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Sentimental/Romanesque
Louis : Enfances
 Publié le 29/05/15  -  10 commentaires  -  9783 caractères  -  130 lectures    Autres textes du même auteur

Lorsque les enfants jouent.


Enfances


Coline court sur l’herbe fraîche au bord de l’eau, Sandrine la suit et Mathilde crie. Bernard est essoufflé. Quelques gouttes de sueur perlent sur sa peau ; une peau noire, et un sourire permanent tout blanc.

Ils courent, joyeux, le long des rives du lac.


Ils se sont allongés sur le sol, grande flaque de vert. Bleuté du ciel dans leur regard. Leurs yeux se perdent au firmament, en voyage sur les longues traînées blanches des nuages.

Le silence dans les nuées, quelques rires sur la terre, une concentration dans les pensées, et Coline s’étonne :


– Pourquoi la nuit est noire ? Maintenant, tout est bleu dans le ciel, c’est plein de lumière, et tout à l’heure, quand le soleil sera couché, tout sera sombre, rien ne sera plus clair, on ne verra plus rien, mais pourquoi elle est noire, la nuit ?

– Elle pourrait être verte, la nuit, toute verte, une nuit vert émeraude, crie Sandrine.


Vert émeraude est la nuit. Striée de faisceaux orangés, la nuit vibrante, la nuit sonnante, en mélodie douce chantante, la nuit dérangée, à l’envers, dans l’outre vert polychrome où se profilent des montagnes aux cimes enneigées vert bronze, des mondes étrangers, châteaux de mousseline aux tours élevées, un univers nébuleux où volent, luisants, des univers tout verts. Vert émeraude, ainsi brille la nuit.


– Oui, oui, un feu vert pour les songes, ajoute Sandrine, et du marbre pour sculpter tous les rêves.

– Elle pourrait être rouge, la nuit, toute rouge, s’écrie Mathilde vivement.


Rouge nuit, sang de lune. Sève des astres, sanguine. Sève nourricière de la nuit, nuit coquelicot immense éclos, penché au bout d’une tige longue, courbée, aux racines plantées dans les profondeurs des zones ciel d’ébène. Ses pétales fanent au matin, tombent là-haut, coquelicot, dans les nuées, là-haut, tout contre l’horizon. Des pétales ondoient sur la mer, tissus fragiles et pourpres, couleur des vagues. Rouge est la nuit.


– Et les étoiles, ajoute Mathilde, seraient rouges aussi, elles seraient des coccinelles qui grignotent les pans de ciel.

– Il y a des nuits blanches, crie Bernard en souriant. Mais moi, je préfère les nuits dorées.


D’or la nuit. Adorée. La nuit décorée, voilée d’oripeaux à l’étoffe délicate, brodée d’étoiles, de boutons de nacre qui ouvrent, de satin rose, sur le fond des choses, en sommeil. Dorée, la nuit. Ambrée. Vermeille.


Coline s’est levée, tous l’ont suivie. Ils courent, ils crient, le long du lac. Ils chantent le long du lac :

Tant que la vie durera,

Mariette, Mariette,

Tant que la vie durera,

Mariette dansera.

Tant que la vie durera… Ils cabriolent, sautillent, ils dansent la farandole, le long du lac, ils dansent. Mariette, Mariette… les yeux brillent, les pieds sont en joie, légers, légers… tant que la vie durera… ils aperçoivent une dame sur les eaux du lac… Mariette, Mariette… une dame vêtue de mer… Mariette dansera… une dame à la robe claire… Tant que la vie durera… Ils cabriolent, sautillent, ils dansent… Mariette dansera.


Sandrine tout à coup immobile. Sandrine ne danse plus. La main sur la bouche, les yeux à terre. Sandrine, fascinée. Les autres la rejoignent, l’ont entourée. Sur le sol, inerte, un petit animal. Un peu de sang, vert. Une traînée mordorée. Tristement, Sandrine s’écrie : « Elle ne court plus dans l’herbe, elle ne sera plus escargot tout chaud, ces messieurs n’ont plus rien à dire, elle est morte. »

Ils sont repartis sans courir, sans danser, ils sont repartis sans chanter.


– Pourquoi il y a la nuit, pourquoi il y a le noir, pourquoi il y a le soir ? crie Coline.

– Il pourrait n’y avoir que des matins, réplique Sandrine.


Matins perpétuels, lendemains de chaque matin, aubes continuelles. Aurores. Matins bleus sereins. Des printemps, seulement des printemps. Commencements sans fin. Douceurs, si douces heures, aux frondaisons du ciel.


– Il pourrait n’y avoir que des midis, s’exclame Mathilde.


Midi, heure sans ombre. Heure sans peine, sans pénombre. Dans l’éclat de lumière où se noient toutes les couleurs, toutes les heures. Solstice du jour. Inondation de lumière. Éblouissement. Aveuglement. Midi toute lueur.


– Il pourrait n’y avoir que des après-midi, sourit Bernard.


Après-midi sans fin des récréations, des goûters quand l’on déguste chaque instant, chaque moment, chaque éternité. Saveurs de lumière, arômes des couleurs irisées par la vie exaltée. Vie chocolat à la crème du jour, avec nectar rouge framboise, vert menthe à l’eau, fruits dorés.


Au bord du lac, leurs pas guillerets retrouvent des ailes. Ils sautent, ils chevauchent le vent, ils s’élèvent au-dessus du sol par petits bonds répétés, s’élèvent un peu au-dessus de tout, juste un peu au-dessus de la vie. Ils se cachent au monde de brefs instants, sous les saules pleureurs, en riant. Ils gloussent, ils piaillent sur les chemins.


« Dzweeeee. Dzweee ». Un verdier s’est envolé. « Chip-chip », vert-linette. « Dzweee. Dzweee ». S’est envolé. A la volette. « Tsooeet ». Devant les enfants, devant Sandrine amusée. « Chip-chip ».

Un rouge-gorge s’est envolé. « Tui-tui », coloré. Rubiette jolie s’est envolée. A la volette. S’est envolée devant les enfants, devant Mathilde amusée.

Au-dessus du lac une oie au plumage d’or. Elle s’est envolée. Caquetant, criaillant, sifflant. Bernard l’a vue, Bernard l’a entendue, amusé.


Ils jouent toujours à vivre. Au bord du lac rieur. Ils jouent l’existence. Au bord du lac couleur. Ils courent, sautent, chutent. Ils se relèvent, ils courent, ils tombent.

Ils s’aventurent hors des chemins tout tracés. S’inventent des voies, des routes imaginaires, au milieu des herbes, des arbres, entre les lignes zigzagantes du vol des papillons, les lignes obliques de l’envol des oiseaux, entre la direction du vent et l’orientation de toute lumière.

Ils foulent les champs, rouges, ardents ; les aires dorées, sémillants et gais ; les terres vertes, légers, alertes. Fuient les massifs d’ombre, toute noirceur, toute trace enténébrée. Sans jamais quitter les rives du lac. Sans s’éloigner du bain de couleurs. Ils se donnent à l’air, à toute heure du jour, au jaillissement des instants denses de réalités enjouées.


– On joue au ni oui ni non, déclare Coline. Faut pas dire oui, faut pas dire non, sinon c’est perdu.

– D’accord. D’accord. D’accord.

– Sandrine, tu sais ce qu’il y a derrière l’horizon, toi ?

– Je sais pas. J’ai voulu le toucher, j’ai voulu le traverser, mais c’est trop loin l’horizon, et plus on avance, plus il recule.

– Derrière l’horizon, lance Mathilde, il doit y avoir une armée de dragons qui mangent la lumière, ils brûlent le ciel bleu qui tombe en cendres, et ça fait la nuit toute noire.

– Moi, je suis pas allé voir, dit le sourire de Bernard, c’est trop loin. Je peux pas courir jusque là-bas.


Courir de l’autre côté de l’horizon, ainsi font les songes. Et les yeux cherchent, les yeux sondent, l’au-delà de toutes choses, de toute lumière, l’au-delà du monde. Le temps d’un frisson, l’esprit s’égare vers les lointains, et puis revient. Du plus proche au plus loin, du là-bas à l’ici maintenant, à l’étonnement.

Coline reprend ses interrogations, sans oui, sans non :


– Tu le sais, toi, Mathilde, pourquoi on est humains, et pas des scarabées ? Tu le sais ?

– On pourrait être des papillons, déclare Sandrine, ou des hirondelles avec des ailes.

– Ou des dauphins avec des mains pour applaudir, des dauphins qui jouent à saute-mouton par-dessus les vagues, par-dessus la Lune.

– Ou des éléphants avec des trompes fluo, toutes récentes, vertes et brunes.


Coline s’écrie :


– Et on pourrait ne pas être nés ; on pourrait n’être rien, rien qu’un souffle de vent.

– Rien qu’une mousse sur une pierre très vieille.

– Rien qu’un peu d’écume sur l’océan.

– Rien qu’un rêve dans un profond sommeil, au pied d’un baobab.


Une pause dans les voix. Répondent les cigales, et les tourterelles, et le passage des nuages de coton blanc qui calment les blessures du soleil, et la lumière trop vive.


– Non, pas rien, mais il y a, relance Sandrine de sa voix chantante, avec un geste habituel qui remonte sa main au visage, repousse la mèche brune devant ses yeux, toujours rebelle, il y a les feuilles tremblantes sur les arbres, il y a les herbes qui dansent, il y a l’eau bleue du lac, ondulante ; il y a toutes les choses, toutes, et notre regard, et par nos yeux, tout est là, nos yeux c’est pas des miroirs ? Et nous, c’est comme si on était en eux, dans tous les bouts du monde, sur tous leurs bords, en dedans, en dehors.


Il y a cette douceur des choses qui effacent leurs frontières, dans un regard ébloui, dans l’extase d’un instant. Il y a l’enfance des émotions et des sens, quand s’estompent toutes limites et se perçoit l’étoffe du monde en sa continuité sans failles et sans coupures, comme une ligne d’écriture sans points, sans virgules, sans césures.


– Elle a dit « non », clament en chœur trois voix, elle a dit « non », elle a perdu.

– Elle a prononcé « non », mais elle a trouvé les mots qui disent « oui » à tout, sans le prononcer, déclare Bernard très enjoué.


Ils ont entendu la musique. Lointaine. Comme un air de fête. Une fête foraine. Ils cherchent la source des sonorités, un peu tristes, un peu gaies. Sur le lac, sorti lentement des eaux, tourne, en musique tourne. Yeux écarquillés, ils le contemplent, ébahis. Une étrange fascination les tient immobiles et rêveurs. Le manège tourne. Dans sa ronde, il emporte les nuages et le ciel, les arbres et le lac, toutes les lignes, tous les horizons. Étrange apparition : un carrousel sur l’eau. Tournent en cortège, des chimères hideuses, des gargouilles affreuses, grimaçantes, des monstres rampants, noirs et repoussants. Et des fées aux grandes robes bleu ciel, aux étoles de nuages.



 
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   Anonyme   
5/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
C'est magnifique. Ce ne sont pas trop des paroles d'enfants, des conversations d'enfants, ou alors des enfants sages, très sages, des gens avec mille ans d'âge. C'est joli tout plein, c'est plein de coloris, c'est très poétique, c'est tout empli de bons sentiments, de gentilles idées. C'est d'une grande beauté.
Mais ce n'est pas vraiment une histoire.
Et l'enfance pour moi, ce n'est pas cela.
" Elle a prononcé « non », mais elle a trouvé les mots qui disent « oui » à tout, sans le prononcer, déclare Bernard très enjoué." Cette réplique semble résumer tout ce texte.
A relire, peut-être, pour les belles trouvailles, les idées sublimes, pour le doux décor.
Merci pour la balade dans votre paradis.

   Neojamin   
8/5/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour !

Et ben, c'est un beau voyage que vous nous offrez là! Je ne suis pas sûr de pouvoir commenter... Le style est très orginal, suprapoétique, tellement que je me dis que la catégorie nouvelle ne sied pas bien à cette histoire.
J'aime la légèreté du texte, je me suis un peu étourdi avec toutes ces virgules, ces mots qui se répètent et ces rimes endiablées qui se cachent un peu partout. C'est étourdissant et je suis content d'être descendu du manège...je n'aurais pas pu plus longtemps!
Une expérience intéressante donc mais trop vertigineuse pour mon esprit cartésien!
Un beau poème par contre, à l'enfance, aux temps où on peut être ce que l'on veut, où on peut décider de la couleur du ciel...C'est indéniablement beau...Comme seule critique véritable, je ne peux que dire que c'est peut-être dommage de noyer autant ces beaux moments sous la profusion de jeux de mots.
Très intéressant en tout cas, merci!

   Perle-Hingaud   
29/5/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Un texte entre prose et poésie, sans intrigue, sur le thème de l'enfance. Je n'ai pas accroché: nous sommes dans un monde trop étranger à celui qui m'entoure et le sucre est trop présent pour que j'y adhère. Je me suis demandé pourquoi l'auteur mettait en avant le fait qu'un des enfants était noir. Pour renforcer cette idée d'un monde féérique des enfants ? Hum... Le jour où on ne mentionnera plus la couleur des gens sera sans doute celui où cette différence n'aura plus aucune importance: donc, là, c'est une erreur, à mon sens. Après tout, les autres sont peut-être de peau dorée, blanche ou jaune, qu'en sait-on ? Le lieu n'est pas identifié, on interprète les prénoms, c'est tout.
En ce qui concerne l'écriture, le parti pris des phrases courtes et des virgules très présentes donne un rythme de sautillement correspondant bien à l'allégresse (réelle ou imaginaire) de l'enfance.
Un texte dont d'autres apprécieront certainement la douceur utopique et l'écriture désincarnée.

   placebo   
29/5/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime beaucoup la structure, sous forme de dialogue court - réponse. Où la réponse est un oui et les explorations sont multiples et sensuelles, sans conséquences.

Sur le niveau de langue élevé / la poésie, je prends le tout, ça va bien ensemble.

Oui, c'est un jeu auquel on devrait jouer plus souvent, et tant pis s'il ne changera pas la face du monde ou de la littérature.

Bonne continuation,
placebo

   Anonyme   
30/5/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Vous avez un style bien identifiable Louis, une écriture toujours poétique qui se rapproche d'une douce rêverie. D'un point de vue formel il n'y a pas grand chose à vous reprocher. Incontestablement vous savez manier les mots malgré une certaine préciosité à mon goût. D'autres apprécieront cette délicatesse...
Ce qui me gène davantage c'est cet univers que vous fabriquez de toute pièce, cette espèce de manie affectée qui tend à sublimer la réalité ; ici une enfance portée aux nues. À lire vos lignes on a envie de s'exclamer à la fin : « Ah mon dieu, mais quel bel âge ! ». Or vous le savez aussi bien que moi, les enfants ne sont pas des anges, loin de là, et je n'en connais aucun qui ressemblent à ceux de votre histoire.
Chez vous tout est toujours beau, magnifique, merveilleux. Quand est-ce que vous allez lui redonner ses vraies couleurs à ce monde ? Prendre sa boue dans vos mains pour en raconter aussi la souffrance ? Je suis sûr qu'il en sortirait quelque chose d'intéressant.

   Cat   
30/5/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quel moment intense passé à vous lire, Louis !

Encore une fois vous mettez les mots au service d’une poésie qui me touche particulièrement. Je sens vibrer, derrière la douceur faussement candide qui enrobe la façade de ses réflexions d’enfants, un terrible regard sur l’amer triste de la vie. Cette tristesse contre laquelle, ni vents, ni marées, fussent-ils debout, ne peuvent rien. Toute la bonté du monde ne suffira jamais à faire avaler la pilule de notre réalité d’être humain.

Vous avez des envolées magnifiques, jouant de l’eau, comme souvent dans vos textes, et jouant des couleurs, toutes les couleurs, y compris celles de la nuit au travers différentes sensibilités, toutes reliées par l’émotion pure.

Je vous remercie infiniment. Vous avez cette richesse et cette aisance qui me laissent penser, au moins « tant que la vie durera », qu’il est facile de prendre la plume.

Puis, je vous en prie, acceptez mes excuses pour ne pas mener une analyse argumentée sur votre si belle histoire. Lorsque je me trouve au pays de la magie, je suis toujours incapable d’expliquer ce qui me fait vibrer aussi fort, et pourtant, croyez-le bien, je vibre à en mourir. ^^

Cat, sous le charme

EDIT : ce qui est merveilleux, c’est comment vous avez tout compris à l’enfance, et comment vous savez restituer la poésie si particulière qui l’habite, entre réalité crue et rêves bleus ! Il suffit de se retourner, n'est-ce-pas, pour se rappeler ces éclairs terribles de lucidité qui traversaient le temps béni...

Vous lire en pensant au monde des Bisounours est, de mon humble avis, une grossière erreur.

   bigornette   
31/5/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Louis.

Quatre enfants repeignent la nuit comme des petits cupidons. A ma première lecture, j'imaginais le ciel changer selon leur caprice, vert, rouge, doré... Je trouvais à Enfances une simplicité dans l'écriture, une poésie et une exemplarité qui me faisaient penser à un récit mythologique. Le mythe de l'Enfance, sublimé par l'Adulte qui écrit après que le manège désenchanté de la fin ait emporté toutes les lignes, tous les horizons. Des enfants-dieux, au pouvoir immense, qui voient le monde comme de la pâte à modeler. C'est sûrement ce qui arrive quand des bambins sont livrés à eux-mêmes.

Concernant le style, je dois dire qu'Enfances est bien tourné. Et qu'il y a du rythme. Je pense que, lu à haute voix... Attendez une seconde, je vais essayer. (...) Ah, c'est bien ce que je pensais. C'est magnifique. Les virgules, nombreuses, donnent une scansion du texte très intéressante à l'oral. Cette histoire aurait même pu être un conte, si le message poétique final avait été moins complexe.

Un détail : "– Il pourrait n’y avoir que des après-midi, sourit Bernard." Ben dis donc, son sourire en dit long.

Des phrases que j'aime bien : "tout à l’heure, quand le soleil sera couché, tout sera sombre, rien ne sera plus clair, on ne verra plus rien, mais pourquoi elle est noire, la nuit ?" & "il y a toutes les choses, toutes, et notre regard, et par nos yeux, tout est là, nos yeux c’est pas des miroirs ?" & autres tournures un peu enfantines qui rappellent quel âge ont les protagonistes. Et la petite comptine qui est reprise ensuite dans le texte, c'est un régal.

Vous êtes un bon artisan, c'est indéniable. Cela dit, étant d'intelligence moyenne, je n'ai pas vibré comme Cat. Je devais me concentrer pour ne pas me perdre vers la fin, quand les enfants commencent à se poser des questions existentielles. Et puis, j'ai eu beau me concentrer, je crois que je me suis perdu quand même. Merci.

   Francis   
2/6/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai poussé la grille qui sépare le monde des adultes et le jardin des enfants. Je remontais le temps. Je me rapprochais d'une époque que j'avais vécue, il y a...très longtemps mais qui a laissé des souvenirs au fond de mon cœur. Tout me semblait familier : les jeux, les rires, la curiosité, l'imagination sans limites même pas celle de l'horizon, la sensibilité de ces petits êtres que nous fûmes un jour. J'aime cette plume qui change les étoiles en coccinelles, l'obscurité de la nuit en vert émeraude...Je suis demeuré longtemps sur les bords du lac, à rêver, à profiter de vos décors. Dimanche, j'y emmènerai Jade, Margot, Léa, Paul et Matthieu, c'est promis !

   Pepito   
5/6/2015
Bonjour Louis,

Toujours une écriture aussi imagée que poétique. Des bubulles de savon s'envolant, pétillantes, au contact du soleil. Impressionnante impression de fraîcheur malgré quelques adjectifs redondants...

Pour le "fond" bon, je ne suis pas trop dans mon élément là. Je soupçonne qu'il y a quelque chose que je n'ai pas vu, une allégorie qui m'échappe et donc voilà, de quoi que parle le texte (en dehors d'enfants au bord d'un lac bien sûr ;=) ?

Après un "Je fais rire" on attend toujours plus de l'auteur, pas facile.

Le style rend la lecture agréable, malgré cette sensation d’être passé à coté de quelque chose.

Merci pour cette lecture.

Pepito

   Bidis   
15/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
C'est un très beau texte. Une poésie légère et brillante qui m'a plu. Mais, à mon avis, la vraie magie de l'enfance n'y est pas. Par extraordinaire, un des enfants, dans ce groupe, pourrait avoir ces fulgurances et être un petit génie en herbe. Mais que tous soient des petits poètes, non, pour moi cela ne restitue pas le génie ordinaire de l'enfance, lequel est à la fois, pour ce que j'en ai rencontré, beaucoup plus simple et beaucoup plus original, d'ailleurs.


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