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Sentimental/Romanesque
Melorane : À la vie, à la mort [Sélection GL]
 Publié le 18/08/20  -  8 commentaires  -  3241 caractères  -  58 lectures    Autres textes du même auteur

Une histoire d'amitié.


À la vie, à la mort [Sélection GL]


Coucou ! Coucou !

Je me redresse et jette un regard sur l’oiseau horloger, qui vient de me réveiller. Il est 16 h. Mon petit homme va bientôt rentrer. J’entends déjà la voiture reculer dans l’allée. Je descends du fauteuil ou je vais encore me faire traiter de paresseux. Ce qui est totalement injuste, aujourd’hui je suis allé deux fois dans le jardin. Ce n’est pas parce que je commence à me faire vieux que je ne fais plus rien. La clé tourne dans la serrure et la porte s’ouvre.

Une tornade la traverse et ce petit corps tout chaud me saute au cou. Ses deux petits bras ont du mal à m’entourer, alors je me baisse, l’embrasse et le fais monter sur mon dos. Je me mets à courir dans toute la maison, avec ce petit homme, qui rit aux éclats, bien accroché. On passe devant son père, qui range les courses, ce dernier lui rappelle un sourire aux lèvres :

« Descends de là. Tu sais bien qu’il n’est plus tout jeune, il va se faire mal. Tu grandis maintenant toi aussi, tu es de plus en plus lourd. »

Mais comme je ne veux absolument pas qu’il descende, je repars de plus belle. Alors nous entendons au loin :

« Allez au moins dans le jardin alors. »

Accédant à sa requête, je bifurque. Mais je le fais trop violemment et mon cavalier lâche prise. Je m’arrête immédiatement et me retourne pour voir une petite frimousse avec une larme au coin de chaque œil. Je m’approche pour le consoler et récupère de ma bouche ses quelques pleurs. Prenant appui sur moi, mon petit bonhomme se relève et se met à rire en répétant :

« Encore ! Encore ! »

Afin accéder à sa requête, je me baisse et le laisse remonter. Mais pour éviter toute nouvelle chute, cette fois-ci je me dirige d’un pas tranquille vers la baie vitrée, toujours suffisamment entrouverte pour que je puisse passer.

Arrivé dans le jardin, il me fait comprendre qu’il veut descendre et se met à courir vers le grand cerisier. Il récupère la balle à son pied et la lance. Il loupe le panier pourtant adapté à sa petite taille et, n’étant pas prêt, je ne la rattrape pas au vol. Je dois donc courir la récupérer dans le buisson. Quand je la trouve enfin je la lui rapporte pour qu’il puisse la relancer.

Au bout d’une heure de rires, de courses, de sauts et de balles, je me sens vraiment très fatigué. Mon petit homme le remarque et va s’asseoir sous l’arbre. Il se tapote les cuisses pour me demander de venir. Je viens et m’allonge en posant ma tête sur ses genoux. Alors me caressant le crâne, il se met à me raconter sa journée. Comment la maîtresse l’a félicité pour avoir écrit son prénom sans erreur, à quel point les brocolis de la cantine ne sont pas bons et sa partie de loup à la récréation.

Mais alors qu’il me raconte tout ça, une grande fatigue commence à m’engourdir. Les yeux fixés sur son jeune visage souriant, je tente tant bien que mal de retenir mes paupières lourdes. Je vois alors son sourire vaciller, sentant, sans vraiment le comprendre, mon corps se ramollir sur ses genoux. Ses yeux s’humidifient et ses lèvres se mettent à trembler. Je sens ses bras se resserrer autour de moi. Alors pour faire revenir son sourire, je rassemble mes dernières forces et lâche un cri de réconfort pour ce petit homme que j’ai vu naître et grandir :

« Whouaf ! »


 
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   socque   
23/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bah, je croyais vraiment qu'on parlait d'un grand-père et de son petit-fils ! La chute m'a prise par surprise.
Je ne suis pas toujours une lectrice aussi naïve (pourtant je m'étonnais qu'un gamin tombant des épaules d'un adulte ne se fasse pas plus mal !), il faut croire que votre récit, par sa vivacité qui correspond bien à l'insouciance des chiens, a su m'entraîner. C'est une qualité importante à mes yeux. Cela dit, l'argument, à la réflexion, me semble un peu léger ; le texte a la bonne longueur, il n'aurait pas fallu s'appesantir davantage je crois.

   Dugenou   
23/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Belle histoire d'amitié entre un enfant et le vieux chien de la maisonnée (on se doute tout de suite de la nature animale du narrateur). Le point de vue canin est justement exprimé, même si on voit arriver la chute sans surprise, j'ai bien aimé ce petit texte rafraîchissant en phase avec cet été que nous vivons.

Merci de cette lecture.

En EL.

   xuanvincent   
27/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Une nouvelle toute mignonne...

Les premières lignes m'avaient tout d'abord interrogée (allais-je apprécier cette histoire ?) mais je me suis laissée prendre par la fraîcheur de ce court récit.

Sur la forme, l'écriture m'a paru dans l'ensemble assez simple mais cadrer avec le personnage du narrateur.

Le mot final du narrateur, si je puis dire, m'a fait sourire (amusée).

PS : quelques coquilles seront à corriger ("cette fois ci je me dirige d’un pas tranquille (...) : écrire "cette fois-ci").
Sans doute que "Coucou coucou !" au début du texte pourrait être plutôt mis entre guillemets, comme les autres dialogues de ce texte.
"16h" : dans une nouvelle, j'écrirais "16 heures", voire "seize heures".
"

Bonne continuation à l'auteur !

   ANIMAL   
28/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très belle histoire, triste bien sûr, que celle de ce vieux chien qui termine sa vie aimé au sein de sa famille humaine.

Une leçon de respect envers les animaux, car le père apprend à son enfant à ménager son compagnon maintenant âgé. Mais le bonheur du chien est d'être avec son petit maître jusqu'au bout et c'est ainsi qu'il partira heureux.

Une nouvelle bien écrite avec des mots simples qui sonnent juste, pleine d'émotion, qui ne pourra que toucher ceux qui ont un chien car cela est si vrai.

Une jolie lecture.

en EL

   maria   
18/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Melorame,

Le chien a vu naître l'enfant qui le verra mourir. D'ici là ce seront des années du plaisir d'être ensemble.

J'ai aimé cette écriture simple d'une histoire attendrissante.

Merci pour ce moment.

   Corto   
18/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il est très sympathique ce vieux chien et d'une belle fidélité.
La scène est bien et vivement décrite.

Après ce moment de bonheur simple je vois déjà le "petit homme" pleurer à chaudes larmes.

Bravo pour la justesse de ton.

   Gouelan   
28/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Une nouvelle courte et sans surprise, mais...
L'attachement du petit garçon à son chien est émouvante. C'est si gentil un chien. Quand on le perd, on perd son meilleur ami.
L'écriture simple s'allie à merveille à ce récit. Le chien n'est pas compliqué. il vit, il aime. Demain, on verra.

Merci pour ce partage.

   plumette   
31/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
j'ai éét intriguée par ce texte car il porte le titre d'une de mes nouvelles publiées sur oniris, mais c'est bien le seul point commun entre les deux!

j'ai deviné très vite la "personnalité" du narrateur et d'ailleurs je ne pense pas que vous ayez voulu en faire le clou de votre histoire.

la relation très affectueuse qu'il entretient avec le petit garçon est touchante parce que crédible et si vivante! il y a de jolies scènes très visuelles.

la fin est tendre ,elle se situe en amont de la peine que ressentira le petit garçon d'avoir perdu son compagnon, mais triste pour le lecteur!


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