulin qu'il fallait aller aujourd'hui, pas ailleurs, mais je ne voulais pas qu'ils le sachent. Alors, j'ai eu l'idée. J'ai fait semblant de prendre à travers les Geais comme pour me rendre à la Chapelle !


Il fait le tour de l'assemblée du regard... fier de lui !


– Je les voyais au loin ces deux cons avec leurs phares allumés, arrêtés au milieu de la route. Ils ont regardé jusqu'à avoir la certitude que je prenais la bonne direction ! Je les ai vus, et je me suis enfoncé loin dans le sentier des Geais ! Aussi loin que je pouvais. Là j'ai coupé le phare et j'ai attendu !...


Il savoure...


– Ils m'observaient encore et puis ils ont redémarré, sûrs que j'allais à la Chapelle ! Ils sont donc allés aux grottes, j'en étais sûr ! Les cons !... dit-il en riant ce qui lui permet de faire passer différents noms d'oiseaux à notre encontre !...


Mine de rien il se venge de nous le bonhomme ! La guerre est déclarée... Ce n'est plus une farce, c'est un réquisitoire !


L'assemblée qui ne se soucie pas le moins du monde du règlement de compte et du drame qui se jouent s'esclaffe de plus belle !... Ginette, la traîtresse, rit à n'en plus pouvoir ! Fernand et moi sommes les dindons de la farce... Fernand est blême et ne pipe mot !... Il attend, vaincu, les lèvres pincées... cette fois il a compris. Enfin, mais trop tard.


Une main compatissante se pose sur mon épaule ! Un gars me demande si ça a mordu... Un autre me glisse dans l'oreille que c'est la troisième fois qu'il entend l'histoire et qu'il en rit toujours autant... Le plus cocasse c'est que ce sont des gens que je ne connais même pas...


Peu à peu l'hilarité retombe, quelques éclats de voix épars, encore, des anecdotes qui fusent et puis s'arrêtent et Pierrot de continuer :


– Et qu'est-ce que vous avez pris, demande-t-il ?...

– Une arc ! répond Ginette en criant presque pour s'élever au-dessus de l'agitation, coupant court à toute tentative de sauvetage de notre part...

– UNE ARC ! reprend Pierrot se foutant ouvertement de notre gueule, cette fois !

– À vous deux ? Rien d'autre ?...

– Ben, non, une arc ! Et... Et... Philippe était avec nous... rajoute Fernand, buvant le calice jusqu'à l'hallali...Mais, attention, c'est une de l'année dernière, hein ! ne peut-il s'empêcher de rajouter plutôt que de fermer sa gueule ! Ils n'en ont pas remis si haut cette année !... finit-il dans un murmure.


Le silence qui s'ensuit aurait pu être du Mozart s'il n'avait été fait d'incrédulité tant cette quasi-bredouille est incompréhensible. Toujours est-il que le rire général qui éclate à cet instant précis scelle définitivement notre sort. Reste à faire le gros dos et à nous montrer beaux joueurs pour sauver ce qui peut l'être encore.


– Et toi, qu'est-ce que t'as fait ?! demande alors triomphalement quelqu'un à Pierrot, faisant allégeance... Foutu lèche-cul !

– Moi ? fait alors le Pierrot, faussement étonné qu'on s'adresse à lui... J'en touche neuf avant neuf heures trente et j'en sors six. Toutes des farios dont une de quarante-trois ! J'ai été au Pachy contrairement à ce que ces messieurs pensaient mais, y a pas, faut connaître ! À dix heures j'étais ici. Au chaud avec six truites dans la musette !

– C'est vrai, ajoute encore Ginette comme pour mieux nous crucifier, Pierrot était ici à dix heures.


Alors, une voix dans le silence admiratif qui s'est fait s'élève et ordonne :


– Ginette ! La tournée !...


Ginette nous observe Fernand et moi afin d'obtenir confirmation...


– C'est pour moi ! que je rajoute à mi-voix, résigné, mais je vois que Ginette a entendu qui hoche de la tête et commence à remplir les chopes !


Fernand, compatissant me regarde alors tristement, hausse les épaules et me glisse :


– Bah, t'en fais pas, t'es capot, t'es pas Fanny !


 
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   plumette   
15/6/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
je connais l'univers des pêcheurs à la truite et j'ai retrouvé avec un certain plaisir dans cette nouvelle le vocabulaire approprié.

je me suis bien représentée ce café de village où Ginette joue un rôle prépondérant et où les pêcheurs viennent se jauger et partager leurs histoires de pêche autour de tournées de chopine.

Mais voilà, il y a quelque chose qui n'a pas fonctionné pour moi dans ce récit d'une coalition contre Fernand et le narrateur.

je n'ai pas souri, je me suis lassée de ces rires gras et insistants et je n'ai pas trouvé passionnante cette rivalité entre Fernand et Pierrot.

l'écriture est pourtant bonne et bien adaptée à son sujet.

Une autre fois peut-être?

Plumette

   macaron   
5/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Une petite fessée, dans la plus pure tradition, très bien racontée. Bon, pas un sujet qui me passionne la pêche et un humour un peu vieillot pour un petit sourire, pourtant une nouvelle bien construite avec de bons dialogues. Pour quelques minutes de détente...

   Alexan   
6/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
L’ambiance du café de Ginette m’a mis de bonne humeur.
Il m’a fallu tout de même quelques lignes avant de me faire au style de l’écriture ; un peu comme l'effet d'un dépaysement. Mais une fois installé à coté de Fernand, j’ai été embarqué jusqu’au bout.
Une atmosphère bien peinte, avec un coté pittoresque et presque caricatural mais tout de même réaliste. Des oxymores bien évocateurs, comme : « bordel presque organisé ». Des dialogues rigolos, accompagnés de commentaires bien venus comme par exemple : « finit-il dans un murmure », qui donne du caractère aux échanges. Et bien sûr, les réflexions du narrateur embarrassé : « ne peut-il s’empêcher de rajouter plutôt que de fermer sa gueule », qui donnent tout le charme et le coté burlesque a cette nouvelle.
Cela dit, quelque chose manque à mon gout à la fin. Je ne suis pas sur de quoi... Peut-être espérais-je que Fernand s’en sorte un peu mieux... J’ai même à un moment supposé que Ginette aurait son mot à dire pour défendre les deux losers. C’est qu’il est bien à l’ouest quand même le Fernand ! Bon, mais c’est sans doute cela qui permet de donner un intérêt a cette humiliation publique, qui heureusement, passe avec légèreté.

   Cox   
6/7/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je n’ai pas trop accroché à ce texte pour deux raisons : ça fait un peu vieux jeu (pas trop grave), et puis surtout il y a trop.

Le premier paragraphe illustre déjà ces deux points, avec ses bretelles comme des « jarretelles sur les cuisses des belles après l’amour ».
Vieux jeu : l’expression « les belles » tout court, que je n’ai pas entendue prononcée dans le siècle où j’ai grandi (les moches aussi peuvent faire l’amour en jarretelles, vous savez :p). Y’a trop : cette comparaison n’apporte pas grand-chose pour moi (qui ne la visualise d’ailleurs pas très bien).
Voilà, ce n’est pas l’exemple le plus frappant, mais c’est ce à quoi je me suis retrouvé dès la première ligne en me disant « ouh, là… »


De manière plus générale :


Vieux jeu : C’est l’ambiance du texte en lui-même qui donne sans doute cette impression. Le choix d’un sujet sur la pêche, l’humour vieille France (France ou autre, hein, c’t’une expression), la forme presque de conte ou de cartoon à la « beep-beep et vil coyote » (genre : haha tu veux m’avoir mais c’est moi qui t’ai eu).
Ça fait un peu suranné, sans compter parfois le choix de vocabulaire, comme mentionné plus haut. Ceci dit ce n’est pas bien gênant ; ce côté old school peut être un style même s’il n’est pas trop dans mes goûts.


Y’a trop : Là c’est plus à surveiller je pense. Il y a énormément de détails dont on peut (dont on veut !) se passer. Un truc assez symptomatique dans le texte, c’est la tendance que vous avez à systématiquement rajouter des précisions en incise sur vos dialogues. Sur les cinq premiers tirets du texte, j’en compte 4 :
« gueule Ginette, la patronne, que l’on entend jusqu’ici malgré… etc… »
« prêchant le faux tout en connaissant le vrai, sachant très bien que… etc… »
« fait-elle d’un air chargé de sous-entendus »
« qu’elle fait innocemment »

Ca alourdit à mort ! On n’a pas besoin que vous nous expliquiez systématiquement la tête que font vos persos à chaque réplique. Par exemple, quand vous dites « fait-elle d’un air chargé de sous-entendus », vous répétez quasi la même chose à la phrase d’en dessous. L’un ou l’autre aurait suffi.
Ce côté too much ne se limite pas à cet exemple des dialogues. De manière générale, le texte en fait trop, il en rajoute des caisses. Pour rester sur le tout début, la galerie de portrait me parait très caricaturale : la litanie des odeurs de mâles et de bière. « Beaucoup de houblon », insistez-vous. « Rien à voir avec la rose et la violette », ré-insistez-vous. Puis la voix rauque, niquée par le tabac et l’haleine re-re-pleine d’alcool (qu’on peut apparemment sentir à dix mètres ^^). Et puis, sans trop de raison, on pète presque la porte (dans un "fracas de verre presque brisé" que je m'imagine mal) Trop c’est trop ! :)
Un autre exemple, que je trouve encore plus dommage : cette plaisanterie potache devient carrément un « règlement de compte et un drame » !


L’histoire en elle-même m’a laissé assez indifférent. La pêche n’est pas mon truc, et la blague ne m’a pas tellement gondolé.


Bref, soyons francs, je n’ai pas aimé le texte. Il n’est pas à mon goût. Je note quand même plus haut que « pas » parce que je sens dans cette plume un quelque chose qui peut donner des textes que j’aimerais peut-être beaucoup lire à l’avenir ;)


Désolé si j’ai été un peu dur, mais j’ai vraiment essayé d’être le plus constructif possible sur mon ressenti

   Anonyme   
11/7/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Le flot de détails inutiles me saute aux yeux dès la troisième ligne.
Otez je vous prie ‘’ces bretelles flottant comme des jarretelles sur les cuisses des belles après l’amour’’ que je ne sais voir tant elles datent du siècle avant-dernier.

Le ‘’Rien à voir avec la rose et la violette’’, plombe le déjà lourd ‘’délicat mélange de mucus, sueur… ‘’.

‘’A dix mètres de la porte on entend… poussé par une voix mâle… et à l’haleine chargée de relents alcoolisés’’. Cherchez l’erreur ! Je n’ai encore jamais entendu une haleine chargée.

Vous l’avez compris. Pas folichon comme entrée en matière pour appâter le chaland.

Je poursuis, avec beaucoup de peine et plus d’envie du tout de recopier les accumulations, cherchant seulement le moment qui me récompenserait pour autant d’assiduité.

Rien ne vient. Les rires de la taulière devenant de plus en plus agressifs, je perds même le fil de l’histoire, et décroche avant la finale.

C’est dommage car il y a du potentiel d’écriture et un bon sujet.
Il suffirait de tailler, de raccourcir, d’élaguer tout ce qui n’apporte rien à votre histoire, et qui au contraire l’alourdit de façon caricaturale et débraillée.

Une prochaine nouvelle. Qui sait ?

   SQUEEN   
7/7/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je ne suis pas rentrée dans l'histoire, j'en suis désolée, Les bretelles des pêcheurs comparées à des jarretelles, l'image m'a paru faussement osée, et du coup pas drôle.
"Du dehors, à dix mètres de la porte(...)nous nous approchons on entend un ''la porte, nom de djeu !..." poussé par une voix mâle fortement enrouée par le tabac et à l'haleine chargée de relents alcoolisés..." Dans cette partie de phrase, à mon sens, il y a un hiatus spatial: à dix mètres de la porte on peut sans problème entendre les voix mais sentir l'haleine du gars à l'intérieur du bistrot, me semble compliqué. Malgré les qualités d'écriture, le soin porté aux descriptions truculentes, l'histoire ne m'a pas embarquée; je suis restée à la porte. Merci à vous relire.

   Tadiou   
18/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
(Commentaires précédents non lus)

C'est bien écrit, ça glisse bien. Le personnage de Fernand est lourdement chargé, que ça en devient caricatural. Dommage, cette dissymétrie : tout est à sens unique !

Plaisir simple du (sou)rire pour des choses simples : à ne pas bouder car l'écriture séduit bien, avec ce qu'il faut comme termes techniques pour la crédibilité de la chose.

Un bon moment !!

Tadiou

   Donaldo75   
25/7/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Bonjour Isdanitov,

Je ne suis pas féru de pêche, encore moins à la truite, alors j'avoue que beaucoup de subtilités de cette histoire ont du probablement m'échapper. Je l'ai lue avec l'œil du profane, pensant que le ressort narratif me permettrait de dépasser mon ignorance, de sublimer mon manque d'empathie pour cette pratique séculaire.

Visiblement, le ressort devait être bien détendu parce que je n'ai rien compris, du moins qui m'ait rempli d'allégresse à la lecture, n'ai pas ri, contrairement aux protagonistes de l'histoire.

Côté style, j'ai trouvé le rythme parfois haché, inégal, avec des phrases un tantinet longues, pas toujours ponctuées à bon escient. Certes, je chipote puisque le fond est essentiel dans cette nouvelle, mais ça ne m'a pas permis de m'intéresser au drame qui se jouait dans ce bistrot belge.

Bref, je me suis réellement ennuyé.

Une autre fois, peut-être,

Donaldo

   LaurenceSolouar   
27/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Isdanitov
Je ne suis pas adepte de pêche mais j'avoue avoir été conquise par votre univers. Sans doute est-ce lié à la qualité de votre écriture sobre et élégante. Vos personnages sont dépeints sans fioriture. Si certains y voient de la caricature j'y vois de la simplicité. De même pour les dialogues qui me semblent très bien amenés dans le cours de votre histoire. En somme une découverte agréable pour la profane que je suis. Laurence

   EvaDam   
31/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Entre le risque d'être Fanny et celui d'être funny, se déploie un récit savoureusement hilare, dont le sujet semble relever de la difficulté d'être homme, et de sauver la face entre "prédateurs"... le tout sur fond de conflit territorial subtilement esquissé.
Une lecture goffmanienne serait appropriée: la nouvelle peut être analysée comme un épisode de "figuration" (face-work), c'est-à-dire "tout ce qu’entreprend une personne pour que ses actions ne fassent perdre la face à personne (y compris elle-même)"...
(Les Rites d'interaction, Paris, Minuit, 1974, trad. par Alain Kihm, p. 15).
Sauver la face ou faire bonne figure?... tels semblent être les enjeux de ce récit où les jeux de mots relèvent d'une vitalité qui frôle la virilité, et où l'on peut "boire le calice jusqu'à l'hallali"... au gré des rires et crucifixions de circonstance... Les jarretelles, dans ce contexte où l'identité sexuelle est de nature cynégétique et compétitive, prennent tout leur sens. Entre bons compagnons, ni rose, ni violette. Il faut du gibier, ou alors on devient "les dindons de la farce"...
Un leitmotiv se dégage de ce conte de petite pêche et grande honte, en indiquant, avec le sourire, une raison d'être (homme):
"Et qu'est-ce que vous avez pris?"...


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