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melonels : La nostalgie camarade
 Publié le 11/03/09  -  17 commentaires  -  6037 caractères  -  162 lectures    Autres textes du même auteur

Une déclaration d'amour à mon enfance.


La nostalgie camarade


C'est en fredonnant ces quelques mots d'une chanson de Gainsbourg que me vient cette irrémédiable envie d'écrire ce que j'ai vécu. Je suis née nostalgique. Hier m'a toujours laissé un pincement au cœur. Est-ce la peur de ne pas connaître demain de si belles émotions ? Qu'est-ce que cette nostalgie qui me brûle le ventre, étouffe ma voix de sanglots ? C'est le bonheur, juste le bonheur. J'ai vécu !

Toutes ces petites choses mises bout à bout font ma vie, une vie comme celle de tout le monde, mais exceptionnelle parce que c'est la mienne. Une vie faite d'amour, de rires, de larmes, de jeux, de blessures, de rêves, de bonjour et d'au revoir, ma vie.

La vie est belle parce qu'on veut qu'elle le soit et le bonheur n'est pas une quête. Le bonheur est dans les instants fugaces, il ne se cache pas, il attend qu'on le cueille, il ne dure pas, il se collectionne.


Pourquoi souris-tu ?

Pour rien, ou plutôt pour tout !

Pour tout ce que j'ai vécu et pour tout ce qu'il me reste à vivre...

Je ne veux rien oublier d'hier, je ne veux pas que disparaissent les instants d'autrefois au gré des années.

Si j'oublie, je meurs un peu. Je ne mourrai pas ! Je vivrai toujours dans ces mots.

"La nostalgie camarade"


Ne jamais oublier les moments simples de la vie, ceux qui font le quotidien, les petits riens insignifiants que nous croyons pouvoir laisser filer sans blessure mais qui font l'air du temps, ceux qu'on recherche et qu'on ne retrouve jamais.

Je déteste vieillir et savoir que d'autres sont nés après moi. Ce qui me console c'est que j'ai connu une autre époque, un autre monde... J'ai connu la fin des années baba où flottaient encore dans l'air un souffle d'insouciance, la révolte, l'utopie, la solidarité, la liberté. J'ai connu le temps où la société de consommation n'avait pas cette emprise sur nos comportements. J'ai connu le temps où on appréciait ce qu'on avait parce que nous n'avions pas trop. J'ai connu le temps où les yeux des gens brillaient encore...

J'idéalise peut-être. Étais-je simplement heureuse qu'on m'ait donné le jour, heureuse de faire connaissance avec ce monde qu'il fallait bien aimer puisqu'il serait mien.


Mon monde, ma planète c'était mon village. Comme le village d'Astérix, il avait une âme, une histoire. Il résistait encore aux assauts du grand Capital. Rouge colère. Rouge révolte. Rouge, Flixecourt était un fief communiste.

C'était une cité ouvrière, des maisons de briques alignées, toutes identiques, aux cloisons si fines que votre voisin faisait partie de la famille. La journée ensemble à l'usine, le soir ensemble au pas de la porte sur une chaise à bavarder de tout et de rien, attendant que l'univers éteigne la lumière. On se voyait, on se parlait, on se touchait, on existait pour l'autre.

Une place pour accueillir la fête du village qu'on appelait le "Maroc", parce que sans ombre, il y faisait chaud comme là-bas. Un plan d'eau, la Breilloire et son écluse. Le pont sous lequel coulait la Nièvre où des pêcheurs sacrifiaient quelques heures. Des châteaux appartenant aux propriétaires de l'usine. Une usine qui employait les habitants du village et des alentours, qui nous réveillait au son du "cornet", rythmant la vie du village selon la cadence des ouvriers. Des habitants, des ouvriers conscients de ce qu'apportaient la famille Saint et son usine au village, lucides pour comprendre ce que leur patron gagnait grâce à leur labeur, fiers de croire encore à un monde plus juste, où l'égalité n'est pas un vain mot, où le communisme est la plus belle oasis après la démocratie.

C'était ça Flixecourt, mon village Gaulois aux accents soviétiques.


Je suis attachée à mon enfance comme je le suis à la vie. L'enfant que j'ai été est ma conscience, c'est elle qui juge celle que je suis devenue. Je suis celle que je suis devenue. Je suis celle que je me suis promis de rester, une grande enfant.

Je veux toute ma vie être émerveillée par ce qui m'entoure.

Je veux toute ma vie avoir envie.

Je veux toute ma vie comprendre les rires des enfants, ne pas être vue par eux comme une pauvre adulte loin de l'imaginaire de l'enfance.

Je veux toute ma vie croire en l'incroyable, au Père Noël, aux fées, aux lutins...

Jusqu'à aujourd'hui je tiens parole.

Les promesses qu'on se fait à soi-même sont les plus importantes à tenir. Si le regard des autres est parfois lourd à soutenir, rougir de ce qu'on est c'est une petite mort, un cancer qui vous ronge, votre honneur qui s'enfuit.

Je n'ai jamais voulu être une star, gagner des millions, avoir du pouvoir, non j'ai juste voulu être heureuse dans la vie...

J'ai tant hurlé contre ces vieux cons qui nous préconisaient "une bonne guerre" pour nous apprendre à vivre. Je les ai tant maudits ceux qui ne comprenaient pas nos rires, nos gesticulations, nos jeux, notre folie de vivre, que je me suis promis de ne pas grandir.

La curiosité, en quête de découverte et conserver ce regard illuminé.

L'amour, ne pas taire ses sentiments, ne pas hésiter à confier des "je t'aime" à ceux qui font vibrer notre cœur.

Le jeu, s'amuser de toutes les situations, rire de tout pour oublier d'en pleurer.

Espérer, parce que demain est à construire et qu'il sera beau encore si je le décide.

Être, assumer ce que l'on est, vivre ses émotions, hurler face au vent notre rage de vivre. Ne rien attendre de la vie et tout lui prendre.


C'est tout ça être un enfant, une boule de vie, sans pudeur, sans question, une boule de vie exaltée par ce qu'elle va pouvoir faire de cette vie !


J'ai décidé d'être tout ça éternellement, passionnément. Rien ne doit être tiède, il faut vivre pleinement ou ne pas exister !

Pour ne pas quitter l'enfance, il ne faut pas l'oublier. Si la mémoire nous fait défaut, les mots figent les souvenirs.

Mon histoire, la plus belle parce que c'est la mienne, la plus douce parce que je l'aime, la plus émouvante parce qu'elle fait ce que je suis.

Il me reste des mots, des odeurs, des musiques, il me reste ce que je ne veux jamais oublier, des futilités heureuses à se rappeler.


 
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   estelane   
11/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien
très belle ode à l'enfant qui est en nous.
beaucoup de sensibilité dans cette nouvelle, de la fragilité aussi !
sentiments et paysages vivants.
félicitations pour cette carte postale !

   Anonyme   
11/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un joli texte, inattendu chez un auteur que j'avais mal jugé à la lecture de ses commentaires souvent déplaisants.
Je partage cette philosophie (celle du texte, pas celle des commentaires).
Je pense à ce passage de Jacques Prévert: "Dis camarade Soleil, tu ne trouves pas que c'est plutôt con, de donner une journée pareille à un patron?"
Merci Mélonels d'avoir évoqué "ce village gaulois aux accents soviétiques"(tiens? Un alexandrin!)

   Anonyme   
11/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Belle ode à la vie aussi, sous forme de bilan, même si c'est un peu trop teinté de rouge à mon goût. ;-)

Aaahhh, l'heureuse époque post soixante-huitarde où les rêves les plus fous semblaient encore accessibles, où la parole n'avait pas encore été bridée et on pouvait encore copuler avec qui on voulait, sans autre contrainte que l'envie... ;-)

Euh, Flixecourt, c'est pas dans la Somme, ça ?

   marimay   
11/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour melonels,
Décider et... réussir à être l'adulte qu'on s'était promis d'être, l'adulte encore capable de regarder le monde avec des yeux d'enfant !
"J'ai décidé d'être tout ça éternellement, passionnément."
Vous avez mille fois raison melonels. Je ne doute pas un seul instant que vous soyez cette femme-là : vos réflexions sont pleines de la fraîcheur et de l'entrain que vous avez en vous.

   Anonyme   
11/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ecrit avec le coeur et d'une fort belle plume ! Que cette dernière soit "rouge" ne change rien, bien au contraire, à la sincérité et à l'émotion que dégage ce texte.

   xuanvincent   
11/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai dans l'ensemble assez apprécié ce texte.

Surtout la première partie (jusque vers "mon village gaulois aux accents soviétiques".

J'ai apprécié le fait que l'auteur m'a paru faire passer pas mal d'idées de manière simple et assez vivante (quelques images, telle le village d'Astérix, m'ont plu).

Quelques phrases m'ont paru assez jolies pour les images.

La nostalgie du passé, de l'enfance, du village de l'enfance, m'a paru assez bien rendue.

   solidane   
12/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Je crois que j'aime ce texte pour sa simplicité. Texte de quelqu'un qui a eu et le sait et qui aura encore. Alors quoi d'autre ? Impasse délibérée sur ce qui rend les choses parfois moins évidentes, mais c'est le prix de cette simplicité qui pour moi fait réellement la qualité de ces lignes.

   Anonyme   
12/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo melonels pour cette page de nostalgie !
J'aime en particulier ce paragraphe où la nostalgie se fait particulièrement ressentir :
"C'était une cité ouvrière, des maisons de briques alignées, toutes identiques, aux cloisons si fines que votre voisin faisait partie de la famille. La journée ensemble à l'usine, le soir ensemble au pas de la porte sur une chaise à bavarder de tout et de rien, attendant que l'univers éteigne la lumière. On se voyait, on se parlait, on se touchait, on existait pour l'autre."

Et ce clin d'oeil, magnifique de confiance, de volonté et de lucidité :
"Jusqu'à aujourd'hui je tiens parole."

Ce texte me fait penser à une charmante vieille dame avec des yeux bleus pas possible (les regarder c'est voir les anges) formidable, gaie, souriante, Enfantine dans chaque mot, dans chaque geste.

J'espère, Melonels, que ce "jusqu'à aujourd'hui, je tiens parole" deviendra un jour - le plus tard possible - un victorieux : "J'ai tenu parole !"
Merci pour cet agréable et très frais moment de lecture.

   Nongag   
13/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un beau texte personnel écrit avec des touches d'émotions juste et sensible.

Plusieurs joli phrases :
« Le bonheur est dans les instants fugaces… …il se collectionne. » Bien!
« La journée ensemble à l'usine, le soir ensemble au pas de la porte sur une chaise à bavarder de tout et de rien, attendant que l'univers éteigne la lumière. » Quelle belle formulation.
« Les promesses qu'on se fait à soi-même sont les plus importantes à tenir. Si le regard des autres est parfois lourd à soutenir, rougir de ce qu'on est c'est une petite mort, un cancer qui vous ronge, votre honneur qui s'enfuit. » Juste et bien dit!

Un passage répétitif :
« Ne jamais oublier les moments simples de la vie, ceux qui font le quotidien, les petits riens insignifiants que nous croyons pouvoir laisser filer sans blessure mais qui font l'air du temps, ceux qu'on recherche et qu'on ne retrouve jamais. » Il me semble que tu as déjà mentionné ce fait plus haut, c’est un peu redondant cette insistance.

Une phrase qui semble incomplète :
« La curiosité, en quête de découverte et conserver ce regard illuminé »

La nostalgie est vraiment bien rendue. L’émotion est palpable tout du long.

Une très agréable lecture.

   victhis0   
13/3/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
C'est bien écrit, c'est naïf, c'est ultra conservateur - c'était mieux avant- c'est léger-léger mais loin de me passionner ni de m'apprendre quoique se soit que je n'aurais pas lu ailleurs. Rien de neuf sous le soleil de la littérature...

   Menvussa   
13/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau texte, allez au hasard, parce qu'elle me vient à l'esprit, parce qu'elle évoque la nostalgie... La javanaise.

"Je veux toute ma vie avoir envie." Savoir toujours s'émerveiller.

   jensairien   
14/3/2009
Je trouve, un peu à l'image de ta nouvelle "pas prévu" qu'il manque une histoire, une trame narrative, pour porter tes réflexions à fleur de peau. Et c'est dommage.
je n'ai pas tellement aimé la place baignée de soleil "comme là-bas" qui reprend un slogan publicitaire, ce qui fait moche dans ton texte,à moins que tu n'en aies fait un motif satirique, ce qui n'apparaît pas.
J'aime bien ta petite bourgade communiste "aux accents soviétiques" sinon dans l'ensemble les images manquent d'originalité. Pourtant il ne s'en faut pas de beaucoup.

Certaines idées aussi sont trop grosses. En tout cas une, quand tu dis que tu crois encore au Père Noël. On se doute bien que tu ne crois pas au Père Noël. Alors pourquoi écris-tu cela ? Ou si tu l'écris, il fallait développer, quelque part prendre à contre-pied cette expression. Mais posée comme ça, à plat, ça ne fonctionne pas.

   Anonyme   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai eu des frissons, des larmes dans les yeux à la lecture de ce texte...
Que dire de plus!!!

   Marquisard   
12/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
un beau texte, vrai et touchant, vraiment touchant. aucune envie de faire une critique sur la forme, que j'ai appréciée sans chercher le détail.

au plaisir

   florilange   
25/7/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
S'il est vrai que ce texte ne comporte pas d'histoire, il dit que ce qui va sans dire, va encore mieux en le disant.

Moi non + je n'ai pas cherché de poux dans les lignes de melonels, je me suis juste laissée emporter. Vrai qu'il faut garder 1 regard d'enfant, vouloir être heureux, ne pas laisser les choses négatives nous polluer. Avant était mieux parce que nous étions enfants, il faut continuer.
Merci de cette lecture simple et fraîche.
Florilange.

   shanne   
19/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour à vous,
"Pour ne pas quitter l'enfance, il ne faut pas l'oublier" C'est vrai, un air de musique, une photo, une rencontre ou votre nouvelle...En la lisant, j'ai pu imaginer votre enfance et me replonger dans la mienne
Un grand merci

   Coline-Dé   
4/10/2009
Une vraie carte postale ! Gentiment écrit, plein d'enthousiasme, on voudrait y croire !
Melonels, vous êtes une sacrée brodeuse : quel art d'embellir le passé !


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