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Policier/Noir/Thriller
Maëlle : Dernier Journal
 Publié le 06/02/07  -  13 commentaires  -  15052 caractères  -  69 lectures    Autres textes du même auteur

J'ai laissé mes assistants sur les affaires courantes. 600 000 francs, c'est un travail de patron. Trouver une secrétaire, aussi.


Dernier Journal


Vendredi 20 février 1998

10h


Rendez-vous avec "monsieur Gabriel". Un faux nom, bien sûr. Il arrive une demi-heure en avance, s'étonne de l'absence de la secrétaire...


Ma secrétaire fantôme... Une secrétaire de privé, c'est un poème ! Il faudrait qu'elle soit jolie, souriante, travailleuse, discrète, intelligente, et amoureuse de moi - platoniquement s'entend.

Quand je me suis installé, j'en rêvais, de cette secrétaire... Elle préparait le thé à la russe comme personne, et m'en servait une tasse fumante lorsque je rentrais, transi, de filature... Mon seul regret professionnel : je n'ai pas trouvé de secrétaire. La plus longue enquête de ma carrière. Le seul dossier classé...

J'ai affiché un carton. "Installez-vous, je vous reçois dans quelques instants". Mais les gens n'avaient pas confiance. J'avais beau être le meilleur, je n'avais pas de secrétaire. Avec ça, ma fortune était loin d'être faite.

Devant une vitrine, j'ai trouvé l'idée. Pour donner des idées aux clients, un décorateur avait froissé les draps d'un lit comme si deux amants en sortaient à peine. J'ai acheté un bureau.


Sur ce bureau, au début, il n'y avait qu'un agenda fermé, une pile de dossiers et une machine à écrire. L'agenda a très vite disparu, j'ai plutôt rajouté des accessoires : des stylos, une gomme fantaisie... du vernis à ongle, des bouquets de fleurs un peu fanés... De mes filatures, je ramenais des trombones de couleur, ou des post-it, pour Lorelei. Car je l'avais baptisée.

Cette semaine, elle a un rhume. Alors j'ai rempli la poubelle de Kleenex froissés.


Monsieur Gabriel fait les cents pas. Il ressemble à un angelot vieilli. Il a des cheveux blancs bouclés, des yeux d'un bleu confondant, et la démarche étrange, mi-assurée, mi-timide, qu'ont souvent les gens très grands. Il s'assoit un instant, se relève, se regarde dans le miroir qui me dissimule. J'en ai assez. Je l'invite à entrer.


Vendredi 20 février 1998

11h15

- Je récapitule : selon vous, l'histoire de votre famille est liée à un arbre, seul de son espèce, et qui est mort peu après votre naissance. Vous voulez que je trouve l'origine de cet arbre.

- Oui.

- Vous me payez combien?

- Quarante mille francs tout de suite.


J'esquisse une moue. C'est peu.


- Six-cent mille francs une fois l'enquête terminée, le double si vous trouvez avant un mois.


Malgré moi, mes yeux s'arrondissent. Pour ce prix-là, je veux bien même chercher une secrétaire.



Dimanche 22 février 1998

17h

J'ai laissé mes assistants sur les affaires courantes. Six-cent mille francs un travail de patron. Il m'a d'abord fallu lire deux pavés. Le premier, relié de maroquin rouge, frappé aux armes de je-ne-sais-qui, recèle l'histoire d'une des plus vieilles familles de France. Petit royaume rallié à la cause de Clovis, devenus duché sous Saint-Louis, et ce jusqu'à la Révolution. Ensuite, une période moins faste. Immigration, voire échafaud pour quelques-uns. Puis de nouveau prospérité. Au début du siècle, politique et industrie lourde. La dernière page indique la naissance du dernier héritier : Gabriel.

À vrai dire, apprendre que cet homme-là a été l'héritier d'une des cinq plus grandes fortunes industrielles de France ne m'étonne pas trop. Son visage me rappelait quelque chose. Les yeux surtout. Il a beaucoup vieilli, depuis le temps où les journaux à scandale l'affichaient en couverture. Il était alors jeune, beau, extrêmement riche... Et célibataire. Mais peu à peu, de faillites en opérations boursières catastrophiques, sa fortune s'est dissoute. Les canons de beauté changent, il a cessé d'être intéressant. On l'a oublié...


Je présume que si Gabriel veut cet arbre, c'est pour s'en servir de publicité. Car l'autre document est une chemise rose, volumineuse, pareilles à celles qui jonchent le bureau de Lorelei. Et dans cette chemise, soigneusement dactylographiés, l'histoire de la famille. Pas celle que je viens de lire, non. Dans le volume relié, on parlait de mariage en grande pompe, de morts glorieuses, ou édifiantes, de grandes destinées... Pour Gabriel, rien de tout cela. Il commence son récit sous Saint-Louis, par un mariage. Parmi les présents de noces, un arbre, amené d'une contrée lointaine par un aventurier cherchant mécène. Il frappait à la bonne porte. La jeune épousée tomba - littéralement - amoureuse de l'arbre. Elle le fit planter dans la cour d'honneur du château, sous ses fenêtres, pour le contempler jour et nuit. Enceinte et prête d'accoucher, elle dut garder le lit. Privée de la vue de la ramure, elle perdit le sommeil, et presque le goût de vivre. Le jour où les bourgeons éclorent, pour lui faire plaisir, on déposa à son chevet un bouquet de branchages. Les branches semblaient comme couvertes de givre tant il y avait de fleurs. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle vit le bouquet, et reconnut son arbre. Elle mourut en couches, à demi-folle, persuadée qu'on avait coupé son protégé.


Gabriel continue. Selon lui, les guerres auxquelles sa famille prend part ont pour seul enjeu l'arbre, et ses fruits délicieux et rares.

À la Révolution, sa famille est persécutée et l'arbre prospère. À la Restauration, la dynastie reprend ses anciens privilèges, l'arbre est frappé par la foudre. Les guerres napoléoniennes déchirent la famille, l'arbre fleurit comme jamais.

En 1918, il reçoit un éclat d'obus, un des derniers de la guerre. Cet accident signe sa fin. Après une lente agonie de près de quarante ans, il s'éteint. Pour Gabriel, sa famille s'éteint aussi. Cet arbre qui a vécu du malheur de sa famille, cet arbre qui en était le symbole (il est en effet sur le blason), en disparaissant, emporte la dynastie.


Sans doute Gabriel est un doux rêveur. Qu'importe. Il me paye. Si je peux lui trouver sa bouture, ce sera autant de gagné...



Dimanche 22 février 1998

20h


La bourgade est laide, comme beaucoup de petites villes de province. Le seul hôtel, face à la gare, ne paye pas de mine. Mais la chambre est claire, le lit correct. Ça ira. D'abord tenter de voir où il peut être, cet arbre. La taulière ne voit pas. Elle me dit qu'au café de la place, on saura sûrement. En effet, on sait. Et pour cause.

En me servant une assiette de frites, le patron répond à mes questions :


- C'est pour l'arbre que vous venez ? Dame, ça doit faire vingt ans qu'il n'a pas reçu de visite, celui-là. On ne lui fait plus guère de publicité, voyez-vous. C'est dommage, ça faisait marcher le commerce. Mais vous dites que vous ne l'avez pas vu ! Remarquez, il fait sombre. Mais quand même.


Intrigué, je m'approche de la fenêtre. D'abord je ne vois rien. Puis je distingue une masse sombre, énorme, qui me fait penser aux blockhaus, sur les plages quand j'étais gosse. Je me rassois, recommence à manger. Il n'y a personne dans le café, à part un vieil ado qui joue au flipper, au fond. Le patron est en verve. Il raconte :


- Quand l'arbre est mort pour de bon, on s'est dit qu'il fallait faire quelque chose. Les gamins montaient dans les branches, tant qu'elles étaient vertes le danger n'était pas grand, mais dès qu'elles seraient sèches... On a voulu le couper. Mais allez trouver une scie ou une hache pour couper un arbre de plus de huit mètres de diamètre ! Le conseil municipal a passé quatre réunions là-dessus, alors on a décidé de construire une palissade tout autour, et de mettre des barbelés pour décourager les garnements. Vous croyez bien que ça n'a découragé personne, au contraire ! Les gamins jouaient à la guerre là-dedans, les mères se rongeaient les sangs, mais personne ne disait rien. Sauf qu'un jour, le fils du maire s'est avancé un peu trop loin sur une branche. Il est tombé sur les barbelés. Il s'en est tiré pour rien, de beaux bleus et pas mal de griffures... Mais, bizarrement, on s'en est soucié ! On a commencé par démolir la palissade, on a coupé les branches aussi court que possible. Il en avait, des branches ! Un nombre ! Et enchevêtrées ! Une vraie tignasse de sorcière ! Tant qu'ils n'ont pas réussi à tout enlever. Et puis, il a fallut trouver quoi en faire. On a pensé à le débiter en bois de chauffage, mais c'est pas ce qui manque, ici ! On s'est dit que s'il était creux on en ferait un joli kiosque. On a sondé. Il était plein. Et puis l'idée est venue. Pourquoi pas en faire une œuvre d'art ? Ils ont trouvé un sculpteur... Vous verrez ça demain... Moi je le préférais avant.


- Mais il n'y avait pas de château, autour de cet arbre ?

- Ah, le château... Ici on dit que c'est l'arbre, avec ses racines, qui l'a fait tomber. Mon avis, c'est que pendant la guerre, pas mal de gens qui trouvaient bien commode de ramasser les pierres "tombée du château". Quand j'étais tout gosse, il restait les trois-quatre des pans de murs. Après la deuxième guerre, y restait plus rien.



Lundi 23 février

12h


Le patron du bistrot m'a dit d'aller voir l'ancien cantonnier de sa part. Je l'ai trouvé en train de déjeuner. Il m'a raconté les même choses, en me servant d'office une assiette de cassoulet. Et puis, en croquant gaillardement dans une pomme, il m'a regardé.


- Il vous intéresse tant que ça, cet arbre ?


Il mastiquait énergiquement, en pointant le menton comme j’avais répondu oui.


- Savez vous que j'étais déjà cantonnier en 41?


Je ne voyais pas où il voulait en venir.


- En 41, l'arbre a donné des fruits pour la dernière fois (en 41, le grand-père de Gabriel quittait la France pour rejoindre de Gaulle, et son oncle entrait comme secrétaire au gouvernement de Vichy). Le feuillage de l'arbre était si dense que personne ne l'a vu, sauf moi ! Il y en avait dix, j'en ai eu quatre.


Il a en disant ces mots un air de fierté indicible.


- Et quel goût avaient-ils?

- Quelque chose comme de la pêche, avec un vague parfum de menthe, et quelque chose de plus épicé, comme du poivre, ou de la cannelle. Mais vous savez, sur les quatre, je n'en ai mangé que deux. Je voulais en garder pour ma bonne amie. Elle n'y a pas touché : en deux jours ils avaient pourri.


- Vous pourriez me décrire ces fruits?

- Je peux mieux !


Il alla cherche dans des cartons et des tiroirs, et revint triomphant. Il me ramenait une planche de botanique, sans doute dessinée par un amateur, quatre photos montrant l'arbre à chaque saison, et une sorte de toupie baroque. Je m'étonnais :


- C'est un jouet?

- Oh, que non ! C'est une graine.

- Une graine?


Il hocha la tête.


- J'en ai dix. Il en restait accrochées aux branches, quand on les a coupées.


Il m'en donna deux, en plus de la planche de botanique et des photos. Il n'accepta rien en échange



Jeudi 26 février 1998

15h


Je reviens de la fac de biologie de Jussieu, j'y ai rencontré plusieurs chercheurs en botanique. Jamais ils n'avaient vu pareille graine. Quant à l'arbre, l'un d'eux lui avait consacré deux articles, mais ne savait rien sur son origine. D'après lui, il était de la famille des pêchers, malgré ses feuilles proches de celles du saule. Ils me proposèrent de lancer un appel. Les chercheurs, de grands utilisateurs d'internet. Nous avons scannés les photos que je possédais, décrit brièvement la graine, et envoyé tout cela aux quatre coins du monde.


Je devrais peut-être offrir un ordinateur à Lorelei. Après tout, une secrétaire virtuelle...



Vendredi 6 mars

17h


L'enquête piétine. On m'a envoyé douze descriptions d'espèces. Mais aucune ne correspond ; le fruit n'a aucun goût, ou les feuilles sont différentes, mais surtout les graines ne correspondent pas.



Lundi 9 mars

14h


Rendez-vous avec Madame Cœur. Une petite vieille, toute ridée... Elle vient pour un vol de bégonia : depuis deux semaines, elle tente de fleurir ses fenêtres, mais un voleur lui pique ses bégonias. Elle a tout essayé : même en les mettant au deuxième étage, ses balconnières se vident durant la nuit.

J'accepte : l'histoire est mignonne, et Madame Cœur une gentille grand-mère.


19h


La maison de Madame Cœur est dans une zone de vieux pavillons. La grisaille recouvre les façades. On doit devenir triste en emménageant ici...

Madame Cœur ouvre. J'entre. Un chat ronronne sur un fauteuil de peluche orange. Dans une vitrine, des bergers de porcelaines s'ennuient. Madame Cœur me sert un thé avec des petits gâteaux. Puis elle me montre les endroits où sont ses balconnières, en pérorant :


- Vous savez, mon bon Monsieur, je ne suis pas la seule ! Madame Leloing, la voisine d'en face, s'est fait voler ses bégonias, et les pétunias de la petite d'en bas ont disparus aussi ! Mais elles ont laissé tomber. Moi non ! J'aime tant les fleurs ! C'est triste, une maison sans fleurs, vous ne trouvez pas ?


Je prends un air sérieux, pose deux ou trois questions. Je m'ennuie. J'aurais dû envoyer quelqu'un.


- Auriez-vous du marc de café ?


Elle prend un air effaré.


- Oh, rassurez-vous, je ne me prends pas pour un médium ! Avec du marc de café et un peu de farine, on fait une boue fort acceptable, pour récolter des empreintes...


Elle sourit d'un air entendu. Elle n'a rien compris.



Mardi 10 mars

11h


Peut-être cet arbre a-t-il un réel pouvoir, finalement. Je ne peux pas penser à autre chose. Même cette affaire de fleurs, pourtant poétiquement ridicule, m'énerve. Quand Madame Cœur parle de ses bégonias, je pense à l'arbre. Je voudrais l'envoyer paître, elle et ses fleurs de quatre sous !



Vendredi 13 mars

14h


Ça y est ! Ça y est. Quelqu'un a trouvé. La même graine, les mêmes feuilles, le même goût de pêche mentholée. Je l'ai !!


Si Lorelei existait, je l'embrasserais.



Lundi 23 mars

15h

- Une petite île, au sud du Japon?

- Oui. Une île banale.

- Banale !

- Des usines employant des ouvriers sous-payés, un peu d'agriculture...

- Suffit....

- L'arbre pousse en bordure de mer. Ses fruits ne se conservent pas. Il pousse dans des conditions très particulières : climat tempéré, terre dure, et surtout un sol gras, basique salé. À peu près la composition de l'eau de vaisselle.


Le visage de Gabriel se ternit soudain.


- Vous voulez dire que l'arbre a vécu d'ordure ?


J'acquiesce.


Nous avons pris l'avion, le bateau... De loin, l'île ressemble à un gros avocat. Des gens mal habillés cueillent les fruits. Ils engraisseront les cochons.

Je n'ose regarder Gabriel. Tomber de si haut... Mais Gabriel ne tombe pas, il vole. Il voit Son Arbre, celui dont il a rêvé. Par signe, il demande un fruit a une jeune femme. Celle-ci lui en tend un, avec un grand sourire. Il regarde le fruit, la jeune femme.

À mon départ, il me parle :


- Je me suis trompé. La vie n'est pas finie. Elle change seulement.



Lundi 20 février 2000


La vie ne finit pas, elle change. J'ai trouvé Lorelei, je l'ai épousée. Grâce à l'argent de Gabriel, nous sommes fleuristes. J'arrose des graines d'eau de vaisselle. Je pense que finalement, on ne sait pas grand chose.


 
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   Marsupilmi   
21/2/2007
J'aime bien. Toutefois la fin me paraît trop abrupte, et la mise en page trop aérée.
En conclusion un bonne idée, insuffisament développée.

   Jeff   
6/3/2007
Moi j'ai bien aimé. Oui peut-être que la fin aurait pu être plus travaillée, mais avec des "si" et des "mais"... le lecteur n'est pas l'écrivain.
Et puis cette quête de l'arbre rare, n'est-ce pas un éternel recommencement, donc il n'y a jamais de fin... et tout le monde doit rester sur sa faim...
Merci de ce voyage original.

   Nico   
12/3/2007
 a aimé ce texte 
Bien
C'est original. Dommage que certains jours soient un peu courts. La fin est également trop rapide.

Pas totalement convaincu de l'utilité de l'eau de vaisselle...

   Karl   
28/3/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai particulièrement apprécié l'ambiance de cette histoire, l'apparence, puis l'espérance avant la délivrance, sur un fond de quête du passé pour tenter de construire un avenir. Assez habituel comme quête, me direz-vous, et ce qu'on découvre n'a pas toujours la classe que l'on rêvait, mais on a trouvé, au fond c'est ce qui importe, non ?

   Pat   
24/4/2007
Assez d'accord avec les autres commentaires sur la fin... Mais j'aime beaucoup le style que je trouve (ça fait pas très expert mais bon...) limpide, clair, bien rythmé... Sur le fond, l'idée est originale (dommage quand même pour la fin), le personnage principal est attachant. Un peu looser comme je les aime (en littérature uniquement).

   oxoyoz   
27/4/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Très agréable. Le propos est haché, ca a du rythme. L'atmosphère sonne bien, on se visualise facilement le privé. Des petites pointes d'humour, j'ai souris. La fin est effectivement assez décalée du reste du texte mais ca passe. J'aime.

   Pattie   
29/4/2007
Moi aussi j'aurais bien aimé que l'histoire continue encore un peu. Mais bon, il avait trouvé, donc... Il ne pourrait pas chercher autre chose, ce détective ?

   Ninjavert   
3/5/2007
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé. Que ce soit la forme de la narration, sous forme de journal, ou le ton utilisé qui retranscrit en effet bien l'ambiance du petit privé de seconde zone attachant. J'ai adoré l'idée de la secrétaire virtuelle... Et la façon dont sa présence est simulée.
La fin m'a un peu surpris aussi, mais j'aime bien cette idée, le concept de l'arbre tirant sa force de ce que nous considérons comme des ordures... Du fait qu'il se développe au fil des catastrophes rencontrées par la famille. Ca m'a rappelé L'ingénu de Voltaire, et plus précisément sa morale : "Il prit pour sa devise : malheur est bon à quelque chose. Combien d'honnêtes gens dans le monde ont pu dire : malheur n'est bon à rien !"
J'extrapole peut être un peu (trop ?) mais j'aime assez cette idée. Bravo en tout cas, malgré une histoire un peu trop survolée à mon goût, et quelques idées dont on se demande réellement l'utilité (l'enquête des fleurs disparues, par exemple), j'ai bien aimé (bis) :)

   Iris   
14/9/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Très bien écrit. Il est clair que l'on ne peut rien redire à l'expression. On est tout de suite absorbé par l'atmosphère du récit, par ce privé un peu saugrenu, et sa quête de secrétaire. Je me l'imagine totalement désoeuvré, massif, qui n'a pas grand chose à faire des espérances de ses clients (je ne sais si c'est comme cela qu'il faut l'interpréter...).

Le thème de l'arbre est quant à lui très intéressant. Il rappelle évidemment l'histoire de la Génèse. L'arbre semble attirer et se nourrir du "mal", comme vous semblez le dire dans votre texte. Cela me plait bien. D'autant plus que ce thème permet en quelque sorte de "sacraliser" le récit.

Malheureusement, on reste tout de même sur sa fin. La chute, banale, est beaucup trop simple à mon goût. La nouvelle se caractérise par sa chute, qui est constituée d'un évènement inattendu. Or, le seul évènement inatendu dans votre nouvelle, est le mariage du privé (et encore...). Il aurait été agréable d'être plus surpris que cela...

   Bidis   
15/9/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce texte m’a paru fort bien écrit à part quelques petits détails :
-« Il s'en est tiré pour rien » : je suppose que l’auteur veut dire : il s’en est tiré avec trois fois rien
-« personne ne l'a vu, sauf moi » : on parle des fruits – donc : personne ne les a vus…

Et deux ou trois bizarreries :
-On parle de collaborateurs mais ils n’apparaissent pas – je trouve qu’alors, il vaut mieux ne pas en parler du tout
-Les empreintes pour un vol de bégonias ??? Déjà pour un crime, si l'on n’a pas d’empreintes de suspects pour comparer, ça ne sert pas à grand-chose…
-Mais il n'y avait pas de château, autour de cet arbre ? : il peut y avoir un parc, un jardin ou des murs autour d’un arbre, un château devant ou derrière un arbre, mais pas un château autour d’un arbre

A la fin, j’ai cru qu’on arrivait à l’Ile aux fleurs, surtout avec l’allusion aux ordures… (Si personne ne sait ce qu’est l’Ile aux fleurs, je conseille d’aller voir la vidéo sur Internet. C’est un petit film très instructif…)
J’ai donc cru qu’on arrivait à l’Ile aux fleurs, ce qui aurait donné une toute autre dimension à la nouvelle et pleinement justifié qu’elle s’arrête là.

Mais bravo pour l’originalité de toutes façons. Car on sort ici des sentiers battus…

   marogne   
27/6/2008
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai été étonné par cette nouvelle.

D'abord une belle écriture, avec ce qu'il faut d'humour et de distanciation pour le sujet; on se croirait vraiment dans un film du genre.

J'ai vraiment bien aimé l'invention de Lorelei, à la limite de l'absurde, mais un absurde manié avec soin. Je me suis laissé prendre par cette histoire d'arbre qui croît sur le malheur des autres, et symbole étonnant d'une grande famille. J'attendais la fin, j'attendais ce qui allait découler de la découverte du fruit....

Mais j'ai été déçu par la fin que je trouve tourner court, comme si on avait- pas su comment terminer l'histoire initiale. Sans doute c'était voulu, mais bon, ....

   xuanvincent   
25/7/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une enquête singulière... pour une histoire qui j'ai appréciée.

Partir à la recherche d'un arbre, lié à la destinée d'une famille, voilà qui est peu banal pour un enquêteur !

Le personnage réinventé de la Lorelei, de la secrétaire fantôme (encore un fantôme...) du narrateur m'a également plu.

Sur la forme, j'ai apprécié la rédaction de l'histoire sous forme de journal, précis, jusqu'à la mention de l'heure.

Au passage, les voisins ont des noms qui m'ont amusée : "Madame Coeur" et surtout "Madame Leloing (, la voisine d'en face" (!).

Détail : "Il demande un fruit à une jeune femme" : coquille : "a" au lieu de "à".

La fin m'a, comme d'autres lecteurs, un peu surprise. Mais pourquoi pas ?

   Menvussa   
21/12/2008
 a aimé ce texte 
Bien
C'est très bien écrit mais je reste un peu sur ma faim. Cet arbre qui semble se repaître des malheurs de la famille de Gabriel nous promet une histoire fantastique, qui tombe un peu à l'eau.

Cela sonne comme une fable, mais la morale n'en est pas vraiment évidente. Une leçon d'humilité peut-être, la chance qui sourit aux audacieux... c'est un peu confus.

Mais c'est plaisant à lire, mais...


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