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Fantastique/Merveilleux
Lariviere : Fragments de rêve : Falaise
 Publié le 10/02/08  -  17 commentaires  -  4521 caractères  -  107 lectures    Autres textes du même auteur

Fragments de rêve.


Fragments de rêve : Falaise


Rêve du 18 mars… Falaise.


Il y a une falaise creusée par la mer.


C’est une falaise vertigineuse, abrupte, taillée dans de la craie foncée ou des fragments de roc… Côte du Finistère en référence ?... Gracq ?...

La modélisation scénique, les détails panoramiques, le sel de l’allégorie y ressemblent en effet… Odeur moelleuse et fouettée… Le large.


Au-dessus, il y a peut-être des mouettes… Elles ouvrent des routes en points d’interrogation… Passent dans le ciel comme des escadrilles lancinantes, labourant celui-ci dans des circonflexes criards…

Il y a certainement le vent qui siffle et qui s’insinue, vibrant dans mes oreilles…

Dans ce cas, car je ne suis pas sûr de la complète véracité de ces dépôts post-songes, au départ… il fait jour…

Disons un crépuscule… Peut-être même l’aurore… Là, il y a peut-être quelque chose d’étrange, qui bouleverse le déroulement logique d’une journée. Disons que les éléments du jour et de la nuit me semblent tourner mécaniquement à l’envers…

Voilà comme les décors dans leurs machineries oniriques complexes s’assemblent dans mon esprit : Aurore immaculée. Puis, nuit noire… Nuit d’encre impossible à diluer. Ténèbres… Dans une liberté laissée par les songes où le cycle naturel irait à rebours, inversé, où le soleil ferait machine arrière et où l’aurore au lieu de s’ouvrir sur le jour, accoucherait de la nuit…


La mer est belle… Elle est verte, incroyablement verte, brillante dans les pointes de ses vagues comme une bouteille de verre pilé. Des reflets sombres sont pourtant déjà prévisibles dans son écume. On les aperçoit distinctement aux creux des triangles mousseux. Ça claque… Ça gronde… Ça explose en gerbes, comme des feux de Bengale aqueux. La tempête qui fait rage… Elle ne se lève pas, à l’instant (mais de quel instant parle-t-on ?), elle a toujours été présente…


La falaise. Je suis accroché aux parois. Peu rassuré. J’avance doucement. Comme le premier de cordée sur quelque chose… quelque chose de perpétuel, de rugueux, d’instable et de tranchant…

À chaque pas, je peux glisser, la falaise peut s’effriter, la chute, le rêve, la mer, moi, le reste… Je ne sais pas si je descends ou si je monte… Une diagonale imperceptible à l’œil nu est en train de se tracer… Il fait nuit.


Chaque vague qui frappe vient cogner dans ma conscience avec fracas et manque de me projeter dans la mer démontée. J’ai une lanterne, ou peut-être, par moment, simplement une lumière naturelle, une aura presque moite qui distribue de façon concentrique son halo blafard, un halo jaune, très faible, presque mourant, fatigué, proche de l’agonie…

Puis, la lanterne, comme une certitude tenue dans ma main, revient… réapparait « clairement ».

Cette lanterne est une lanterne de confection conventionnelle, comme on peut en voir classiquement aux quatre coins du monde. Universelle. Standard. Aucune fantaisie. Pas d’excentricité dans cette perception…

L’usage de ces lanternes est en désuétude aujourd’hui. On en trouve pourtant encore de la sorte, en campagne, surplombant parfois l’entrée des maisons isolées.

Le cadre sombre est en fer forgé ou en quelconque alliage métallique. La forme est rectangulaire. Les côtés les plus longs constituent la hauteur. Des carreaux de verres légèrement opaques remplissent les différents reliefs géométriques sur la verticale. Le fond est en métal. À l’intérieur : une bougie…

Avec sa coulée de cire blanche, enfle et pâteuse qui déborde. Dégoulinante, retombant, lourde, comme la langue œdématiée et inerte d’un bœuf sur la base encore ferme et élancée de la bougie. Celle-ci est-elle à moitié consumée ? (Non… Peut-être… Je n’en suis pas sûr…).

Quelle importance ?... En réalité, une importance cruciale… Une poignée, très fine, elle aussi métallique, mais d’aspect plus orangé, peut-être de cuivre, me permet de tenir l’ensemble.

Je n’ai donc qu’une main de véritablement libre, ce qui n’arrange rien à ma situation d’alpiniste…

La lanterne se promène au gré de mes mouvements périlleux. Fouille la nuit au-dessus des flots qui paraissent de plus en plus vindicatifs. Elle teinte ou plutôt décolore la falaise, mon visage, le vide au-dessous de moi, mes mains, les quelques cercles épars et agités de mosaïques aquatiques aperçus en contrebas, d’un pigment froid, miasmatique, anémié, qui donne à l’ensemble une étrange solennité spectrale de fin de règne…

Qu’y a-t-il d’autre ?... Je ne sais pas. J’ai l’impression qu’il n’y a rien…

Le vent. La mer. La falaise…


Suis-je seul ?...


 
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   clementine   
10/2/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Raconter, dire le rêve, c'est toujours difficile, les choses et les personnages glissent, s'échangent, se transforment, mutent, disparaissent.
J'ai adoré lire ce texte qui pourtant ne contient ni chute, ni véritable fin, un peu comme le rêve d'ailleurs.
L'écriture est fluide, simple, très agréable, la description précise, on sent les embruns et on a la vision de cet océan sombre, profond, menacant sous nos pieds.
Pour un peu, c'est nous qui tenons la lanterne!
Bravo et merci.

   Anonyme   
10/2/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
HERMES me conseille d'attaquer en PLAGIAT ? (MdR : j'ai fait un theme similaire et cela commence par les quelques mots identiques)

Non sérieusement : belle description et grand moment de réflexion. La lanterne est élément intéressant dans la narration et prétexte à des digressions sur le thème principal : vraiment bien !

   strega   
10/2/2008
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Larivière je... je... je ne sais quoi écrire. J'ai comme l'impression de devoir faire un commentaire sur mes propres écrits. (d'une manière générale bien entendu car je suis loin d'avoir ton talent).

C'est tellement... Ces points de suspension qui ne sont pas systématiques mais au combien éloquents. Cette parfaite manière d'avancer un propos, pour dire la phrase suivante son opposé. Tu nous fais suivre avec merveille, non seulement ta péripétie de l'instant, mais aussi ta progression, ta réfléxion plutôt.

Tout ça dans un minimalisme incroyable, sans être hermétique pour autant.

J'apprécie au plus haut point ta façon d'annoncer l'action à venir. C'est à dire tu nomme l'objet surt lequel porte l'action, et c'est tout, avant de reprendre une autre phrase explicative. Ce n'est pas clair du tout?
"La falaise. Je suis accroché aux parois.", et ce n'est qu'un exemple.

Et la première phrase, mon dieu la première phrase. J'étais Monsieur Bloom dans le cimetierre de Joyce... Pas moins.

Larivière très grand bravo, je regrette tellement que cette nouvelle ne soit pas un roman de mille pages...

   nico84   
11/2/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
La véritable chute se fait de haut en bas de la falaise ...

J'aime aussi tes éloignements littéraires par rapport à la trame de ta nouvelle, ces égarements qui souvent son superflus dans le fond (avancée de l'histoire) mais tellement essentiels dans le forme et dans nos têtes.

Je crois que c'est aussi pour ca que j'adore ton écriture, grand bravo !

   marogne   
11/2/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Après les commentaires précédents, je ne sais si je vais oser écrire que j'ai eu du mal. Je trouve que le vocabulaire va du "clinique" (modélisation, oedématié, ...) au plus poétique. J'étais parti pour suivre les dédales d'un rève, attendant un aperçu suréaliste, et je n'ai pas accroché, trouvant plutôt un exercice de style (et pourquoi citer Gracq?) au lieu d'une envolée au dessus de la falaise.

j'aime bien néanmoins l'idée d'un texte sans histoire, simplement le plaisir de la musique des mots (c'est peut être pour celà que les quelques, rares, fausses notes m'ont perturbé).

Et puis crépuscule et aurore, c'est presque la même chose, et ça ne change pas le cours du temps (crépuscule du matin bien entendu, pas très loin de l'aube).

   calouet   
11/2/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Délicat à commenter, à évaluer... arriver à retranscrire l'impression unique de certains rêves est une gageure, et je ne saurais te dire si tu t'en es bien tiré, puisque toi seul le sais. Sur une base purement littéraire, j'ai aimé, même si parfois il faut s'accrocher (elle est bonne hein? non...), ce qui est normal pour un texte onirique... D'une manière général, ton écriture me plaît toujours, m'impressionne souvent. Ca me suffit à revenir te lire. C'est tout ce qui compte, non?

Ah si, je confirme, la première phrase : bravo.

   studyvox   
13/2/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il ne se passe rien, mais il y a une atmosphère insolite et des évocations à la manière de Julien Gracq.
D'ailleurs, je pense que la citation du début n'est pas anodine!
Aldo, dans le rivage des Syrtes, évoque des impressions sur une falaise, qui sont écrites dans un style qui se rapproche de celui de ce texte.
Ce rêve est comme un hommage à Julien Gracq, que j'ai apprécié dans ses cours d'histoire et de géographie, au lycée Claude Bernard, et qui nous a quitté au mois de décembr 2007.

   Anonyme   
17/2/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Tes textes ont une agréable tendance à "rendre fou"...

Tu dis que ma prose est hermétique?
Laisse moi greffer une gidouille sur ma gorge déployée!

"L'endroit sur la falaise" à côté est d'une flagrante limpidité...

Bon il semblerait qu'à la fin tu te casses la gueule?
Enfin que tu t'abandonnes aux dogmes de la gravitation
plutôt, merdre un peu de tenue!

Bref, tu sais que ce genre d'écriture titille mon cervelet
d'échardes de bien être et je ne saurai trop te pousser
à obscurcir cet hermétisme de quelques virgules de mica et
autres points de négation...

   Cassanda   
17/2/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime cette description, ce rêve, malgré la sourde inquiétude qu'on y sent. J'aime la manière dont tu décris les choses avec des mots qui parfois surprennent, mais font naître un monde bien à toi.
Et j'ai l'impression de plonger dans ce rêve à mesure que je le lis et le relis... alors je n'ai qu'une chose à dire : bravo !

   widjet   
22/2/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Etrange...Opaque...Hypnotique...Sensorielle....Bref, ardu à commenter avec des mots concrets ! :-))
La qualité de l'écriture est indéniable (comme toujours) et ces approximations volontaires (et même indispensables), cette ponctuation riche de sens m'ont beaucoup plu, donnant à ce songe son caractère vaporeux, impalpable.

Bref, une nouvelle à ne pas éviter car elle nous fait léviter..:-)

Widjet

   james   
23/2/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte qui a un lien certain avec les fragments du crépuscule. Une écriture onirique un peu désarticulée. Des comparaisons un peu surprenantes la pointe des vagues comme une bouteille de verre pilé Bon je veux bien mais...La lanterne oui mais quelle insistance. Attiré par des commentaires élogieux je suis déçu par ce texte alembiqué.

   Mimi-Crazy   
26/2/2008
J'ai beaucoup aimé la première partie mais j'ai moins accroché sur la lanterne..
J'aime bien la fin Question sans réponse, c'est génial
Un avis de débutante

   Anonyme   
26/3/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Traduire un rêve en mots n'est jamais une chose facile. L'auteur s'y emploie de façon un peu hermétique (mais les rêves le sont presque toujours !).

J'ai eu l'impression de visiter quelque chose d'impalpable, d'évanescent, tellement le langage passait au-dessus des vagues sans jamais nous les faire toucher du doigt.

Si je n'ai pas accroché à cette évocation (hormis la musique des mots), je me suis quand même agrippé à la falaise...

   xuanvincent   
10/6/2008
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé la narration de ce rêve. Etonnamment détaillé, notamment le paysage de la falaise et l'ascension du rêveur sur cette falaise.

Le récit m'a paru bien écrit, j'ai apprécié de le lire.

Le rêve, aussi étonnant soit-il, comporte toutefois une contrainte. Si l'on s'en tient (assez) fidèlement, on ne peut laisser contrairement à la nouvelle ou au conte libre cours à son imagination. En dépit de cette contrainte, Larivière a su rendre intéressant son rêve pour le lecteur. Bravo !

   colibam   
10/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Les rêves, débarassés de leur habit symbolique, sont des écrins d'inventivité, des fragments poétiques dans l'encre desquels toute plume aime à se plonger.
Le saugrenu côtoie les associations improbables dans un décors flouté que l'inconscient se chargera peut-être d'éclaircir.

J'ai bien aimé l'odeur moelleuse, les mouettes qui ouvrent des routes en points d'interrogation, la lanterne qui brille dans une tempête d'émotions contradictoires comme un point d'ancrage sur un chemin solitaire et sans saveur.

   Anonyme   
1/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien
 Estelle2L   
Ben oui mais bon, juste après Vie Binaire, je suis un peu déboussollée, alors j'arrive pas... je n'accroche pas... alors si tu veux bien, je relis, je repasse la tête un peu plus vide et je te fais un commentaire qui tient vraiment la route...deal?

Comme ça à chaud j'aurais mis un bien, pour les expressions que je trouve très jolies à l'image de l'odeur moelleuse et fouettée... mais je m'arrête là, je note et argumente plus tard... besoin d'une cloppe et d'un café, si tu vois ce que je veux dire... ;-)

   jfmoods   
4/8/2017
Les fragments de rêve sont les pendants des fragments du crépuscule. À la poésie engagée, consciente des enjeux de l'époque, répond la prose fuyante de l'inconscient débroussaillé.

Raconter un rêve dans le détail consiste généralement à vider la mer avec une petite cuillère. C'est comme un film intérieur que les profondeurs de l'inconscient viennent de tourner ("La modélisation scénique, les détails panoramiques") et dont l'acteur principal tente de décrypter la signification secrète. Par un jeu filé de modalisateurs de doute et de certitude (adverbes : "peut-être", "certainement", verbes : "ressemblent", "semblent", expression : "je n'en suis pas sûr"), le locuteur manifeste cette difficulté qui est la sienne à rendre compte d'une expérience intime que l'éveil a immanquablement dénaturé (démonstratifs : "ces dépôts post-songes") par le débondement, l'inévitable mécanique du comblement analytique (" Côte du Finistère en référence ?... Gracq ?... ").

Mais penchons-nous plutôt sur le rêve lui-même. Le cadre spatio-temporel, clairement établi, inscrit le texte dans une dimension fantastique (présentatif : "C’est une falaise vertigineuse, abrupte, taillée dans de la craie foncée", "Je suis accroché aux parois", "il fait jour") qu'approfondit le développement narratif. Le temps recule au lieu d'avancer ("Aurore immaculée. Puis, nuit noire… Nuit d’encre impossible à diluer. Ténèbres… Dans une liberté laissée par les songes où le cycle naturel irait à rebours, inversé, où le soleil ferait machine arrière et où l’aurore au lieu de s’ouvrir sur le jour, accoucherait de la nuit…") et le locuteur ignore le sens de sa progression le long de la falaise ("Je ne sais pas si je descends ou si je monte…"). Tous les repères logiques sont ainsi brouillés, faussés, dilapidés.

Les éléments du décor se présentent comme autant de signes inquiétants. Ainsi ce vent, mis en scène dans une personnification douloureuse ("siffle et... s’insinue, vibrant dans mes oreilles"). Ainsi ces mouettes, semblables à des avions de chasse en formation ("Passent dans le ciel comme des escadrilles lancinantes, labourant celui-ci dans des circonflexes criards"). Ainsi cette mer dont le locuteur anticipe le passage du vert au noir ("Des reflets sombres sont pourtant déjà prévisibles dans son écume") et met en exergue la menace grandissante (gradation : "Ça claque… Ça gronde… Ça explose en gerbes", oxymore :"feux de Bengale aqueux", personnification : "Chaque vague qui frappe vient cogner dans ma conscience avec fracas et manque de me projeter dans la mer démontée.", comparatif : "des flots qui paraissent de plus en plus vindicatifs"). Ainsi cette tempête, prodigieuse, sans commencement ni fin ("Elle ne se lève pas, à l’instant (mais de quel instant parle-t-on ?), elle a toujours été présente"). Ainsi cette falaise, offrant peu de perspectives de survie (modalisation et énumération : "À chaque pas, je peux glisser, la falaise peut s’effriter, la chute, le rêve, la mer, moi, le reste"). L'événement relaté ici prend donc sans conteste, dans toutes ses strates, l'aspect d'un cauchemar.

Cependant, la profondeur du texte ne s'arrête pas à ce premier niveau d'appréhension. Elle se creuse, au contraire, en un point de fixation qui impose inexorablement au lecteur une vérité souterraine. Cette lanterne, que le locuteur décrit par le menu, dont la présence occupe plus d'un tiers du récit, semble bien constituer l'élément central d'une réflexion ("Celle-ci est-elle à moitié consumée ?... Quelle importance ?... En réalité, une importance cruciale…"). Vectrice essentielle de la relation que le locuteur entretient avec le monde qui l'entoure, elle échoue à en appréhender les contours précis, en aggravant, bien au contraire, jusqu'au vertige abyssal, la perception ("une aura presque moite qui distribue de façon concentrique son halo blafard, un halo jaune, très faible, presque mourant, fatigué, proche de l’agonie…", "Elle teinte ou plutôt décolore la falaise, mon visage, le vide au-dessous de moi, mes mains, les quelques cercles épars et agités de mosaïques aquatiques aperçus en contrebas, d’un pigment froid, miasmatique, anémié, qui donne à l’ensemble une étrange solennité spectrale de fin de règne…").

En vérité, la lanterne est un peu ici à l'image d'une conscience, jadis légère, rayonnante, capable de se projeter sur le monde, d'en relever haut la main les défis les plus exigeants (images d'un combat métaphorique : "Le vent. La mer. La falaise…"), à présent déboussolée, empesée, moribonde, condamnée à errer, à s'enferrer, à moyen terme, dans l'obscurité d'une quête introuvable du sens de la vie. La question finale, fermée ("Suis-je seul ?..."), qui fait écho à une conjecture posée plus haut ("Comme le premier de cordée"), ouvre alors la perspective espérée d'un étai.

Merci pour ce partage !


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