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Réalisme/Historique
Maëlle : La dame de compagnie [concours]
 Publié le 02/06/08  -  12 commentaires  -  16307 caractères  -  38 lectures    Autres textes du même auteur

Un mariage, une guerre, et quelques retournements de situation, dans une Espagne presque aussi réelle que celle d’Hugo et de Racine.


La dame de compagnie [concours]


Ce texte est une participation au concours nº 5 : La Trame Imposée (informations sur ce concours).



- Si vous ne souhaitez pas le voir, moi, il me tarde.

- Vous le verrez bien assez tôt, Anne, et moi aussi.


La demoiselle de compagnie comprend que sa maîtresse n’est pas d’humeur à plaisanter. Elle plie pensivement l’une des pièces d’étoffe qu’elle vient de jauger : le fiancé n’a pas lésiné sur la qualité, le brocard est de toute beauté. Après avoir jeté un œil à la jeune noble qui feint maintenant de se passionner pour la broderie des coussins, Anne pousse un soupir, et décide de passer à l’action.

Elle se dirige d’un pas décidé vers le coffre qui n’abrite plus que le portrait, soigneusement protégé par un linge.


- Anne ! Que faites-vous !

- Je le regarde : ce n’est pas parce que vous le tenez loin de vos prunelles que je me dois de vous imiter.

- Impertinente, lance Catherine, amusée, qui a compris quelles étaient les intentions de sa suivante.

- Pour vous servir, mademoiselle, répond la jeune fille en plongeant dans une révérence excessivement profonde. M’autorisez-vous à porter les yeux sur ce morceau de bois ?

- Fait comme il te sied, mais ne le tourne pas vers moi.


Anne se penche à nouveau dans un salut ridicule, et extirpe le cadre du coffre.


________________


- Elle semble saine. Si le peintre n’a pas menti, elle doit être une bonne nourrice

- Diego, je sais que tu maries à contrecœur, mais…

- Vous me donnez un ventre pour épouse. Je n’aurais pu espérer mieux, Père, mais ne me demandez pas de la considérer comme un être humain. J’ai mes amitiés, elle aura les siennes, et nous serons bons époux en ne nous voyant pas plus que nécessaire.

- Ce ne sont pas des façons. Cette Catherine est loin d’être laide, et l’on assure qu’elle est instruite…

- Et que les enfants qu’elle portera seront un gage d’alliance avec l’Angleterre. Vous me l’auriez donné bossue sans le moindre remords. D’ailleurs rien ne prouve qu’elle ne le soit pas !

- Le portrait est plaisant. Un peu raide, peut-être…

- Et depuis quand les peintres de cours se piquent de réalisme ? Si elle ressemble autant son portrait que moi au mien, alors je peux aussi bien épouser une grenouille.


________________


- Ne nous a t’on pas dit qu’il était grand d’Espagne ?


Anne jette un œil vers sa maîtresse qui lui tourne ostensiblement le dos. Elle fronce les sourcils et reprend :


- Il semble pourtant petit… à moins que le chien soit un épagneul géant… Le chien est d’ailleurs plus réussi que l’homme, je trouve. Le visage manque de netteté…


Elle marque une pause. Catherine ne bouge pas.


- La pose n’est pas à son avantage. Il a des mollets de coq ! Par contre, il a la taille bien prise… Je me demande ce qu’il tient à la main…


Elle penche le tableau sous divers angles, l’air concentré. Catherine, agacée, se lève et la rejoint.


- C’est un éventail, fermé… On me marie à un mignon !


Anne évalue du regard la quantité de rubans et de dentelle du costume du fiancé, et se dit que la formule n’est pas si mal trouvée. Elle conteste pourtant :


- Ne serait-ce pas plutôt des carreaux d’arbalète ? Il y en a une posée à ses pieds.


Catherine prépare une réplique acerbe, mais la porte s’ouvre alors qu’elle ouvre la bouche.


Elle se détourne d’Anne pour tancer vertement l’impudent qui se permet d’entrer en ses appartements sans y être mandé. Elle en est empêchée par une série de révérences aussi obséquieuses que hors de propos.


- Je ne crois pas vous connaître, madame.

- Dame Bertille, votre grâce. Pour vous servir.


Anne ne peut se retenir de pouffer : la nouvelle venue est si raide et si sérieuse que l’idée même qu’elle puisse servir sa maîtresse lui semble comique. Catherine saisit le regard noir que sa visiteuse lance à sa protégée.


- Je n’ai pas demandé de servante, madame.

- Et je n’en suis pas une. Je suis dépêchée par don Diego pour être votre gouvernante.

- Mon futur me tient donc pour une enfant en lisière. Vous me voyez navrée de vous avoir fait faire si longue route pour une tâche inutile. Je n’ai nul besoin qu’on m’enseigne les lettres.


Dame Bertille plonge en une ample et raide révérence qui est, les deux jeunes filles le perçoivent, une remontrance.


- Je me suis fait mal comprendre, votre grâce. Votre fiancé occupe une place importante à la cour, et il sied que sa future femme soit en tout point instruite de l’étiquette et des usages d’Espagne. Il m’a entre autres chargée de vous enseigner le castillan, et de vous faire savoir quelques rudiments de politique.


Les derniers mots sont prononcés avec un mépris évident.


- L’étiquette ! s’emporte Anne. Vous ne semblez pas vous-même…


D’un simple geste, Catherine l’enjoint de ne pas poursuivre. Anne se le tient pour dit, mais trop tard. Bertille, après une nouvelle révérence, reprend.


- La cour d’Espagne est un lieu où règne la vertu. Il n’est donc nullement nécessaire de prendre des précautions avant de rendre ses hommages.


Elle se plie à nouveau, et Catherine ne peut que lui rendre ce geste. Anne, gênée, recule d’un pas.


- Si mademoiselle veut bien me le permettre, je vais me retirer dans mes appartements. Nous commencerons nos leçons demain après la messe.

- Faites. Nous serons présentes.


Le regard de Bertille saute de Catherine à Anne et d’Anne à Catherine. La jeune noble reste droite, la tête haute, et sourit avec affabilité. La gouvernante fronce les sourcils. Elle trouve enfin une échappatoire.


- C’est que, mademoiselle…

- Dites.


Catherine savoure d’emblée son triomphe. Anne regarde en l’air, ne sachant quelle contenance adopter.


- Votre… suivante sera sans doute fort ennuyée de suivre ces enseignements…

- Mon promis aurait donc choisi une mauvaise pédagogue pour m’instruire ?


Bertille, agitée et nerveuse, bredouille sa réponse :


- Non point, mademoiselle, non point, mais ces leçons seront fort arides pour elle qui n’en tirera aucun bénéfice…

- Suggérez-vous, madame, que mon amie soit une idiote.


Anne se détourne et maquille maladroitement son rire en toux nerveuse. Bertille, raide à nouveau, se reprend et assène :


- Je n’oserais, mademoiselle. Mais vous ignorez sans doute…

- Qu’à la cour d’Espagne il ne sied pas à une femme mariée de s’entourer de jouvencelles ? Il se peut, madame, que je sois moins ignorante que vous ne semblez le croire.

- Votre grâce, je n’oserai, grommelle la gouvernante en se pliant une nouvelle fois.


Catherine reste digne, malgré l’hilarité qui la gagne :


- Anne que voici, épouse à la cour d’Espagne un gentilhomme de la suite de don Diego. Son dévouement va jusqu'à se marier pour mieux me servir. Je souhaite ne pas avoir à éprouver aussi durement le vôtre.


Bertille se courbe encore. Anne, facétieuse, l’imite.


- Mademoiselle, je ne suis ici que pour servir l’Espagne en vous servant.

- Et je n’ai aucune peine, madame, à savoir où ira d’abord votre loyauté.


Bertille, dans un dernier salut, sort. Anne continue de singer ses révérences pendant quelques secondes, puis, voyant que ça n’amuse pas sa compagne, cesse.


- La cour d’Espagne semble gaie, vu ainsi, n’est-il pas ?

- Anne, ne savez-vous donc pas être sérieuse ?


La jeune fille prend une moue comique qui réussit là où ses pitreries ont échoué. Le fou rire qui les prend les libère de leurs tensions.


________________


- Vous n’êtes point mon otage. Si vous souhaitez regagner votre patrie, je veillerais à ce que vous y parveniez saine et sauve.

- Il ne me viendrait pas, monsieur, à l’idée de considérer mon futur comme un geôlier. Quant à regagner l’Angleterre…

- Catherine, vous avez ma parole…

- Et je représentais la leur. Soufrez que je n’accorde point d’importance à un pays qui me compte si peu de prix.

- Ce langage vous honore, mais je ne saurais que trop vous enjoindre de réfléchir.


Catherine prend un air maussade.


- Il vous tarde peut-être d’être délié de liens si compromettants. Je peux le comprendre. Si tel est votre désir, renvoyez-moi à votre guise, avec ma suite.

- Je n’ai point…

- Évitons les paroles creuses, voulez-vous ? On m’a offerte à vous en gage d’une paix mensongère. Vous m’avez accepté par devoir. Ne protestez pas. Croyez-vous que je n’ai pas vu votre peu d’empressement ? Je ne le regrettais pas. Il se trouve que vous êtes, autant que moi, engagé. La cérémonie qui a eu lieu avant mon départ d’Angleterre vaut mariage, vous le savez.


Diego cille, en signe d’acquiescement.


- Mais vous savez aussi que rien ne se brise plus facilement qu’une union non consommée. Je suis ici pour être votre femme. Si vous me répudiez, je partirais. Vous pouvez aussi me choisir pour compagne.


Anne à ces mots étouffe un cri.


- Vous n’aurez pas en moi une épouse aimante, mais je vous serai alors reconnaissante de m’offrir cette patrie que je viens de perdre.


Diego acquiesce.


- Je ne peux m’engager, et vous le comprendrez aisément. Je sers avant tout mon pays et mon roi. Je vous prenais pour femme contraint par la politique. Si cette obligation perdure, alors peut-être je bénirais la raison d’État. Cependant laissez-moi encore vous dire, et ma proposition demeure, que si vous restez vous vous préparez de sombres heures. Vous serez ici plus que l’étrangère, l’ennemie, l’espionne. Il est possible qu’il vous faille vivre en recluse, peut-être même chercher l’asile temporaire d’un couvent éloigné pour protéger votre vie. Vous serez assaillie de toutes parts.

- Et vous avec moi. Vous avez raison, fuyez cette alliance qui ne sera qu’un poids.

- Madame, il ne m’appartient pas de le faire.


Catherine hoche la tête. Diego la salue, et sort.


- Catherine, quelle est cette folie ?

- Et reprendre la mer, sous pavillon espagnol alors que nous sommes en guerre ? Et te laisser, seule, affronter ce pays.

- Je partais avec vous.

- Tu laissais Guillermo ? Tes noces ont été célébrées en bonne et due forme, et tu ne peux cacher qu’elles ont été fécondes…

- Catherine !

- Eh quoi ? Anne, je ne t’abandonne pas. Ce n’est pas un sacrifice. Explique-moi ce qui me lie à un pays qui me traite si mal ?

- Mais ne craignez-vous pas ?

- Pour ma vie ? Bien sûr. Pour la tienne aussi, et bien plus encore pour ce pauvre Hatwick qui croyait lier sa fortune à mes pas. Mais suffit.


Anne, docile, reprend la lecture qu’elle faisait avant d’être interrompue par le fiancé de sa maîtresse.


________________


Quelle noce étrange ! La cour est présente, c’est le favori du roi qui vient ainsi vers l’autel. Mais la foule est sobre, presque en deuil : c’est une Anglaise, issue d’un peuple félon, qui marche vers le chœur. La cathédrale St Marie résonne d’une rumeur réprobatrice. Pourtant le prince, sous son dais, est souriant. Pourtant le marié porte sa tenue de parade, exhibant sans remords une gloire militaire présente et à venir. L’épousée, vêtue de soie bleu nuit brodée d’argent, est resplendissante et fière. Elle glisse dans la nef, à peine appuyée sur le bras de l’ambassadeur. Celui-ci porte comme un fardeau les lettres K et E entrelacées sur son pourpoint. Elles signent son arrêt de mort, chuchote-t-on. Dissimulée sous les arcades, Anne surveille avec attention la cérémonie. À une place de choix dans les premiers rangs se tient Bertille, l’air sévère, à son habitude. Elle n’a pourtant pas à rougir de son élève. Anne ne peut s’empêcher de lorgner la sinistre gouvernante. Elle croit lire sur ses lèvres, tressaille. Ce n’est pas possible, elle doit s’être trompée. Elle reporte son attention sur l’autel où les deux époux échangent leurs vœux.

Bertille tombe à genoux. Son voisin s’émeut : quel triste mariage, qui voit un grand de ce monde accueillir la perfide vipère au plus près de son âme.


________________


Anne sort de la chapelle. Elle évite tant qu’elle peut le confesseur et ses questions indiscrètes, prétextant quand on le lui reproche les désagréments de la grossesse, sans omettre le moindre détail organique. Elle s’amuse de les voir battre en retraite. Catherine n’a elle, pas d’excuses, et semble supporter sans déplaisir ces simagrées catholiques.

La gouvernante arrive en hâte. Anne pense d’abord que sa maîtresse la fait demander, mais Bertille n’a qu’un regard haineux pour la dame de compagnie. Celle-ci sourit : après tout, c’est bien dans le personnage de cette harpie de se rendre à confesse comme si rien n’était plus important. La petite joie d’Anne meurt à peine née. La médisance n’est pas intéressante quand on ne peut la partager. Supporter Bertille serait facile, si seulement elle sa maîtresse n’était pas confinée dans cette résidence de campagne éloignée de tout. Seules les rares visites de leurs deux maris égayent un peu ce tombeau. Diego a veillé à ce que même les domestiques ne puissent communiquer avec elles : ils parlent un dialecte qui leur est incompréhensible. Bertille est contrainte de servir d’interprète… et le fait payer par de longues leçons de morale.


Anne a une moue amère. Elle avait été outragée par ces précautions odieuses. Aujourd’hui elle les trouve salutaires. Guillermo, lors de sa dernière visite, a laissé échapper quelques mots qui lui ont glacé le sang :


- Il ne vaut mieux pas que tu saches. J’ai déjà trop parlé ici


Plus encore que sa phrase, c’est sa pâleur soudaine qui l’avait alerté. Elle l’avait pressé de questions, sa mine soucieuse parlait pour lui. Anne sent la main glacée de la peur lui étreindre le cœur. Si on les accuse, rien ne viendra les sauver, pas même leur innocence.


Mais sont-elles innocentes ? Bertille est hors de cause, mais Catherine ? Depuis son mariage elle se montre plus espagnole que le roi lui-même. Elle a fait don à un couvent prestigieux de toutes ses parures :


- Plutôt porter une bure que d’être vêtue par un peuple félon.


Mais justement, ça, ne ressemble pas à la fille sarcastique, un peu hautaine qu’elle connaît. Elle a trop vu Catherine manipuler son monde. Anne frissonne. Pourvu qu’elle ne soit pas allée trop loin !


La jeune femme s’effondre sur une ottomane dès la porte de son petit salon franchie. La chaleur est déjà présente. Quelle idée d’être grosse dans un pays pareil. Brusquement elle se rend compte qu’elle a gardé un psautier à la main. Elle s’en amuse : en voilà un qui manquera longtemps. En le posant sur un guéridon, elle s’aperçoit qu’un morceau de papier dépasse. Curieuse, elle le saisit, le déplie…


« Vos informations ont été utiles. Vous utiliserez l’arène dorée pour le prochain contact. »


Anne pousse un cri, lâche le billet. Guillermo disait vrai. Il y a une espionne… Elle se mord les doigts en réfléchissant : ce confessionnal peut peut-être servir à d’autres qu’elles trois ? Et à qui ce message était-il destiné ? Il est rédigé en espagnol, ce qui ne veut rien dire. Puis, soudain, elle se lève : c’est Bertille. Bertille qui était si contrariée de la voir si matin à confesse.


Anne ramasse le papier, se précipite autant qu’elle le peut vers les appartements de Catherine. Il faut que celle-ci sache. Elle préviendra Diego… Anne ralentit. Ou alors…


Car elles sont toujours filles d’Angleterre, malgré tout. Quel intérêt de dévoiler la duplicité de la sinistre gouvernante, sinon de hâter la victoire espagnole… et d’assurer leur sûreté. Anne se reprend, et frappe assurément à la porte.


Elle expose sa découverte à Catherine. Celle-ci l’écoute, calme et posée. Elle serre le morceau de papier dans son secrétaire. Quand elle se retourne, elle est parfaitement impassible.


- Viendrez-vous ce matin à la promenade ?


Anne acquiesce, prise par un malaise qu’elle ne comprend pas. Catherine se pare de sa mantille. Elle discourt sur les fleurs qu’elles verront dans le jardin. Sa suivante répond distraitement, mais Catherine ne semble pas s’en apercevoir. Lorsque, de loin, sa maîtresse adresse un signe amical à une Bertille plus raide encore qu’à son ordinaire, Anne se sent vaciller. Avant de sombrer, elle pense :


- Mon Dieu, je suis perdue.


Elle s’effondre, les deux mains crispées sur son ventre.




 
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   Bidis   
2/6/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je me suis laissée bercer agréablement par cette histoire élégante écrite dans un style élégant mais cela ne m’a pas du tout passionnée.

   widjet   
2/6/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Cinquième lecture du concours

Vocabulaire, personnages, décor, intrigue, bref tout est d'un autre temps. On pense (un peu) aux Liaisons Dangereuses ...et ma foi, c'est novateur et plutot plaisant ! Une vraie bonne surprise pleine de fraicheur et surtout de raffinement !

Bravo Maelle !

Widjet

   Ninjavert   
3/6/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ah un vrai petit coup de coeur, en ce qui me concerne.

Pourtant, on est dans un registre qui n'est vraiment pas ma tasse de thé (ha ha) : le récit sans action s'inscrivant dans un cadre historique réaliste. C'était pas gagné de séduire avec ces atours là, le primate écervelé et frénétique que je suis.

Pourtant, dès les premières lignes j'ai été sous le charme : la fraîche candeur espiègle d'Anne, le charme et la répartie implacable de Catherine... Argh !

Diego n'atteint pas ce stade de développement, dommage. (Bertille est bien campée, mais reste un personnage secondaire.) J'aurai aimé m'attacher à Diego autant qu'à nos petites anglaises... (Bon, c'est un mec, raison potentielle pour laquelle il m'a peut être moins accroché.)

Sur le style, pas grand chose à redire si ce n'est les deux trois coquilles que j'ai relevées ici ou là. C'est bon signe : quand on repère les coquilles c'est que le reste est globalement irréprochable. Le vocabulaire est parfaitement maîtrisé, pointu et rigoureusement exact, sans être trop compliqué ou spécifique pour qu'on s'y perde. L'ambiance, les décors, les caractères... Tout est admirablement retranscrit, avec précision et méticulosité (sans être chiant ^^).

je regrette principalement deux choses :

- La fin, qui m'a échappé. J'avoue que je suis bien incapable de dire avec certitude ce qu'a compris Anne. Qui est le/la traître(sse) ? Qu'est-ce que ça implique ? Soit c'est trop ouvert à mon goût, soit c'est maladroitement exprimé (à mon sens, hein).
- La perte de rythme / vitesse qui se ressent dans la deuxème partie (quand elles sont en Espagne). Autant j'étais à fond dans la première moitié, avec le charme des deux amies, l'humour et la verve dont elles font preuve, autant la deuxième partie, plus austère, m'a un peu emmerdé (le terme est fort). Disons que j'ai été moins passioné.

En bref, une grande maîtrise du sujet (on sent que tu connais le contexte), que tu nous fais partager avec passion et intérêt, mais qui a manqué à mon sens d'un chouille de clarté (sur la fin) et d'une baisse de régime. Avec la constance du début, j'aurais sans hésiter trouvé ça "très bien" :)

Merci Maëlle pour cette petite perle ^^

Ninj'

   guanaco   
4/6/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Ah ben dis donc on n'est pas chez les pécores!^^
Belle performance lingüistique et lexicale, c'est un des points forts qui permet d'asseoir le décor et de créer une atmosphère.
Les dialogues restent accessibles, ils auraient pu tomber dans le piège du cultisme, du trop pompeux mais non, c'est bien dosé.
J'aime bien la façon dont tu fais passer la complicités entre Anne et Catherine pour mettre en relief le contraste avec Bertille.

Le hic, pour moi, c'est l'intrigue. Et comme le Ningéant vert, moi non plus je n'ai pas bien saisi le final. Je me suis perdu dans les espions et les traîtres ou traîtresses.
Le personnage de Diego me semble un peu pâlichon, j'aurais bien aimé un Diego plus fort de caractère, plus catégorique, avec des opinions plus tranchées sur le sentimental et le politique.

Enfin, quelques petites maladresses de texte:
- "Elle penche le tableau sous divers angles": elle REGARDE le tableau...
-"Bertille, dans un dernier salut, sort. Anne continue de singer ses révérences pendant quelques secondes, puis, voyant que ça n’amuse pas sa compagne, cesse": pourquoi les verbes en fin de phrases? Par ex: B. SORT dans un dernier salut/ ... puis CESSE voyant que CELA n'amuse plus...
-"si seulement elle sa maîtresse n’était pas confinée dans cette résidence de campagne éloignée de tout.": pas compris la construction.

Merci pour cet agréable voyage dans un pays qui m'est cher. Merci pour cette langue d'un autre temps mais dont on ne se lasse pas.

Merci pour ce texte et bonne chance.
Guanaco.

   David   
4/6/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Maelle,

Catherine est sans doute une effroyable garce qui a prémédité de longue date l'assassinat d'Anne, Bertille sera le contact de Catherine en Espagne, deux espionnes anglaises...

le personnage E c'est l'Espagne ? Le mariage serait une maneuvre anglaise, alors que la Perfide Albion déclare la guerre à l'espagne peu aprés, ça serait la scène du dialogue Catherine/Diego...et Anne se fait assassiné pour apitoyer Diego auprés de Catherine, un genre de gage, couper définitivement les ponts en apparence avec l'Angleterre...pas à cause du billet en tout cas.

C'est intriguant, ça doit être le but.

   Ariumette   
9/6/2008
De grands sauts dans le temps qui laissent le lecteur se questionner, un langage un peu désué, les mystères et félonies de la cours... Que d'ingrédients pour faire une histoire palpitante ! C'est bien écrit mais je ne suis malgré tout pas entrée dans cette histoire.
Je ne note pas pour cause -concours-. J'ai aimé l'écriture et l'effort mais pour moi il manque le petit quelque chose qui tient vraiment en haleine.

   Marsupilmi   
12/6/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quelle finesse de plume ! j'en suis chaque fois bluffé. Ceci dit, moi non plus je n'ai pas compris la fin.

   aldenor   
17/6/2008
 a aimé ce texte 
Bien
J’ai beaucoup aimé la première partie, légère, pétillante.
Malheureusement la suite m’a paru assez confuse, le ton du divertimento s’est perdu en route.

   xuanvincent   
19/7/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé ce texte de Maëlle.

Le récit est bien écrit, un peu à la manière de l'époque, ce que j'ai apprécié. Son humour m'a plu.

Cette histoire pourrait faire selon l'objet d'une mise en scène théâtrale, celle d'une comédie, d'autant plus qu'elle est écrite au présent. Les traits séparant les parties pourraient alors être remplacés par des titres du type "acte 1", "acte 2"...

Bravo Maëlle pour cette belle histoire !

PS : Voici quelques points de détails, trouvés lors de ma lecture :

- "Diego, je sais que tu maries à contrecœur" : il manque un « te » ?

- absence de deux points, pour "Elle semble saine. Si le peintre n’a pas menti, elle doit être une bonne nourrice" et "J’ai déjà trop parlé ici".

- répétition de pourtant, écrit par trois fois à peu d'intervalle : "Pourtant le prince, sous son dais, est souriant." "Pourtant..." "Elle n’a pourtant..."

- "Mon futur me tient donc pour une enfant en lisière." : "en lisière" me paraît assez curieux même si je pense avoir compris l’image.

- Soufrir : ce mot souffre de manquer d’un « f ».

- alors peut-être je bénirais la raison d’État : je préfère "alors peut-être bénirais-je".

- "si seulement elle sa maîtresse n’était pas confinée dans cette résidence de campagne éloignée de tout" : le « elle », avant "sa maîtresse", est sans doute de trop.

- "Plus encore que sa phrase, c’est sa pâleur soudaine qui l’avait alerté. Elle l’avait pressé de questions" : sans doute accorder les deux verbes au féminin ("alertée", "pressée") ?

- "Anne continue de singer ses révérences pendant quelques secondes, puis, voyant que ça n’amuse pas sa compagne, cesse." (cesse aurait peut-être pu être complété par un complément ou remplacé par un autre verbe ?).

- La fait demander : "la fait mander" me paraît préférable.

- La cathédrale St Marie : "Sainte-Marie" me semble mieux écrit.

Voilà, j'ai fini, encore merci et bravo !

   Mistinguette   
8/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Très belle écriture… un dépaysement total.
Malheureusement je n’ai pas compris grand-chose à l’intrigue. Peut-être faut-il être calé en histoire pour saisir le dénouement de cette nouvelle, mais malgré tout lecture infiniment agréable.

   Anonyme   
11/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien
lecture agréable hormis les séparations de paragraphes par des lignes. on a l'impression qu'il se passe énormément de chose entre deux parties et que l'on doit les deviner par nous même lors de la lecture. pas que ceci soit désagréable mais il donne un côtes fade à la lecture. enfin cela reste de mon avis^^

belle imagination tout de même je ne m'imaginais pas cette fin bravo!

   Anonyme   
1/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Unne histoire élégante et toujours cette plume qui brille. J'ai apprécié cette promenade à travers les âges, ce récit royal qui n'a rien à envier aux histoires écrites par les grands pontes du roman historique romancé (je parle de la manière d'écrire surtout car on ne peut comparer une nouvelle à un roman).

Une lecture que je recommande. Une bonne surprise.


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