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Humour/Détente
macada : La joute
 Publié le 22/08/07  -  7 commentaires  -  31245 caractères  -  12 lectures    Autres textes du même auteur

Pièce de théâtre où deux entités se querellent au sujet des hommes et de leurs questions principales. Elles les aiguillent ensuite vers leur destination finale. Mais ces juges ne sont-ils pas pires que les jugés ?


La joute


1) Épiphanie.


Un lieu isolé qu’aucune âme vivante ne connaît.


Un Ange bienveillant apparaît. Il s’ébroue et se lève, majestueux. Il fait quelques pas. Ses ailes lumineuses l’enveloppent jusqu’aux pieds, qu’on ne voit pas. Il paraît flotter sur le sol plutôt que marcher.


L’Ange sait que le monde des Hommes vient d’être créé. Plein de joie et d’espoirs, il s’approche du bord du Puits sans âge, cet œil ouvert sur le bas de la Création, pour contempler ce monde neuf.


Une odeur de cramé, abusivement soufrée, remonte à ses narines délicates. Elle ne vient pas du Puits. Il se retourne à temps pour faire face à un être répugnant, noir et cornu. Des volutes de fumée s‘échappent de sa peau craquelée. C’est le Démon, diablement excité par son nouveau terrain de jeux.


L’Ange salue :


- Qui es-tu ?

- Je suis le Démon.

- Mais encore ?

- Encore ? Voilà un mot que j’aimerais tant que vous murmuriez à mon oreille… chuchote le nouvel arrivant.


Il marche lentement autour de l’Ange, en le dévorant des yeux. Puis à voix haute :


- Je suis l’Autre, votre chiralité, celui qui part du même côté que vous tout en partant à l’opposé.


Le Démon se fige :


- Je suis votre miroir.


Un petit nuage rouge sombre, une explosion mâte et soufrée.


Et le Démon disparaît.


2) Première joute : séduction ?


Le monde des Hommes est calme. L’Ange, blanc de douceur, scintillant de pureté, se promène sur les bords de la Création. Une étendue d’eau borde cet étrange lieu qu’il lui faut partager avec ce compagnon de Travail, si particulier.


Apparaît justement le Démon, immobile, les yeux rouge cendre rivés sur l’Ange éclatant.

Surpris celui-ci demande :


- Que fais-tu ici ?

- Je vous regarde.

- Et que vois-tu ?

- Vous me plaisez.

- En quoi cela ?

- Vos perfections …

- Ah ?


L’Ange réfléchit puis teste :


- Et quelle est à ton avis la plus grande de toutes ?

- Votre principale qualité ? Il acquiesce et attend la réponse. Tous vos défauts

- Et mon principal défaut alors ?

- Être.


À ces mots l’Ange se tait et son regard se fixe au-delà de l’horizon. Il soupire et reprend :


- Au lieu d’être si sombre, Démon, tu devrais faire un vœu et le déposer sur une vague, dit-il en montrant l’eau devant lui. Et lorsque la vague aura fait le tour de la Création et reviendra sur cette côte, le temps sera venu et ton vœu s’exaucera.


À cela, le Démon conteste :


- Ceci n’est pas une côte mais une berge ; ce ne sont pas des vagues mais des remous. La Création n’est pas bordée d’un océan mais un simple fleuve la pourfend et la divise. Et chacun de nous occupe une de ces berges, comme celles d’une plaie. Chacun de nos territoires s’étend de part et d’autre de ce fleuve par lequel ils arriveront tous, dans leur barque, un jour ou l’autre. Et vous savez que ce n’est pas une vague qui exaucera mon vœu, vous savez que… vous le savez, nul besoin de le dire. Et ne feignez pas la surprise, vous n’avez pas le droit de mentir.


L’Ange clôt à demi ses yeux et observe le Démon. Il s’aperçoit que le hideux tremble :


- Qu’est-ce qui t’angoisse ?

- Vous rencontrer, répond presque à regret la voix caverneuse.

- Comment t’apaiser ? demande l’Ange doucement.

- Si je pouvais vous quitter… murmure le Démon.

- En serais-tu heureux ?


L’Ange fait mine de partir.


- Non !


L’Ange s’arrête, troublé.


- Alors, quel est ton souhait ?

- Vous atteindre.

- Et tu ne le regretterais pas ?


Le Démon sourit narquoisement :


- Mon plus grand regret serait que vous me manquiez


L’Ange soupire, désemparé.


- Qu’est-ce qui te ravirait ?


La vile créature s’approche de l’oreille blanche et lui souffle :


- M’apercevoir un jour que je vous aime.


Et le Démon disparaît dans un nuage écarlate.


3) Le pacte.


L’Ange rend visite au Démon dans son bureau. Il prend la mesure de l’opulence des lieux. À peine le monde créé, le Démon est descendu auprès des hommes et s’en est acheté une belle part. Penché sur un grand coffre, il compte les âmes qu’il s’est offertes. L’Ange feuillette distraitement un registre de pages de cuir. Il frémit en pensant à l’origine de ce cuir. Ce sont les possessions projetées du serviteur de l’Enfer. Il remarque que les âmes sont répertoriées par noms puis par coordonnées fautives et non votives comme dans les siens. Il s’inquiète alors auprès de son hôte : si la faute faite prédomine sur les vœux prononcés, alors beaucoup de fautifs dévots lui seront ôtés.


- Que voulez-vous, cher Ange, c’est que je suis très aimé, rétorque le Démon.


Il tend un doigt qui s’enflamme et allume un gros cigare.


L’Ange conteste :


- De fait, les actions des hommes sont estimées mais pas leurs intentions. S’il est accordé plus de poids au péché commis qu’à sa confession, à la faute consommée qu’à l’intention de rédemption alors l’expiation n’est plus permise, pas plus que le pardon. Et l’espoir est supprimé. Il nous faut un système plus juste.

- Autrement dit, mon Ange, vous souhaitez modifier les règles du Jugement des Âmes ? questionne le Démon en tirant sur son cigare.

- C’est exact, répond l’Ange en cillant dans la fumée âcre.

- Vous souhaitez tourner les règles à votre avantage.

- Non, je veux qu’elles soient justes.

- C’est bien ce que je dis, mon Ange.


Il se balance dans son fauteuil, visiblement satisfait.


- C’est d’accord, je vous octroie cette faveur. En tant qu’Ange juste et bon, j’espère que vous saurez en garder bonne mémoire, cette fois.


L’Ange hésite : pactiser avec le Démon ou perdre des âmes bonnes, égarées mais encore secourables. Il sait qu’il sera redevable et que son adversaire saura lui rappeler sa dette. Il sait aussi quel est son devoir. Il pactise. Plus haut, les règles seront revues.


Et l’Ange disparaît dans un éclair doré, présage d’un désagréable moment à passer dans le bureau de son Patron.


4) De l’état.


Le puits. Accoudés à son bord, l’Ange et le Démon, penchés vers son fond, commentent.


- Que font-ils ?

- Ils écoutent leur chef.

- C’est un roi ? Qu’il est mignon ! C’est un roi de sang ? se moque le hideux.

- Non, c’est un chef, élu par le peuple…

- … Après une révolution et des guerres : un roi de sang, donc…


Il se détourne du Puits et observe ses ongles.


- Ils ont constitué un état… décrit l’Ange.

- … Bac à sable d’un tyran… Le Démon se cure les ongles.

- … Avec des structures pour régir cet état, ce qu’ils nomment société…

- … Amas de martyrs… Il lisse sa moustache et son bouc.

- … Ils ont institué des votes…

- … Martyrs consentants donc… Il brosse les poils de sa queue.

- Cesse donc et regarde ! Ils en amènent un autre et ils s’installent pour autre chose.


Le Démon revient regarder au fond du Puits :


- Mais pourquoi bougent-ils ainsi ? Ça grouille en tous sens ! N’ont-ils donc pas compris que leurs actions sont vaines ? Qu’ils sont tous les mêmes ? N’ont-ils donc pas compris que la chair lorsqu’elle brûle sent toujours pareil ?

- Ils ne seront pas tous à toi, s’oppose l’Ange.


Le Démon va répondre mais il le coupe :


5) De la justice.


- Cesse donc et regarde ! Que font-ils ?

- Celui-ci est un accusé, explique le Démon en indiquant un homme assis devant un autre.


D’autres viennent et forment un arc de cercle autour d’eux.


- Et celui-là est le juge.

- Tiens ?… Il n’a pas l’air d’un mauvais homme.

- Ah, non, je me suis trompé, c’est le contraire. Voici le juge et voilà l’accusé. Peu importe, pourvu qu’une tête tombe que je puisse me divertir un peu, dit le démon en se frottant les mains.

- Et qu’a-t-il fait ?

- Le juge ? Rien, encore.

- Non, l’accusé.

- Ah, rien non plus. Enfin, rien qui ne lui a déplu à lui mais qui a déplu aux autres. Les hommes sont ainsi : ils vivent en groupe mais ne se supportent pas.


Les hommes bougent à nouveau.


- Ça y est, ils se sont décidés ! L’accusé est devenu un condamné !

- Mais qu’a-t-il fait ?

- On s’en fiche pourvu qu’il soit supplicié, s’excite le Démon.


Les hommes saisissent le condamné et le mettent à genoux. Ils lui tendent un bras sur un billot et lui coupent une main d’un coup de hache.


Le Démon applaudit :


- Tout plein pour moi !


Il compte sur ses doigts griffus :


- Le bourreau…


L’Ange s’interpose :


- Ah, non, il fait son travail : il exécute la sentence.


Le Démon continue :


- Le juge.

- Non plus : il travaille pour sa communauté.


Le Démon se renfrogne :


- Les avocats ! Il y en a au moins un des deux qui s’est planté.

- Mais il n’a pas péché pour autant.

- La victime de l’accusé ?


L’Ange secoue la tête avec un regard désapprobateur.


- Le greffier alors ? Le greffier au moins… un p’tit greffier, juste un p’tit greffier. C’est rien un greffier, c’est un voyeur. Allez juste celui-là, quémande le Démon.


L’Ange secoue toujours négativement la tête. Il protège âprement ses égarés.


- Alors le condamné.

- Nous ne sommes pas sûrs de sa culpabilité.

- Ils l’ont condamné !

- C’est leur sentence, pas la nôtre. Selon leur rite, pas nos règles.

- Alors tous ! Tous ! Car ils sont tous coupables d’avoir condamné un innocent et l’innocent ne doit pas l’être tant puisqu’il a été jugé.

- Tu vas trop vite. Regarde-toi, tu fumes de partout. Allons, viens t’asseoir près de moi et discutons calmement.

- Comment puis-je rester calme assis près de vous, mon Ange ?

Les deux s’assoient auprès du Puits.


6) Deuxième joute : l’existence et sa fin.


L’Ange et le Démon sont assis. Ils ne discutent pas. Seul le silence les allie.


Le visage de l’Ange est doux et compréhensif ; il pense aux hommes qu’il aime tant.


De temps en temps, le Démon le regarde. Il tire sur un énorme cigare et n’ose mot dire.


Une éternité passe, suivie d’une autre. Finalement, l’Ange brise le silence en premier :


- Si tu étais un Homme…


L’autre grimace.


- … Que répondrais-tu à tes questions existentielles ?


Le Démon ne lève pas les yeux.


- Quelles questions existentielles ?

- Tu sais bien, celles qu’ils se posent tous.

- Pour ce que ça leur change.

- Certes, mais cela, ils l’ignorent. Alors que répondrais-tu ?

- À quoi ?

- Par exemple : d’où viens-tu ?

- Ne m’avez-vous pas vu arriver ? Pourtant j’étais près de vous, cher Ange, j’ai toujours été près de vous.

- Je voulais dire : où es-tu né ?

- Sur ma figure ! ah ! ah ! ah ! rigole le Démon. Puis sur un ton inquiétant : Je suis né contre.

- Contre quoi ?

- Contre ma volonté.


Le hideux se lève d’un bond et fait les cent pas, souple et vif comme une bête fauve.


- Leur simple apparition au monde leur est dictée par un autre. Ils sont risibles. Je les hais pour ce qu’ils sont.


Patient, l’Ange continue :


- Et où vas-tu ?

- Jusqu’au bout. Ils n’ont d’autre choix. Ils ne sont pas libres. Ils sont leurs propres esclaves en plus d’être celui d’un autre. Leur existence est un double joug.

- Et après ?

- Après ? Au four ! explose le Démon.


Il part d’un rire horrible.


- Le seul choix qu’ils ont est celui de leur fin ; ils peuvent la hâter s’ils le souhaitent… j’aime bien ceux-là, vous n’en avez jamais eu, n’est ce pas ?

- Évidemment que non, par définition même, explique l’Ange en haussant les épaules.

- Pourtant, ils vous plairaient, ils ne demandent qu’à être consolés ; ils sont réellement désespérés quand ils arrivent et encore plus quand ils réalisent où ils arrivent. Alors ils regrettent d’être venus ! C’est d’un comique !


L’Ange ne bronche pas et attend que le rire se calme :


- Ainsi est ta réponse à l’inquiétude de l’homme : tu nais sans le vouloir et tu finis d’une manière que tu ne veux pas.

- La vie de l’homme est sa propre négation.

- Dans ce cas, pourquoi vivre ?

- Pour souffrir ; c’est une sorte de préambule à ce qui les attend, l’apéro si vous préférez ! ricane le Démon. Et selon vous, à quoi cela leur sert-il de vivre ?

- Ce n’est qu’un passage, ensuite je les accueille avec Lui, dans la paix de son Royaume. Tu le sais très bien.


L’Ange se lève à son tour, calme et posé. Il se rapproche du Démon, tout près.


- As-tu déjà oublié comment c’est ? As-tu déjà oublié quand nous…

- Ça suffit ! hurle le Démon.


Il fulmine, enragé. De la fumée s’exhale de sa peau noircie. Ses yeux sont des braises. L’Ange patiente, doux mais tenace. Lorsque les yeux rougeoient un peu moins, il reprend son interrogatoire :


- Qui est ton héros ?

- Quoi ?


La voix d’outre tombe se fait menaçante mais l’Ange ne frémit pas. Il connaît ces colères. Il précise :


- Si tu étais un homme, quel serait ton héros ?

- Le héros des hommes est mort, vous savez comment, ils en ont écrit un best-seller, se moque le Démon.

- Et qui serait le Méchant ?

- Il est dans ma tête.


Le Démon se retourne brusquement :


- Et vous, qui est votre héros ?

- C’est l’immortel

- Et qui est le Méchant ?

- Son serviteur est dans mon cœur.


L’Ange sourit au Démon stupéfait et disparaît dans une vapeur argentée.


7) Troisième joute : le destin.


Le Démon s’est assis. Il semble perdu dans les méandres de son esprit tortionnaire.


L’Ange revient et l’observe tendrement, à son insu. Il se surprend à lui trouver un air poétique. Avoir mis le Démon en colère l’a quelque peu chagriné. Il s’enquiert :


- Que fais-tu ?

- Je pense, répond l’autre sans bouger.

- Et que penses-tu ?

- Les blessures des Hommes.


L’Ange hausse les sourcils, surpris par cette ambiguïté. À demi voix :


- Si je pouvais panser les tiennes.


Dérangé, le Démon se lève et va scruter le fond du Puits. D’une griffe, il inscrit d’étranges signes kabbalistiques sur un parchemin noir. L’Ange s’approche :


- Que fais-tu ?

- J’écris.

- Et qu’écris-tu ?

- Leur fin, pardi ! s’exclame le Démon face à une telle candeur.


Alors, l’Ange sort un parchemin blanc, observe l’Hideux et, d’une de ses plumes, se met à écrire d’autres signes étranges.


Le Démon est surpris :


- Que faites-vous, cher Ange ?

- J’écris.

- Et qu’écrivez-vous ?

- Ton bonheur, pardi !


L’Ange sourit. Un nuage noir, un son mat : le Démon a disparu.


8) De la médecine.


L’Ange, fidèle au poste, veille sur les hommes quand le Démon réapparaît. Il semble plus calme, tout au moins en apparence. Il fait des efforts pour se maîtriser. L’Ange s’en réjouit ; il sait que son adversaire est vexé. Un fauve blessé peut avoir des réactions imprévues et particulièrement sauvages. L’Ange se méfie.


Le Démon prend un air détaché :


- Que font-ils ?

- Celui-là est le patient. Il souffre terriblement car il a eu la main tranchée. Les autres s’occupent de le soigner.

- De cette façon ? Ils s’y prennent comme des pieds pour soigner une main. Ils ne savent pas que…

- Non, ils ne savent pas. Pas encore. Ils n’ont pas découvert.

- Et que font ceux-là ?

- Ce sont des chirurgiens, ils vont opérer.

- Ils vont torturer, voulez-vous dire, s’ils le font dans ce sens ! Quels artistes ! Quel raffinement dans l’art de la cruauté ! Ils seraient parfaits dans ma clique ! J’en veux de ceux-là et ooohhh !!! Que d’imagination ! Leur avez-vous soufflé ces abominations ? Non ? Alors, c’est dans leur esprit que je me situe ! Ceux-là sont à moi, vous ne pouvez le nier ! S’excite le Démon.


L’Ange tente d’excuser la boucherie à laquelle ils viennent d’assister :


- Ils ne savent pas encore faire autrement. Mais leur intention est louable et le malade a une nouvelle main. Pour leur médecine, la greffe d’une main est un grand pas.

- Comme ça il pourra commettre ses crimes en déclarant que ce n’est pas lui, c’est sa main neuve, rigole le Démon.


Il s’interrompt :


- Serait-ce… ?

- Oui, c’est lui.

- Je ne comprendrais jamais ces créatures : elles l’ont accusé, jugé, puni puis réhabilité. Je suppose que maintenant elles vont l’aimer, comme l’autre… râle le Démon, en désignant le ciel du pouce par dessus son épaule.


L’Ange sursaute, outré.


- Ils sont méritants. Cela leur sera crédité lors du Moment.

- Et celui-là aussi est méritant ? demande l’affreux en indiquant le malade.

- Un coup je te tranche, un coup je te recouds.

- Oui, il l’est ; il sera sauvé.

- Pas question, il est à moi. Et plutôt deux fois qu’une, comme ses mains.

- D’ici nous ne pouvons connaître ses erreurs. Il nous faudrait descendre.


Le Démon s’approche de l’être pur et chuchote à son oreille :


- Et nous pourrions discuter discrètement car les Patrons ne viennent pas jusqu’à ce monde infâme. Et nous avons tellement de choses à nous dire. Depuis que j’ai été déchu, je ne pense qu'à vous, mon Ange.


Ce dernier fixe le fond du Puits puis déclare :


- Je descends.


Un nuage blanc et il a disparu.


9) Lamentation démoniaque.


Le Démon est resté seul.


« De mes péchés

Où s’évertue

Une espérance


De cet éclat (il regarde au ciel)

Où luit (il regarde au sol)

Mon errance


Je choisis le silence. »


Il prend sa tête à deux mains.

Pour lui :


« Aarrgghhh !!! Je n’en peux plus ! »


À voix haute, il annonce :


- J’y vais aussi !


Un nuage rouge sang et le Démon disparaît.


10) Le monde des hommes.


Une chambre d’hôpital, un lit. Un homme dort. Sa main et son avant bras sont bandés. Entrent deux infirmières, l’une sereine, au visage angélique, l’autre grande et solidement bâtie qui porte deux chignons au sommet du crâne et se tortille frénétiquement.

- Que fais-tu ? Qu’as-tu donc à gigoter ainsi ?

- C’est cette couleur… le blanc… ça me démange partout… je dois être allergique, explique la grande infirmière en soulevant sa blouse jusqu’au haut de ses cuisses.


À la vue de ses bas résille, l’autre détourne promptement les yeux :


- Qu’est ce que… ! Va changer d’apparence ! Allons, va, fais vite, je t’attends.


L’infirmière sort. Sa collègue s’approche du malade et pose une main douce sur son front en sueur. Elle vérifie la perfusion, rajuste le drap sur le malade, écoute la respiration forte.


Quelqu’un entre : c’est un abbé, en soutane et barrette noires. L’infirmière sursaute et son visage s’empourpre.


- Ça va mieux ainsi, dit-il, visiblement soulagé.

- C’est une plaisanterie ?

- Non, le noir me convient mieux. Il y avait une cérémonie à la chapelle, ça m’a donné l’idée. Et puis il me fallait un couvre-chef pour masquer… vous savez bien… explique l’abbé à mi-voix en montrant sa tête mieux couverte.


L’angélique manque s’étouffer.


- Vous n’avez pas commencé sans moi, j’espère ? Pas de triche, hein ? Bon, je le réveille ? interroge le prêtre en approchant du convalescent.

- Doucement, doucement.

- Holà, le manchot ! Réveille-toi, il faut que nous parlions, secoue le prêtre.


Le malade ouvre les yeux.


- Un curé ! Je suis mort ?

- Hélas, non, pas encore, réplique le confesseur.

- Je vais mourir alors ?

- Ah, ça, oui, je te rassure.


L’infirmière intervient et repousse l’abbé du coude.


- Mon enf… mon patient, nous avons des questions à te poser au sujet de ta main. Nous voudrions savoir comment tu l’as perdue ?


Le malade s’inquiète de son avant-bras qu’il tâte de sa main valide. Rassuré par sa présence, il dévisage les deux visiteurs.


- Non, pas celle-là, l’autre. L’ancienne…

- On m’a coupé la main, balbutie-t-il.

- Oui, ça on l’a vu… mais pourquoi ?


Le patient hésite :


- J’ai volé.

- Et qu’as-tu volé ?

- Un baiser.

- À qui ?

- À la fille de mon voisin.

- Tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin, récite la femme en blanc, sentencieuse.

- T’as eu du bol que ce n’était qu’un baiser, plaisante l’abbé, sinon, ccrrooouuiicc, t’imagines ?


Il s’assoit sur le lit. Le malade fronce les sourcils, interloqué par ce curé bizarre.


- Ce n’était pas sa femme, c’était sa fille ! J’en étais amoureux mais ses parents ne l’ont pas entendu comme cela. Et son père est puissant et il m’a fait condamner. Il avait la loi pour lui car…

- Oui, oui, les lois, soupire l’abbé, quelle injustice…

- Ainsi tu as été puni d’avoir aimé, résume l’infirmière.

- Non, d’avoir volé ! objecte l’abbé.


Le patient demeure hébété.


- Tu vois, la sentence des hommes est injuste.

- C’est vrai, c’est sa langue que j’aurais fait couper…

- Que dites-vous ? s’inquiète le malade.

- Rien, rien, repose-toi, nous devons discuter de ton sort, répond la femme en entraînant le prêtre par la manche.

- À tout bientôt, salue gaiement ce dernier. Ils sortent.


11) Quatrième joute : dans le confessionnal.


Les deux costumés cherchent un lieu où ouvrir leur bal à l’abri d’oreilles innocentes. L’abbé les mène instinctivement au sous-sol, jusqu’à la morgue. Ils entrent dans la salle des autopsies, vide de toute vie. Seuls, quelques cadavres alignés attendent l’heure de l’examen. L’abbé se met à croquer le gros orteil de chaque mort.


- Que fais-tu ?

- Juste pour vérifier… c’est un truc de pro. C’était mon premier job quand je suis descendu. J’en ai gardé le goût… explique-t-il en se curant les dents.


Il passe au suivant.


- Qu’en penses-tu ?

- Il n’est pas frais.

- Je pense aussi.

- Il est d’avant hier.

- Non, pas ceux-là. L’autre, avec sa main. As-tu vu comme il tremble ?

- Vous avez bien sursauté en me voyant, tout à l’heure. Et vous êtes si belle, vous l’avez fait délirer. Au fait, vous ne m’avez rien dit. Je vous plais en robe ?


L’abbé tournoie et la soutane se soulève juste assez pour laisser entrevoir les bas résille.


- Tu les as gardés ?


Le prêtre se rapproche d’une démarche provocante.


- Le noir me va bien, non ? C’est très sexy. Vous ne me trouvez pas sexy ?


Il dévoile une cuisse mais la femme détourne ses beaux yeux.


- Par contre le col blanc me gratte… j’ai pas des boutons dans le cou ? demande-t-il en tendant son cou à l’infirmière.


Elle s’éloigne d’un pas.


- Il est fiévreux…

- Enfin, vous vous en rendez compte…

- Il va mal …

- J’ai besoin de vos soins, mon Ange…

- C’est une septicémie…

- À ce point ?

- Attendons encore quelques instants…

- Pourquoi attendre ? Je suis si impatient. Débarrassons ce lit…


Le prêtre se saisit d’un cadavre et le tire pour le poser au sol. Soudain, des bruits se font entendre : on amène un patient décédé dont une main bandée dépasse des draps. Le couple improbable s’éclipse furtivement, l’infirmière avec un regret pour le livide, l’abbé regardant avec regret le lit vide. On s’interroge sur la présence au sol d’un cadavre. On l’auscultera, sous toutes les coutures, en vain, pendant des heures.


Comme ils ne sont pas prêts à remonter, les deux envoyés d’ailleurs quittent la morgue et marchent au hasard des couloirs. Les pas de l’infirmière les mènent naturellement jusqu’à la chapelle. Elle est vide, aucune cérémonie n’est plus en cours.


- Ah, non, pas là, rouspète l’abbé, je veux pas !

- Personne ne viendra nous y déranger et tu as l’habit adéquat. Entre !

- Je ne peux pas.

- Pourquoi ? Tu as été promu ?

- Ça ne risque pas étant donné mes états de service antérieurs ; la promotion, je peux toujours l’attendre, râle l’ecclésiaste.

- Alors, tu ne risques rien. Les démons de seconde classe peuvent entrer s’ils ne regardent pas. Donne-moi la main et ferme les yeux, je te guide, décide l’infirmière.


Elle prend la main du prêtre qui se laisse conduire, le cœur battant, moitié d’effroi, moitié d’émoi. Ils s’installent dans le confessionnal, chacun de son côté. Un silence.


- Vous ne priez pas tout de même ? S’inquiète l’abbé.

- Non, je réfléchis.

- C’est très inconfortable de mon côté ; et du vôtre ?

- Mmmhh ? Pareil

- Ne serions-nous pas mieux l’un sur les genoux de l’autre ? Et de temps en temps, nous changerions de position et…

- Ça suffit ! L’heure est grave. Le malheureux vient de décéder et bientôt nous aurons à juger de son âme.

- Pourquoi attendons-nous ici ?


Le prêtre recommence à se gratter le cou.


- Je n’ai pas pris ma décision à son sujet ; je ne peux pas remonter pour l’instant. Laisse-moi réfléchir.


Un temps. Personne ne vient dans la chapelle. De son côté du confessionnal, l’abbé s’ennuie mais n’ose en sortir. Il reluque l’angélique à travers la grille et gigote.


- Voulez-vous vous confessez, mon Ange ? C’est le moment, risque-t-il.


Il n’est pas très fier à l’idée que sa proposition soit acceptée. D’un autre côté, il faudra bien qu’ils en parlent. Avant que l’autre ne réponde, il se lance :


- Ange adoré… commence-t-il en se levant mais il cogne sa barrette et son contenu dans un vacarme de bois.

- Reste assis !

- De toute façon, bougonne l’abbé, ce n’est pas un endroit pour réfléchir. Je sens que la migraine guette mes cornes. Distrayez-moi : jouons. Devinez : je ne sais rien mais je dirai tout… que suis-je ? commence-t-il.

- Le menteur.

- Non, la science. Allez, une autre : je ne travaille pas tous les jours, que suis-je ?

- Le fainéant

- Non, la justice. Encore : je ne dure pas, j’apparais furtivement, on m’égare souvent. Je suis, je suis ? La raison, pouffe le curé.


Il s’amuse et poursuit au grand dam de l’infirmière :


- Je suis l’art de posséder et de disposer de quelqu’un, le pouvoir exercé sur les sentiments de l’un par l’autre, que suis-je ?

- La politique.

- Mais non, l’amour, voyons. Essayons une autre : je règne sur toute relation humaine…

- Le sentiment.

- Lequel ?

- L’attirance ? tente sa compagne de confession, dépitée.

- La confusion, ricane le prêtre.


Il colle son œil à la grille pour mieux guetter la réaction de sa voisine.


- Je fais tourner le monde, je suis… ?

- L'Amour.

- Le cul ! Et je fais tourner le monde plus ou moins vite ?

- La Foi.

- Le fric ! s’excite l’ecclésiaste, concentrez-vous, il y eut un temps où vous étiez meilleur, mon Ange… nargue-t-il. Je vous laisse encore une chance, impressionnez-moi. Je calme les esprits en semant la terreur, je suis le palliatif de l’incapacité, la réponse à l’incompréhensible, le substitut à l’évidence lorsque l’angoisse monte, je suis…

- L’espoir ?

- La religion !


La douce infirmière sursaute et maugrée.


- Tu es infernal !


Mais l’abbé continue :


- Je ne suis pas unique mais unitaire, je ne suis pas universelle mais individuelle, je suis subjective et modelable, que suis-je ?

- La pensée.

- Pas loin ! Mieux : la vérité. Un dernier pour le plaisir : je n’existe pas…


Aucune réponse, juste un long soupir.


- La conscience, solutionne le curé.

- Alors tu déraisonnes.

- VOUS me faites déraisonner, souffle l’abbé à travers la grille. Ses yeux jaunes voient parfaitement sa blanche désirée dans la pénombre. Même sa peau paraît scintiller. Il pense qu’il aimerait bien en vérifier la nature…

- Nous avons tout notre temps, ici, profitons-en, propose-t-il. À défaut de me parler, agissez, montrez-moi que vous m’aimez. Car vous aimez toutes les Créatures, n’est-ce pas ? N'est-ce pas votre tâche : les aimer, les chérir, les consoler ? J’ai grand besoin de consolation et vous faites un parfait petit lot.


Alors, d’un air résigné, l’infirmière se lève et déboutonne sa blouse sous les yeux ébahis de l’abbé. La barrette se soulève sur sa tête, comme mue par une indomptable magie. Une petite fumée sort par le col de la soutane. Une langue d’un vert visqueux s’allonge sur les lèvres de l’homme sans foi qui tend les bras. On entend la soutane craquer, la langue se colle à la grille qui fond littéralement.


- C’est assez, tu es insupportable, je remonte.


Un nuage blanc bleuté et l’Ange a disparu.


La soutane est au sol, des mains de feu ont transpercé le reste de la grille et embrasé la blouse qui se consume. Le confessionnal s’enflamme subitement. L’alarme incendie se met à hurler. Très vite, des jets d’eau venus du plafond aspergent tout le sous-sol ; une épaisse vapeur sort du confessionnal, suivie d’un grondement terrible et d’un nuage noir. On ne retrouvera rien de cet étage sauf une exécrable odeur de soufre.


12) Dernière joute : les pieds de bouc.


Le Puits. L’Ange est accoudé à son bord. Il ne regarde pas son fond. De dos, le Démon fume un cigare.


- Tu m’as l’air contrarié.


Le Démon joue à faire des ronds de fumée âcre.


- Sa barque ne va plus tarder, élude-t-il.

- Ça s’est mal passé avec ton Patron ?


Le Démon snobe et ne répond rien.


- Le mien n’était pas très heureux. Tu as fait des dégâts. Et on m’a reproché de t’avoir agacé… notre escapade a déplu…


Silence.


- Tu fais la tête ?


L’Ange fait mine de s’approcher du Démon qui grogne et rétorque :


- Nous n’avons pas discuté.

- De quoi ?

- Vous savez.

- Tu t’obstines.


L’Ange change de sujet :


- T’es-tu résigné à me le laisser ? Car il n’a pas péché.

- Il a volé.

- Un baiser… cela valait-il qu’on lui prenne une main ?

- Il a été puni…

- D’avoir aimé…

- C’est arrivé à d’autres…

- C’est injuste.

- Vous n’avez jamais trouvé cela si injuste quand la victime fut votre serviteur.


Le hideux mime une courbette. Tout en parlant, il se rapproche de l’Ange jusqu’à le frôler.


- Quels vœux avez-vous prononcés ? Et surtout à qui ? interroge le Démon.


L’Ange plisse des yeux, peut-être face à la fumée, peut-être pas.


- Qu’êtes-vous prêt à démentir ? demande l’affreux d’une haleine animale.

- Les secrets.

- Qu’avez-vous juré de ne jamais dire ?

- La vérité.

- À qui avez-vous fait ce serment ?

- À toi.

- Cessez vos moqueries ! siffle le Démon dont les yeux rougeoient.

- Je t’aimais…

- Je vais vous étriper ! rugit le Démon. Il crache son cigare. Vous ignorez le sens de vos mots quand je connais si bien les affres de mes maux ! Vous essayez de me berner, encore une fois, mais j’ai depuis parfait mon éducation sentimentale et mon érudition en termes de mensonge n’a d’égal que votre talent de subversion.

- Qui te parle de subversion ? Je ne cherche aucune révolution, aucun changement. Les choses sont très bien ainsi.


Ils se mettent à tourner autour du Puits :


- Eux vous imaginent mais ne savent pas, dénonce le Démon en désignant le fond du Puits.

- Mais ils m’aiment tel qu’ils m’imaginent.

- Vous les manipulez.

- Et ils m’en rendent grâce.

- J’ai perdu toute grâce rien qu’en votre honneur et j’ai perdu tout honneur juste pour votre grâce.

- Et tu m’aimes toujours, ironise l’Ange.


Le Démon s’arrête. Il baisse la tête :


- Voilà ma chute, infinie.


Puis il reprend gravement :


- Pour vous, j’ai avoué des fautes que je n’avais pas commises. Je me suis parjuré, j’ai menti et j’ai été banni. Mais pire que cela, les griffes acérées dissimulées par vos ailes blanches se sont acharnées sur mon cœur dévoué et l’ont réduit en charpie. Je vous ai tout offert et vous avez tout piétiné. D’ailleurs, pourquoi ne voit-on jamais vos pieds ?


Le Démon cherche à farfouiller sous le plumage de l’Ange qui le repousse :


- C’est parce que mes ailes sont trop longues ; je suis un Ange très titré.

- À moins que ce ne soit pour masquer un défaut.


Du lointain, une frêle embarcation monte par le fleuve.


- Il vient.

- Laisse-le moi.

- Il est temps de payer votre dette.


L’Ange sourit et approche du hideux. Il l’embrasse goulûment. Le Démon, tout à son étreinte passionnée, fait remonter les douces ailes sur deux pieds qu’il ne voit pas.

Deux pieds de bouc.


FIN



 
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   pupuce   
22/8/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo. C'est beau, c'est très bien écrit, c'est très profond et on se laisse guider avec plaisir dans ce dialogue intemporel jusqu'au triste mot 'fin'. On irait presque à trouver cette nouvelle un peu trop courte, tellement elle est attirante. Très sincèrement, j'étais littéralement scotché!

   macada   
23/8/2007
merci mais il en fallait bien une, fin. en vrai, j'ai eu énormément de mal à mettre en mots la 12ème "scène".

si je peux me permettre le générique de fin :http://www.radioindie.com/node/160
macada

(Edit Nico : prière de ne pas mettre deux commentaires consécutifs)

   Cyberalx   
13/7/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai commencé à lire ce texte en me disant que je le lirais en entier plus tard et je me suis retrouvé à vouloir le lire jusqu'au bout, c'est génial !
Bien écrit, bien dosé, bien pensé.
Je me suis régalé et je n'ai hélas aucune suggestion à te faire pour améliorer ton texte, bravo pour ce travail !

   Pat   
23/8/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
J'ai trouvé ça fort réjouissant. Il y a différents niveaux de lecture où apparaissent des questions intéressantes qui suintent derrière l'humour, plutôt fin. Le décalage ainsi produit m'a beaucoup plu.. Le rythme rapide, ponctué par les sous-titres et les scènes est plaisant à lire... j'ai surtout adoré le passage de descente dans l'hôpital, les jeux de mots comme par ex : "l’infirmière avec un regret pour le livide, l’abbé regardant avec regret le lit vide. "... Bravo pour ce texte original.

   guanaco   
24/8/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Même si le thème n'est pas nouveau, c'est quand même VACHEMENT BIEN écrit. Belle performance dialoguée.
Et un bon coup de sabot à la religion, PAF! et c'est tant mieux... ;)
Je constate que le Diable a ses fans sur la planète Oniris et dans les créations onirienne !!! J'boirais bien un p'tit jus d'âme,moi...

   Bidis   
24/8/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
J'ai énormément aimé. Mais je n'ai pas pu lire cette nouvelle jusqu'au bout. Cela donne à réfléchir depuis le début. C'est peut-être l'âge, mais un moment donné cela devenait trop fatigant pour moi. Je continuerai ma lecture en plusieurs fois.
L'écriture est très belle. Certaines images sont ravissantes : le Puits sans âge, les bords de la Création, déposer un voeu sur une vague. Il y a des pensées profondes et aussi de l'humour.
J'ai moins aimé le décor du Pacte. Non parce que le décor est plus matériel, mais parce que les images sont moins jolies ou moins fortes.
J'ai hâte de lire la suite, mais aujourd'hui, je ne peux pas.

   Anonyme   
26/2/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très bon.
Un commentaire sympa de l'auteur (dont je n'avais rien lu jusqu'ici) m'a fait découvrir ce texte.
J'ai bien aimé et j'ai bien ri.
Merci Macada


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