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Luniknat : Bercée par la dépression avant de dormir en Enfer
 Publié le 12/07/07  -  3 commentaires  -  5473 caractères  -  47 lectures    Autres textes du même auteur

Tomber bas pour dominer sa vie d'encore plus haut...


Bercée par la dépression avant de dormir en Enfer


La nuit porte conseil. C’est en théorie ce qu’on raconte.


Alors, elle en passe une de plus dans cette maison désertée par les sentiments positifs. Une nuit de plus sur ce matelas à même le sol, alors qu’un lit avec des draps en satin rouge n’attend qu’elle, à quelques mètres plus loin. Une nuit encore, à passer seule en compagnie de l’insomnie et de ce mal démoniaque qui, comme un rat, ronge son cerveau. Elle cherche des réponses qu’elle ne trouvera jamais. Et s’enfonce doucement dans ses réflexions sans même penser une seconde que lentement, elle s’éloigne du quotidien.


Ce matin, elle est là, devant ce miroir géant qui lui renvoie son reflet. Et elle se retrouve seule, face à elle-même. Puis, derrière elle, une chaleur torride lui glace le dos. Dans le miroir, une ombre se dessine. La noirceur de ce corps ne fait aucun doute sur son identité. Elle l’avait reconnu. Elle entend une voix au fond d’elle, une voix influençable et tellement persuasive, une voix enchanteresse qui lui murmure doucement :


- Je sais ce qui ne va pas dans ta vie. Et je peux t’aider. Ton âme est pure, si tu me la donnes, je te donne cette libération que tu attends tant…


Il lui restait encore la force de résister. Elle fuit du regard cette ombre pourtant captivante. Elle décuple tous ses efforts pour émettre le moindre mouvement qui la ferait échapper de son emprise.

Ce ne sera pas pour cette fois. C’est vrai, elle est désespérément triste, mais pas encore assez pour tenter ce pari fou.


Alors, elle porte ses jours comme une peine et sent cette chaleur la poursuivre sans cesse. Elle n’a qu’elle, rien ni personne d’autre qui la supporte nuit et jour. La voix s’est glissée dans sa tête et cherche à prendre possession de son esprit en débranchant les connections encore rationnelles. Il l’aura à coup sûr, mais elle résistera le temps qu’il faudra.


Encore un jour, mais un jour de trop, elle craque. Il n’y a plus un rat dans sa tête, mais des centaines de milliers. Elle n’a plus de cerveau, tout a été dévoré et les dernières synapses ont été déconnectées. Lentement, elle a été happée par quelque chose, quelque chose qui lui promettait d’être mieux. Elle n’est plus qu’un corps. Sans vie. Sans âme. Sans cœur. Et en échange effectivement, elle est libre puisqu’elle ne pense plus.


Ils lui ont pris son âme et ne lui ont laissé qu’un corps.


Que faire avec un corps en errance dans ce monde ? Il ne mange plus car il ne réclame plus, il ne réagit plus, il est vide et la seule chose qu’il sait encore faire c’est répondre à des questions basiques. Il ne réfléchit plus, il ne se révolte plus. C’est un corps las de tout.

Autour d’elle, tout le monde a vu ce changement. Et tout un chacun a tenté de la raisonner pour qu’elle se raccroche à la réalité. Mais en vain. Ce monde est toujours là, autour d’elle, mais elle ne s’en rend plus compte aujourd’hui. Et c’est pourtant ce monde-là qui va tenter de lui redonner ce qu’elle a perdu et de la ramener de son état d’errance.


Ils lui ont pris son âme, mais ils n’ont pas réussi à emporter ses souvenirs.


Alors va débuter un enchaînement de situations. Son corps va être sollicité un maximum pour tenter de se réveiller. Tout le monde va y aller de sa petite réflexion, de son petit mot réconfortant, de son petit geste le tout couronné par des sourires et des moments d’affection donnés sans compter. Un corps, même inerte, ne peut être insensible à tous ces efforts déployés. Qui plus est, s’ils sont donnés par des personnes de confiance…


C’est alors qu’avec le temps et non sans efforts, qu’elle va petit à petit reprendre possession de ce qui lui a été volé. Elle va renaître dans son propre corps. Ce sera toujours la même, mais elle sera plus forte et plus solide. Les erreurs faites dans le passé, celles qui l’ont conduite jusqu’ici, elle en rira presque et saura à quel point il est inutile d’échanger son âme au diable pour si peu. Aujourd’hui, elle sait que c’est au plus profond d’elle-même qu’il y a cette richesse inestimable qui fait qu’on peut toujours se relever de tout. Aujourd’hui, elle sait que seul l’entourage le plus proche saura l’aider si elle trébuche à nouveau.


Il faut avoir erré bien bas pour prendre conscience de cette faculté. Il faut avoir tutoyé les abysses diaboliques de l’entre-deux mondes et en avoir encore la couleur au fond du cœur pour comprendre qu’il n’y a que soi pour s’aider ou se laisser tomber.


Son ami la faisait souffrir, elle est partie puis s’en est mordu les doigts. Elle est revenue mais il ne l’a pas voulue. Elle s’est alors offerte à la dépression qui s’est chargée lentement d’arracher son âme et de la transmettre au Diable…


Oui, elle est partie, oui elle a reconnu qu’il lui manquait et est retournée le lui dire mais il l’a rejetée, et alors ?… La vie continue. On n’a pas tout ce que l’on veut et il faut savoir tomber parfois, pour mieux se relever.

Alors, sur cette route sinueuse, elle continuera à marcher, un peu, beaucoup, longtemps… Jusqu’à ce que son corps soit épuisé de lutter contre ce qui ne se voit pas et sur ce qui tente de l’aspirer sans cesse. Et là, un jour, elle se retournera. Elle regardera le chemin qu’elle a parcouru et se dira que finalement, elle a eu une belle vie… et là enfin, elle partira et se sentira légère et libérée de toutes ces menaces et de tout ce mal qui ne cherchaient qu’à s’emparer d’elle…


Il faut savoir lutter pour gagner sa place. Et ce, où qu’elle soit…




 
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   guanaco   
24/8/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je comprends mieux ton "Autobiographie d'un Guerrier".
Beau texte sur la dépression et la descente aux Enfers, le corps dépossédé de son âme, sentiment d'invisibilté dû à l'insignifiance.
Mais tu montres un point intéressant: les autres. Les autres peuvent nous sortir du trou (certains en tout cas, pas tous) et c'est une lueur d'espoir dans une époque individualiste comme la nôtre.
Es-tu sûre que le diable derrière toi ne te ressemblait pas un petit peu?
Un texte qui m'a plus...

   Maëlle   
17/4/2008
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Ce texte là à loupé un virage: il partait vers le fantastique, et pouvais donc se transcender.
L'auteur à choisi de rester ancrée dans la réalité. Pour moi une mauvaise idée. Il est extrement difficile de parler littérairement de dépression.
Cela ne va, de toute façon, pas assez loin (dans l'écriture, pas dans les fait raconter). Je ne crois pas à ce qui est écris, je n'y rentre pas. C'est sans doute mieux pour moi, puisque si le texte était réussi la sensation de malaise aurait été au rendez vous. Ici, juste un peu d'ennui, et cette frustration de n'avoir pas "lautre texte"

   Opalescence   
23/8/2010
 a aimé ce texte 
Pas
Le texte est beau, bien écrit.
L'histoire est belle, dure, mais réelle.

Je me suis laissée emportée par cette lecture jusqu'à l'explication de sa dépression. Et là j'ai déchanté. Tout y était pourtant, l'explication était parfaite, mais non j'ai pas adhéré. Le déclic qui a engendré sa dépression est trop bateau pour faire vrai. Une déprime ,oui. Une dépression, non. Et pour le coup, ça perd toute crédibilité à mes yeux.
Et c'est dommage car le sujet était maîtrisé, et très bien décrit.


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