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Fantastique/Merveilleux
Isis : Eliane
 Publié le 24/05/07  -  5 commentaires  -  18291 caractères  -  27 lectures    Autres textes du même auteur

Un rêve, toujours le même, et Stéphane est persuadé qu'il veut lui dire quelque chose...


Eliane


C’est en allumant sa cigarette ce matin que Stéphane sut que ce ne serait pas une journée ordinaire. Mal réveillé, du pied gauche bien entendu ! Chaque matin c’était pareil, le réveil sonne et l’extirpe de ses rêves. Il a mal dormi comme d’habitude. D’un sommeil agité.


Depuis quelque temps, son esprit lui jouait des tours et aujourd’hui, il décida qu’il fallait en finir. En finir avec sa vie ? Pourquoi pas. Dès qu’il se réveillait, Stéphane fumait une cigarette, comme pour se remettre de son calvaire qu’était son somme. Il savait que sa vie se consumait comme cette cigarette du matin, trop vite et trop péniblement. Ce rêve qu’il venait de faire, à la dernière minute, comme un flash, il le faisait depuis deux longues semaines, toujours le même. Comme un film à l’ancienne, qu’on a revu des milliers de fois et dont on se lasse, dont on sait à la seconde près ce qui va se passer, mais dont on ne peut rien y faire.


Les rêves de Stéphane avaient le don de l’énerver, des énigmes à n’en plus finir, sans réponse jamais. Le voici donc, l’objet de ses tourments quotidiens, un simple cauchemar d’enfant, ou peut-être pas.

Il se baignait dans l’eau salée de la mer, se laissait emporter par la joie d’un après-midi d’été, l’eau était délicieusement douce et le soleil le réchauffait. Un sentiment d’intense bien-être l’habitait, mais soudain, quelque chose le tirait au fond de l’eau. Il se débattait, tentait de refaire surface, mais les algues lui ficelaient les chevilles et le tiraient toujours au plus profond des abysses. Il voyait déjà la surface de l’eau s’éloigner de lui, il hurlait mais rien ne sortait de sa bouche, à part des bulles. Les algues ou, quoi d’autres ? continuaient de le tirer. Et c’est alors qu’il apercevait une jeune femme se pencher à la surface de l’eau et essayer de le ramener. Mais c’était déjà trop tard, il était trop loin. Alors la jeune femme lui parlait, mais c’était incompréhensible, Stéphane savait qu’elle lui donnait la clé du problème, comment s’échapper des griffes des fonds marins. Ils essayaient de communiquer, les algues le faisaient souffrir, l’enveloppaient et l’étouffaient mais Stéphane ne comprenait pas l’étrange langage de la jeune femme. C’est quand les algues l’avaient complètement recouvert et englouti que Stéphane se réveillait.


Il ne croyait pas aux rêves prémonitoires, de ceux que l’on interprète avec des codes et qui nous donnent la clé de nos problèmes. Malgré tout, chaque nuit, Stéphane essaye de déchiffrer le langage de la jeune femme et tente de trouver des réponses : Qui est cette femme ? Les algues représentent-elles quelqu’un ?


- Ah foutaise ! Je ne dormirai plus. Se disait-il à chaque réveil.


Il prit son café dans la cuisine et regardait le jardin par la baie vitrée. Le soleil faisait de timides apparitions et un mince filet de lumière éclairait sa tasse.

Stéphane était seul, tellement seul en fait ! Il faisait fuir les femmes comme la peste, peut-être à cause de son manque de maturité, sa tête toujours dans les nuages et ses journées ennuyantes de chômeur.

Par petites gorgées, Stéphane buvait son café, mais même le plus corsé des cafés n’eût pas réussi à le réveiller. Ses yeux restaient fixés sur la poussière qui se baladait nonchalamment dans les rayons du soleil. Il se sentit partir, sa tête était devenue tellement lourde et c’était comme si ses mains étaient parcourues d’une colonie de fourmis. Elles grouillaient sur ses doigts et commençaient à lui ronger les ongles. Stéphane avait beau secouer sa main ou même la passer sous l’eau, rien n'y faisait et le nombre de fourmis croissait. Elles attaquaient la chair, les os. Toujours plus nombreuses, elles lui croquaient le bras. Toujours plus nombreuses, elles lui dévoraient le corps, rentraient à l’intérieur, par les oreilles, les narines, les yeux. Seule la bouche restait sauve et Stéphane s’entendait hurler. Ses paroles, lui-même ne les comprenait pas, elles étaient comme celles de la jeune femme, noyées dans l’eau. Dans un sursaut, il se retrouva par terre, sur le carrelage froid de la cuisine, en position du fœtus.


L’après-midi il avait rendez-vous avec son ami, le seul qui lui restait d’ailleurs. Il l’enviait toujours car il avait la tête sur les épaules, un boulot stable et une famille unie. Stéphane, lui, n’avait plus qu’un frère, perdu on ne sait où dans la campagne espagnole. Il n’avait pas de nouvelles depuis si longtemps ! Arrivé chez Gabriel, Stéphane se sentit mieux. Il savait qu’il pouvait compter sur son ami quand ça n’allait pas. La chambre de Gabriel avait des allures de cabinet de psy et Stéphane le soupçonnait toujours de prendre les gens pour des patients à examiner. Cette attitude l’agaçait et cette impression fut vite vérifiée. Il en avait même oublié que Gabriel était là pour l’aider et fulminait déjà de rage en pensant à ses manières de médecins inspirés qui faisaient des « hum hum » dès que quelqu’un soupirait. Stéphane était persuadé que sa vie ne valait pas la peine d’être étudiée et encore moins d’être remplie de petits secrets enfouis en lui. Pourtant aujourd’hui, il avait décidé par je ne sais quelle pulsion émotive, d’aller demander de l’aide à Gabriel.


- Salut Steph ! Ça faisait longtemps ! Qu’est-ce qui t’amène ?

- Oh rien en particulier… Et Stéphane avait déjà envie de partir.

- A t’entendre, si, il y a quelque chose.


Stéphane prit une profonde inspiration et décida de garder son calme. Il n’était pas près de raconter tout ce qui le tracassait, il trouvait la situation ridicule. D’ailleurs, tout allait bien !


- Non… je pense que je vais te laisser, tout va bien je t’assure.

- Moi je pense que non, à voir ta mine. Si tu veux, tu t’allonges sur ce divan et on en parle je suis sûr que je peux t’aider et…

- Ah non ! Ne commence pas avec tes histoires de divan ! Tu n’es pas psy et je ne suis pas un malade mental, OK ?

- Oh très bien ! Tu t’emportes comme d’habitude. A chaque fois c’est pareil, dès qu’il s’agit de t’aider et d’essayer de pénétrer dans l’esprit de monsieur… Il faudra bien un jour que quelqu’un t’aide, Stéphane, tu vas devenir fou !


Stéphane partit en claquant la porte. Il marchait d’un pas vif dans la rue en tentant d’oublier cette dispute mais la dernière phrase de Gabriel résonnait encore dans sa tête « tu vas devenir fou ! », oui, Stéphane devenait fou, mais il voulait régler ça tout seul.

Des gouttes s’écrasaient sur le crâne de Stéphane, il lui semblait qu’elles formaient de profonds cratères. Une pluie torrentielle se mit soudain à tomber, engorgeant peu à peu les bouches d’égouts. La rue fut vite inondée et déjà les gens se sauvaient en courant. Un vent violent se leva et en emporta quelques uns. Maintenant, une rivière coulait et rugissait de sa puissance entre les immeubles de la ville. Des tourbillons se formaient çà et là, et les éclairs frappaient comme des balles. Stéphane courut se réfugier sur une maison mais ses gestes étaient ralentis par l’eau et par le temps qui ne s’écoulait plus normalement. Il finit par se hisser sur le toit d’un immeuble mais une tornade qui emportait tout sur son passage le poussa dans l’eau boueuse. Stéphane se faisait emporter par le courant qui partait, en avant, en arrière, au ralenti, à une vitesse folle. La pluie s’écrasait sur le crâne de Stéphane à chaque détonation. Des lianes jaillirent soudain de l’eau et l’agrippèrent pour l’enfoncer sous l’eau. Elles le ligotaient et l’étouffaient.

Quand Stéphane se sentit partir, il se retrouva sur un banc, juste en face de l’immeuble de Gabriel. Une petite pluie fine avait mouillé ses vêtements.


Il se leva d’un bond et courut sous la pluie. Stéphane ne savait plus où il en était, son esprit lui jouait des tours, où était la réalité ? Où était le rêve ? Avait-il vraiment eu cette dispute avec Gabriel ? Malgré tous ses efforts pour ne plus rêver, Stéphane s’endormait n’importe où.


Il courait, courait, la pluie lui trempait ses vêtements, son pantalon mouillé à moitié, ses baskets inondées, mais il continuait. Sa rage, son impuissance, son incompréhension devaient disparaître et Stéphane concentrait toute sa haine dans ses jambes. Il ne les contrôlait plus et les laissait le guider.


Arrivé dans une rue sombre, il se reposa un peu. Stéphane n’était pas rassuré dans ce lieu hostile et ténébreux. Des gens aux allures de brigands flânaient mystérieusement dans la ruelle, pendant qu’un cabot squelettique rongeait un cadavre de chat faisandé. L’odeur était très forte et l’ambiance malsaine. Tout être aurait décidé de tourner les talons et de s’enfuir, mais lui, avait décidé de rester. Malgré sa peur, sa tête lui ordonnait d’en savoir un peu plus sur cet endroit et il sentait qu’il pouvait y trouver quelque chose d’utile. La ruelle était pavée et un caniveau en son centre permettait aux eaux usagées de se déverser, le sol glissant par la pluie était jonché de détritus et les poubelles alentours débordaient. Les maisons aux volets fermés et aux murs craquelés et gris semblaient toutes abandonnées. Quelques unes avaient malgré tout la porte ouverte, et des grands-mères au teint grisâtre et au chignon défait guignaient le moindre passant. De leurs yeux écarquillés, elles scrutaient Stéphane sur son passage et observaient le moindre de ses gestes. On aurait dit que le temps s’était arrêté dans cette rue, tout ce qui se mouvait le faisait extrêmement lentement et on eût dit qu’à un seul faux-pas, un des brigands nous sauterait dessus. Stéphane se sentait très mal à l’aise mais ses jambes continuaient de le guider toujours plus profondément dans l’obscurité. La rue était un cul-de-sac et les maisons étaient rapprochées de telle sorte qu’on ne voyait pas le ciel. Ajouté à ce décor miséreux, un silence étrange survolait le lieu et les pas de Stéphane résonnaient sur le pavé humide.

Arrivé au cul-de-sac, une petite boutique fermait la rue. C’était une librairie usée par le temps et la poussière. Sur son enseigne, on pouvait difficilement lire : « Libraire Pertage, La clé est enfermée dans nos pages ». Des vitres cassées servaient de vitrine et la poussière empêchait de voir à l’intérieur. Stéphane nettoya un peu la vitre avec son poing pour lui permettre de voir et y colla son visage. Quelques meubles anciens, des étagères vides et un minuscule comptoir au fond de la pièce grande comme un mouchoir de poche, constituaient la décoration de la librairie.

Stéphane, à son grand étonnement, poussa la porte grinçante de l’échoppe. Une petite cloche retentit et peu de temps après, un homme apparut. Stéphane n’avait jamais été aussi étonné par quelqu’un que celui-ci. L’homme était à la fois risible et inquiétant, sous ses lunettes en demi-lune, se cachaient des yeux d’un gris profond. Son regard était perçant, et on eût dit qu’en un seul coup d’œil, il eût pu connaître vos pensées les plus secrètes. Son corps, anormalement maigre, supportait des jambes squelettiques chaussées de charentaises. Habillé d’un gilet vert canard et d’une chemise à carreaux, l’homme fixait Stéphane avec attention. Son visage ridé ne trahissait aucune émotion mais on pouvait deviner qu’il n’était pas habitué à voir des visiteurs. Stéphane, intimidé par la présence du libraire, ne pouvait décrocher un mot. Le libraire comprit vite la situation et lâcha un « Vous désirez ? » d’une voix nasillarde, faussement aimable.


- Bonjour, euh … je ne … cherche rien en particulier, je pensais trouver quelque chose ici qui pourrait m’aider à …

- Je vois ! Vous ne savez donc pas lire ?

- Si ! si bien sûr mais…

- L’enseigne.

- Ah ? ah oui, je l’ai lue.

- « La clé est enfermée dans nos pages » c’est donc ici que vous trouverez ce que vous cherchez.


Et le libraire tourna les talons et repartit au fond de la pièce. Stéphane voulait lui demander comment trouver la clé, mais l’homme s’était volatilisé. Stéphane avança au fond de la boutique et trouva une petite porte. Il l’ouvrit et découvrit un escalier de pierre qui descendait dans les profondeurs de la librairie. Aucune lumière, aucune rampe qui puisse aider Stéphane dans sa descente. La fraîcheur, l’humidité et l’obscurité de l’escalier étouffaient Stéphane, il lui semblait qu’il empruntait l’escalier depuis une heure. A la fin, il ne savait plus s’il le montait ou le descendait et dans quel but. Enfin, il se cogna à une porte qui s’ouvrit sous son poids.

Il tomba par terre et se releva pour découvrir une pièce immense. Elle était encombrée de rayonnages eux-mêmes remplis de livres de toutes tailles. Les étagères croulaient presque sous le poids des plus gros volumes, reliés de cuir noir, vert ou rouge.


- Comment trouver la clé dans ce bric-à-brac ? s’interrogea Stéphane à haute voix.


Soudain, les étagères précédemment alignées se tournèrent sur elles-mêmes, dans un fracas épouvantable elles se mélangèrent et formèrent un labyrinthe. Stéphane n’en croyait pas ses yeux et pensa tout de suite qu’il se trouvait dans un de ses rêves farfelus, et que bientôt, des lianes l’agripperaient et l’étoufferaient. Mais rien de tel ne se produisit et Stéphane, bien décidé à sortir de cette pièce, s’engagea dans le dédale des rayons. Pendant de longues heures il tenta de retrouver son chemin, de prendre des repères, mais il n’y parvint pas, et découragé, il s’assit. Epuisé, il prit sa tête dans ses mains et se sentit partir. La voix étrange du libraire résonnait dans sa tête, elle répétait sans cesse : « Librairie Pertage. La clé est enfermée dans nos pages », à celle-ci se mêla celle de Gabriel : « Stéphane, tu vas devenir fou ! ». Stéphane avait le vertige et se retrouvait dans cet escalier qui n’en finissait plus, il tombait dans les marches et roulait pour finir sa course contre cette porte. Il l’ouvrit et se retrouva face aux rayonnages. Il s’approcha de l’un d’eux qui avait une étagère cassée et un livre à la couverture rouge, orné de dorures et de petite taille, sortit de lui-même d’un des rayons. Stéphane le prit et l’ouvrit, mais une voix suraiguë hurla et le fit fermer aussitôt le volume. Il courut vers la porte, le livre dans les mains, tenta de l’ouvrir mais elle restait bloquée. Il prit son élan et voulut défoncer la porte. Au lieu de ça, il tomba et resta inerte sur le sol glacé de l’immense pièce.


A son réveil, il était assis au même endroit. Stéphane savait ce qui lui restait à faire : trouver le rayonnage à l’étagère cassée. Mais comment le retrouver ? Le labyrinthe l’empêchait d’aller plus loin. Il choisit une rayonnage au hasard et commença à scruter les livres, peut-être qu’il trouverait le livre rouge rapidement. Tandis qu’il lisait les titres de la tranche des livres, il remarqua que quelques-uns étaient dotés d’une lettre. Un gros volume comportait la lettre L et celui d’à coté la lettre A. Stéphane recula pour observer ce rayonnage et, en combinant chaque lettre, il put lire « Langage des Signes ». Mais que signifiait tout cela ? En quoi cette expression pourrait lui être utile ? Il la répéta à voix haute, et réfléchit à une éventuelle interprétation. Il s’assit de nouveau et essaya de la mettre en rapport avec son rêve. Il n’y parvenait toujours pas. Sa patience avait des limites et elle était maintenant à son comble.

Stéphane sentit le ressentiment, la rage, et l’incompréhension bouillonner en lui.

Il voulait sortir de cette pièce qui le mettait mal à l’aise, un sentiment de claustrophobie l’envahissait et il commençait à manquer d’air. Il héla le libraire pour qu’il lui vienne en aide et celui-ci sortit peu de temps après, d’une étagère proche de Stéphane.


- Vous avez trouvé la clé ?

- Je ne sais plus, je veux sortir, est-ce la réalité ? Suis-je dans un rêve ?

- « Langage des signes » bien trouvé n’est-ce pas ?

- Je n’y comprends plus rien, comment cette expression pourrait m’être utile ?

- Le livre rouge, orné de dorure, où est-il ?

- Comment savez-vous ? Je… l’ai perdu ! Non ?

- Dans votre poche.


Et Stéphane trouva le petit livre dans sa poche droite.


- Ouvrez-le !

- Il va hurler …

- Dites la clé.


Stéphane ne cherchait plus à comprendre, et même si tout cela semblait complètement absurde il obéit au libraire. Il la dit alors et le livre s’ouvrit de lui-même. A l’intérieur, deux phrases seulement : « Rappelle-toi, la mère de la mer parle le langage des ondes, entends-tu Eliane murmurer dans l’eau ? Elle se sert du Langage des signes ».


Quand Stéphane eut fini de lire les derniers mots, il s’évanouit. Il refit alors son rêve de toujours. Il se baignait dans l’eau salée de la mer, se laissait emporter par la joie d’un après-midi d’été, l’eau était délicieusement douce et le soleil le réchauffait. Un sentiment d’intense bien-être l’habitait, mais soudain, quelque chose le tirait au fond de l’eau. Il se débattait, tentait de refaire surface, mais les algues lui ficelaient les chevilles et le tiraient toujours au plus profond des abysses. Il voyait déjà la surface de l’eau s’éloigner de lui, il hurlait mais rien ne sortait de sa bouche, à part des bulles. Les algues ou, quoi d’autres ? continuaient de le tirer. Et c’est alors qu’il apercevait une jeune femme se pencher à la surface de l’eau et essayer de le ramener. Mais c’était déjà trop tard, il était trop loin. Alors la jeune femme lui parlait, mais c’était incompréhensible, Stéphane savait qu’elle lui donnait la clé du problème, comment s’échapper des griffes des fonds marins. La jeune femme se servit soudain de ses mains et parla avec. Ils essayaient de communiquer, les algues le faisaient souffrir, l’enveloppaient et l’étouffaient mais Stéphane ne comprenait pas le langage des signes. Il hurla son prénom, Eliane. C’est quand les lianes l’avaient complètement recouvert et englouti que Stéphane se réveilla. Il se trouvait dans son lit, chez lui, le petit livre rouge serré dans sa main.


Stéphane sortit une cigarette et comme celle-ci, sa vie se consumait trop vite mais il avait compris. Il ouvrit le tiroir de sa table de nuit et prit la lettre.


Mon chéri,


Si tu lis cette lettre c’est que je ne suis plus de ce monde.

Ma maladie m’empêchera de te dire combien je t’aime.

Apprends ma langue des gestes, et tu comprendras ce que j’ai voulu te dire le jour de ma mort.

Un jour sûrement nous nous reverrons et alors tu sauras.


Ta Maman,


Eliane.


 
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   Gatolopez   
25/5/2007
J'ai bien aimé le style de la nouvelle. L'histoire est très bien aussi, enfin, ce que j'en ai compris est fanchement bien. Par contre, j'ai du mal avec la fin, je ne comprends pas le sens. Peut-être faut-il connaitre le langage des signes?

   Ninjavert   
27/5/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Le thème des rêves est un sujet bancal, et très glissant pour un auteur, quel que soit son média.
Sans sombrer dans une analyse Freudienne de type chiant, il faut mêler habilement absurde et cohérence, fantastique et banal, mystère et logique, bref, le rendre onirique sans le rendre abhérant.

Je trouve que c'est plutôt réussi. L'histoire est bizarre, surréaliste, mais conserve tout le temps une certaine logique qui fait qu'on est jamais totalement perdu. Les différents rêves sont bien décrits (les avez vous réellement faits ?) et on sent que c'est le genre de situation qui peut être vécue pendant son sommeil... La fin est un peu brutale, un peu abrupte, mais c'est souvent le cas d'un rêve et ça ne m'a pas choqué.

Je suis un peu plus réservé sur le style, qui contient pas mal de maladresses. Le prénom du héros est répété trop souvent, l'usage de pronoms pourrait alléger la narration, surtout quand Stéphane est tout seul.
Certaines formules sont un peu confuses, il y a quelques répétitions et lourdeurs. Néanmoins, on se laisse porter par le récit avec plaisir, jusqu'au bout.

Soignez un peu la forme, devrait sublimer le fond !

Ninjavert

   Ten   
2/6/2007
 a aimé ce texte 
Un peu
Honnêtement, j'ai eu un peu de mal à accrocher. Le thème est pourtant plutôt bien choisi, les descriptions bien menées et certaines phrases bien imaginées. Mais la répétition prolongée des prénoms reste maladroite, tout comme l'utilisation du temps qui parfois coince avec le reste du récit.

Mis à part ces détails (je dis détails car il est relativement facile de remédier à ces petits problèmes), j'ai trouvé Stéphane un peu exagéré, il n'y a pas de nuances dans le personnage, ni dans celui du libraire par exemple, qui m'a semblé vraiment caricatural.
J'ai eu l'impression que le récit se transformait carrément en conte surtout avec le thème de la clef, auquel je n'ai pas trouvé de réelle originalité. Il était évident que le héros trouve la solution à son rêve dans la librairie, il n'y a pas eu de surprise. Les éléments s'enchaînent vite et le héros comprend à mon goût trop rapidement le dénouement.

La fin est mieux trouvée, un peu abrupte, certes, mais l'idée de mettre en place une chute par la lettre est plutôt bien imaginée. Quant à sa signification, je pense qu'elle nous permet d'imaginer plusieurs éventualités, et qu'il ne faut pas forcément chercher un sens concret au texte.

En remaniant un peu le récit, vous pouvez arriver à quelque chose de très bien.

   Apho_Goth   
24/6/2007
C'est vraiment bien imaginer. Les rêves, peut-être la seule chose qui nous permette vraiment de quitter se monde un peu trop compliqué.
La fin est vraiment triste je trouve, j'ai ressenti une grande émotion à parcourant ces dernières lignes. Peut-être trop abrupte, mais je ne critiquerai pas, je ne suis pas assez expert en écriture pour ça.
J'ai vraiment aimé en tout cas...

   Maëlle   
8/7/2007
J'ai décroché en cours de route, aprés avoir résisté: j'avais réellement envie de savoir la suite. Mais...
Il y a un problème de gestion des temps (de la narration) dans le texte, plus quelques boucles inutiles (certaines choses sont répétés deux ou trois fois).

Donc:
- Réviser les régles d'application passé simple/imparfait. Franchment, moi j'aurais dit "il bu son café".
- relire.
- relire.

Parce que franchement, j'aurais bien aimé rester dans ce texte. Vraiment.


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