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Brèves littéraires
IZARRA : Fête à rabais
 Publié le 28/08/26  -  5 commentaires  -  2742 caractères  -  54 lectures    Autres textes du même auteur

Je pénètre sous les ombres des néons forains.


Fête à rabais


Jour de fête foraine au mois de mars.


Pluie glaciale.


Je me dirige vers l’entrée de ces réjouissances : une sorte de fossé jonché de détritus et dégageant de fortes odeurs d’urine. J’emprunte cette allée sinistre flanquée d’effigies clownesques géantes.


Des têtes de Mickey, de Donald, de Gugusse.


Toutes blafardes.


Rendues méchantes grâce aux peintures écaillées. Leurs joues ruisselantes de rouille et de crasse visqueuse donnent une saveur aigre à leur sourire ambigu.


Carnaval de gargantuesques cadavres.


Accueil effrayant.


Des cerbères, gardiens de « machines d’amusement » et autres « animateurs de jeux » musculeux aux bras tatoués et aux mines patibulaires me fixent avec malveillance depuis leur guérite. Atmosphère lourde. Sensation d’insécurité. Je me sens comme une proie en terre ennemie.


Des pleurs stridents d’enfants sortent d’un manège de chevaux aux regards morts. Tout grince dans la machinerie du carrousel et la musique qu’on y entend est glauque. De temps à autre un fracas de ferraille couvre les sanglots de terreur des bambins. Le divertissement en question est en fait un immonde dôme fait de bric et de broc, un amas de tôles de récupération, tordues, percées, bariolées, mal ajustées et dont certaines, déchirées, coupantes, dépassent dangereusement ici et là. Sur le sol (des planches moisies ponctuées de gros boulons), des traces de cambouis et de restes de vomis incrustés… Tout ce fatras est imbibé d’une odeur d’huile brûlée émanant du moteur mal réglé.


Là coulent les larmes des innocents au rythme des tours de folie !


Payés cash à un prix prohibitif.


Je poursuis mon initiation dans cette ambiance crépusculaire. Plus loin l’attraction phare : les autos-tamponneuses.


En m’approchant de ce lieu de récréation légendaire je croise une adolescente en pleurs saignant du nez, blessée au visage. Non loin d’elle, un jeune homme avec un horrible hématome sur le front, la lèvre inférieure enflée, titube, ivre mort, l’air hagard.


Immédiatement je suis happé par le spectacle des engins qui s’entrechoquent. Le décor est criard, vulgaire, crapuleux. Et, comme toujours dans son antre, le patron à l’allure de mafieux veille à l’entrée de l’argent, l’œil mauvais, le mot déplaisant, le geste menaçant. Vite, je passe mon chemin !


Pressé de sortir de cette foire foireuse, je suis harponné par le train fantôme : le rabatteur au déguisement sordide me propose carrément l’achat d’un ticket sous peine d’un passage à tabac… Cette fois c’en est trop, je fuis ! Avec lâcheté ou courage, je n’en sais rien.


Derrière moi, les néons lugubres s’évanouissent peu à peu dans la brume et je rentre dans mon foyer retrouver mes rêves paisibles d’aubes légères et d’eau pure.


 
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   Corto   
28/8/2026
Diable Izarra, vous fréquentez des lieux sordides.
Vous dirai-je que c'est par sympathie pour votre pseudo que je suis entré dans cet univers ? Izarra m'a longtemps séduit mais c'était un autre monde...

Votre nouvelle qui se veut la plus glauque possible tend à convaincre que dans les fêtes foraines il faut choisir où l'on met les pieds, ce qui est réel depuis longtemps. Idem pour les cirques forains.

Ceci dit il y a un peu trop de systématisme ici pour trouver intérêt ou plaisir à la lecture.

J'ai lu et je me suis éloigné...

Une autre fois peut-être ?

   VanEger   
8/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Le plus gros défaut de cette proposition est qu'elle relève plus de l'exercice de style que de la nouvelle. Il n'y a aucun récit, aucune narration.
On ne lit qu'un catalogue d'images censées provoquer un malaise, du dégoût... quoi d'autre ? Pas grand-chose, en fait.
Quel était le but ? Quel était le projet ?
Il ne me vient qu'un mot à l'esprit pour qualifier ce texte qui est peut-être expérimental : gratuit.
Naturellement on pourrait plaider la gratuité de l'art pour l'art. Mais ici on en est quand même très loin.

   Djabba   
1/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Très ambigu ce texte, presque malsain dans sa façon de dépeindre le monde des forains. De toute évidence vous ne les aimez pas, au point qu’en ces lieux vous ressentez « une sensation d’insécurité ». Des mots dans l’air du temps qui résonnent désagréablement à mes oreilles tant ils renvoient à une forme d’exclusion. J’ai un tout autre regard, moi dont le meilleur ami à l’adolescence était issu du cercle gitan/forain.
Trop de sous-entendus et de sentiments négatifs dans vos lignes pour que j’y adhère. Par ailleurs je trouve votre style tout juste convenable.

   Pussicat   
3/9/2026
J'aurais compris votre nouvelle, son thème horrifique, si elle s'inscrivait dans un cauchemar avec, pour fin, un réveil salutaire du personnage qui revient à la réalité, douce réalité. Or, c'est bien d'une visite dans une fête foraine qu'il s'agit, une visite qui se fait seul : le personnage n'est pas accompagné, une visite qui n'est pas loin de mal se terminer, pour sa vie même : "me propose carrément l’achat d’un ticket sous peine d’un passage à tabac… ", c'est horrible ! et ce qui m'empêche d'adhérer à cette fête foraine, même au rabais, c'est sa description et son vocabulaire choisi pour être les plus dégueulasses possible, aussi bien visuellement que moralement ; rien n'est à sauver dans cette fête, ni les attractions ni ceux qui les animent. C'est violent et je n'arrive pas à saisir l'intention.

A bientôt de vous lire,

Edition : je me pose la question de savoir si l'intention n'était pas de choquer le lecteur, provoquer des réactions de rejet.

   Martin_Socta   
15/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Impressionante maitrise de l'atmosphère, phrases percutantes et surtout langue trè compréhensible. Bravo.


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